Badmotorfinger

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Nom du groupe Soundgarden
Nom de l'album Badmotorfinger
Type Album
Date de parution 08 Octobre 1991
Produit par Terry Date
Enregistré à Henson Recording Studios
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album181

Tracklist

1. Rusty Cage 04:26
2. Outshined 05:11
3. Slaves and Bulldozers 06:56
4. Jesus Christ Pose 05:51
5. Face Pollution (ft. Ernst Long) 02:24
6. Somewhere 04:21
7. Searching with My Good Eye Closed (ft. Damon Stewart) 06:31
8. Room a Thousand Years Wide (ft. Scott Granlund & Ernst Long) 04:06
9. Mind Riot 04:49
10. Drawing Flies (ft. Scott Granlund & Ernst Long) 02:25
11. Holy Water 05:07
12. New Damage 05:40
Total playing time 57:48

Chronique @ Silent_Flight

27 Novembre 2010
Seattle, 1991. Trois groupes sortent quasiment dans la même période un album qui posera les bases du courant alternatif à venir: Nirvana nous balance son Nevermind en pleine face, Pearl Jam avec Ten apporte un côté pro au mouvement et Soundgarden tente de caler Badmotorfinger entre ces deux derniers monstres. Une chose est sûre, c'est à Nirvana que l'on doit tout, ce trio qui mettra Seattle sur un piédestal après la mort de Cobain, car il est certain que le groupe faisait malgré lui de l'ombre à ses congénères, ceci même avec la diffusion de clips sur une certaine chaine musicale bien triste depuis quelques années.

Après deux albums nominés aux Grammy Awards, mais toujours inconnus du grand public, la bande à Cornell sort ce qui sera son premier vrai succès: le mutli-platiné Badmotorfinger, qui est également son album le plus rentre-dedans, à la limite du métal. La production est signée Terry Date, qui offre un son lourd mais précis à la guitare, une basse cinglante et un son de batterie souple. La voix de Cornell, puissante est-elle, ne sera jamais trop en avant.

Cette production pas excellente mais juste propre n'empêchera pas le groupe de nous faire part de sa créativité avec des bombes atomiques que sont "Rusty Cage" et son riff unique -n'oublions pas de dire que Kim Thayil était un tueur à l'époque- et un chanteur déchainé aux effets innovants, "Jesus Christ Pose" et sa rapidité fulgurante qui dû en a faire slamer plus d'un ou la lourde "Outshined" portée par un Cornell qui module son timbre comme nul autre (sauf peut-être Eddie Vedder, coïncidence?)

Dans son ensemble le reste de l'album homogène, car même si deux-trois titres seulement sont plus rapides que d'autres (il s'agit quand même du plus rentre-dedans!) à l'instar de la punk-hard "Face Pollution", aucun morceau ne vient casser le rythme, même pas "Somewhere" (quoique...) avec son côté très pearljamien. "Room a Thousand Years Wide" est la plus incisive, pourquoi elle plus que les autres d'ailleurs, m'enfin il n y a pas de quoi faire un caca nerveux pour si peu, car n'importe quel bonhomme au pantalon troué et à la chemise de bûcheron en a pour son compte: Soundgarden fait du hard soft, intense mais pas vraiment violent, un album vraiment important que beaucoup d'artistes prendront en compte à la fin des 90's.

En conclusion, il est peut-être moins varié que le sacre "Superunknow", mais la fourgue post-adolescente était encore là, et elle nous donnerait presque envie de ressortir tout cet équipement qui faisait de nous des sales petits gosses. Culte.

SF.

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Celldweller55 - 28 Novembre 2010: Tiens je ne connaissais pas, merci pour la découverte.
NeoBaBa - 07 Décembre 2010: raaaaaaaaaah, il conaissait pas Soundgarden !!!

