Frost and Fire

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17/20
Nom du groupe Cirith Ungol
Nom de l'album Frost and Fire
Type Album
Date de parution Janvier 1981
Enregistré à Goldmine Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album157

Tracklist

Re-Issue in 1999 by Metal Blade Records with a bonustrack.
1.
 Frost and Fire
 03:35
2.
 I'm Alive
 04:58
3.
 A Little Fire
 03:46
4.
 What Does It Take
 03:37
5.
 Edge of a Knife
 04:29
6.
 Better Off Dead
 04:46
7.
 Maybe That's Why
 06:15

Bonus
8.
 Cirith Ungol (Live)
 

Durée totale : 31:26

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Cirith Ungol

  • Frost and Fire | Cirith Ungol
  • I
  • A Little Fire | Cirith Ungol
  • What Does It Take | Cirith Ungol
  • Edge of a Knife | Cirith Ungol
  • Better Off Dead | Cirith Ungol
  • Maybe That
  • Cirith Ungol | Cirith Ungol


  • Chronique @ AlonewithL

    13 Mars 2015

    Il finira par tout détruire et ne rien laisser debout ou vivant derrière lui.

    Jamais un groupe n’aura autant rendu hommage au personnage d’Elric des dragons, issu des œuvres de Michael Moorcock, hormis peut-être le groupe italien « Domine » bien des années plus tard. Le groupe ici dévoilé a pourtant un nom tiré de l’œuvre de Tolkien, plus précisément du Seigneur des Anneaux. Effectivement, on retient le nom de « Cirith Ungol » comme étant le seul point de passage entre Ithilien et Mordor, là où Frodon et Sam affrontent une araignée géante dans le volume « Les Deux Tours ». Avant de s’appeler « Cirith Ungol », le combo formé par de simples collégiens en 1969 (Robert Garven, Greg Lindstrom et Jerry Fogle) avait pour nom « Titanic ». Leur addiction commune pour les romans de Heroic Fantasy les mène ensuite à rebaptiser leur bande en 1972. La formation prendra véritablement son envol par le recrutement de Tim Baker, dont on remarque déjà la voix si particulière, et qui fait suite au départ du chanteur Neal Beattie. Ils se lancent dans l’enregistrement de deux démos, puis d’un premier album, entièrement autoproduits et entièrement à leurs frais. On dit même qu’ils ont dû faire du porte à porte et proposer de laver des voitures pour récolter de l’argent à cette fin.

    « Frost and Fire » parait ainsi, au nom du label Liquid Flame Records, qui n’est autre qu’un label créé par le groupe pour l’occasion. La pochette a été piochée dans les illustrations d’ouvrages de heroic Fantasy. Celle réalisée par Michael Whelan pour le personnage d’Elrik semble avoir été préférée, alors qu’il avait été décidé au départ de prendre le berserker de Frank Frazetta, toutefois déjà utilisé par « Molly Hatchet » pour son « Beatin' the Odds ». Toutes les radios de Los Angeles contactées refuseront alors de diffuser le moindre morceau de l’album. L’opus en question obtiendra même l’incroyable note de 0 sur le magazine Kerrang !. Le chroniqueur avait alors poussé le bouchon jusqu’à cataloguer « Cirith Ungol » comme le plus mauvais groupe de heavy metal de tous les temps. Ce qui, de manière paradoxale, fera connaître la formation à un large public et écoulera très rapidement le stock d’albums en vente (soit 3000 exemplaires au départ). Je n’imagine pas l’heureuse surprise de l’auditeur qui pensait fermement devoir écouter un étron. Elric, lui-même avait été considéré au tout début de son cycle comme un empereur impuissant, fragile. Il finira par tout détruire et ne rien laisser debout ou vivant derrière lui.

