Come Out and Play

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Nom du groupe Twisted Sister
Nom de l'album Come Out and Play
Type Album
Date de parution 1985
Style MusicalHeavy Rock
Membres possèdant cet album270

Tracklist

1. Come Out and Play
2. Leader of the Pack
3. You Want What We Got
4. I Believe in Rock 'n' Roll
5. The Fire Still Burns
6. Be Chrool to Your Scuel
7. I Believe in You
8. Out on the Streets
9. Lookin' Out for #1
10. Kill or Be Killed
Bonustrack
11. King of the Fools

Chronique @ wodulf

02 Mai 2013

un disque qui a complètement sa place dans la grande période du groupe

Après la mise en boîte de Stay Hungry, Twisted Sister part sur les routes pour une tournée monstre qui débutera en avril 1984 pour ne finir qu'en mars 1985. Comme à son habitude depuis Under the Blade, le groupe commence par l'Europe avant de s'attaquer au continent américain. Une fois le tour européen terminé, Twisted Sister s'envole pour les Etats-Unis. C'est de retour sur ses terres natales que le groupe va prendre connaissance du succès phénoménal de Stay Hungry : double platine aux U.S.A., 5 fois platine au Canada, double platine en Nouvelle-Zélande, disque d'or en Norvège et au Mexique, etc. Le groupe va gagner énormément d'argent pendant cette période.
A la fin de cette tournée, le groupe s'attele directement à l'écriture de leur quatrième album. Dee Snider déclarera avoir composé plus de 100 chansons pour n'en retenir au final que 10. Le choix du producteur se porte sur Dieter Dierks, déjà très réputé à l'époque pour ses travaux avec Scorpions mais surtout Accept. Concernant le studio, Come Out and Play sera enregistré à deux endroits différents, New York et Los Angeles.
Dieter Dierks, outre le fait d'apporter au groupe un son très allemand, puissant et carré, va aussi suggérer des idées au groupe, notamment ces choeurs très à la Accept sur "Lookin' Out For # 1"
Le nom de l'album a été inspiré du film The Warriors (Les Guerriers De La Nuit), notamment d'une scène où avant un affrontement entre deux bandes, l'un des chefs dit : "Warriors, Come Out and Play". Et de fil en aiguille, cela va donner l'idée de cette pochette à l'esprit street. Des mains qui sortent d'une bouche d'égoût et lorsqu'on soulève cette bouche d'égoût, apparaît Dee Snider. Il faut noter qu'à l'origine, l'idée était également de placer à l'endroit de la braguette de Dee Snider un petit espace à gratter qui aurait dégagée une odeur pestilentielle. Malheureusement, l'idée a été rejetée par Atlantic qui l'a jugeait un peu trop extrême.
Tout ça pour dire que l'on a beaucoup critiqué Twisted Sister en disant que le groupe s'était vendu pour faire un album commerciale. Allégation totalement fausse car outre l'envie de choquer avec cette pochette, on va être en face de l'album le plus diversifié du groupe.
Twisted Sister va nous jouer du speed sur "Come Out and Play" et "Kill Or Be Killed". L'intensité de ces deux morceaux sont à comprendre comme une réponse de Twisted Sister au courant speed metal de l'époque. En gros, c'est pour dire : "vous voyez, nous aussi on peut jouer vite". Le résultat, c'est deux pépites sur lesquelles on retrouve le bon vieux Twisted Sister bien sauvage d'antan.
Le troisième moment fort de l'album est bien évidemment "I Believe In Rock'n'Roll" qui s'annonce comme le troisième acte de l'hymne au rock'n'roll après "You Can't Stop Rock'n'Roll" et "I Wanna Rock".
Les racines de Twisted Sister c'est le rock'n'roll. N'oublions que les influences du groupe à l'origine sont Alice Cooper, Slade et Led Zeppelin. C'est cet revendication au rock'n'roll qui va donner l'idée du morceau "Be Chrool to Your Scuel". Ce titre, à l'origine, c'est un jeu de mot par rapport au fameux "Be True To Your School" des Beach Boys. Dee Snider va faire appel à quelques invités de marque pour ce titre parce que son envie était de faire appel à des musiciens évoluant dans des styles très différents pour les réunir sous la bannière du rock'n'roll. Il va y avoir le saxophoniste Clarence Clemons qui bossait à l'époque pour Bruce Springsteen, Brian Setzer des Stray Cats, le pianiste Billy Joel qui dans les années 1970 avait fait parti d'un groupe très influencé par Deep Purple du nom d'Attila. D'ailleurs, il y a une anecdote marrante à ce sujet. Quand Dee Snider a rencontré Billy Joel pour la première fois afin de lui proposer de participer à cette chanson, il lui a dit "Par contre, fais gaffe, on joue du heavy metal". Et Billy Joel avec un sourire moqueur, lui a répondu "Je n'ai pas peur du heavy metal. J'ai joué dans un groupe heavy avant même que tu saches ce que c'était" (en parlant évidemment d'Attila). Quant à l'invité de marque, Alice Cooper, c'était évidemment un choix qui coulait de source pour Dee Snider.
Faire un morceau dans un style rock'n'roll des années 1960 qui s'attaque ouvertement aux institutions de l'école, n'était pas franchement une démarche commerciale. D'ailleurs plusieurs personnes dans l'entourage de la maison de disques ont tenté de dissuader le groupe de retenir le morceau, jugeant que c'était irresponsable de s'attaquer à l'école et surtout une source à problèmes. Problèmes qui vont bien entendu arriver par la porte laissée ouverte puisque le clip va faire scandale et va être interdit de diffusion sur MTV.
Alors effectivement, à côté de ça, le groupe va nous faire des ballades et va se faire un peu accuser de pomper Scorpions sur "I Believe In You". Pourtant si on se rappelle "The Price", c'était la même chose mais là, personne n'avait rien dit et ce morceau avait fait un gros succès. Il n'y a rien à redire sur "I Believe In You" qui est une excellente ballade, certes à la Scorpions, mais vraiment touchante.
Ensuite, en se basant sur le seul "You Want What We Got", les langues de vipères vont accuser Twisted Sister de s'être fourvoyé dans le glam rock. Alors oui, ce titre a quelques allures de Ratt mais de là à dire que c'est devenu du glam, faut pas pousser mémé dans les orties ! D'ailleurs, ce morceau est loin d'être mauvais, on y retrouve bien la patte du groupe.
Même chose pour "Leader of the Pack" où les mêmes langues de vipères vont accuser Twisted Sister de reprendre un vieux morceau de pop pour vouloir en faire un tube. Par contre, ils oubliaient de dire que cette reprise faisait partie des tous premiers morceaux que Twisted Sister a joué en live et qu'il avait déjà été enregistré sur la démo de 1979. Ils l'ont joué jusqu'à la sortie de "You Can't Stop Rock'n'Roll. Puis ils ont arrêté. Ce sont les fans qui ont demandé au groupe de ne pas renoncé au morceau. C'est simplement pour ça, qu'il a été réenregistré avec un gros son.
Enfin, des morceaux comme "The Fire Still Burns" et "Out On The Street" sont totalement dans l'esprit de Stay Hungry et auraient parfaitement pu figurer sur cet album.
Notez quand même pour terminer que le morceau "King Of The Fools" sorti en 45 tours d'ailleurs, n'apparaissait que sur la version cassette de l'album.
En conclusion, je dirais, à titre personnel bien entendu (on ne refait pas les goûts de chacun), que Come Out and Play n'est pas du tout un album qui marque le début d'une décadence mais à parfaitement sa place dans la grande période.

7 Commentaires

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MarkoFromMars - 02 Mai 2013: Le vieux briscard a parlé.
Je me retrouve mieux dans ton analyse même si paradoxalement c'est le TS que j'ai le moins écouté. Sentiment mitigé à l'époque et qui nécessite une réécoute que je me programme pour demain.
Merci Raph.
ZazPanzer - 08 Mai 2013: Le vinyle a donc retourné sur ma platine après quelques années de repos. Une bonne redécouverte même si je pense qu'il reste un petit cran en dessous de la trilogie précédente. Loin d'être un album raté en tous cas, la suite logique je dirai, avec peut-être l'effet de surprise en moins... A titre personnel j'ai vraiment du mal à encaisser "Leader of the Pack", bien trop niaise même si elle va bien avec l'esprit Twisted. Thanx Raph ! Je vais du coup m'acheter prochainement "Love Is For Suckers" que je ne connais pas.
largod - 08 Mai 2013: Pas mauvais le Love is for Suckers. En tout cas, fortement incompris...
samolice - 10 Mai 2013: Merci pour cette chro très instructive. J'aime beaucoup ce disque, notamment "The fire still burns". Des merdes de cette trempe, j'en veux bien tous les ans!
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Chronique @ AlonewithL

03 Août 2010
« Twisted Sister » arrive en 1985 au tournant de sa carrière, après s’être vidé de toute sa mélasse sur leur glorieux album « Stay Hungry ». La faim s’est dissipée, on en vient à caller. Le groupe s’est donné pour objectif de faire un album à l’année et le creux soudain résonne dans la tête. C’est assez fâcheux. « What’s next » ou plutôt comme le disait très bien Becaud, « Et maintenant,…que vais-je fairreeeu? »
Deux choix se posaient alors à eux: Aseptiser leur musique pour plaire aux majors, et prendre la direction du glam rock, quitte à faire de la pop au regret des fans de la première heure; ou bien prendre l’échangeur, et revenir en arrière vers le son heavy metal provoquant des débuts.
Il semble bien qu’ils aient été tenté de voir si le soleil était aussi radieux du côté du glam rock avec leur 4ème album studio « Come Out and Play ». Cependant ils n’arriveront pas à destination, car il y a eu un accident de parcours sur une route annoncée comme verglacée. Constatons s’il y a eu des dégâts.

A première vue, rien à signaler. Le titre de l’album « Come Out and Play » rentre sans problème. Une entame aguichante sous fond des va et vient de synthé, délivre batterie et guitare sous l’impulsion d’un Dee Snider tout puissant. On retrouve le Twisted que l’on aime, bien que l’on remarque un jeu musical un peu exigüe. Les appréhensions vont commencer à paraitre sur le titre « Leader of the Pack », reprise du titre phare de « Shangri-Las », girl groupe pop des années 60 (Non vous ne rêvez pas). Remarquablement interprété, certes, mais reflétant une direction vers la pop à bonbons, à des lustres de ce que le groupe nous avait habitué.
Sur ce qui suit, oh madre mia, quel carnage! C’est mou, c’est lourd, poussif. On assiste à un rock de bas étage avec des riffs courts sans réelles perspectives et un chant sans entrain sur « You Want What We Got », résultat tout aussi affligeant sur « Out on the Streets » où les instruments jouent sans coordination sur un ensemble plat et fade.
The cherry on the cake est certainement « Be Chrool to Your Scuel » avec un flash back vers les années 50-60, au temps des premiers blousons noirs, sur un vieux rock ‘n’ roll dans tout son sens classique. A peine beau, tellement les sons et les clichés ont été déjà mille fois utilisés, entrecoupé de piano-bar, de saxo et de tout le tralala. De quoi faire passer l’arme à gauche à Little Richard. De plus, on apprend qu’Alice Cooper aurait chanté sur la piste. Tiens, on ne l’avait pas remarqué celui là. Il avait raison de se faire discret.

Quand les instruments sont lancés sur quelque chose de bien, comme avec « I Believe in Rock ‘n’ Roll », le chant ne semble pas y croire. Et inversement lorsque le chant insipide et terne de Dee Snider, offre en fin quelque chose d’agréable, jouant même sur les cordes sensibles avec la ballade « I Believe in You », les instruments n’y croient pas non plus et désavouent le chant par quelque chose de pauvre et terré, où l’on entend plus que la batterie jouée par un batteur qui semblerait être totalement sourd.

L’album aurait pu devenir un mélodrame, s’il n’y avait pas eu une révolte en fin. « Kill or Be Killed » est une grosse surprise qui fait naître un peu d’espoir (tardif tout de même). Enfin des riffs endiablés de guitare, qui n’avaient brillé avant cela que par leur paresse. Enfin un chant embrasé soufflant sur les braises, et un refrain digne de ce nom. On retrouve ici un peu du heavy infernal d’ « Under the Blade ».
Sur un registre ballade « King of the Fools » est tout aussi attrayant, avec des instruments qui fonctionnent dans un ensemble constructif, sous un tempo lent. Le chant gagne en profondeur et en vigueur pour s’emporter vers le lointain. Moment trop rare dans cet album.