Au poteau ^^ !!!
Lamikawet - 26 Mars 2011: Très bonne chronique sur l'album.
En revanche, Nirvana faisait de l'ombre à ses congénères pour ceux qui suivait la mode...
Les métalleux ont montré plus d'intérêt pour Soundgarden et Alice In Chains à cette époque que pour Nirvana...
Laissclayespool - 30 Janvier 2014: 100 % d'accord avec Dimebag. Pour moi un des seuls albums "métal" où tous les morceaux sont excellents et je ne m'en lasse pas...après 20 ans d'écoute
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Chronique @ Hacktivist

26 Juin 2014

Une oeuvre culte des 90's ce « Badmotorfinger » - à défaut d'avoir réellement su s'imposer durant l'année 1991.

Face à nous se dresse probablement l'un des groupes les plus significatifs de cette première vague grunge, notamment apparue, contrairement aux dires des éternels (faux) savants et des jeunes rebelles se clamant haut et fort du mouvement crasseux de Seattle, qui d'ailleurs, ont bien souvent été aveuglés par le succès de « Nevermind » et de la montée en puissance, de l'engouement populaire suscité par Nirvana, à la suite d'une longue et pénible décennie s'étalant de 1980 à 1990. Bien avant de connaître, justement, des noms célèbres tels que Nirvana, Pearl Jam ou même Alice In Chains, de nombreux autres formations étaient déjà à quai et entretenaient la flamme grunge qui ne s'officialisera réellement que deux ans après la publication du second album symbolique de Soundgarden « Louder Than Love » ou encore, peu de temps après le décès de Andrew Wood dont il est toujours bon d'en garder un petit souvenir ô combien sincère. Fils aîné puis fier héritier de Black Sabbath, Soundgarden à sON TOUR, a su gravir, franchir des échelons pour un succès qui certes, n'a peut-être pas été à la hauteur de ses mérites et de ses qualités potentielles mais prenant de plus en plus d'ampleur. « Badmotorfinger » en est la démonstration même.

C'est à bloc que nous revient Soundgarden avec une production en béton armée à l'image du producteur Terry Date (Mother Love Bone et Screaming Trees pour ne citer qu'eux) et de sa récente collaboration avec le combo sur l'album précédent. Citons aussi le personnage de Ron St. Germain (Jimi Hendrix, Sonic Youth) intervenant sur la base du mixage. De ce fait, l'objet est à nouveau signé par l'étiquette A&M Records à qui l'on doit désormais un sérieux coup de pouce médiatique pour avoir contribué à l'élévation du quatuor. Sans quoi, il n'aurait probablement jamais été aussi mis en avant et s'en serait tenu à ses premières années retirées dans le monde de l'underground Américain. De plus, depuis qu'un des membres fondateurs, Hiro Yamamoto, a rendu son insigne de bassiste en 1990 pour venir former Truly, le line-up des Soundgarden a plutôt eu du mal à se stabiliser. Un second acteur, qui n'est nul autre que l'ex-Nirvana Jason Everman, a même dû faire une brève apparition pour combler ces manques jusqu'à l'arrivée de Ben Shepherd la même année.

« Badmotorfinger » n'est donc pas vraiment un croisement entre les deux albums précédents, ni même une synthèse, néanmoins, on remarquera que sur le titre « Face Pollution » - Soundgarden réitère les sons punk-hardcore parfois déchaînés de « Ultramega Ok » (la vitesse d'exécution étant par ailleurs fort appréciable avec la trompette de Ernst Long qui se pointe en fond) tandis qu'avec « Slaves & Bulldozers » - la formation emprunte davantage à « Louder Than Love » puisqu'on sent bien ce gros son heavy à la fois lourd et clair qui semble dominer. Quoique, on apercevra également (sur cette dernière) des parties parfois bien plus rageuses que sur l'opus cité et pour cause, Cornell nous fait démonstration de son coffre vocal peu égalable et de ces screams musclés et hargneux puisant dans le côté le plus metal de la formation.

Et ce n'est qu'un prétexte supplémentaire pour en venir à évoquer la monstrueuse pièce, qui de plus, est sans doute la meilleure représentation de la puissance et de la rage délivrée par Soundgarden à ce jour, le « Room a Thousand Years Wide ». Il y a bien sûr cette instrumentation bien lourde sur laquelle Soundgarden et Alice In Chains (Sabbath accessoirement) s'entendent parfaitement, mais pas que, car on retrouve des sons tortueux en arrière-plan, presque glauques, limite menaçants, qui ajoutent à leur manière, un peu de piment aux ambiances. Parlons aussi de ce free jazz barré (ou jazz metal peu importe) sur lequel intervient une section cuivre dont un solo de trompette engagé pour le moins assez enfoui et intercalé entre la distorsion et le son massif du quatuor.

