Descend into the Absurd

Liste des groupes Death Metal Fleshcrawl Descend into the Absurd
ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Fleshcrawl
Nom de l'album Descend into the Absurd
Type Album
Date de parution 08 Juin 1992
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album37

Tracklist

1. Between Shadows They Crawl 02:32
2. Phrenetic Tendencies 05:32
3. Perpetual Dawn 06:42
4. Purulent Bowel Erosion 05:11
5. Lost in a Grave 07:05
6. Never to Die Again 07:30
7. Festering Flesh 06:44
8. Infected Subconscious 06:25
9. Evoke the Excess 06:56
Total playing time 54:37

Chronique @ Fabien

07 Décembre 2010
En ce début des années 1990, période faste pour le deathmetal et pluie d’albums cultes en tout genre, de nombreuses formations conquises par Morbid Angel ou Pestilence se forment aux quatre coins de la planète, désormais épaulées par de nouveaux labels tentant de s’approprier une part du gâteau. Ayant mis Bathory sur orbite durant les années 80 avant d’acquérir définitivement son indépendance au début des nineties, signant au passage les français d’Agressor, les danois d’Invocator et les suédois d’Edge Of Sanity, Blackmark Productions compte justement parmi ces écuries ayant pris plus précisément le train du deathmetal en marche, sans toutefois abandonner la signature de groupes heavy ou thrash plus traditionnels.

A ce titre, l’année 1992 reste la plus deathmetal du label de Börje Forsberg, connaissant la seconde participation d’Agressor et d’Edge Of Sanity, mais aussi l'arrivée des furieux Necrosanct, Cemetary, Seance et Fleshcrawl. Non sans avoir changé par deux fois de patronyme, ce dernier se forme en Allemagne au tout début des nineties, sur des terres autrefois propices en thrash mais encore à la traine en deathmetal vers 1991, exception faite de ses fers de lance nommés Morgoth, Atrocity ou Protector, sans compter quelques bonnes formations comme Incubator, Lemming Project ou Jumpin Jesus aux LP de l'année toutefois plus anecdotiques.

Bref, retour sur Fleshcrawl fondé par le guitariste Stefan Hanus (son jeune frère Mike n’ayant rejoint le groupe qu’à l’occasion du second album) et le batteur Bastian Herzog, ce dernier étant encore en place après 20 années de loyaux services. Le seul EP Lost in a Grave suffit à convaincre Blackmark Productions, qui envoie dans la foulée son protégé en juin 1992 dans les fameux Montezuma Studios de Stockholm, sous la houlette de Rex Gilssen qui s’était déjà occupé de la capture des premiers albums d’Agressor, Edge Of Sanity & Invocator, ou encore du second LP de Therion.

Ayant encore une faible expérience des studios, le jeune groupe allemand s’en remet ainsi aux mains de son ingénieur du son, se retrouvant avec une production à la sauce Nothing But Death Remains et Beyond Sanctorum, doté d’un son de batterie sans grande profondeur et d’un mixage à l’équilibre incertain, malgré une puissance notable accordée aux guitares de Stefan Hanus et Gero Schmitt.

Muni d'un enregistrement assez bateau et d'une illustration typée Seagrave, le bien nommé Descend into the Absurd paru en cette fin d’année 1992 ne part ainsi pas sous les meilleurs auspices, s’inscrivant d’emblée parmi les productions s’extrayant difficilement des nombreuses sorties d'une année particulièrement chargée. Les compositions de la paire Hanus / Herzog restent de surcroît relativement conventionnelles et déjà influencées par le deathmetal des voisins suédois, faisant parfois même oublier la nationalité allemande de nos interprètes.

Tout comme le Fornever Laid to Rest de Seance avec qui Fleshcrawl partage le label, Descend into the Absurd reste toutefois un album à l'atmosphère dense, qui prend corps au fil de son avancée, laissant progressivement la faiblesse relative de son enregistrement au second plan. En 54 minutes, le quintette allemand prend en effet le temps de peaufiner ses morceaux, jonglant habilement entre passages tapageurs et de nombreux instants d’une lourdeur toute particulière.

A l’image du calibrage impeccable de Phrenetic Tendencies, des ambiances pesantes de Perpetual Dawn, de la furie de Purulent Bowel Erosion ou encore du riffing fracassant d’Infected Subconscious, Fleshcrawl montre combien il possède plusieurs cordes à son arc, à défaut de bénéficier d’une pleine personnalité. Le chant guttural d’Alex Pretzer reste enfin un atout de taille au sein de la formation, apportant une profondeur supplémentaire aux morceaux et contribuant à l'épaisseur des ambiances fidèlement restituées.

Perfectible sur plusieurs points et trop académique pour faire réellement la différence face à une concurrence impitoyable en cette année 1992, Descend into the Absurd possède pourtant une saveur assez singulière, lâchant un deathmetal sombre à l’atmosphère dense et pesante, parfaite illustration d’une scène du début des nineties à la senteur d’outre tombe. Servi par des enregistrements de meilleure qualité, l’expérience de ses interprètes en plus, Fleshcrawl montera ainsi rapidement en puissance durant sa période passée sous la bannière Blackmark Productions, sans toutefois dépasser le statut d'outsider.

Fabien.

7 Commentaires

6 J'aime

Partager

Fabien - 08 Décembre 2010: Haha, oui il y a effectivement du boulot. Pour ma part, Cross the Styx et Shadows in the Deep ont subi récemment un lifting, comme toutes mes rédactions de 2007 et 2008 progressivement remises à des normes plus acceptables à mes yeux. J’avoue toutefois la spirale sans fin d’un tel labeur.

