Que tout s'enchaîne vite pour les jeunes prodiges Japonais de
Crossfaith : sortant un premier full-lenght dynamique et survolté en 2009, puis un second album, beaucoup plus maîtrisé, à peine deux ans plus tard, ils reviennent en force en cette année
2012 avec un EP s'intitulant sobrement
Zion. Traînant déjà près de six ans d'existence derrière eux, à distiller un metalcore furieux et parsemé d'inspirations électro / dubstep, le groupe commence tranquillement à s'exporter hors de son pays natal, suite au succès de leur album
The Dream, the Space, se produisant notamment en Grande Bretagne au côté des coreux de
Bury Tomorrow.
Au premier abord, on dénote que cet EP consacre, et même sacralise, toutes les promesses que nous réservait le précédent opus : une musique éminemment moderne, toujours aussi envieuse de destruction, tout en étant équilibrée par une utilisation très juste de l'ambiance electro. Imaginez la furie d'un
Parkway Drive qui rencontre les agencements techno/dubstep d'un
Asking Alexandria et vous obtiendrez le
Crossfaith version
2012.
Mais que je me sentirais coupable de réduire
Crossfaith et son EP
Zion à de simples compromis musicaux. Car les nippons se sont façonnés une véritable identité musicale, que l'on avait déjà pu savourer en avant-première avec le titre «
Monolith», celui qui justement ouvre cet EP : l'ambiance électronique structure l'intro, avant que les riffs viennent puissamment batailler à leur côté, le tout dans une atmosphère aussi vibrante qu'elle en est schizophrénique.
Crossfaith s'élève à un niveau musical supérieur grâce à ce grain de folie qu'apportent les agencements électroniques, grain de folie qui s'est transformé en une inspiration redoutable. Ainsi, sur le titre «Photosphere», l'auditeur est transporté dans un monde futuriste, où se conjuguent mysticisme et fascination pour ce qui est le meilleur titre de l'opus. Mais l'exotisme électronique de
Crossfaith peut aussi se révéler surprenant, comme sur l'interlude «Dialogue», que n'aurait sûrement pas renié The Prodigy par exemple.
Un titre comme «Jägerbomb» nous surprend par son aspect groovy marqué, qui n'est pas sans rappelé l'empreinte de
Pantera ; titre beaucoup plus direct et plus durement «core» dans son esprit, il nous rappellera l'époque des titres phénomènes qu'étaient déjà «Blue» ou encore «Fiction in
Hope». Si «Quasar» marque un léger temps faible sur l'EP, on termine de façon sublime avec le titre «
Leviathan», évocateur à plus d'un titre : Koie nous ravie de sa voix la plus puissante possible, pendant que quelques élans symphoniques somptueux se font entendre en arrière-plan, habilement déguisés avec des effets électro ; on sera impressionné par la fin du morceau avec de magnifiques choeurs en chant clair qui viennent s'attacher sur la voix lancinante de Koie, écorchée et rugueuse mais malgré tout pleine d'émotion.
On pourra reprocher une durée un peu courte d'un peu plus de vingt minutes seulement mais rappelons que «
Zion» s'avère, en définitive, redoutable de par son contenu qualitatif et peut laisser présager un très bon futur troisième album de
Crossfaith, une confirmation que l'on attend d'ores et déjà de pied ferme.
Ainsi se termine le périple
Zion de nos Japonais. Surpassant toutes les espérances,
Crossfaith nous délivre un EP ravageur, technique et maîtrisé de bout en bout, réalisant la plus parfaite fusion entre électro et musique core, étant prêt à rivaliser avec les pointures du genre,
Motionless In White et
Asking Alexandria en tête de liste.
Groupe peu connu en raison d'une scène nippone obnubilée par le metal extrême d'un côté et le visual kei de l'autre,
Crossfaith mérite une reconnaissance aussi grande que les autres artistes du genre, qu'ils soient Américains ou Européens :
Zion ne peut que vous en convaincre.
Si quelqu'un connais de l'electro metal (pas forcément metalcore) qui a un bon tempo rapide comme Crossfaith je suis preneur !
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire