Bien que jouissant d’une belle renommée, le microcosme du métal extrême hexagonal tire sa notoriété de la modernité, de l’inventivité, ou de l’expérimentation de ses formations et, il serait aisé de se laisser porter par le courant dit de la mode afin de se donner une chance de sortir de l’anonymat de l’underground.
Necrowretch se refusant de céder à la facilité et pour garder son intégrité, choisit de suivre le chemin inverse, se refusant même au départ, de publier des enregistrements « officiels ». Seulement, le talent n’ayant pas de frontière, les bougres réussirent l’exploit de se faire signer chez
Century Media qui a eu, assurément, le nez creux,
Necrowretch publia le remarquable et marquant «
Putrid Death Sorcery » en 2013, qui sentait bon la putridité, la mort et la décomposition, puisant son essence aux fondements même du genre.
Vlad (chant/guitare), leader incontesté et principal compositeur, accompagné de Amphycion (basse), formant l’ossature de l’entité
Necrowretch, ouvre à nouveau les portes de leur caveau afin de délivrer leur dernier offrande «
With Serpents Scourge » et, nous présente, par la même occasion, son nouveau batteur, Ilmar.
Après quelques bruitages inquiétants et oppressants en guise de bienvenue, la déflagration sonore débute avec «
Black Death Dominion » et,
Necrowretch se fait très douloureux d’entrée de jeu, blasts frénétiques, cassures puissantes, mélodies sous-jacentes, tout semble avoir été pensé dans le moindre détail. La formation reprend les cadavres là où ils les avaient laissés avec «
Putrid Death Sorcery », mais avec une brutalité et une violence élevées à leur paroxysme. Et cette composition est loin d’être orpheline, car «
With Serpents Scourge » est un condensé de haine mortuaire et de possession satanique. Chaque composition semble être un clou supplémentaire adressé à Jésus lors de sa crucifixion, avant que la croix ne finisse par se renverser. Les blasts hystériques se succèdent, entrecoupés de break massifs et dévastateurs (« He
Thrones On Thy Sins », « Feast
Off Their
Doom », «
Even Death May Die » pour ne citer que ces titres). Mais là où le travail s’avère remarquable est que, même si le bastonnage a lieu à tous les étages, il demeure que le tout est d’une fluidité et d’une cohérence qui laisse pantois.
Hormis la puissance de feu qui se dégage de l’opus, un autre point fort est à relever et il se situe au niveau des mélodies.
Necrowretch a su rendre sa mixture fermentée et putride, très aérée, grâce à l’ajout de nombreuses mélodies qui confèrent, une coloration plus « black » à l’ensemble, toutes très efficaces, servant de fil rouge à l’auditeur. Ces harmonies sont une véritable valeur ajoutée au disque et, à aucun moment, elles n’amènent une quelconque luminosité.
Tout comme sur «
Putrid Death Sorcery », les atmosphères restent poisseuses et glauques, enrobées d’une obscurité malsaine, magnifiées par l’organe vocal de
Vlad, totalement possédé et dérangé (la fin de «
Black Death Dominion » est un modèle du genre), vivant ses paroles éructées dans les moindres mots, allant jusqu’à s’infliger des sévices pendant l’enregistrement afin de sortir le meilleur de lui-même, le résultat est totalement saisissant. Amphycion et Ilmar sont au diapason, avec une mention spéciale au nouveau venu dont la subtilité et la précision de son jeu ajoute beaucoup de dynamisme à l’ensemble.
Conservant la ligne directrice de ses débuts,
Vlad a opté pour une production « maison », plus clair que sur son prédécesseur mais ne reniant aucunement l’authenticité sonore qui fleure bon le « old-school » par tous les pores. Celle-ci, tout en conservant cet aspect charbonneux, tire les compositions que referme ce disque, vers le haut et y amène une puissance qui semble décuplée. La qualité intrinsèque élevée de ce «
With Serpents Scourge » aux multiples plans, annihile toute forme de redondance et d’ennui, il est donc très difficile de sortir un morceau du lot, sauf, peut-être «
Mortem Ritu », plus nuancé, qui clôt la galette de fort belle manière.
Les défauts me direz-vous ? Les plus grincheux en trouveront certainement. Pour être « tatillon », je dirai que l’homogénéité très compacte de cet album, rebuteront assurément plus d’un néophyte et que, même si elles sont moins audibles,
Necrowretch ne s’est pas encore totalement expié de toutes ses influences.
Il est indéniable que
Necrowretch vient de franchir un cap avec « With The
Serpents Scourge » qui postule déjà au titre très convoité d’album de l’année dans sa catégorie. Ce disque est un condensé de déchaînement de violence et de brutalité malsaine, dans lequel, le trio développe, à sa guise, son art mortuaire, surpassant le pourtant très bon « Death Putrid
Sorcery ». Même les moins aguerris peuvent s’y risquer, la peur n’évite pas le danger et la mort vous va si bien !!! Putridement délectable !!
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