Dark Space III I

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Nom du groupe Darkspace
Nom de l'album Dark Space III I
Type Album
Date de parution 06 Septembre 2014
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album51

Tracklist

1.
 Dark 4.18
Ecouter27:24
2.
 Dark 4.19
Ecouter18:31
3.
 Dark 4.20
Ecouter18:24

Durée totale : 01:04:19

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Darkspace



Chronique @ Krypt

12 Septembre 2014

There’s no lights... No power… We’re going in…

Désormais passablement détachés de la sphère Metal, il est cependant de ces groupes qui outrepassent toute catégorie ou genre. Darkspace en est l'exemple même.
Le Black Metal, de par son intensité et sa puissance constitue indubitablement un vecteur privilégié à la transmission de cette métaphore musicale du vide intersidéral. Il en résulte alors une musique glaciale, austère et contemplative dont seuls les trois Bernois ont le secret.
Voilà maintenant plus de dix ans que Darkspace nous offre de côtoyer les astres par l'entremise de parcimonieux albums et concerts. Autant d'expériences introspectives qu'il s'agirait d'appréhender dans une perspective globalisante comprenant chaque nouvelle sortie comme épisode d'une seule et même odyssée spatiale.
Nous avons attendu non moins de six ans depuis le précédent (et mémorable) vernissage du troisième opus au Gaskessel (Berne) pour se voir délivrer cette quatrième offrande.
En mai nous fut transmis un mystérieux code morse révélant la date et l'emplacement géolocalisé du vernissage du tant attendu Dark Space III I. C'est ainsi que nous fûmes quelques 200 à assister ce 6 septembre au dévoilement du nouvel ovni.

Dark Space III I est un triptyque d'approximativement une heure dont les titres s'enchaînent dans une grande fluidité. Etant donné la longueur des titres, il s'agira de vous planifier un moment spécialement dévolu à l'écoute de cet opus.
D'un point de vue général, Darkspace fait du Darkspace: Mur sonore duquel se détachent cris d'outre-galaxies, nappes de claviers atmosphériques et soli de guitare. Le savant équilibre se révèle dans l'étonnante variété des compositions, pourtant minimalistes, conférant à la musique une grande intensité aux contours psychédéliques, envoûtants et hypnotiques se traduisant chez l'auditeur par une sensation d'expérience quasi mystique et transcendante.
Le plus de cet album réside peut-être dans la production qui équilibre judicieusement les instruments de sorte à ce que nous puissions aisément distinguer ses diverses composantes musicales. Cela nous permet d'observer au fil de l'écoute le fonctionnement du trio en y repérant inévitablement des ressemblances avec leurs projets personnels (Paysage d'Hiver pour Wroth/Wintherr et Sun of the Blind pour Zhaaral - à quand le projet de Zorgh?).

Concernant l'album à proprement parler, Dark 4.18 s'ouvre sur une plage ambiant nous projetant dans l'épave déserte d'un vaisseau où seuls quelques bruits métalliques et arcs électriques font écho (inutile d'évoquer la salle du réacteur réactionnel d'Event Horizon) - cette image sonore se retrouve sur Dark 4.20. Vient alors frapper la boîte à rythme mise très en avant (dont la nature mécanique corrobore l'aspect glacial et systématique de cette musique) avant de voir déferler le mur sonore dont nous venons de dessiner les caractéristiques, tout en laissant s'échapper quelques notes stellaires et litanies extraterrestres proférées par nos trois avatars sidéraux. 
Un place de choix est donnée (spécialement sur Dark 4.19) aux lourds riffs cosmiques se voyant par quelques reprises entrecoupés de plages ambiants à l'images de ces samples de respirations lentes et profondes (Dark 4.18 et 4.19) survenant de manière inattendue alors que nous nous voyions submergés par l'intensité de ce véritable vent solaire assaillant nos écoutilles; la dimension claustrophobique côtoie ici la sensation de vide, au même titre que l'effroi donne lieu à l'extase et qu'au néant succède la transcendance. 
Dark 4.20, plus « Black Metal » dans sa structure, s'achèvera finalement sur cet ultime sample:
“I found the hatch... I got the airlock status display panel here… There’s no lights... No power… We’re going in…”

Alors que leurs albums précédents projetaient notre esprit à travers le vide intersidéral, à des années lumière de toute forme de vie, dans un monologue intérieur avec les astres, apparaît ici une nouvelle dimension. Plus organique et sensoriel le nouveau Darkspace nous convie non seulement à un voyage mental dans les sphères cosmiques, mais nous intègre "physiquement" dans son épopée (au travers de ses samples – respirations, bruits métaliques et électriques, bribes de voix).

Darkspace porte ici une nouvelle pierre à son édifice et assoit, six ans après Dark Space III, son statut de groupe inégalé. 
Une fois de plus nous ressortons pantois de ce voyage interstellaire sans retour. J'ose supposer que nous détenons là notre album de l'année. Du bel ouvrage.

15 Commentaires

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QuintessenceS - 13 Septembre 2014: Merci beaucoup pour tes précisions Krypt ;)
Fullcrazy - 14 Septembre 2014: Un album magique, majestueux, profond, je m'attendais à un album encore fabuleux, mais quelle claque, même après autant d'écoute j'en frissonne. Darkspace est définitivement LE groupe qui me fera toujours autant vibrer. Merci pour cette chronique intéressante.
Xhaal - 15 Septembre 2014: Pour moi Darkspace est surement un des rares groupes à être parfait sur tout les points ! ça fait plus de 15 ans qu'ils ont commencé et ils sont toujours resté fidèle à leur concept ! Que ce soit musical , visuel , live ... Pour parler de l'album il est juste magique !!! Tres bonne chronique aussi qui décrit très bien le groupe
Firefrost - 17 Janvier 2015: Très bonne kro. Darkspace continue à faire du Darkspace, c'est à dire un black metal unique et génial, et c'est très bien comme ça :)
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