Brown Album

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Nom du groupe Primus
Nom de l'album Brown Album
Type Album
Date de parution 08 Juillet 1997
Style MusicalFusion
Membres possèdant cet album59

Tracklist

1. The Return of Sathington Willoughby 05:04
2. Fisticuffs 04:25
3. Golden Boy 03:05
4. Over the Falls 02:41
5. Shake Hands with Beef 04:02
6. Camelback Cinema 04:00
7. Hats Off 01:57
8. Puddin' Taine 03:37
9. Bob's Party Time Lounge 04:44
10. Duchess and the Proverbial Mind Spread 03:30
11. Restin' Bones 04:29
12. Coddingtown 02:52
13. Kalamazoo 03:31
14. The Chastising of Renegade 05:04
15. Arnie 03:54
Total playing time 56:55

Chronique @ Hellboy27

07 Septembre 2008
En 1996, Tim « Herb’ » Alexander, batteur historique et fétiche de Primus décida de quitter le groupe pour raisons professionnelles. En réalité on se demande si ce départ ne s’explique pas par des divergences musicales, car l’album Tales from the Punchbowl malgré une qualité musicale confirmée n’avait pas rencontré le même succès que le fameux Sailing The Seas of Cheese. Ainsi avec le Brown Album se tourne une page de Primus, à noter ce clin d’œil évident à la galette qu’est le Black Album de Metallica, sorti en 1991.
Ainsi arrivera le batteur Bryan « brain » Mantia pour remplacer Herb’.
Bien qu’il soit difficile sinon impossible de savoir à quoi aurait ressemblé ce cinquième opus si Herb’ était resté, on se rendra compte assez vite que la musique de Primus a pris un tournant au cours de ce Brown Album, et que les divergences musicales entre « Herb’ » et Claypool (leader naturel et charismatique du groupe) forment bien un facteur probable du départ du concerné. En effet, cet album nous servira quelques morceaux incontournables réunissant les ingrédients habituels de Primus, et d’autres qui innovent un peu avec une réussite plus ou moins évidente. D’avance donc, il n’est point scandaleux de parler ici d’un album moyen pour Primus.

Le morceau introductif The return of Sathington Willoughby est typiquement primussien, avec un tempo lent, une basse alarmante et lourde, une guitare stridente, et une ambiance de foule, de live sur le fond comme ce fut le cas pour l’intro de l’album Tales from the Punchbowl. On notera aussi les sonorités tribales sortant de l’instrument magique de Les Claypool. L’ensemble se veut angoissant pesant. Ce morceau quant à la voix de Claypool nous conditionne un peu comme sur l’intro de Blackmail The Universe sur l’album The System has Failed de Megadeth.

Fisticuffs commence sur un rythme bon enfant de Claypool à la basse avec une sonorité normale (pour une fois). Comme pour le précédent titre, la rythmique est vraiment ralentie, lancinante. On notera cette tranquilité dans la composition au niveau de la batterie, qui nous joue du très classique, avec des structures un peu jazzy, avec peu de variations dans le tempo.
La guitare de Lalonde sonne encore stridente, et ses interventions sont que trop rares. Même la voix de Claypool nous déçoit sur ce morceau, car celle-ci est une forme de complainte sans profondeur, et le chant varie peu, garde le même ton plaintif et descriptif tout le long.

Heureusement, Golden Boy rompt un peu l’ennui, avec une ballade primussienne retrouvée, avec une basse sonnant très metallique, plus d’entrain pour le chant, une guitare qui varie plus son jeu et surtout accompagne la basse à part entière. La batterie cependant est encore trop discrète. On commence déjà à regretter les combos ingénieux et aux sonorités variées de Tim Alexander, car Bryan Mantia semble vouloir juste suivre les deux autres. Il se lâche rarement, il n’arrive pas à nous sortir des séquences herbiennes, ses rythmes restant carrés mais peu originaux. C’est là qu’on ressent la mainmise de Claypool sur le groupe et les compositions plus forte que par le passé car Lalonde et « Brain » ont peu d’occasions de se mettre véritablement en valeur, et ne peuvent seulement que le suivre.
Claypool dirige donc jusque là, mais lui-même manque pour le moment d’ingéniosité, car il nous sert du réchauffé, on n’a pas encore noté de véritable folie musicale dans la basse ou dans ses lignes de chant.

Over the Falls nous rassure un peu, avec une ballade semi-alternative (rock) et semi-country (au niveau du son). Hélàs, la rythmique pêche un peu, car ce morceau est encore une fois trop calme pour être du primus, et il en ressort peu d’ingéniosité dans les mélodies, peu de variations. L’ensemble groove un peu, mais tout ceci reste très banal. Primus aurait-il perdu son identité avec le départ d’Alexander ? Peut-être, car malgré l’énorme de travail de la locomotive Claypool au chant et à la basse évidemment dans le groupe, on peut quand même estimer que le jeu si particulier de Herb’ donnait de la profondeur aux compositions de Primus par le passé. Il variait énormément les rythmes, pouvaient opérer des transitions à lui tout seul alors que la guitare et la basse s’étaient tues. Honnêtement les mesures de « Brain » Mantia sont pointues et formidables de précision, mais elles restent trop classiques pour du primus, et ne permettent pas d’enflammer les chansons. Peut-être est-ce là un début d’explication des débuts poussifs de ce disque, dans lequel à cet instant de l’écoute, Primus nous la joue petits-bras.