« I'm gonna break
I'm gonna break my
I'm gonna break my Rusty Cage and run »

C'est le réveil matinal et optimiste de « Rusty Cage » introduit par un riff d'entrée (et quel riff...) bien marquant de Thayil devenu dès lors, un grand classique, un modèle, un exemple pour une composition tout simplement hors norme. Non, c'est sûr que le combo n'a pas chômé pour en arriver là. En plus, de ce que l'on peut en voir, Ben Shepherd a l'air de commencer à prendre ses repères, si bien qu'il nous offre les cordes très résonnantes de sa lourde basse groovy et presque typé stoner. Puis, ce n'est pas un hasard non plus si cinq ans plus tard, Johnny Cash a pu reprendre ce morceau puisque Soundgarden va puiser dans une essence blues au demeurant assez repérable, et il y a de quoi exploiter beaucoup d'autres éléments nouveaux encore. Rien que pour voir Eddie Vedder arborer une bannière heavy, il est de mise que nos auditeurs puissent éventuellement contempler ce beau mélange, à intensité égale avec Pearl Jam sur « Outshined » ou à la limite, sur certains passages de « Somewhere » même si ce dernier ensemble paraît un peu plus simplet.

Beaucoup de choses ne tournent pas rond ici. Nos quatre chevelus croient au retour du boogie-woogie version hard ou du rockabilly des 60's sur « Drawing Flies » - ils se permettent même de bousculer violemment le rythme un peu country de « Searching with My Good Eye Closed » et sa petite narration en introduction et par-dessus tout, ils se risquent à déchaîner les foudres de tous les hyper-croyants sur l'hymne fondateur « Jesus Christ Pose ». Les riffs étouffés sont un peu à l'image de ce que sera le « Dirt » de Alice In Chains un an plus tard et Soundgarden vient incarner une sorte de symbole de la jeunesse qui manifeste de nouvelles valeurs, revendications, ou bien un nouveau courant de pensée propre à la génération X. En clair, c'est un truc tordu qui pourrait faire hocher la tête de plus d'une personne, qui donne envie de pogoter dans la fosse durant un concert en répétant inlassablement les vers et les refrains du titre, à condition que cette même élite de fans ne juge pas le morceau antichrétien et que d'autres n'aient pas l'envie extrême de menacer de mort nos fidèles acolytes (cf. tournée au Royaume-Uni).

Les gars de Soundgarden sont déchaînés et viennent de réaliser une oeuvre culte des 90's avec ce « Badmotorfinger » à défaut d'avoir réellement su s'imposer durant l'année 1991 qui s'était avérée plutôt torride. Le torrent médiatique ne cesse de souffler sur la scène de Seattle mais patience, le metal hybride du quatuor entrera bientôt dans une seconde phase de reconnaissance et d'élancement de sorte que l'on évoquera bientôt le célébrissime Big Four of Grunge.

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scotch - 26 Juin 2014: Encore une excellente chronique précise et documentée mon cher Hacktivist ! Exceptionnel et référentiel album en effet que ce Badmotorfinger.
Hacktivist - 26 Juin 2014: Merci beaucoup, c'est un beau compliment car je sais que tu t'y connais très bien aussi à ce sujet, sur la scène grunge en particulier. Et si "Badmotorfinger" est exceptionnel et référentiel comme tu dis, quant est-il du suivant...
hack - 28 Juin 2014: Whoa! That's a very good review. I thought that Badmotorfinger was the album that made them famous. They used to play Outshined on the radio a lot, about a month after Nirvana's Nevermind.
Hacktivist - 28 Juin 2014: I think that it's the fourth album "Superunknown" that made them famous (for me). Maybe it's more accessible, i don't know, or less metal, but it's THE masterpiece of Soundgarden. It seems also more varied.
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