Broken Mind

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14/20
Nom du groupe Meteora
Nom de l'album Broken Mind
Type EP
Date de parution 17 Octobre 2025
Labels H-Music
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Broken Mind
 05:22
2.
 Morningstar
 04:31
3.
 Elysion
 04:20
4.
 In My Name
 07:38

Durée totale : 21:51

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Meteora


Chronique @ ericb4

22 Octobre 2025

Une parenthèse enchantée esquissée par le collectif hongrois...

Il est des cas où le parcours d'une formation que l'on pensait quasiment auto-régulé suit quelques chemins de traverse, dont celui de ce collectif hongrois créé voilà quinze ans à Budapest : réputé pour laisser un espace-temps de deux à trois ans environ entre chacune de ses publications, l'expérimenté combo slave dérogera à sa règle, cette fois-ci. En effet, deux mois à peine sépareront ce troisième EP, « Broken Mind », de son frugal mais truculent prédécesseur, « In This Silence » ! Cela étant, les quatre pistes de ce nouvel élan seraient-elles à considérer comme une simple parenthèse dans la carrière du groupe ? Ou encore telle une seconde respiration dans le processus créatif de nos acolytes ? Ou plutôt un relai de son modeste devancier, tel un second préparatif d'un éventuel quatrième album full length ?

Dans cette aventure nous embarque l'équipage de la précédente traversée au grand complet, à savoir : les membres fondateurs du groupe – Máté Fülöp (basse et growls) et Atilla Király (claviers et chant clair) – ainsi que la soprano Noémi Holló, le batteur Gábor Kása, suivis des guitaristes Dani Baranya et Dániel Schreiber. De cette étroite collaboration, et conformément à ses aspirations d'hier, le combo nous immerge à nouveau dans un univers metal mélodico-symphonique gothique aux relents power et progressif. A l'instar de son devancier, si le schéma de la Belle et la Bête domine, cet élan insère également une ligne de chant masculin en voix claire dans sa trame ; cela étant, les sources d'inspiration iraient de Tristania à Threrion, en passant par Ancient Bards, Nightwish et Sonata Arctica, la petite touche personnelle en prime.

Tout comme ses aînés, ce méfait bénéficie d'une production difficile à prendre en défaut. Mixé à son tour par Nino Helfrich (guitariste (Inner Axis, Nino Helfrich, ex-Neopera, ex-Entera...), également impliqué dans le mix et le mastering d'albums de Arkham Circle, Apocryphal et Traces Of A Life, entre autres) – à nouveau assisté de Dmitry Kim (batteur (Drift Of Genes, Morton, ex-Goatpsalm...), ayant parallèlement assuré mix et mastering de productions de Monastery Dead, Arhat, Blooddrops, Fallcie...) –, le skeud jouit d'un mix bien ajusté entre lignes de chant et instrumentation. Co-masterisée par Nino Helfrich et Joel Wanasek (guitariste (Dark Shift) et producteur/mixeur (Ben Kuzay, Will The Thrill, Zephaniah...), la rondelle ne laisse filtrer que d'infimes sonorités parasites. Au vu de ces considérations, un bis repetita serait-il alors de mise ?...

A lecture de ses plages à la cadence mesurée, la troupe parvient à nous retenir, un peu malgré nous. Ce que révèle, en premier lieu, « Broken Mind », mid/up tempo power gothico-symphonique aux riffs crochetés, à mi-chemin entre Tristania et Ancient Bards ; pourvu de truculents arpèges d'accords sur lesquels se greffent les cristallines inflexions de la sirène, que viennent parfois rejoindre des choeurs aux abois et des growls caverneux, et pourvu d'un pont techniciste surmonté de sémillantes rampes synthétiques, ce trépident et intrigant effort ne se quittera qu'à regret. Sur un même modus operandi, mais dans une ''therionnienne énergie'', le polyrythmique « Morningstar », pour sa part, aspirera le tympan tant au regard de son refrain immersif à souhait souligné par les angéliques impulsions de la déesse que de la soudaineté des montées en régime de son corps orchestral.

Lorsque le message musical se fait un poil plus complexe, nos acolytes ne s'avèrent guère plus malhabiles, loin s'en faut. Ce à quoi nous sensibilise la fresque symphonico-progressive « In My Name » qui, au fil des quelque 7:30 minutes d'un parcours chaotique, un brin théâtralisant, se plait à nous bringuebaler comme pour mieux nous retenir, in fine. Abondant en variations rythmiques tout en sauvegardant une sente mélodique des plus enivrantes, le ''therionien'' mouvement se suit de bout en bout sans encombre ; générant, en prime, une époustouflante triangulation oratoire harmonisant growls ombrageux, chant masculin et féminin en voix claire des plus enveloppants et choeurs en liesse, le luxuriant méfait poussera assurément à un headbang subreptice.

Quand le rythme de leurs frappes est un tantinet plus vif, nos compères trouvent là encore matière à nous happer sans avoir à forcer le trait. Ce qu'atteste « Elysion », up tempo à la basse vrombissante et au léger tapping, dans la lignée coalisée d'un Therion des premiers émois et de Sonata Arctica ; s'écoulant au fil d'une radieuse rivière mélodique où se cale une voix masculine d'une confondante fluidité, décochant parallèlement d'ondulantes nappes synthétiques suivies de notes pianistiques des plus délicates, l'entraînant effort n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres.

En définitive, le sextet slave nous plonge au cœur d'un vaste champ de turbulences doublé d'un seyant paysage de notes, apte à nous aspirer d'un claquement de doigts. Toutefois, à l'aune de son aîné, le laconique format du méfait limite nécessairement l'offre en matière d'exercices de style, ballades et autres instrumentaux manquant ici à l'appel. Par ailleurs, quelques prises de risques supplémentaires et des sources d'influence plus discrètes qu'elles n'apparaissent permettraient à ce projet de gagner en épaisseur artistique. Reposant cependant sur une technicité instrumentale et vocale bien huilée, une ingénierie du son de bonne facture et des arrangements aux petits oignons, la modeste mais rayonnante rondelle contribue à rapprocher la troupe des si convoitées valeurs confirmées de ce registre metal. Bref, une parenthèse enchantée esquissée par le collectif hongrois...

1 Commentaire

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JeanEdernDesecrator - 23 Octobre 2025:

Le single est un joli voyage assez prog, à la fois mélodique et violent ! Merci pour ta chronique !

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