Fans de Resident
Evil et de films horreurs de série Z, réveillez-vous, le monstre de
The Devil Wears Prada est là. Le titre de cet EP, «
Zombie» a réussi à lui tout seul à titiller mon intérêt bien qu'en terme de chrétiens au look d'émo,
The Devil Wears Prada n'est pas ma préférence. Le trailer précédant la sortie de l'EP a ensuite achevé de me convaincre d'écouter cette nouvelle production. Le groupe prend ici la pari de conter en une vingtaine de minutes une invasion de morts-vivants assoiffés, il va de soi, de chair humaine, sur fond de Metalcore à l'américaine. La principale inquiétude que j'avais était quant à la capacité du groupe à retranscrire de manière convaincante cette ambiance si caractéristique tout en fournissant une musique convaincante car, vous en conviendrez, avoir l'un sans l'autre aurait été bien décevant.
Les 5 pistes suivent donc un concept laissant de côté la finesse et favorisant la boucherie. Ici, pas de mélodies pop mais des riffs gras sur une seule corde et des breaks puissants. L'atmosphère de ce «
Zombie» est résolument plus sombre que dans les productions antérieures du groupe et reste homogène tout du long, se faisant progressivement de plus en plus pesante jusqu'à «
Survivor», soutenue par la batterie, elle-même de plus en plus agressive. Rugissement du fusil à pompe, vrombissement de tronçonneuse, grognements de
Zombies et message radio aux survivants de l'invasion, le tout soutenu par un clavier inquiétant, le compte est bon ! Nos acolytes dévoilent leur panoplie du parfait film de
Zombies pour un résultat glauque convaincant. Mais ce travail sur l'ambiance générale n'est pas la seule évolution engagée par les compères.
En effet, si le groupe joue le même style de musique c'est à dire ce Metalcore très classique, agrémenté de nappes de claviers et de sons électroniques discrets («
Anatomy»), le son est beaucoup plus percutant, notamment sur le titre introducteur, «
Escape».
De plus, les gus semblent avoir laissé derrière eux leurs démons, à savoir un chant clair parfois dégoulinant et un manque de maturité apparent : si la voix de DePoyster n'a pas disparu, elle est bien plus spontanée, comme dans «Revive». En outre, chaque titre semble maîtrisé de son introduction à la conclusion. Techniquement, le groupe ne fait pas dans la complexité, à l'image du break de «
Escape», mais reste diablement efficace et ne peine pas à faire headbanguer.
The Devil Wears Prada nous offre ainsi un EP sans temps mort et taillé pour le live. A défaut de déployer une technique éblouissante, nos chrétiens préfèrent offrir une prestation carrée à tous niveaux, du chant de Mike Hranica à la production qui est, est-il besoin de le préciser vu les moyens dont dispose le groupe, impeccable, toujours assurée par Joey Sturgis (
Attack Attack!,
Miss May I,
Asking Alexandria,
We Came As Romans) qui, pour l'anecdote, se charge de la production du groupe depuis depuis sa toute première démo.
Vous l'aurez compris, cet EP marque une évolution dans le bon sens de
The Devil Wears Prada qui nous surprend par le travail effectué sur l'ambiance ainsi que son homogénéité. Pour faire simple, «
Zombie» semble être un concentré de ce que le groupe fait de mieux tout en occultant la grande majorité de ses défauts récurrents. A la décharge de l'EP, on regrettera tout de même son manque d'originalité rendant les morceaux assez prévisible mais soyons indulgents et retenons en premier lieu l'effort indéniable fait par le groupe pour essayer de sortir de la routine créée par leur 3 premiers albums, concrétisant une sorte de rêve d'ados. En résumé, à ceux qui n'étaient pas convaincus des premiers essais de
The Devil Wears Prada comme aux fans, «
Zombie» est un EP à écouter pour éventuellement se forger une opinion nouvelle ou pour savourer un concentré de ce que l'on aime chez eux.
Je n'ai jamais aimé ce groupe et je vais surement pas m'y mettre avec cet album ... Quoi que, s'ils me fournissent le comic avec =D
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