En ce début des années 1990, période faste pour le deathmetal et pluie d’albums cultes en tout genre, de nombreuses formations conquises par
Morbid Angel ou
Pestilence se forment aux quatre coins de la planète, désormais épaulées par de nouveaux labels tentant de s’approprier une part du gâteau. Ayant mis
Bathory sur orbite durant les années 80 avant d’acquérir définitivement son indépendance au début des nineties, signant au passage les français d’
Agressor, les danois d’
Invocator et les suédois d’
Edge Of Sanity, Blackmark Productions compte justement parmi ces écuries ayant pris plus précisément le train du deathmetal en marche, sans toutefois abandonner la signature de groupes heavy ou thrash plus traditionnels.
A ce titre, l’année 1992 reste la plus deathmetal du label de Börje Forsberg, connaissant la seconde participation d’
Agressor et d’
Edge Of Sanity, mais aussi l'arrivée des furieux
Necrosanct,
Cemetary,
Seance et
Fleshcrawl. Non sans avoir changé par deux fois de patronyme, ce dernier se forme en Allemagne au tout début des nineties, sur des terres autrefois propices en thrash mais encore à la traine en deathmetal vers 1991, exception faite de ses fers de lance nommés
Morgoth,
Atrocity ou
Protector, sans compter quelques bonnes formations comme
Incubator,
Lemming Project ou Jumpin Jesus aux LP de l'année toutefois plus anecdotiques.
Bref, retour sur
Fleshcrawl fondé par le guitariste Stefan Hanus (son jeune frère Mike n’ayant rejoint le groupe qu’à l’occasion du second album) et le batteur Bastian Herzog, ce dernier étant encore en place après 20 années de loyaux services. Le seul EP
Lost in a Grave suffit à convaincre Blackmark Productions, qui envoie dans la foulée son protégé en juin 1992 dans les fameux Montezuma Studios de Stockholm, sous la houlette de Rex Gilssen qui s’était déjà occupé de la capture des premiers albums d’
Agressor,
Edge Of Sanity &
Invocator, ou encore du second LP de
Therion.
Ayant encore une faible expérience des studios, le jeune groupe allemand s’en remet ainsi aux mains de son ingénieur du son, se retrouvant avec une production à la sauce
Nothing But
Death Remains et
Beyond Sanctorum, doté d’un son de batterie sans grande profondeur et d’un mixage à l’équilibre incertain, malgré une puissance notable accordée aux guitares de Stefan Hanus et Gero Schmitt.
Muni d'un enregistrement assez bateau et d'une illustration typée Seagrave, le bien nommé
Descend into the Absurd paru en cette fin d’année 1992 ne part ainsi pas sous les meilleurs auspices, s’inscrivant d’emblée parmi les productions s’extrayant difficilement des nombreuses sorties d'une année particulièrement chargée. Les compositions de la paire Hanus / Herzog restent de surcroît relativement conventionnelles et déjà influencées par le deathmetal des voisins suédois, faisant parfois même oublier la nationalité allemande de nos interprètes.
Tout comme le Fornever Laid to Rest de
Seance avec qui
Fleshcrawl partage le label,
Descend into the Absurd reste toutefois un album à l'atmosphère dense, qui prend corps au fil de son avancée, laissant progressivement la faiblesse relative de son enregistrement au second plan. En 54 minutes, le quintette allemand prend en effet le temps de peaufiner ses morceaux, jonglant habilement entre passages tapageurs et de nombreux instants d’une lourdeur toute particulière.
A l’image du calibrage impeccable de Phrenetic Tendencies, des ambiances pesantes de
Perpetual Dawn, de la furie de
Purulent Bowel
Erosion ou encore du riffing fracassant d’
Infected Subconscious,
Fleshcrawl montre combien il possède plusieurs cordes à son arc, à défaut de bénéficier d’une pleine personnalité. Le chant guttural d’Alex Pretzer reste enfin un atout de taille au sein de la formation, apportant une profondeur supplémentaire aux morceaux et contribuant à l'épaisseur des ambiances fidèlement restituées.
Perfectible sur plusieurs points et trop académique pour faire réellement la différence face à une concurrence impitoyable en cette année 1992,
Descend into the Absurd possède pourtant une saveur assez singulière, lâchant un deathmetal sombre à l’atmosphère dense et pesante, parfaite illustration d’une scène du début des nineties à la senteur d’outre tombe. Servi par des enregistrements de meilleure qualité, l’expérience de ses interprètes en plus,
Fleshcrawl montera ainsi rapidement en puissance durant sa période passée sous la bannière Blackmark Productions, sans toutefois dépasser le statut d'outsider.
Fabien.
Concernant ce premier album de Fleshcrawl, nous l’avions acheté mon pote et moi et revendu dans la foulée, bien que je m’en fusse gardé une copie en K7. Lorsque que l’heure du rachat a sonné, j’ai d’ailleurs eu un mal de chien à lui mettre la main dessus, tout comme l’Excursion Demise d’Invocator qui m’avait demandé pas mal de patience et un effort pécuniaire adéquat.
Bref, comme tant d’autres réalisations de l’époque ne payant pas de mine et trop rapidement survolées, je dois avouer combien Descend Into The Absurd vieillit bien sur ma platine et reste le disque que je ressors le plus volontiers, à défaut d’être le meilleur. Ces jeunes années du style me parlent tout particulièrement, certainement dû à ce facteur nostalgie. J’essaie toutefois de conserver mon objectivité désormais légendaire...
Fabien.
J'ai renouveler la tentative plus tard sans succès, on verra si je daigne ou pas tenter un troisième essai.
C'est marrant, le Invocator je l'avais régularisé dans des trucs déclassés du O'CD de Montpellier : 2 euros Excursion Demise + The Nocturnal Silence ça te parle?
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