Warrior Race

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17/20
Nom du groupe Imperial Age
Nom de l'album Warrior Race
Type EP
Date de parution 05 Fevrier 2016
Labels Adulruna
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album18

Tracklist

1.
 Anthem of Valour
Ecouter04:59
2.
 Aryavarta
Ecouter07:21
3.
 Warrior Race
Ecouter04:56
4.
 To Mega Therion (Therion Cover)
Ecouter06:44
5.
 Death Guard
Ecouter04:35
6.
 Battle Heart
Ecouter05:40
7.
 Vanaheim
Ecouter07:50
8.
 Time of Virginity II
Ecouter04:00
9.
 Turn the Sun Off ! (Live)
Ecouter14:12

Durée totale : 01:00:17

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Imperial Age



Chronique @ ericb4

18 Janvier 2019

Décollage amorcé pour le combo russe...

De l'eau aura coulé sous les ponts pour le combo russe depuis leur introductif et pléthorique album full length « Turn the Sun Off ! », paru quelques mois à peine suite à la création du projet, en 2012, par les claviéristes et vocalistes Alexander "Aor" Osipov (ex-Revelance) et Jane "Corn" Odintsova. Le concept lui-même s'est vu évoluer dans une direction à laquelle les maîtres d'oeuvre ne nous avaient pas préparés. En effet, pour leur second opus de longue durée « Warrior Race » (à dissocier de l'EP éponyme réalisé deux ans plus tôt, incluant une équipe et une tracklist alternatives), sorti en 2016, cette fois via le label suédois Adulruna de Christofer Johnsson (Therion), le combo a désormais opté pour un line up stable. Dans ce dessein, ont été requis les talents de la frontwoman Alexandra ''Gvenvivar'' Sidorova (Zmey Gorynich, ex-Morbid Violence) et des guitaristes Alexander Strelnikov (Arida Vortex, Big End Bolt, Epoch Crysis...) et Maxim Novikov.

Preuve qu'il n'a nullement tourné le dos à son passé, le groupe continue d'évoluer dans un registre metal mélodico-symphonique gothique et progressif à chant mixte à la fois racé, épique et romantique, faisant encore la part belle aux choeurs et aux amples orchestrations, et où plane toujours l'ombre de Nightwish, Therion ou encore Rhapsody. De plus, pour l'occasion, nos acolytes ont à nouveau fait appel à des musiciens, chanteurs et choristes aguerris, contribuant, chacun à sa manière, à densifier en le magnifiant le corps orchestral et vocal du plantureux méfait. Aussi y trouve-t-on les empreintes vocales de Fabio Lione (Angra, ex-Rhapsody) et Sergey Lazar (Arkona, Rossomahaar...), la batterie de Darek ''Daray'' Brzozowski (Dimmu Borgir (live), Black River, ex-Vader...) et Dmitry Kovalev (Ruthless Order, Forces United), la cornemuse de Vladimir Reshetnikov (Arkona, Rossomahaar) ou encore la basse de Dmitriy Rukhadze (Terratomorf). Ce faisant, le collectif a inscrit nombre de sonorités inédites et épurées dans ses compositions et témoigné d'un mixage plus équilibré aujourd'hui qu'hier. De plus, s'il a repris quatre des titres du précédent manifeste, le quintet a veillé à les remastériser, leur conférant ainsi une toute autre teneur.

De son aîné nous sont octroyés quelques moments enfiévrés susceptibles d'aspirer le tympan d'un claquement de doigts. Ce qu'illustrent « Anthem of Valour » et « Battle Heart », frondeurs et ''rhapsodiens'' manifestes aux insoupçonnées montées en puissance et à l'instrumentation un poil moins grandiloquente qu'au regard des premières versions. Mis en exergue par les puissantes inflexions d'un Fabio Lione au top de sa forme et sous-tendu par un tapping effilé et une violoneuse assise samplée, le premier et mélodieux brûlot retrouve ainsi une seconde jeunesse ; le deuxième effort, quant à lui, combine harmonieusement les claires patines de Fabio avec les profondes attaques de Sergey Lazar, pour un rendu éminemment soigné. Dans cette dynamique, et dans la lignée d'un Therion des premiers émois, s'inscrit l'enjoué et rayonnant « Death Guard ». Dotée d'une véritable tornade de choeurs et de stupéfiantes montées en régime du dispositif percussif, par effet de contraste, cette tubesque ogive se pare des claires modulations de la belle auxquelles répondent les serpes oratoires d'un sombre growler en tapinois.

