Nous ayant laissés sur le souvenir ému d'un poignant «
Awakening », son premier album full length, le quintet britannique revient pas moins de deux années plus tard mais plus boosté que jamais dans les rangs. Aussi, nous livre-t-il ici un second opus de même acabit dénommé «
Echoes of Betrayal », où se dispatchent 12 pistes sur un ruban auditif de 54 minutes. Ce faisant, le line-up originel est resté inchangé. Ainsi, auprès de la parolière et chanteuse au timbre frissonnant de profondeur, Vicky Johnson, sévissent à nouveau le fin claviériste et orchestrateur Steve Johnson, le polyvalent guitariste Sam Cull, le bassiste
Ian Heddle et le fin technicien en la personne de
Wayne McAloon, batteur du groupe. A l'aune de cet arrivage, soit cinq ans après sa sortie de terre, cet espoir serait-il à même de se hisser parmi les valeurs montantes d'un registre metal gothique symphonique encore dominé par les
Epica,
Nightwish,
Xandria,
Amberian Dawn et autres
Delain ?
Plus exigeant que naguère quant à la qualité de sa production d'ensemble, le combo a co-produit l'album avec Fred Purser, producteur et guitariste/claviériste (ex-
Holosade, ex-
Tygers Of Pan Tang, ex-
Warfare...), et ce dans son propre studio, le Trinity
Heights Studio (
Battleaxe,
Blitzkrieg,
Lies Of Smiles,
Cockney Rejects...), à Newcastle Upon Tyne, en Angleterre. Le mastering, pour sa part, a été réalisé par un certain Tim Turan, sollicité par
Cradle Of Filth,
De Profundis,
Discharge,
Enthroned,
Sigh,
Winterfylleth, parmi tant d'autres. Aussi, l'album bénéficie-t-il d'un enregistrement de bon aloi et de finitions passées au crible. Pour mettre les petits plats dans les grands, et tout comme pour
Amberian Dawn,
Coronatus,
Delain,
Dark Sarah,
Imperia,
Imperial Age ou encore
Pyramaze, l'artwork d'inspiration fantastique relève de la patte de Jan Yrlund (Darkgrove Design). Une belle brochette, s'il en est, traduisant une sérieuse envie d'en découdre de la part de la formation britannique...
A l'instar du précédent effort, nos acolytes nous immergent une fois encore au cœur d'un espace metal mélodico-symphonique gothique, aux traits heavy, cinématiques et orientalisants toutefois plus prononcés, où la qualité des arrangements instrumentaux a pour corolaire des compositions à la solide armature technique et des lignes mélodiques finement esquissées et des plus entêtantes, renvoyant à la féconde inspiration de leurs auteurs. Une œuvre à la fois enjouée, vivifiante, épique et romantique, où les sources d'influences seraient à chercher du côté de
Nightwish,
Xandria,
Stream Of Passion,
Autumn et
Diabulus In Musica, la touche personnelle en prime. Mais montons plutôt à bord du vaisseau amiral et apprêtons-nous à lever l'ancre pour une croisière en eaux limpides à la profonde agitation intérieure...
Ce serait à l'image de leurs passages les plus enjoués que nos cinq belligérants marquent leurs premiers points, essaimant par là même quelques gemmes dans leur sillage. Ainsi, c'est d'un battement de cils que les refrains catchy exhalant des entrailles des sémillants et ''nightwishiens'' « For the Few » et «
The Secret Room » happeront le tympan du chaland. Voguant sur d'aériennes et ondoyantes nappes synthétiques, dotés de riffs crochetés, et mis en exergue par les chatoyantes inflexions de la sirène, ces deux solaires méfaits ne se quitteront qu'à regret. Dans cette dynamique, et non sans rappeler
Diabulus In Musica, le mid/up tempo « The
Awakening Chapter III -
Torment », pour sa part, se fait à la fois invitant, un tantinet orientalisant et pétri d'élégance. Et la sauce prend, là encore.
Plus caressant mais sans y perdre pour autant de sa tonicité percussive, se parcourant alors cheveux au vent, l'engageant « What We Leave Behind » ne ratera pas davantage sa cible, tant s'en faut. Mais le magicien aurait encore d'autres tours dans sa manche...
Sur une cadence un poil plus mesurée, d'autres pistes de cette nature sauront à leur tour nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, en premier lieu, « The
Awakening Chapter III - Regret », tubesque mid tempo imposant aussi bien son infiltrant cheminement d'harmoniques que son refrain immersif à souhait qu'encensent les poignants médiums de la diva. Recelant en prime de délicats arpèges pianistiques et un bref mais fringant solo de guitare. le ''xandrien'' effort poussera irrémédiablement à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure envolée. Dans cette mouvance, on retiendra également «
Possession » – rayonnant manifeste aux fines nuances mélodiques, aux insoupçonnés changements de tonalité, et mis en habits de lumière par les limpides oscillations de la déesse – , tout comme « Trapped », enivrant mid tempo agrégeant un break opportun qu'un grisant refrain viendra balayer.
Dans une même dynamique, la troupe a, par ailleurs, conféré une colorature heavy mélodique à son propos, non sans laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Ainsi, nous assénant ses riffs épais adossés à une rythmique enfiévrée, et lavé de tout artifice synthétique, le mid tempo «
Lies » joue, lui, la carte de l'authenticité. Pourtant calé sur un sillon mélodique en proie à quelques linéarités et laissant entrevoir une tenace répétibilité de ses arpèges d'accords, mais ne relâchant pas son étreinte d'un iota, le puissant effort poussera à un headbang subreptice. Dans ce sillage, on se verra non moins aspiré par les subtiles variations rythmiques et les senteurs orientalisantes du félin et ''autumnien'' «
Suffer in
Silence ».
Soucieux d'élargir d'un poil le champ des possibles atmosphériques, le collectif britannique a parallèlement tourné le regard vers un horizon symphonico-cinématique encore peu éprouvé. Bien lui en a pris. Ce que prouve « The
Awakening Chapter V -
Descension », instrumental a-rythmique aux airs d'un générique digne d'une grande production hollywoodienne. Aussi, surmonté de sensibles gammes au piano et sur fond d'oscillantes et pénétrantes rampes organiques, l'aérien et ''nightwishien'' effort s'avère être une heureuse alternative à ses fondamentaux stylistiques.
Que l'aficionado de moments intimistes se rassure, nos acolytes ne l'auront nullement laissé pour compte, ces derniers lui adressant par là même leurs mots bleus les plus sensibles. Ce qu'illustre, d'une part, «
Eyes of a Child », ballade a-rythmique et atmosphérique d'une confondante fluidité mélodique, mise en habits de soie par les magnétiques modulations de la maîtresse de cérémonie ; un instant privilégié sous-tendu par des perles de pluie pianistiques et un violon samplé du plus bel effet, assorti d'un petit supplément d'âme, que n'auraient renié ni
Autumn ni
Stream Of Passion. On ne saurait davantage éluder l'énigmatique et ''xandrienne'' ballade progressive «
Stone Cold », tant pour la soudaineté de la montée en régime de son corps orchestral, aux deux-tiers de notre parcours, que pour l'enchanteur paysage de notes octroyé.
On ressort de l'écoute du skeud gagné par un doux sentiment de plénitude, le collectif d'
Outre-Manche signant ici une œuvre forte et ragoûtante, mais aussi des plus sensibles. Aussi, ce dernier confirme-t-il le potentiel artistique et technique pressenti sur l'illustre «
Awakening ». Varié sur les plans atmosphérique et rythmique, diversifié quant aux exercices de style dispensés, n'accusant pas l'ombre d'un bémol harmonique, jouissant, en prime, d'une ingénierie du son et d'arrangements de bonne facture, sans compter l'hypnotique filet de voix d'une interprète bien habitée, les armes brandies sur cet opulent et luxuriant essai sont loin de manquer à l'appel pour nous rallier à la cause de nos hôtes.
Pour se sustenter, d'aucuns auraient sans doute espéré l'une ou l'autre p
Rise de risque ou l'octroi d'une fresque symphonico-progressive et/ou d'un duo, toujours appréciés par l'amateur du genre. Des compositions un poil plus abouties doublées de paroles à la plume désormais plus alerte et affinée, et une identité artistique en voie de stabilisation sont des qualités plaidant néanmoins en la faveur de nos cinq acolytes. C'est dire qu'à l'aune de ce second full length, la troupe aurait une belle carte à jouer pour se hisser parmi les valeurs montantes de cet espace metal. Bref, une sémillante et troublante livraison, apte à propulser le quintet britannique dans la cour des grands...
Je viens de terminer les deux premiers albums et sincèrement on se laisse bercer de bout en bout! L'idéal c'est un casque et fermer les yeux!
J'ai adoré la piste "What We Leave Behind"! Vraiment envoûtante! Mais l'ensemble est juste super! J'ai hâte d'écouter les 2 derniers opus!
Pour ma part, cet album se situe incontestablement en première position dans la discographie du combo britannique. Quant aux deux albums suivants, selon moi, le 4ème opus dépasserait son proche aîné d'une courte tête. Une fois l'écoute de tous leurs albums achevée, je serais curieux d'avoir ton sentiment sur la question!
Sinon, concernant le présent album, j'aime également le titre que tu as mentionné, même si j'aurais une petite préférence pour "Regret".
Quoi qu'il en soit, ce groupe me semble loin de déposer les armes. Il aurait même de sérieux arguments pour faire évoluer son art et assurer sa pérennité. Mais ce n'est là que mon humble avis...
Ben je t'avoue, je viens d'écouter le 3 eme de la journée (au boulot) je le trouve encore plus abouti que le 2eme! Il me reste le dernier! Je m'y mets dès demain!
"regret" est magnifique c'est vrai...mais en fait tout est bon! C'est le genre de disque qu'on met dans la radio et qu'on écoute du début à la sans passer les pistes! En tout cas si tournée il y a je vais me laisser tenter!
de nouveau, merci à toi pour ces découvertes
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