Dominate

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Nom du groupe Adagio (FRA)
Nom de l'album Dominate
Type Album
Date de parution 16 Décembre 2005
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album200

Tracklist

1. Fire Forever 06:00
2. Arcanas Tenebrae / Dominate 04:12
3. Terror Jungle 05:15
4. Children of the Dead Lake 06:04
5. R'Lyeh the Dead 08:25
6. The Darkitecht 06:18
7. Kissing the Crow 02:28
8. Fame 04:01
Bonustrack (Japanese Release)
9. Undying
Total playing time 42:43

Chronique @ Eternalis

13 Décembre 2008
Pourquoi Adagio n’arrive t-il pas a garder ses chanteurs ? Et surtout pourquoi n’arrive t-il pas à en trouver un en France ? Après l’épisode David Readman (Pink Cream 69-allemand), puis Gus Monsanto (brésilien) pour ce Dominate et aujourd’hui Christian Palin (finlandais) pour le "Archangel in Black" à venir, on ne peut pas dire que le combo français montre un visage soudé au niveau des vocalistes (le reste du groupe reste immuable depuis le début !).

Intéressons nous donc à ce "Dominate", seul album avec Gus au chant et voyant l’apparition des vocaux Black de Stephan Forte (guitare). Ce dernier, licencié au M.A.I (Music Academy International) de Nancy, où un certain Patrick Rondat y fait ses cours en tant que professeur, n’a plus rien à prouver d’un point de vue technique, malgré son très jeune âge.
Virtuose, appliqué et faisant preuve d’une grande dextérité, Stephan est sans doute un des meilleurs guitaristes français de la nouvelle génération, mais qu’en est-il du compositeur ?

"Sanctus Ignis" et "Underworld" laissait présager de grandes choses car le metal progressif et orchestral concocté par le jeune surdoué se montrait relativement ambitieux et très technique, mais malheureusement encore un peu froid et clinique. Trop clean pour être réellement sincère.

Mais "Dominate" remet de sérieuses choses en place. Plus sombre, rapide et largement plus violent, le fan de la première heure ne pourra qu’être surpris par les interventions vocales du maestro, hurlant comme un damné de fort bonne manière ma foi, très crue, sans fioritures, même presque trop sommaires par moments. Mais, personnellement, ce côté hargneux et caverneux n’est pas pour me déplaire, car il contraste totalement avec une musique toujours autant de haute voltige techniquement.
Le premier morceau, "Dominate", représente donc la perfection du style voulu par son leader. Une intro légèrement orchestrale (Dimmu Borgir es-tu là ?) puis un déchainement de notes avec un premier "blast beat" et un grognement ténébreux délivrant une rage que nous n’avions encore jamais perçue chez les français. Le son est bon, un peu "roots" (au niveau de la batterie notamment) mais il colle complètement à la musique, nous sommes dans des conditions optimales d’écoute.
Le chant de Gus se fait rapidement entendre, très agréable, mélodique, puissant et à rapprocher d’un certain Olaf Hayer (lorsqu’il chante dans Dionysus), gage de qualité donc.
La puissance et la double sont de rigueur avant que le chant Black ne passe au premier plan sur le break : fabuleux moment où le blast d’Eric Lebailly se mêle aux élucubrations de Stephan pour une osmose parfaite. Un introducteur des plus parfait et une profondeur d’interprétation impressionnante qui nous fait comprendre que l’album sera bon et peut-être même qu’ils tiennent une musique avant-gardiste. Car le mariage de Symphony X et Dimmu Borgir (les deux plus grandes influences) n’est pas aisé autant à produire qu’à accepter, le black n’étant pas particulièrement reconnu pour sa virtuosité de jeu, virtuosité bien présente dans ce premier morceau (quel solo !).

Mais l’opus ne suivra pas la cadence imposée par son titre d’ouverture à ma grande déception. Non pas que le reste soit mauvais, loin de là, mais Adagio retombe dans des schémas usés jusqu’à la corde sur le morceau suivant "Fire Forever". Du speed bien produit, avec de jolis claviers (un peu niais quand même) et un gros refrain mais qui ne produit aucun frisson comparé à son prédécesseur. Gus chante très haut et son niveau technique est lui aussi élevé mais l’absence de nouveauté se retrouve handicapante.
"Terror Jungle" et "Children Of The Dead Lake" alourdissent le ton et assombrissent l’atmosphère. Le premier des ces titres est d’ailleurs parcouru d’arpèges de guitare évoquant légèrement Pink Floyd, et le mariage chant clair/black est merveilleux. "COTDL" est quand à lui bien plus traditionnel, et l’agression semble faire plus figure de gadget que de réelle utilité. Un morceau vide émotionnellement de mon point de vue.

Tout l’inverse de la chanson suivante, "R'Lyeh The Dead" la meilleure et la plus longue (8’25 min), d’une grande noirceur et d’une technicité non seulement maitrisée mais également parfaitement utile, sans que Stephan ou Franck (Hermany-basse) n’en fassent trop. La longue introduction baroque est magnifique et cinématographique (bien que l’on sente qu’il s’agisse de claviers, ça passe plutôt bien) et le riff brisant l’ambiance d’une épaisseur impressionnante. La mélodie arrive rapidement, me rappelant le "Church Of The Machine" de Symphony X ("Twilight in Olympus"), et le duo vocal atteint son essence la plus pure. Les solos sont longs, tortueux et maladifs et Stephan, plus bestial que jamais, se montre plus schizophrénique que jamais tout en proposant des soli quasi-continuels.

"The Darkitecht", malsain et à la mélodie de piano faisant froid dans le dos (très cinématographique encore une fois) est également très sombre et le chant de Gus plus posé n’y est pas forcement à son aise. La cassure instrumentale est superbe et angoissante, digne d’un film d’horreur avec des bruitages et des effets malheureusement saccagés par ce solo de clavier inutile et brisant complètement l’atmosphère développée jusque là.
"Kissing The Crow", long de deux minutes n’est que du pur remplissage tandis que le final n’est autre que la reprise du mythique "Fame" des années 80, mais sans grande réussite, faute à un manque évident de folie exigée pour ce genre d’exercice. Le refrain est si mou que l’on en vient à penser que la version originale à plus de pêche (beurk !). Le seul intérêt se situera autour du très bon solo de Stephan et la fin syncopée mais l’album ne se termine pas de la manière grandiose que nous étions en droit d’attendre à l’écoute du premier morceau.
Encore trop d’habitudes et de stéréotypes viennent parasiter un album qui aurait pu subir un tout autre traitement avec encore plus de prise de risque et d’originalité. Espérons que tous ces éléments seront présent sur "Archangel in Black", prévu pour février prochain.

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Eternalis - 14 Décembre 2008: UN grand merci pour ton compliment.

Sinon, il y a de très bons morceaux, techniques et inspirés mais il est particulièrement énervant de songer que ça aurait pu être 100 fois mieux!! Tout le potentiel est là, manque plus qu'à mettre tous ça en place (je sais, facile à dire...)
edenswordrummer - 20 Octobre 2014: Cet album est vraiment étrange...il me paraît très vide j'ai l'impression qu'il n'y a que deux titres, dominate et celui qui le suit. Le reste ne m'a vraiment pas marqué, même après plusieurs écoutes, je lui préfère de loin Archangel in Black, espèront que le nouvel album "plus prog que jamais" pour les citer, ne se noiera pas dans la masse...
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Chronique @ bojart

29 Septembre 2010
En 2006, le talentueux quintet français Adagio, étiqueté néo classique à cause de leurs deux premiers albums « Sanctus Ignis » et « Underworld », ont sorti un disque ressemblant plus à un EP (seulement 8 titres !) qu’à un « vrai » album. Son nom ? « Dominate », édité par XIII Bis Records, le même label que la formation gauloise émérite de power mélodique Heavenly, dont le dernier skeud « Carpe Diem » (et ses affriolantes demoiselles sur la cover), est sorti en 2009… alors que le 4éme album studio d’AdagioArchangels in Black ») est désormais dans les bacs ; confirmant le passage du néo classique/métal mélodique au power progressif/heavy black amorcé dans « Dominate » ; album que je m’empresse de chroniquer maintenant !