Concernant ce premier album de Fleshcrawl, nous l’avions acheté mon pote et moi et revendu dans la foulée, bien que je m’en fusse gardé une copie en K7. Lorsque que l’heure du rachat a sonné, j’ai d’ailleurs eu un mal de chien à lui mettre la main dessus, tout comme l’Excursion Demise d’Invocator qui m’avait demandé pas mal de patience et un effort pécuniaire adéquat.

Bref, comme tant d’autres réalisations de l’époque ne payant pas de mine et trop rapidement survolées, je dois avouer combien Descend Into The Absurd vieillit bien sur ma platine et reste le disque que je ressors le plus volontiers, à défaut d’être le meilleur. Ces jeunes années du style me parlent tout particulièrement, certainement dû à ce facteur nostalgie. J’essaie toutefois de conserver mon objectivité désormais légendaire...

Fabien.
BEERGRINDER - 08 Décembre 2010: C'est pas faute d'avoir essayé mais je le trouve trop mou, à la sortie d'Impurity j'ai découvert Fleshcrawl et adoré ce côté Grave en plus brutal, j'ai dans la foulée emprunté Descent into The Absurd à un collègue, mais je n'y ai pas retrouvé la fouge du deuxième album.
J'ai renouveler la tentative plus tard sans succès, on verra si je daigne ou pas tenter un troisième essai.

C'est marrant, le Invocator je l'avais régularisé dans des trucs déclassés du O'CD de Montpellier : 2 euros Excursion Demise + The Nocturnal Silence ça te parle?
BEERGRINDER - 08 Décembre 2010: Et j'en peux plus de mes rédactions moisies, dès ce soir je m'en vais rectifier ça.
BEERGRINDER - 10 Septembre 2015: Fabien, quelques années plus tard j'ai enfin acheté ce premier album de Fleschcrawl dans les bacs d'un exposant du Fall Of Summer. Mon avis a quelque peu évolué sur ce disque, je ne l'apprécie pas autant que toi, mais je conviens qu'il n'est pas si mauvais, surtout pour l'époque. J'ai décidé d'en faire une chronique moi aussi, je dois fournir un texte pour chaque album de Fleshcrawl sur le groupe Facebook dont un pote est admin, ça sera pour moi l'occasion de faire le grand schelem sur ce combo en la postant ici également, de toutes façons elle devrait différer un peu de la tienne.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ BEERGRINDER

13 Septembre 2015

Festering fleshcrawl

Boosté principalement par les scènes floridiennes et suédoises, le virus Death Metal s’est propagé à vitesse grand V sur le globe grâce à une série d’albums légendaires entre 1989 et 1991, en Allemagne derrière les déjà aguerris Protector et Morgoth, quelques combos commencent à pointer le bout de leur nez tels Incubator, Obscenity, Torchure et donc Fleshcrawl. Toutefois le groupe de Bastian Herzog n’est pas un petit nouveau puisqu’actif depuis 1987 sous les patronymes Morgöth puis Suffocation, on comprend aisément pourquoi ils ont dû changer de nom…

Rejoignant notamment Edge Of Sanity, Invocator, Seance ou les français de Agressor, le quatuor teuton obtient une signature chez Black Mark Records et investit le Montezuma Studio au début de l’été 92 pour y enregistrer leur premier album Descend into the Absurd. La pochette de Uwe Jarling n’est pas sans rappeler celle de Like an EverFlowing Stream de Dismember, et le visuel n’est pas le seul rapprochement entre Fleshcrawl et la scène suédoise, on y retrouve ce même son « guitare tronçonneuse » des Entombed and co, cependant la production n’a hélas pas le même coffre que chez Carnage, Entombed and co.

Au niveau des compositions, le Death Metal des allemands est caverneux, bien soutenu par le growl profond du vocaliste Alex Pretzer, mais le riffing réserve assez peu de surprises. Fleshcrawl joue sur les ambiances et le développement de morceaux relativement longs (un peu trop) qui oscillent facilement autour des sept minutes, ce qui s’avère à la fois intéressant sur le développement de certains titres bien articulés , mais un peu lourd à digérer sur la durée de l’album, 57 minutes tout de même.
Quelques morceaux surnagent tout de même : l’immersif Perpetual Dawn et son côté très noir, Lost in a Grave débutant avec une lourdeur presque Doom avant de développer une belle rage par la suite, ou encore le puissant Never to Die Again au riffing très efficace dans la première partie et aux ambiances poisseuses à la Autopsy dans la seconde, mais on sent que Stephan Hanus et ses sbires n’ont pas encore donné leur pleine mesure.

Noyé au milieu de la myriade de sorties cultes de 1992, ce premier album des allemands est une sortie honnête, mais loin d’être suffisant pour se frayer une place au panthéon, toutefois le potentiel est là et sera largement exploité sur les sorties suivantes. Descend into the Absurd est avant tout réservé aux inconditionnels du son et de l’ambiance Death Metal des débuts 90’s, mais le disque étant épuisé à l’heure actuelle et sans perspective de réédition à l’horizon, il faudra mettre la main au porte-monnaie pour acquérir l’objet, voire donner un œil ou un rein, ou avoir de la chance, comme votre serviteur qui l’a dégoté pour 15 € dans les bacs d’un vendeur au Fall Of Summer.

BG

0 Commentaire

3 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire