Considered Dead

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Gorguts
Nom de l'album Considered Dead
Type Album
Date de parution 08 Octobre 1991
Enregistré à Morrisound Studios
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album160

Tracklist

1.
 ...And Then Comes Lividity
 00:43
2.
 Stiff and Cold
 04:27
3.
 Disincarnated
 04:27
4.
 Considered Dead
 03:31
5.
 Rottenatomy
 04:45
6.
 Bodily Corrupted
 04:36
7.
 Waste of Mortality
 04:37
8.
 Drifting Remains
 03:43
9.
 Hematological Allergy
 04:09
10.
 Inoculated Life
 03:53

Durée totale : 38:51


Chronique @ Fabien

27 Avril 2007
Formé en 1989 autour de Luc Lemay, Gorguts compte parmi les pionniers de la scène deathmetal québécoise aux côtés de son confrère Obliveon, auteur en 1990 du somptueux album de deathrash technique From this Day Forward passé bien inaperçu chez Active Records. Après son unique démo And Then Comes Lividity, le groupe parvient à rejoindre l’écurie Roadrunner par l’entremise de Monte Connor, qui signe à cette période des groupes du genre à tour de bras, pour citer Death, Malevolent Creation, Immolation, Suffocation ou Sorrow ayant rejoint les rangs du label cette même année. Le quatuor rejoint dans la foulée le très prisé Scott Burns aux Morrisound Studios de Tampa en Floride, pour les sessions d’enregistrement de son premier album, à paraître en cet automne 1991 particulièrement chargé en sorties de qualité, pour citer Testimony of the Ancients, Clasndestine, Necroticism, Effigy of the Forgotten, Dawn of Possession, Unquestionnable Presence, A Sheeding of Skin, j'en passe et des meilleures.

Considered Dead est un album de facture somme toute assez classique, lâchant un deathmetal à dominante middle tempo, avec les guitares lourdes du couple Lemay / Marcoux et les vocaux de notre leader, entre chant guttural et écorché, mais au timbre vraiment unique. Bénéficiant de surcroît d’une production de Scott Burns (très soignée au demeurant) et d’une illustration du fameux Dan SeaGrave tout aussi prisé que notre ingénieur du son, l’album cumule à priori les stéréotypes. Pourtant au delà de ces premières constatations, chaque deathster peut rapidement se rendre compte combien le disque possède un caractère remarquable et regorge de trésors de subtilités.

La force de Gorguts réside non seulement dans l'équilibre de ses morceaux, mais aussi dans la technicité, la complexité et la fluidité de ses lignes de guitares, composées de main de maître par Luc Lemay. Le début fracassant du titre d’ouverture Stiff and Cold, l’accélération suivie du superbe solo au cœur de Disincarnated, la rage & le désespoir du titre éponyme nous contant l’histoire d’un homme enterré vivant, l’intensité du break central de Rottenatomy où C.Barnes de Cannibal Corpse vient pousser quelques growls caverneux, le solo tout aussi mémorable de J.Murphy invité sur Inoculated Life, sont autant de moments mémorables permettant à chacun des titres de se démarquer grâce à leur particularité. Les quelques introductions aux guitares acoustiques sont également des moments d’une grande sensibilité, dotant l’ensemble d’un côté à la fois beau & sombre et renforçant son cachet. Et bien sûr que d’éloges supplémentaires pour le titre Waste Of Mortality, plus de quatre minutes comptant à mon sens parmi les plages instrumentales les plus remarquables du deathmetal.

Assez conventionnel de prime abord, Considered Dead renferme une force, un équilibre global et une personnalité indéniables, lui permettant de s’inscrire parmi les classiques du deathmetal des années 90, toutefois paru lors d’une année où la concurrence n’a jamais été aussi féroce et le niveau de qualité jamais aussi élevé. Difficile ainsi pour Gorguts de se faire une place au premier plan à cette période, d’autant que le nombre de signatures élevées de son label ne permettent pas d’effectuer un vrai soutien, l’écurie misant avant tout du côté d'Obituary ou Deicide, reléguant un peu trop rapidement d’autres de ses poulains en bas de catalogue.