Quand elle nous plonge au coeur de longues plages symphonico-progressives, la troupe semble particulièrement à son aise, trouvant là encore les clés pour nous rallier à sa cause. Aussi ne pourra-t-on que malaisément résister au cheminement d'harmoniques exhalant de « Aryavarta », fresque ''therionienne'' aux relents folk étirant fièrement ses 7 minutes d'un spectacle aussi seyant que frissonnant. Jubilatoire espace d'expression doté de subtiles nuances mélodiques, où les cristallines impulsions de la déesse bien souvent font mouche et où la cornemuse de Vladimir Reshetnikov trouve naturellement sa place. De même, tenter de se soustraire aux vibes du chevaleresque et romanesque « Vanaheim » serait pure hérésie. Pourvu d'une orchestration qui lentement se densifie tout en se tonifiant, octroyant moult changements de tonalité et effets de surprise, le pléthorique méfait voit en prime les angéliques volutes de la maîtresse de cérémonie délicatement se superposer aux toniques et charismatiques impulsions de Fabio Lione. Frissons garantis...

Plus encore, telle une incompressible déferlante, nous immergeant au sein d'une opératique et ''nightwishienne'' pièce en actes, aux relents Rhapsody, avec un soupçon d'Aesma Daeva quant au déploiement de leurs harmoniques, les quelque 14 minutes de « Turn the Sun Off ! » ont de quoi impressionner quant à la qualité des arrangements, bien souvent nous émeuvent, et parfois nous intriguent. Foisonnant en variations atmosphériques et multipliant les ponts technicistes, cette offrande renseigne sur le brio de chacun des artistes impliqués. Faisant à nouveau la part belle aux choeurs, cette version live se voit désormais enjolivée par les soufflantes envolées lyriques de la frontwoman. Assurément le joyau de l'opus.

Lorsque la cadence des frappes de fûts feint de se faire moins véloce, c'est pour mieux nous secouer le pavillon, et, par là-même, nous rattraper, voire nous retenir plus que de raison. D'une part, si une opulente et graduelle orchestration digne d'un Alan Parsons du temps de « The Turn of a Friendly Card » inonde le mid/up tempo « Warrior Race », celle-ci s'avère en parfaite osmose avec le caractère offensif de la rythmique du mouvement et des pénétrants coups de boutoir dispensés par un inaltérable Daray. Dans cette tourmente, une muraille de choeurs savamment mise en relief s'invite au bal, corroborant alors les viriles inflexions de Fabio Lione et les growls caverneux d'un glaçant Sergey Lazar.

Au jeu périlleux des reprises, le combo russe ne s'est guère montré maladroit, loin s'en faut, réussissant même à transfigurer ce qui pourrait non seulement s'apparenter à une complexe pièce en actes mais également un must have du genre symphonique progressif. Ainsi, sous couvert d'arrangements d'excellente facture, redécouvre-t-on l'opératique « To Mega Therion », titre extrait de l'album « Theli » (1996) du célèbre groupe suédois. L'onde de choc produite par la puissance dévastatrice des choeurs a pour corollaire de grisants gimmicks à la lead guitare et de sémillantes rampes synthétiques.

Enfin, les amateurs de moments intimistes n'auront pas été laissés pour compte, nos compères nous livrant une délicieuse power ballade, certes issue du précédent effort mais totalement relookée sur le plan vocal. Ainsi, suite à « Time of Virginity », investie en voix masculine claire, s'esquisse « Time of Virginity II », cette fois mise en habits de soie par les infiltrantes ondulations d'une mezzo-soprano touchée par la grâce et qui s'apparenteraient à celles de Maike Holzmann (ex-Voices Of Destiny). Glissant sur une sente mélodique des plus radieuses et sous-tendu par un délicat et prégnant riffing, cet instant de félicité se charge en émotions au fur et à mesure de la progressivité du convoi orchestral. Il n'y aura alors plus d'autre choix que de se laisser transporter par les vents ascendants du romantique mouvement, nous éloignant toujours davantage du plancher des vaches...

En l'espace de quatre années seulement, louables sont les progrès logistiques et techniques réalisés par le combo russe, ce dernier ayant désormais de quoi maintenir la concurrence en respect. Du moins, le propos s'est-il suffisamment étoffé sur les plans stylistique, atmosphérique et vocal, affiné au regard de sa mélodicité, et diversifié eu égard aux exercices de style proposés, pour permettre à nos gladiateurs d'espérer se démarquer de nombre de leurs homologues. Témoignant en prime d'une ingénierie du son aujourd'hui difficile à prendre en défaut et recelant une forte charge émotionnelle, cet album serait de nature à rapidement propulser le collectif parmi les valeurs montantes du metal symphonique à chant mixte. Cela étant, on aurait peut-être souhaité davantage de prises de risques, l'octroi de l'un ou l'autre instrumental, et une mise à distance plus nette par rapport à leurs maîtres inspirateurs. Quoiqu'il en soit, le groupe a les armes requises pour s'imposer sans plus tarder et les cartes en main pour encore faire évoluer son projet. Wait and see...

Note : 15,5/20

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