Aethra

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Nom du groupe Gorod
Nom de l'album Aethra
Type Album
Date de parution 19 Octobre 2018
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 Wolfsmond
 
2.
 Bekhten's Curse
 
3.
 Aethra
 
4.
 The Sentry
 
5.
 Hina
 
6.
 And the Moon Turned Black
 
7.
 Chandra and the Maiden
 
8.
 Goddess of Dirt
 
9.
 Inexorable
 
10.
 A Light Unseen
 

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Gorod


Chronique @ Groaw

04 Décembre 2018

Aethra nous plonge dans des mythes et légendes encore insoupçonnés

« La vraie grandeur consiste à être maître de soi-même » - Daniel Defoe, Robinson Crusoé

Désormais dans les figures montantes d’un Death Technique aguicheur et d’un metal extrême à son paroxysme, la gloire et le talent de Gorod ne sont plus à remettre en question. Aux côtés d’un Gojira perdant légèrement son souffle et d’un Loudblast au summum de son art, la scène Death française a tout à envier à ses oppresseurs américains. Et même si nos compatriotes canadiens (Beyond Creation, Archspire) impressionnent par leur assurance et leur progression, force est de constater que nos Gaulois ne s’en sortent pas si mal et arrivent à résister encore et toujours à l’envahisseur.

Mais qu’attendre d’un sixième album après avoir atteint l’apothéose avec un A Maze Of Recycled Creeds atypique et dominateur, qui générait néanmoins quelques craintes en proposant un Death bien plus harmonieux et accessible ? N’y-a-t-il pas l’appréhension, le pessimisme de rester dans une spirale infinie, dans un cercle vicieux, dans une certaine routine dont notre quintuor serait incapable de se détacher ? Les cartes semblent déjà dévoilées et les dès jetés pour nos musiciens, qui vont devoir confirmer avec Aethra leur virtuosité, leur anticonformisme et leur maîtrise.

Et aussitôt dit, aussitôt fait : Gorod nous plonge dans son hâtiveté et sa distorsion avec un « Wolfsmond » exaltant et enivrant. Instrumental comme vocal gardent une hargne et une agressivité qui démontrent une nouvelle fois la position extrémiste de nos acteurs. Le tout n’est peut-être pas aussi fou que ce pourrait proposer « Temple To The Art-God » par exemple, la cause étant un schéma moins jazzy, moins novateur et bien plus macabre que son prédécesseur mais l’ensemble reste néanmoins accrocheur et commence à balayer les préjugés que nous aurions pu avoir sur cet album.

Continuons notre voyage dans une Egypte antique remplie d’atrocités avec « Behkten’s Curse », narrant l’histoire de la Princesse Bentresh de Bekhten, qui n’est ni plus ni moins que la sœur de Ramses II et qui aurait été possédée par un démon pour être finalement guérie par le Dieu Khonsu. On retrouve des riffs nettement plus catchy, un peu plus techniques également et une certaine dimension spirituelle, donnant une réelle noblesse au morceau. Le rythme n’en reste pas moins simpliste et manquant de variations et de variété.

Et nous en venons au point un peu regrettable de cette galette : la structure des morceaux. On sent une volonté de vouloir se détacher de son image de base, à proposer des intros plus mélodieuses (Aethra, Chandra And The Maiden), à entreprendre du vocal clair (The Sentry, Hina), voire même à sortir des solos qui reprendront certains éléments de prédécesseurs (And The Moon Turned Black, dans la lignée de From Passion To Holiness) mais malheureusement, Gorod a tendance à s’auto-caricaturer, à en comparer les premières secondes de The Sentry et Goddess Of Dirt, quasiment à l’identique, même si l’un (Goddess Of Dirt) est nettement en-deçà de l’autre sur sa classicité et sa conventionnalité.

Malgré ce défaut indéniable, notre quintuor propose des éléments novateurs, totalement insolites dans leur belle discographie. Tout comme Beyond Creation, nos talentueux musiciens proposent une musique bien plus mélodique et plus aérienne, des périodes plus planantes sans pour autant laisser au second plan son death précipité et carnassier. Et tout comme nos Canadiens, l’association avec Gojira est presque inévitable. Qu’il s’agisse du tapping (Wolfsmund, Bekhten's Curse), des ambiances (Aethra, The Sentry), profondeur et fascination nous émeuvent, nous captivent. Mais là où nous sommes le plus abasourdi est sans aucun doute sur le chant de Julien Deyrez qui se bonifie au fur et à mesure du temps mais surtout flagrant de ressemblance avec celui de Joe Duplantier. Entre growl et chant clair en passant par un souffle chaud, presque innocent, on ne s’ennuie guère et nous sommes impactés par tant d’aisance et de puissance que l’on voyage dans un univers stupéfiant et appliqué.

Aethra nous plonge dans des mythes et légendes encore insoupçonnés. Production impeccable, artwork grandiose et titres persuasifs font de cette nouvelle pépite un chef-d’œuvre. L’hors d’œuvre était tout proche mais les quelques ressemblances entre morceaux déçoivent légèrement et enlèvent le délectable de la pièce. Cependant, le tout reste plutôt cohérent sur le reste de la discographie de Gorod et on se réjouit de voir que notre quintuor ne s’est pas reposer sur ses lauriers et est encore capable de mûrir et d’évoluer. Qu’attendre de la suite ? A suivre …

2 Commentaires

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mayhem13 - 07 Décembre 2018:

J'ai préféré le précédent.

Lordmike - 09 Décembre 2018:

Ils sont toujours très bons mais l'époque Process of a New Decline me manque quand même.

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