Fabien.

7 Commentaires

17 J'aime

Partager

ArchEvil - 16 Avril 2012: Peut être est-ce dû au fait que je m'étais fait une autre idée du death technique par le biais des suffocation ou atheist, ou encore que je connais et apprécie énormément Gorguts grâce à Obscura et From Wisdom to Hate, mais je ne suis pas parvenu à apprécier pleinement ce Considered Dead. Pourtant, il avait tout pour me convaincre. Ce son typique des Morrisound et son caractère rocailleux et dense qu'on ne trouve plus aujourd'hui, une technique au déjà au dessus de la moyenne et quelques idées qui tuent, comme ce Waste of Mortality effectivement très intense... Je crois que j'ai fait l'impasse sur le côté "classique" que Fabien a souligné, n'étant de toute façon pas de la génération qui a eu ce regard tout autre et plus objectif sur cette scène des nineties. Et puis, il semble manquer quelque chose dans le riff... ça tricote, c'est précis et appliqué mais ça ne s'envole pas... Gorguts, ça restera l'indéboulonnable et unique Obscura et son successeur pour moi. Ce CD repassera encore mais sans un énorme enthousiasme.
Brutaltoto - 22 Juin 2013: "...à paraître en cet automne 91 particulièrement chargé en sorties de qualité, pour citer Testimony,Heartwork, Wolverine...".

Y'a une petite erreur de datation car Heartwork et Wolverine sont sorties la même année, mais en 93. Je pense que tu dois confondre avec Necroticism et Clandestine, qui n'en sont d'ailleurs pas moins cultes.Mais comme tu as raison Fabien sur cette année 91. Après lecture de ta chro, je me suis amusé à resortir quelques albums de cette fameuse année: Human, Like an ever flowing stream, Into the grave(mon petit préféré), War master, The grand leveller... que du culte de chez culte. Et le pire c'est qu'il y'en a pleins d'autres tout aussi géniaux. C'est dingue toute cette profusion au même moment quand on y pense... en tous cas, une concurrence bien trop déloyale pour ce Considered dead que j'ai, comme d'autres personnes je pense, magistralement zappé.
Fabien - 22 Juin 2013: J’ignore où j’avais la tête, je pensais bien sûr à Necroticism et Clandestine. Cet automne 91 avait été terrible et mon porte monnaie s’en souvient encore. Grand Leveller, Into The Grave et Like An Ever étaient parus quant à eux un peu plus tôt dans le courant de l’été, tandis que Death c’était encore avant, au printemps, un sacré printemps aussi où je ne savais plus où donner de la tête (Morbid Angel, Morgoth, Autopsy, Malevolent Creation, Unleashed, Edge of Sanity, hou là. Quant à War Master, c’est le premier CD de deathmetal labélisé en 1991 que j’ai acheté cette terrible année là, en février exactement, peu avant Asphyx ou Massacra. Une pluie battante d’albums cultes cette année. Fabien.
LeMoustre - 22 Juin 2013: Hé, hé, que de souvenirs, moi, j'étais au service militaire en cette année là, et je n'ai pu, par manque de moyens, acheter que 2 ou 3 des disques sortis dans cette année là. Le "Clandestine" a tourné dans le walkman dans le bus à l'époque au point que la maxell-chrome a rendu l'âme peu avant le terme du service militaire (la "libé" pour les + de 40 ans). C'était comme un signe : une époque révolue et une autre étape. Malheureusement, le boulot juste à l'issue et une autre vie m'ont amené à zapper les années 93-98, ce que j'ai essayé de rattraper par la suite, dans la mesure de mes envies et moyens. Heureusement, Internet a depuis été une vraie aubaine pour rattraper cette période riche en sorties deathmetal. pour moi, l'âge d'or a plutôt été 87-91, l'avènement du thrash et la percée des premiers albums de Death. je suis, par exemple, passé à côté de la vague Black sortie au milieu des 90's.

Bref, Gorguts, c'est très technique et si je n'adhère pas, je comprend bien sûr l'engouement pour cette mouvance, m'étant arrêté à Atheist et son "Unquestionable Presence" à l'époque. Les deux seuls albums qui m'ont scotché depuis sont le "Crossing The Rubicon" d'Armageddon et "Cosmogenesis" des Allemands d'Obscura.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Ririss

16 Mai 2012
Gorguts fait partie de ces groupes qui lâchent un Death Metal à tendance middle tempo, à l'instar des anglais Bolt Thrower ou des floridiens Obituary. En 1989, le combo canadien se forme suite à l'émergence du Death Metal et enregistre rapidement une démo en 1990 nommée And Then Comes Lividity. C'est alors qu'après cela le groupe signe avec Roadrunner, écurie intéressée par le genre encore en pleine définition et ne refusant pas de rajouter Gorguts dans leur entre, aux côtés des superbes Pestilence et Obituary.

Considered Dead débarque en l'année bénie du Death Metal, où plusieurs sorties vont ravager le monde du Metal, en particulier celles de Morbid Angel, Suffocation, Dismember ou bien Death. Les canadiens se montrent confiants et dégotent une superbe production aux Morrisounds, lieu obligatoire pour toute formation à la recherche de perfection. Production d'ailleurs effectuée par le nouveau maître Scott Burns, ce dernier effectuant des travaux toujours plus ambitieux.

Après une intro douce et acoustique menée par Luc Lemay, les premiers riffs de Stiff And Cold nous prennent par surprise. Et là, le début marque quand même une accélération impressionnante, avant de ralentir et de nous offrir ce Death Metal irrésistible, à dominante middle tempo et débordant de puissance que l'on va goûter tout le long de cette galette.

Sous les riffs tueurs de Sylvain Marcoux et Lemay, chaque titre nous achève, comme le montre Disincarned. Le double pédalage de Stephane Provencher est excellent, grâce à cette fabuleuse production. On peut aisément savourer chaque morceau délivré à l'instar de la petite intro à la basse de Rottenatomy, qui après avoir vécue, laisse une nouvelle fois ces riffs destructeurs nous retomber dessus. Malgré le tempo plutôt commun, Bodily Corrupted nous remet d'aplomb en accélérant à nouveau le rythme avant de retomber dans des breaks monstrueux. Enfin, Inoculated Life, clôture l'album en nous proposant un des meilleurs riffs de l'album, en particulier à 2:01. L'équipe n'hésite pas à aborder une technique exemplaire dans leurs compositions, ce qui contraste nettement avec certaines formations Death Gore devenant trop conventionnelles.

Avec ce premier album, Gorguts propose beaucoup d'atouts alléchants délivrant un opus dans la veine du Dark Death (à mon avis), devant les scènes américaines, anglaises et suédoises déjà très respectées. Plus tard, Roadrunner laissera à la ramasse la plupart de ses groupes Death Metal, en se consacrant plus sur des formations telles que Fear Factory ou Machine Head, qui attireront un plus grand public.

En 1991, le combo ajoute sa patte à la scène Death Metal ne cessant de prendre un ampleur considérable. Mais les canadiens possèdent en revanche un feeling monstrueux en lâchant une particularité en guise de premier album, grâce à ce tempo et ces guitares si monstrueux de puissance. La scène canadienne montre une très belle facette grâce à Gorguts, aux côtés des Deathrashers d'Obliveon, affichant eux aussi une technique improbable.

Leurs réalisations suivantes atteindront un niveau technique époustouflant, provoquant l'obnubilation de la part des deathsters sur le magique Obscura, qui désignera l'apogée du style de Gorguts.

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire