Another Way to Shine

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Nom du groupe Spiritual Beggars
Nom de l'album Another Way to Shine
Type Album
Date de parution 1996
Style MusicalStoner
Membres possèdant cet album65

Tracklist

1. Magic Spell
2. Blind Mountain
3. Misty Valley
4. Picking from the Box
5. Nowhere to Go
6. Entering into Peace
7. Sour Stains
8. Another Way to Shine
9. Past the Sound of Whispers
Bonustrack
10. Broken Morning (Demo Version 1996)

Chronique @ AlonewithL

06 Mai 2010
La Suède a également succombé aux affres du psychédélisme. Le rock dégenté et débridé qui avait pris ses racines à la fin des années 60 a fait depuis de petites branches. "Spiritual Beggars" a depuis pris de la sève et propose ainsi un second album, deux ans après son éponyme de 1994. Le combo stoner suédois nous initie à ce rock aux méfaits hallucinogènes, tout en entrant en osmose avec les influences de son temps, notamment un hard rock viril plein de fraîcheur.

Le moins que l'on puisse dire c'est que "Another Way to Shine" est une belle plante. Cette plante est par ailleurs remplie du plus efficace poison. On débute ainsi sur des riffs de guitare meurtriers avec le titre "Magic Spell". On se retrouve ici avec un son rock particulièrement évolué, aux accents tranchants, privilégiant le son assourdissant de la voix de Spice couplée avec celle de la guitare et de la basse qui s'ébattent ensemble pour créer quelque chose de tout simplement mythique. Le groupe a fait le choix judicieux d'exprimer leur génie créatif sur des titres assez longs dans l'ensemble (allant à près de 04:30 à plus de 06:30 minutes). Il fait toujours en quelque sorte dans l'inédit. On croirait qu'ils se sont accaparés d'un prisme de lumière décomposant le son dans toute sa richesse, comme il le ferait exactement pour la lumière avec les couleurs.

C'est effectivement un album très coloré. On retrouve à la fois des couleurs sombres sur "Blind Mountain" et sur "Picking from the Box", et des couleurs plus pimpantes et chatouillantes notamment avec "Misty Valey" et "Another Way to Shine". La guitare, souvent secondée par la basse, fait de l'excellent boulot. Chaque instrument joue de son caractère. La basse plombe l'atmosphère et la guitare pleine de folie et de vigueur vagabonde au travers des pistes. "Spiritual Beggars" n'est pas pour autant dénué de toute forme de discipline dans sa musique; les couplets sont structurés avec le plus grand sens de l'ordre. Des riffs de guitares surabondants bien déterminés viennent composer minutieusement chaque fin de couplet. Cette guitare est proprement extra, très expressive. Elle vrombit et elle jubile, apportant tout un aspect bon enfant à l'album.
S'il n'y avait qu'un défaut, en vérité, ce serait semble t-il le chant un peu en manque de créativité, déjà moins expressif que les instruments. Mais ce n'est pas bien grave et le défaut se remarque à peine dans la jungle cultivée par la formation.

Sur "Nowhere to Go", on marquera une certaine rupture, qui jouera insidieusement sur les pistes suivantes. Le son devient planant. La voix est ici faussée, prise sous les effets d'une substance corrosive. Les instruments succombent quant à eux à un véritable délire hallucinatoire. Les vapeurs retombées sur "Entering into Peace" le délire n'est pas pour autant terminé. Les instruments sont devenus totalement immaîtrisables. Les pistes qui suivent deviennent des rêves fabuleux et accrocheurs bien représentées par le dernier titre "Past the Sound of Whispers".

"Another Way to Shine" n'est pas un album à consommer avec modération. Ses conséquences sur la santé ne sont pas nocives, même si on à l'impression que cela produit des effets sur notre cerveau. Il est dynamisant et très coloré. Tout autant qu'une végétation luxuriante. Les membres de "Spiritual Beggars" jouent ici un rock psychédélique qui n'est pas absent de toute personnalité. Le rock planant a trouvé en ce groupe un excellent disciple, même s'il ne fait pas toujours preuve de docilité et préfère explorer la nature environnante.

16/20

2 Commentaires

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Harris6651 - 06 Mai 2010: Bonne chronique pour un bon album. Spiritual Beggars sur ce deuxième album poursuit son évolution. Mais je trouve quand même que la personnalité du combo n'est pas encore parfaitement dévoilée. Surtout par rapport à la démente triplette, Mantra III-Ad Astra-On Fire.
Elevator - 27 Mai 2011: Très bon album, plus sobre que les suivants mais très plaisant cependant !
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Chronique @ Mindkiller45

27 Mai 2011

Deuxième album, première pépite véritable !

Michael Amott est un homme surprenant. En effet, après avoir officié dans le groupe Carcass et ce pour un album, le cultissime Heartwork, il quitte le groupe. Ses aspirations tendaient plus vers la mélodie plus ancrée dans les années 70. Il fonde alors Spiritual Beggars cette même année 1993. Il sera accompagné de Spice à la basse et au micro ainsi que de Ludwig Hvitt aux futs. Le groupe retourne alors vers un concept abandonné avec l’arrivée de la NWOBHM, à savoir le Power Trio.

La musique de Spiritual Beggars se veut sale, lourde, graisseuse tout en étant un hommage clinquant à la musique des années 70 (Black Sabbath en chef de file). Sort alors en 1994 le premier album du groupe, sobrement intitulé Spiritual Beggars. Cependant, la faute à une production trop sale et une musique pas assez recherchée, l’album sera boudé aussi bien par les critiques que par le public.

Il faudra attendre Another Way to Shine pour voir la popularité du groupe monter en flèche, et ceci n’est pas anodin. En effet, à cette même époque, Michael Amott forme avec son frère le groupe de Death Mélodique Arch Enemy. La presse spécialisée encense le groupe et permet à Michael Amott de bénéficier de plus de moyens pour tout ce qu’il entreprend. Ainsi, le 2e album du groupe se verra doté d’une production plus léchée, tout en conservant ce son propre au stoner. Le groupe penchera aussi pour le côté psychédélique, comme le démontre cette pochette aux couleurs vives et au design rappelant l’art Hippie.

Cependant, la production très bonne met enfin en avant les talents de tous les musiciens. Les effets sont poussés, mais recherchés. Du Fuzz, de la Wah et une basse grondante avec ce qu’il faut de distorsion pour pouvoir se démarquer de la guitare sans pour autant être trop sale. Spice y est par ailleurs magistral sur cette album. Les vocalises n’étant pas sans rappeler les chants poussés d’un certain Robert Plant sur les titres les plus énergiques et lourds sans pour autant en posséder sa majesté. La batterie y est des plus classiques, ne cherchant pas les fioritures tout en possédant, cependant, des subtilités de jeu. On voit clairement que le groupe, contrairement à ce que l’on aurait pu penser avec un Arch Enemy plus tranchant, fonctionne très bien et sait ou il veut aller. La direction est claire, nette et ceci - malgré les changements de line up qui se succèderont - restera la ligne de conduite de Spiritual Beggars.

L’album, même s’il ne possède pas encore le panache de la dite « Sainte Trinité » du groupe – à savoir Mantra III, Ad Astra et On Fire – a en son sein des titres merveilleux et qui portent à la recherche d’envolées d’âmes des hippies 70’s comme "Misty Valley" ou le solo de guitare de Michael Amott (avec ce superbe Flanger qui ne dessert pas le morceau), les murmures de Spice ainsi que sa ligne de basse riche et ronde allié au jeu de Hvitt ne peut que faire succomber. On retourne dans cette optique de faire parler les instruments, la voix étant plus un instrument qu’un moyen de faire passer un message. C’est ce qui a fait tout le charme du hard rock des années 70. On retrouvera aussi cette aspiration sur "Blind Mountain". Certains titres eux seront plus lourd, les effets y étant pour beaucoup, puisque plus poussés. Paradoxalement sur un titre comme "Nowhere To Go" ou le son y est tant pachydermique que sale, la voix elle allège le tout rendant la musique planante et quasi ‘spirituelle’.

Les influences, à demi-avouée, envers Black Sabbath se verront par contre être flagrantes sur l’intro de "Sour Stains" ou l’intro, sans être du plagiat, fait énormément penser à l’intro de basse de Geezer Butler sur le titre N.I.B. de l’album éponyme. Et tout le long de l’album on a droit à un savant mélange entre Black Sabbath et Led Zeppelin, la voix étant un peu entre les deux empruntant de temps à autres le timbre de Lemmy Kilmister (Motorhead). Mais dans le style où évoluent Spiritual Beggars, ces influences sont tout à fait logique et louables. Ainsi, à la lourdeur du son sabbathien s’ajoutera le psychédélisme de Led Zeppelin tout comme le montre "Entering Into Space" (titre tout accordé).

Si le disque n’est pas le meilleur album du groupe, en termes de vente, il permet cependant au groupe d’acquérir une certaine notoriété puisqu’il sera nommé pour les Swedish Award de 1997. Sur l’album suivant, le line up sera enrichi d’un clavier qui sera tenu par Per Wiberg, claviériste chez Opeth. Mantra III ouvrira encore plus de portes au groupe notamment en ouvrant pour Iron Maiden, Monster Magnet (les maîtres du Stoner encore actif) ou Queens Of The Stone Edge (la légende du style). Des soucis de line up continueront puisque le bassiste Spice partira, laissant la place de chanteur vacante elle aussi. Elles seront reprises par Roger Nilsson pour la 4-corde et Janne ‘JB’ Chistophersson (Grand Magus) au micro. Ce line up lui aussi ne tiendra pas longtemps puisque Sharlee d’Angelo (Arch Enemy) reprendra la basse à partir de Demons (2005) et Apollo Papathanasio (Firewind) le micro sur le Return to Zero de 2010. Ceci prouve cependant que le groupe a acquis une notoriété mondiale puisque du groupe strictement suédois il est passé au groupe européen. Toutefois, l’avenir du groupe peut sembler incertain. Tous les musiciens du groupes sont pris par des projets propres qui sont toujours actifs et même si le groupe fait la tournée des festivals en 2011, on ne sait pas ce qu’il en adviendra pour la suite.

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