Heureusement arrive une des réjouissances du Brown Album avec Shake Hands With Beef.
Le tempo est un peu plus rapide et surtout la slapping-touch de Claypool revient pour notre plus grand plaisir. Et elle est énergique ! La mélodie formée est vraiment jouissive. Le son est très lourd, très rock. Oui très rock, car à une ou deux notes près dans la même gamme, et avec un tempo quasiment identique, on croirait entendre ce tube que fut en 1982 « I Love Rock’ N’Roll » de la délicieuse Joan Jett !!!

On va retrouver encore plus de réjouissance sur le TUBE du Brown Album, à savoir le génial Camelback Cinema !
La batterie ressuscite d’un coup, démarre tambours battants, et la mélodie, à la fois très rock, et très incisive, qui suit sera culte à jamais. Dès le premier écoute, on aimera ce morceau, aussi grâce à au ton si particulier de Claypool au moment de répéter les mots du titre. Du très grand, c’est surement là la nouveauté de Primus : on nage dans un rock très prenant, très lourd, et rarement les trois malades de San Francisco ne nous avait composé un morceau aussi démentiel !

Après cette grande surprise, Hats off est un petit interlude mi-country mi-rock de deux minutes. Derrière ce court morceau, on ressent encore ce nouveau son, ceT état d’esprit de Primus agréablement nouveau.


Avec Puddin’Taine, Primus nous ouvre définitivement la voie au rock alternatif. Dans le style on se rapproche assez du groupe Electric Six, avec des mélodies très percutantes, puis un débit rapide et ton décalé dans le chant.

Bob’s party time lounge est une chanson en demi-teinte, très progressive, dont la seconde partie reste la meilleure partie, où pour le coup Lalonde nous envoie enfin un solo de rocker digne de ce nom. La première partie en effet proposait des couplets d’une lenteur lassante, et d’un rythme peu inspiré.

Duchess and the Proverbial Mind Spread, est un morceau au tempo ralenti, mais qui reste entrainante, et surtout est très riche. Dans l’instrumental, on notera quelques influences reggae sur la rythmique de la guitare, un peu de funk maquillé dans la basse de Claypool. Pour le coup, c’est un condensé de plaisir pour les musiciens, malgré une batterie peu initiative.

Cependant, elle a un peu plus d’entrain sur Restin’ Bones, avec un rythme sympa qui sera tenu quasiment toute la chanson. Par-dessus, Claypool appose une bonne ligne psychédélique de basse. Hélàs, malgré une grande maitrise, on ne peut que déplorer ce tempo très lent déjà présent sur plusieurs chansons précédentes et celles-ci maintenant.
On oublie, car Coddington est une merveille, avec une plongée dans un rock rythmé, avec quelques attraits de punk, notamment dans la batterie qui se réveille enfin un peu. La chanson est rebelle à souhait, la rythmique est d’enfer, et Claypool nous déverse ses bons mots dans la gueule. Tout çà est classique, rien de nouveau, d’autres groupes classés punk ont déjà exploré ce type de musique, mais bon sang, que çà fait du bien cette énergie dépensée.

Kalamazoo est une chanson dans les cordes de Puddin’Taine. Un bon rythme, mais il y a toujours ce je-ne-sais quoi dans le tempo qui nous empêche de nous lâcher et de sauter au plafond, de vivre des moments démentiels comme sur des tubes comme Is It Luck ou Tommy The Cat sur Sailing the Seas of Cheese. Pour le coup, le futur Antipop aura le mérite de garder ce nouveau son résolument plus rock, toutefois en nous offrant de nombreux passages entrainants voire délirants. Ainsi, Brown Album peut exactement être qualifié d’album de transition, c’est indéniable, avec du primus old-school qui ennui u n peu, et du new-school qui captive sur certaines séquences. Malgré toutes ces imperfections, on se souviendra quand même du potentiel qu’a le groupe avec ce nouveau son.

The Chastising of Renegade est encore un album riche instrumentalement avec ces famaux passages proches du reggae. Une rythmique un peu plus développée, avec un refrain jouissif pour le coup. On y retrouve en effet un peu plus de folie qu’avant, et c’est le signe que le groupe commence à s’imprégner du nouveau son et à se faire plaisir. Même la batterie arrive un peu à sortir son épingle du jeu. Puis pour finir, la guitare nous sert de bons solos.

Arnie, très instrumental qui clôt ce moyen Brown Album présente un maigre intérêt en ce qu’il n’apporte rien de nouveau. Il fallait juste finir l’album, alors micro-libre pour les instruments qui ne font qu’un simple training, limite une petite improvisation entre musiciens épicuriens confirmés.

Bref on s’en fiche, venons-en aux grands enseignements de ce Brown Album :

Il a permis de démontrer que le style qui perdurait chez Primus depuis ses débuts a montré cette fois ses limites. Le filon est épuisé.
Il fallait donc évoluer. Ce nouveau son résolument plus rock mis au jour devrait relancer le groupe, mais encore faut-il bien savoir s’en servir, car tout ce potentiel n’est pas suffisamment consommé, utilisé, et du coup, ce son de tuerie se retrouve enfermé dans des compos plutôt plates, trop soft. Grosse frustration, car quand on devrait logiquement accélérer, transcender la musique, on fait machine arrière et on temporise.
Il n’en demeure pas moins que des morceaux comme Shake Hands with Beef et Camelback Cinema sont de véritables tubes, et laissent envisager un futur proche reluisant pour le groupe.

Le très bon Antipop nous donnera raison. Dans l’immédiat, cet album de transition mérite au moins un 12/20.

1 Commentaire

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Lamikawet - 13 Avril 2011: Excellente chronique.
J'avoue avoir été déçu par ce skeud, j'avais l'impression que le groupe devenait plus sérieux qu'auparavant (du moins pour du Primus); il manque ce petit grain de folie qu'il y avait sur les précédents
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