    Beaucoup de groupes de heavy metal, y compris de très bonne facture sont encore loin de rivaliser avec le fourmillement produit par les guitares de Jerry Fogle et de Greg Lindstrom, ni même des compositions signées par ce dernier membre. L’éponyme « Frost and Fire » l’atteste dès le commencement du volume. C’est un morceau de choix, dans un style heavy/hard très typé années 70 pour son côté psychédélique, essentiellement. Le chant aiguë, assez répulsif au premier abord, bâti toute l’originalité des chansons de l’ouvrage, et s’associe idéalement à l’extravagance des mélodies. « Edge of a Knife » est un nouvel extrait bien ancré au cœur des 70s par son ton résolument aguicheur, légèrement groovy. On peut plus parler là de hard rock que de heavy metal. Un titre qui était vraisemblablement façonné pour la bande FM. Celui-là pourra d’ailleurs être rapproché à « A Little Fire », dont le hard rock psychédélique révèle une influence prononcée pour « Led Zeppelin », formation britannique objet d’un véritable culte hors norme aux Etats-Unis durant l’entière décennie des années 70 et bien au-delà.

    S’il fallait retenir de la vénération pour « Cirith Ungol » et pour ce disque, ce serait très certainement pour « I’m ALive ». Lent et relaxant sur ses couplets, puis explosif sur son refrain. Illustration de la grande dextérité des guitares sur près d’un tiers de la piste. Les instruments auront le privilège de s’exprimer plus à loisir sur le morceau instrumental « Maybe That’s Why », mélancolique, timide dans sa première moitié ; plus engageant, quelque peu détaché dans sa seconde. L’œuvre d’orfèvres et non de minables comme on a voulu nous faire croire. L’auditeur pourra être un peu déboussolé par un « What Does It Take » très rétro, même pour l’époque, se situant musicalement au tout début des années 70 pour ses étranges et amusants airs de synthés comme pour ses riffs de guitares antédiluviens, qui conservent malgré tout beaucoup de charme. Le jeu par à-coups n’est pas exclusif à ce titre, il est également d’office sur un « Better off Dead » bien charpenté et sexy, à la croisée entre « Aerosmith » et « Led Zeppelin », à la fois indiscipliné et insolent de maîtrise. Comment peut-on mettre 0 à une bête pareille ?

    « Cirith Ungol » n’aura rien inventé en 1980 en sortant son fameux « Frost and Fire ». Ils ont à l’époque fortement puisé sur ce qui existait déjà, au risque de paraître en ce temps un peu vieillot au goût de certains et face à l’énorme vague du NWOBHM qui déferlait alors, même aux Etats-Unis. Ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger ce premier ouvrage, absolument insubmersible dans son genre, révélant des musiciens talentueux dont le courage et la ténacité n’ont pas été vains pour autant. La technique est là, bien représentée par d’époustouflants solos de guitare ; les titres, non, les tubes, tous enivrants, y sont également. Il ne manquait plus qu’un gain d’originalité, qui viendra avec l’album suivant. Quoiqu’il en soit, la rapide notoriété du groupe leur ouvrira les portes de l’important label Enigma, qui rééditera l’opus sur support cassette dès l’année 1981. Bien que n’ayant pas participé à l’élaboration de l’ouvrage, le bassiste Michael Vujejia (Flint) se retrouve crédité dessus par la simple volonté de Greg Lindstrom, faisant gage ainsi de son amitié. Pour la petite histoire, on dit que le nom de l’album aurait inspiré celui des suisses « Celtic Frost ». Coïncidence ou pas, « Frost and Fire » reste un album de légende aux yeux de beaucoup. A l’aube des années 80, « Cirith Ungol » a pris possession de Stormbringer, l’épée dévoreuse d’âmes.