L’atmosphère de l’album est sombre et froide sans être malsaine pour autant. Et ceux qui me sortent (sur YouTube par exemple) que Adagio = Symphony X bis, je leurs rétorquent « Take the shit out of your deaf ears » (si ils sont amerloques ou anglais) et « Ecoutez les disques du groupe et réflechissez un minimum avant de sortir des bêtises pareilles ! Non ! Adagio n’est ni un sous-Symphony X et encore moins un Cradle of Filth-like... la formation montpelliéraine, forte du transfuge de Therion, Mats Lèven, produit depuis « Dominate », un power mélodique baignant dans le heavy black et le néo classique. Loin donc du power progressif/mélodique de SX… alors oui ! Peut-être que « Archangels in Black », clairement heavy black progressif se rapproche du son des ‘ricains, mais encore faudrait-il enlever les vocaux gutturaux qui accompagnent le chant heavy…

« Dominate » est ouvert par son titre éponyme au refrain entêtant et à la cadence heavy-speed. C’est robuste et les vocaux hybrides de Stephan Forté (entre death et black) correspondent bien à la brutalité de la composition. Stephan nous sort un solo de haute qualité, décoiffant, avant que ce soit l’autre leader du groupe, Kevin Codfert, qui fasse chauffer son Yamaha (pas le 2-roues, hein !) pour une prestation plus que correcte. Un pont musical réussi pour un morceau-titre qui ne l’est pas moins !

Bien que le groupe reste labélisé néo classique, on a le droit à du power métal violent et noir, à milles lieues du power mélodique fantasque d’Helloween (à l’époque où Micheal Kiske était là du moins) ou de celui festif et parodique d’Edguy (groupe du génialissime Tobias Sammet, fondateur d’Avantasia)…je ne vais pas m’attarder sur dessus malgré la qualité de ce joli lot (« Fire Forever » et « Terror Jungle »), qui cependant deviens très vite lassant. Parlons plutôt du trio obscur du disque en commençant par l’excellent « Children of The Dead Lake », l’un des meilleurs morceaux…

… les triggers, doubles-pédales et tambours de la batterie d’Eric Lebailly nous aspirent dans un torrent musical étouffant et lourd, bientôt rejoints par la Lag de Stephan et la basse du discret Franck Hermanny en sous-main. L’histoire racontée est digne d’un film d’épouvante de série Z et une alternance entre force et violence et mélodies dans ce titre. Comme d’hab’, les courts solos de Steph ‘ font bon effet et les vocaux de Gus collent parfaitement à l’instru découplée de ses potos musicos. Pour l’interlude musicale,, tout commence par un jeu de piano by Kevin avant un duo magique entre le soliste/guitariste et le claviériste/pianiste d’Adagio. Mémorable ? Assez, oui ! « The Darkitecht » débute par un solo de piano magnifique bien que sobre sur lequel vient se greffer les premiers riffs résonnant fermement et voila le morceau lancé ! Porté par des samples sublimes de chœurs religieux…un mid-tempo s’installe et une ballade étrange, forte mais symphonique, envahit l’espace sonore. Le chant de Gustavo couplé à celui de Stephan donne l’occasion d’un sympathique moment heavy à deux…et toujours, un superbe solo de gratte emballe la chanson, et ce, en plusieurs fois. Et ce n’est pas un solo de power qu’on entend mais un solo plus langoureux, ne surjouant jamais comme pourrait le faire Herman Li et Sam Totman, les fous gratteux de DragonForce. La dernière pièce de cette trilogie schizo sur les bords, c’est le brillant « R’Lyeh The Dead », titre le plus long de « Dominate » avec ses huit minutes et des poussières, mais morceau le plus intéressant musicalement parlant…

