In This Silence

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14/20
Nom du groupe Meteora
Nom de l'album In This Silence
Type EP
Date de parution 08 Août 2025
Labels H-Music
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 In This Silence
 04:35
2.
 Rebirth
 03:38
3.
 Free
 04:22
4.
 Ghosts
 05:25

Durée totale : 18:00

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Meteora


Chronique @ ericb4

12 Août 2025

Un laconique mais truculent et troublant méfait...

Connu pour espacer les dates de sortie de ses productions, l'expérimenté combo hongrois n'aura pas dérogé à sa règle, une fois encore. Aussi aura-t-il fallu patienter trois longues années depuis son troisième et dantesque album full length, « … of Shades and Colours » pour le voir enfin revenir dans la course. Se plaisant à déjouer tout pronostic, la troupe nous livre cette fois un bien plus frugal effort, à l'aune de son second EP, « In This Silence » ; une galette modeste de ses quatre pistes dispatchées sur un ruban auditif de 18 minutes tout au plus. Cela étant, quelque quinze années suite à sa création, le collectif disposerait-il d'armes esthétiques et techniques suffisamment efficaces pour espérer tenir ses plus féroces opposants en respect ? Plus encore, ce retour à pas de loup permettra-t-il à la formation est-européenne de se muer dès lors en valeur confirmée de l'espace metal symphonique à chant mixte ?

Dans ce dessein, un remaniement partiel du line-up s'est opéré : si l'on y retrouve les membres fondateurs du groupe – Máté Fülöp (basse et growls) et Atilla Király (claviers et chant clair) – ainsi que la soprano Noémi Holló et le batteur Gábor Kása, s'y adjoindront les guitaristes Dani Baranya et Dániel Schreiber (en remplacement de Csaba Solymosi). Le groupe ainsi constitué nous replonge dans un propos metal mélodico-symphonique gothique teinté de touches power et progressives. Souvent greffé sur le schéma de la Belle et la Bête, le laconique mouvement inclut également une ligne de chant masculin en voix claire dans sa trame. Ce faisant, les sources d'influence seraient à chercher dans le patrimoine compositionnel de Tristania, Epica, Nightwish, Sirenia, Ancient Bards et Therion, la patte personnelle en sus.

A l'instar de ses devanciers, cet opus jouit à son tour d'une production d'ensemble de bonne facture : mixé par Nino Helfrich (guitariste (Inner Axis, Nino Helfrich, ex-Neopera, ex-Entera...), également impliqué dans le mix et le mastering d'albums de Arkham Circle, Apocryphal et Traces Of A Life, entre autres) – assisté de Dmitry Kim (batteur (Drift Of Genes, Morton, ex-Goatpsalm...), ayant parallèlement assuré mix et mastering de productions de Monastery Dead, Arhat, Blooddrops, Fallcie...) –, le méfait bénéficie d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation. Co-masterisée par Nino Helfrich et Joel Wanasek (guitariste (Dark Shift) et producteur/mixeur (Ben Kuzay, Will The Thrill, Zephaniah...), la galette n'accuse pas l'once d'une sonorité résiduelle. De quoi nous intimer de partir à l'exploration de la soute de la goélette...

A lumière de ses passages les plus magmatiques, nos compères trouvent d'un battement d'ailes les arguments pour nous aspirer dans la tourmente. Ce qu'atteste, d'une part, « In This Silence », up tempo gothico-symphonique des plus tourmentés, à mi-chemin entre Epica et Therion ; doté d'un entêtant refrain sous-tendu par une frissonnante triangulation oratoire unifiant les serpes oratoires du growler, les fluides inflexions d' Atilla Király et les cristallines oscillations de la sirène, et d'un pont techniciste opportun d'où s'échappe un crayeux solo de guitare relayé de délicats arpèges pianistiques, l'intrigant méfait ne se quittera qu'à regret. Plus enfiévré encore, « Rebirth » se pose tel un époumonant et ''tristanien'' effort aux riffs acérés adossés à une sanguine rythmique. N'ayant de cesse de nous asséner de virulents coups de boutoir, et en dépit de quelque linéarité mélodique, l'offensif manifeste générera assurément un headbang bien senti et quasi ininterrompu.

Lorsque le rythme de leurs frappes se fait un poil moins alerte, nos acolytes parviennent non moins à nous retenir plus que de raison. Ce que révèle « Free », mid tempo syncopé aux riffs crochetés, au confluent de Tristania et de Xandria. Pourvu d'un refrain catchy mis en habits de lumière par les limpides modulations de la déesse, délivrant une galvanisante montée en régime du corps orchestral et d'insoupçonnés changements de tonalité, le ''tubesque'' élan poussera assurément à une remise en selle sitôt l'ultime mesure envolée.

Quand il se fait plus intimiste, le message musical octroyé s'avère à la fois troublant et empreint de délicatesse. Ainsi, « Ghosts » s'offre telle une ballade progressive d'une sensibilité à fleur de peau dans la veine coalisée de Nightwish et de Sirenia. Voguant sur une onde mélodique agréable à défaut de se gorger d'émotion, où se meuvent les enivrantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, se drapant parallèlement de gammes pianistiques pétries d'élégance et recelant un frissonnant solo de guitare, la tendre aubade disposerait d'atouts susceptibles d'aspirer le tympan de l'amateur d'ambiances tamisées.

Au terme de cette brève mais rugissante et seyante traversée, l'envie d'une remise du couvert pourra gagner le féru de metal symphonique gothique à chant mixte, notamment celui déjà sensibilisé au vibes des maîtres inspirateurs de la formation hongroise. Le modeste format de cette rutilante production limite cependant la palette en matière d'exercices de style, instrumentaux et fresques manquant à l'appel, cette fois. Par ailleurs, il conviendra également que nos acolytes consentent à davantage de prises de risques et qu'ils digèrent plus encore leurs sources d'influence pour espérer étoffer leur fanbase. S'il reste le plus souvent campé sur ses acquis – ce nouvel élan demeurant dans la ligne atmosphérique et rythmique de ses aînés –, le combo peut néanmoins compter sur une technicité instrumentale et oratoire aguerrie et des mélodies, certes, parfois linéarisées mais des plus enivrantes. Bref, un laconique mais truculent et troublant méfait susceptible des les placer à deux doigts des valeurs confirmées de cet environnement metal. Dans l'attente à peine voilée d'un quatrième album full length...

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