Facelift

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Nom du groupe Alice In Chains
Nom de l'album Facelift
Type Album
Date de parution 1990
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album313

Tracklist

1. We Die Young 02:32
2. Man in the Box 04:47
3. Sea of Sorrow 05:50
4. Bleed the Freak 04:02
5. I Can't Remember 03:43
6. Love, Hate, Love 06:27
7. It Ain't Like that 04:37
8. Sunshine 04:45
9. Put You Down 03:16
10. Confusion 05:44
11. I Know Somethin' ('Bout You) 04:22
12. Real Thing 04:04
Total playing time 54:05

Chronique @ Chachoupower

13 Fevrier 2011

Du métal chez les Grunge

Paru en 1990, Facelift est le premier album studio d'Alice in Chains, groupe de Seattle encore très peu connu à l'époque. Néanmoins, malgré de très bons albums, le groupe ne bénéficiera d'un coup de pouce et commencera à être connu en Europe qu'après la mort de Kurt Cobain. D'ailleurs, l'appelation "Grunge" leur sera attitrée injustement puisqu'Alice in Chains ne sonne pas et ne compose pas comme un groupe Grunge. Mais assez parlé de l'histoire car tout le monde la connait, rentrons donc dans le vif du sujet!

Comme je le disais, bien qu'inconnu du public, le quatuor nous livre un premier album très prometteur. Le disque commence avec le titre "We Die Young" au ton assez Heavy. Bien que le morceau soit assez court, il laisse présager une très bonne suite pour le reste de l'album et fait passer le message suivant: Attention! Ca va débouler sec! La voie de Staley est impeccable, le son de Cantrell est nickel et même s'il ne délivre pas des solos d'anthologie, ceux de "We Die Young" sont de très bonne factures. A peine le temps de reprendre ses esprits qu'arrive "Man in the Box" avec un son lourd auquel s'applique la wha-wha de Cantrell et le chant parfait de Staley. C'est sûr, sur le plan musical, les deux compères vont de paire! S'ensuivent "Sea of Sorrow" et le très puissant "Bleed The Freak" avec son intro en son clair et son refrain plus qu'acrocheur. Le groupe de Seattle ne fait pas dans la dentelle mais propose tout de même de très belles mélodies.

Le restant de l'album se déroule avec la même ferveur, nous faisant cadeaux de titres puissants, enragés et aux riffs lourds tels "Love, Hate, Love" ou encore "It Ain't Like That" que certains connaisseurs auront d'ailleurs reconnu en Live dans le film Singles qui a lieu dans la ville du Space Needle. Le titre "Confusion" plantera la pierre de l'édifice Alice in Chains avec son athmosphère sombre qui se dégage parfaitement bien des amplis de Cantrell. Il n'y a rien à dire, les titres sont vraiment bien composés et le groupe fait preuve d'une réelle démarche artistique.

L'auditeur en aura pris pour son compte à la fin de l'album. Alice in Chains a sû créé une galette très prometteuse, nous propulsant par la même occasion aux portes d'un Métal inattendu, avec des influences Heavy et des accords lourds de sens. C'est sûr, ces gars là sont des pros!


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Silent_Flight - 19 Fevrier 2011: Un album d'anthologie, tout comme Dirt. R.I.P Layne.
Lamikawet - 01 Avril 2011: AIC avait frappé très fort avec ce premier album et imposait déjà son style, artistiquement parlant.
Et puis, comme le dit justement chachoupower, quelle voix !
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Chronique @ Hacktivist

23 Avril 2014

Une oeuvre incontournable du grunge, voici ce qu'est « Facelift ».

1980-1990. Autant dire qu'il aura fallu une décennie entière pour mettre en place le futur mouvement grunge tel qu'on le connaît aujourd'hui jusqu'à l'épisode tant attendu de 1991... Et en plus du très influent et légendaire Black Sabbath, une icône sans qui bon nombre de projets ou de formations n'auraient pas abouti, le jeune et pourtant défunt Andrew Wood, à la tête de Malfunkshun (depuis 1980) et plus récemment de Mother Love Bone. Bref, un avant-succès qui aura notamment permis l'émergence de multiples moteurs issus du Seattle Sound ainsi que la publication d'un des tout premiers albums majeurs du genre, à savoir le « Louder Than Love » de Soundgarden (signé chez une major de type A&M/Interscope Records). Un chapitre qu'Alice in Chains se doit désormais de refermer avec cet imposant « Facelift » après que son illustre vocaliste, Layne Staley, ait déposé sa coupe glam pour rejoindre le reste de l'équipe en 1987.

Une chose est sûre, les débuts du quatuor restent assez similaires, dans le style bien entendu, avec ceux des gars de Soundgarden, l'influence majeure de Black Sabbath en commun évidemment. Telle est justement la partie du mouvement grunge dont le son et la forme des morceaux restent clairement marqués heavy avec des textes à la fois sombres, poignants et douloureux, à l'image de l'arène de Seattle et de cette fameuse génération X. Nul besoin d'aller chercher très loin pour le choix du studio d'enregistrement puisque Alice in Chains s'est en parti rendu au London Bridge Studio (Mother Love Bone, Soundgarden) où Staley avait déjà fait son petit tour pour la première démo de son ancien groupe en 1987 (Alice N' Chains). Passé la signature avec Columbia en 1989, le combo s'offre donc les services de Dave Jerden (Red Hot Chili Peppers, Jane's Addiction) pour la partie production, mixage et enregistrement.