…très ombreuses sont les intonations sonores du clavier, nuançant de jolie manière les notes douces et claires du piano … la contrebasse et les violons rajoute une légère dramaturgie bienvenue à la magnificence symphonique de la longue et délicieuse introduction. Le trio sempiternel guitare-basse-batterie mène droit l’énième solo du sorcier Forté vers de belles hauteurs…c’est symphonique tout en déménageant un max ! La composition est un exemple réussi d’une fusion multi-style entre le néo classique, le black métal et le power progressif. Grandiloquent ! Exubérant ! Mais jubilatoire pour un fana (comme moi) de fusions musicales audacieuses (quand elles sont un succès). C’est glacial certes ! Mais tellement tellement bon. Et encore une fois, le solo de guitare de Stephan est à baver et la cohésion du groupe sur les compos semble totale !

Malgré quelques errances et un manque d’émotion cinglant sur certains morceaux, ce troisième album ne fait nullement injure au deux premiers opus du groupe même si sa structure se révèle moins technique et plus violente. Un bon album sans plus !

Bj

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passiflora - 30 Septembre 2010: totalement d'accord mais il me semble qu'ils ne sont pas montpellierains (en tous cas pas Stephan Forte), les autres membres sont effectivement du sud est:-)
AlonewithL - 16 Novembre 2010: J'ai commencé à connaître "Adagio" par cet album, me figurant que c'était du néo class'. L'atmosphère sombre qui se dégage de cet opus m'a agréablement surpris.
Bonne chronique.
bojart - 16 Novembre 2010: merci :)
samolice - 18 Avril 2018:

Merci pour la chronique. Je me garderai bien de dire que cet album est bon ou mauvais, juste qu'il ne m'a pas emporté. Peut être du fait de ce style musical qui n'est pas dans ma "zone de confort". Rien à dire pourtant sur le niveau des zicos, notamment Forté, sacrément doué. Grosse faute de goût quand même avec cette reprise d'Irene Cara en dernière piste. Quelle torture!

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Commentaire @ dime777bloodnatt

04 Mai 2006
Adagio...fleuron du courant Prog/Néo-classique du paysage héxagonal en seulement deux albums(mais quels albums!!!)se devait d'être à la hauteur de son compositeur : le prodigieux Stéphane Forté sur ce troisième Opus.
Dès le premier morceau éponyme de l'album, le ton est donné : puissance, efficacité et ambiances sombres(on sentait déjà venir le changement de direction dans Underworld avec la collaboration d'Anorexia Nervosa).
Le groupe gagne donc en puissance bien qu'il pêche un tantinet en musicalité par rapport à l'évolution technique constante des deux premières œuvres. Les refrains sont répétitifs avec des mélodies plus dépouillées et surtout, les parties batterie sont plus simplistes et moins Prog que par le passé(excepté R'lyeh The Dead qui avec ses 8.25 minutes; c'est un Hymne que j'attendrai avec impatience le 29 juin à Paris).
L'entrée en matière est donc explosive mais musicalement peu recherchée(Attention nous parlons tout de même d'un album d'Adagio!?!)sur les trois premiers titres.
A partir de Children Of The Dead Lake, c'est une toute autre affaire avec une structure bien plus complète, des mesures découpées à la serpe(comme je les aimes) et des "swedish duels guitare/clavier incontournables; ceci est également valable pour les titres suivant :
R'lyeh The Dead qui avoine sévère, prouvant qu'Adagio peut mélanger somptueusement métal burné avec des mélodies transportantes sans longueur sur la totalité du titre.
The darkitecht est également superbement construis avec une intro déroutante et une ligne de chant qui place la barre très haut avec le nouveau "gus" brésilien.
Kissing The Crow, petite pause chant/guitare qui casse le rythme effréné de ce nouvel opus...
On finit sur Fame, et oui surprenant mais pas très utile malgré des solos batteries intéressant à la fin du morceau.
Le DVD est sympa malgré un son à désirer sur les prestations live ...Voilà j'ai fini, ce fut éprouvant mais j'espère que vous viendraient nombreux sur la tournée française!!!
Bonne écoute à tous et à tchao bon dimanche!?! DIME

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