L’exception confirme la règle. Globalement « Come Out and Play » n’est pas bien fameux. Seuls quelques titres sortent du lot sans pour autant nous transcender, mais permettent quand même à « Twisted Sister » de se sauver la face. On y sent un manque d’inspiration évident. La lassitude gagne tous les membres du groupe, et ils ont été s‘aventurer sur quelque chose qu‘ils ne maitrisaient pas.
Après le succès de « Stay Hungry », il aurait été préférable pour le groupe de rester un peu de temps sur ses acquis, histoire de faire une pause à l’air de repos avant de reprendre la route.
On pourrait considérer cela comme le premier échec musical du groupe. « Twisted Sister » perdra en confiance, allant jusqu’à s’enfouir dans les égouts du rock. Toute chance de remonter à la surface parait définitivement compromise. Les mains de la fille de la couverture, qui agrippaient la trappe, écrasées par un camion benne, ont sceller l’ouverture. Il n’y a que de l’explosif qui pourraient encore les sauver.

10/20

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samolice - 10 Août 2012:

Merci pour la chronique.
Et merci à Headcrush d'avoir fait allusion dans son com' à l'incroyable pochette avec Dee Snider sortant de la plaque d'égout. C'était top en 85 ... et ça l'est toujours!
Un album que j'aime bien quand même même s'il n'est pas au niveau des précédents.
Le suivant m'a énormément déçu.

OVERKILL77 - 09 Janvier 2013: Mouais... album bien moyen !

Mis à part le titre éponyme, pas grand chose d'exceptionnel dans cet opus (N'en déplaise à Môssieur Samolice !!! hi hi)

Par contre, si vous en avez l'occasion, jetez une oreille sur les 2 "Club Daze", ou les débuts des Twisted. Loin des "Under the Blade" et autres "Stay Hungry", on reste dans un bon, très bon Wock'n'Woll.

jamesmith - 15 Janvier 2013: J'avais acheté cet album à sa sortie, il m'avait certes un peu déçu, mais ça restait quand même frais et sympa à écouter. Avec le recul, et en découvrant leurs autres disques, c'est vrai que ça n'est pas ce qu'ils ont produit de meilleur, mais ça passe encore bien. Avec son intro clin d'oeil au film "The Warriors", et la pochette qui me rappelle le film de série Z "C.H.U.D.", ainsi que les graffitis au verso, moi j'aime bien tous ces petits délires.
chipluvrio - 04 Fevrier 2013: Chuis bien d'accord avec la chronique.

Il y a la production aussi gros son propre qui ne leur convenait pas.

L'exception c'est le départ en fanfare Come out and play. Là on se dit putain ça va péter, ils partent à donf et du coup la chute est d'autant plus forte car ensuite on tombe effectivement dans un gros Rock facile et poussif comme il a déjà été dit.

Même, Kill or be killed si il est bien speedé et relève le niveau n'arrive quand même pas à la hauteur des titres des albums précédents.

Reste quand même l'étrange King of the fools. On ne trouvait que sur la K7 à l'époque. Là c'est une bonne ballade longue et lourde à l'ambiance bien particulière.

Mais bon, je pense que la production y est pour beaucoup aussi car un titre comme You want what we got n'est pas loin de l'esprit d'un I wanna Rock mais là la mayonnaise ne prend pas et même finalement le Kill or be killed, produit avec un son plus crade aurait peut-être gagné ses gallons d'un pur brulot Twistedien de la grande époque. De plus comme je l'ai mentionné en com sur la chronique d'Under the blade (première fois que je poste et je poste sur 3 Twisted lol), le fade Fire still burns, sur le Live at Astoria 2005 prend vraiment une autre dimension et rentre bien dans la tronche. Ce qui montre la force du groupe en Live, qui arrive à faire péter ce morceau si fadasse.

Sinon, perso, je trouve que le Love is for suckers est franchement bien pire encore. Là y a vraiment plus rien... En le réécoutant y a quelques années, je l'avais trouvé encore plus mauvais qu'à sa sortie. C'était la fin de toute façon, il est sorti quasiment dans l'indifférence la plus totale totale, ce fut même une surprise de le voir débarquer un beau jour dans les bacs ... et puis plus rien, même pas de tournée, il me semble. Sûrement fait pour clôturer le contrat avec la boite de disque lol.
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