Puis dès le titre d'ouverture, Alice in Chains s'empare de nous comme si de rien n'était avec le plutôt court « We Die Young » et ces deux minutes trente de lourdeur, de groove intense et de heavy ravageur pour un thème tout aussi noir, c'est-à-dire le trafic de drogue par des jeunes d'à peine dix ans. Une première claque auditive qui n'aura de cesse d'augmenter en intensité dès « Man in the Box » où Cantrell fait d'ailleurs usage d'une talk box sur sa guitare bourrée d'effets pendant que Staley semble se plaindre au plus profond de lui-même avec un chant introspectif possédant même un petit écho sur l'introduction. Le refrain sera par ailleurs assuré en deux temps : d'abord avec notre lead singer criant à la souffrance, puis avec l'accent plus posé voire la bonne parole délivrée par Jerry Cantrell sur les backing vocals.

Sachez maintenant, au cas où certains auditeurs se poseraient la question, que l'expression de la douleur est bien loin de s'être arrêtée à ces seuls morceaux évoqués et que la plaie s'infectera d'autant plus sur l'une des plus grandes ballades grunge connues à ce jour « Love, Hate, Love ». Des frissons que l'on ressentira tous très vite, que l'on partagera même, toute personne quelle qu'elle soit ne pouvant rester de marbre devant un tel titre.

« Lost inside my sick head
I Live for you but I'm not aLive
Take my hand before I kill
I still love you, but, I still burn »

Ça respire l'émotion, ça transpire le vécu et de ce fait, le rendu offre un sacré cachet à ce premier opus nommé « Facelift ». Dans le détail, on peut dire que les notes sont toutes plus lancinantes les unes que les autres, le chant de Staley, toujours aussi poignant, douloureux, avec un coffre vocal très impressionnant tandis que la pédale wah-wah et les solos de notre ami Jerry Cantrell, teintés d'une certaine virtuosité. C'est aussi ça le grunge, la libre expression artistique, les tripes, l'émotion, et où l'humain et la musique ne font plus qu'un.

Et dès lors que l'on entend ce genre de sonorités heavy et de relents typiquement sludge/doom dans les riffs lourds et obscurs contenus sur « It Ain't Like That » ou sur « Bleed the Freak » et son refrain mythique, on sait tout de suite à quel monstre du metal penser. Mais la particularité de Alice in Chains vient également du fait que même dans l'acoustique, ils réussissent à en tirer une ambiance sombre, perturbante et inquiétante comme c'est le cas sur « I Can't Remember ».

Aussi, bien qu'il soit évident que les Américains pratiquent un grunge orienté metal, il est possible, comme chez Chris Cornell et sa bande, de percevoir la lueur d'influences plus classiques. Par exemple, « Sea of Sorrow » possède quelques notes jazzy émanant d'un Sean Kinney officiant au piano (en plus de la batterie) et « I Know Somethin' ('Bout You) » par contre, affirme clairement une sensibilité tournée vers le jazz-blues avec des percussions groovy, une basse qui claque et des vocaux psyché sur les refrains. Plus étonnant, « Sunshine » sonnera même parfois un peu blues/country et bien que l'interprétation ne soit évidemment pas à la hauteur d'un « Love, Hate, Love », Cantrell a souhaité rendre un hommage à sa mère.

Une oeuvre incontournable du grunge, voici ce qu'est « Facelift ». C'est donc avec ce premier méfait qu'Alice in Chains sonnera le glas afin que le Seattle Sound puisse enfin révéler tous ses plus gros talents. Pour sûr, qu'à coups de classiques tels que ceux qui sont livrés ici, l'auditeur n'en a pas fini d'être bluffé, de vivre la souffrance de Staley et de s'émerveiller sur le jeu exquis de Cantrell.

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Silent_Flight - 19 Mai 2014: Grand album d'un grand groupe qui ne connaîtra le succès qu'à partir du culte Dirt.
Hacktivist - 16 Octobre 2014: Même si le terme grunge ne s'est popularisé qu'à partir de 91', la scène était déjà à quai depuis au moins 1980 avec Malfunkshun puis il y a eu les Melvins, Screaming Trees & Co et de toute façon une mode qui dure depuis plus de vingt ans n'est pas une mode. Le genre existe en tant que tel ou le mouvement plutôt car il possède de nombreux artistes au son très différent qui recoupe le rock, le metal et d'autres influences extérieures. Nirvana est autant un groupe grunge que AIC, Soundgarden qui étaient autrefois étiquetés metal ou même Pearl Jam qui s'est parfois révélé beaucoup plus grunge et violent dans son attitude et sa musique que Nirvana lui même. Le fait qu'un groupe soit grunge ou non, ça se ressent direct, pas besoin de chercher bien loin, et bien que la définition du grunge reste assez floue, le grunge n'ayant aucune limite, mais ce qui est sûr, c'est que ceux qui connaissent bien la scène savent que plusieurs liens réunissent tout ces groupes cités, un lien très fort et pas seulement parce qu'ils venaient de la même ville mais parce que historiquement, musicalement, artistiquement etc... il y avait et il y a quelque chose qui semble rendre impossible le fait de séparer les groupes de ce Big Four entre eux. Alice In Chains sonne metal oui et alors ? C'est un groupe de metal qui appartient et est directement relié au mouvement grunge.
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