    17/20

    7 Commentaires

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    MattMaiden - 16 Mars 2015: Chronique passionnante, merci ! Je connaissais le groupe de nom mais c'est tout, tu m'a donné envie d'acheter !
    Sperma_frost - 16 Mars 2015: Tu peux y aller Matt, l'ambiance de ce disque est très particulière, teintée de sonorités puisées dans le hard des seventies. Ils cherchent encore leur voie sur ce premier opus qu'ils trouveront dès le second en structurant leur musique comme une épopée fantastique. Merci au chroniqueur de remettre en avant ce groupe au travers de cet album plutôt bien réussi au final! ;-)
    samolice - 18 Mars 2015: Merci pour la chro. Je ne connais que 2 ou 3 titres de ce groupe. Je suis pourtant convaincu que cela me plairait beaucoup. Un de plus à ajouter à l'interminable want list...
    Roots77 - 26 Août 2018:

    Excellent premier album, évoluant quelque part entre Hard Rock et Heavy Metal. Le caractère très épuré des compos mêlé à la chaleur de cette production typique de l'époque donnent un rendu qui, d'ores et déjà, incite l'auditeur à se plonger dans l'album. CIRITH UNGOL transforme l'essai en la jouant simple et efficace. Le chant particulier de Tim Baker peut être un obstacle lors des premières écoutes, mais une fois habitué, "Frost And Fire" se dévore plus vite que des cacahuètes salées un soir d'apéro (rolala, ces metaleux avec leurs métaphores de beauf). 

    Dommage que l'instrumental ponctuant l'album ne monte pas en puissance. Il y avait moyen de finir en beauté avec ce genre de compo, mais je ne boude pas mon plaisir. Il n'y a que des morceaux de qualité sur ce disque. J'ai d'ailleurs un faible pour "What Does It Take" et son ambiance singulière.

    18/20

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    Commentaire @ Arawn

    01 Avril 2007

    Quand le culte et l'historique rencontrent l'excellent qui déchire, on est heureux de passer par là. Quand en plus, ce moment est immortalisé sur cd, alors là, c'est le nirvana. Pourquoi culte et historique, et bien Cirith Ungol, groupe américain, peut quand même se vanter par son style qui, bien que d'obédience heavy, est hautement porté vers le côté sombre de la force doom. Or, formés en 72, ils ne sont battus en ancienneté que par Pentagram et Black Sabbath. De plus, l'album Frost and Fire nous arrive en 80, ce qui en fait le numéro deux derrière Black Sabbath dans la catégorie Heavy Doom, je vous laisse donc imaginer l'influence et le choc occasionnés par nos amis ricains. Côté culte, on peut y ajouter le chant de notre bon Tim Baker, un chant inimitable et unique du genre de ceux qu'on aime ou on déteste à la première seconde. Un chant aiguë et métallique, très théâtral et étrange. Tout cela est très bien, mais cela ne pourrait rester qu'une anecdote, un truc à connaître pour sortir en soirée pour faire le malin, mais non, car en plus, cet album culte, il est bon !

    S'il s'appuie rythmiquement sur une base heavy, Frost and Fire y ajoute des influences psychédélique et doom, lui offrant un incroyable potentiel énigmatique et créant des ambiances énormes. Seuls les sons choisis suffisent à créer l'ambiance comme le montre le début de "What Does It Take" et permettent de lier l'ensemble de l'album dans les moments les plus lourds comme dans "Frost and Fire" ou les plus rapides (enfin pour du heavy) avec "I'm ALive". Frost and Fire, et d'ailleurs Cirith Ungol en général, est un Ovni dans le monde du metal qui a su marier l'originalité à l'efficacité et qui mérite bien de faire un bond de presque 30 ans en arrière maintenant pour cet album prenant et quasi hypnotique si on commet l'erreur de s'y laisser prendre. Cela fait maintenant un an qu'il tourne en boucle sur ma chaîne, j'ai quitté mon boulot, tué mes gosses, viré ma femme, mais je m'en fous ... I'm aliiiiiiiiiiiiivee I'm aliiiiive.

    5 Commentaires

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    fastkill - 10 Fevrier 2008: Genial
     
    GLADIATOR - 30 Mars 2008: Bravo ! tu as su décrire ce groupe étrange à merveille ! respects !
    GLADIATOR
    Trashking - 14 Janvier 2009: Une vraie perle cette album. Plus Heavy que Doom mais le résultat est à tomber à genoux.
    Magnifique.
    rikkit - 05 Fevrier 2013: C'est typiquement le genre de groupe comme Maiden et Manilla Road qui me font prendre conscience de la beauté des 80's.
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