The Legacy of Atlantis

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe Imperial Age
Nom de l'album The Legacy of Atlantis
Type Album
Date de parution 01 Fevrier 2018
Labels Adulruna
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 The Awakening
Ecouter05:25
2.
 The Legacy of Atlantis
Ecouter06:19
3.
 The Monastery
Ecouter04:16
4.
 Life Eternal
Ecouter04:54
5.
 Domini Canes (March of the Holy Inquisition)
Ecouter04:45
6.
 Love Eternal
Ecouter06:15
7.
 The Escape
Ecouter05:24
8.
 Islands in Time
Ecouter06:10
9.
 And I Shall Find My Home
Ecouter05:01

Bonus
10.
 The Awakening (Live) (Japanese Edition)
 
11.
 The Legacy of Atlantis (Live) (Japanese Edition)
 
12.
 The Escape (Live) (Japanese Edition)
 
13.
 And I Shall Find My Home (Live) (Japanese Edition)
 

Durée totale : 48:29

Acheter cet album

 $36.21  2 000,00 €  45,67 €  buy  $53.08  95,82 €  20,99 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Imperial Age



Chronique @ ericb4

26 Janvier 2019

Une luxuriante et pénétrante proposition insufflée par le combo russe...

En l'espace des deux années séparant le dantesque « Warrior Race » du présent effort, la progression du groupe sur cette scène-là aura été fulgurante. Depuis sa cofondation, en 2012, sous l'impulsion des claviéristes et vocalistes Alexander "Aor" Osipov (ex-Revelance) et Jane "Corn" Odintsova, et plus encore suite à ce puissant manifeste, une réelle dynamique s'est mise en place, le combo russe ayant multiplié ses apparitions scéniques jusqu'à acquérir aujourd'hui une reconnaissance internationale. Aussi, en 2016, a-t-il donné pas moins de 44 concerts un peu partout en Europe, avec nombre de retours favorables de leur public à la clé. Porté par ce franc succès, le prolifique collectif est-européen a entrepris l'année suivante l'écriture d'un nouvel opus de longue durée dénommé « The Legacy of Atlantis ».

Sorti, tout comme son aîné, chez le label suédois Adulruna de Christofer Johnsson (Therion), ce manifeste reprend le concept symphonico-opératique progressif de son prédécesseur tout en y incorporant de nouvelles sonorités, en réponse aux exigences logistiques, techniques et esthétiques de ses inspirés maîtres d'oeuvre. Dès lors, à l'aune des neuf pistes judicieusement égrainées sur les 48 minutes de la rondelle, planerait davantage l'ombre de Therion et Rhapsody que Nightwish. Aussi décèle-t-on une œuvre à la fois épique et charismatique, un poil grandiloquente mais non ostentatoire, dotée de compositions finement ciselées, faisant plus encore la part belle aux choeurs et aux luxuriantes phases orchestrales que son illustre aîné. Enregistré, mixé et mastérisé aux CDM Records par le guitariste Sergey Lazar (Arkona, Rossomahaar...), à l'image du précédent effort, le manifeste ne laisse filtrer que fort peu de sonorités résiduelles tout en bénéficiant d'une belle profondeur de champ acoustique. Nos acolytes auraient donc mis les petits plats dans les grands...

Dans cette perspective, une fois encore, le line-up a subi quelques modifications. Aux côtés d'Aor et de la mezzo-soprano Corn, s'agrègent dorénavant l'empreinte de la soprano Anna Moiseeva et la patte du guitariste Pavel Maryashin (Autumn Woods, Despair, Sinful...). Si nos deux commandants de bord ont abandonné leurs claviers pour ne se consacrer qu'aux parties oralisées, conformément à une aspiration plus opératique aujourd'hui qu'hier, ils ont, pour l'occasion, requis l'apport de musiciens, vocalistes et choristes expérimentés supplémentaires. Aussi, y trouve-t-on impliqués trois des membres de Therion (le ténor Thomas Vikström, le guitariste/bassiste Nalle Påhlsson et le guitariste Christian Vidal) et deux d'Arkona (le batteur Andrey Ishenko et le guitariste sus-mentionné). Laissée aux mains du chef de choeur Taras Yasenkov (Tchaikovsky Moscow State Conservatory Chamber Choir), la chorale, pour sa part, inclue quatre des vocalistes investis sur l'album « Beloved Antichrist » (2018) de Therion, à savoir, Lyudmila Mikhailova, Ekaterina Shamina, Mikhail Yurkus et Dmitry Volkov, additionnés de Natalya Romanova et Nikita Mikhailov. Une équipe de choc nous accueille donc à bord de l'appareil. Embarquement immédiat...


Ce serait à la lumière de ses nombreux passages à la dynamique rythmique tempérée que le combo russe marque ses premiers points, et ce, sans avoir à forcer le trait. Ainsi, dès les premières mesures des ''therioniens'' mid tempi « The Awakening » et « The Legacy of Atlantis », un étrange et irrépressible frisson nous étreint. Ce faisant, dans un cas comme dans l'autre, aux côtés des puissantes et claires inflexions du maître de cérémonie s'élève, telle un seul homme, une imposante et enveloppante chorale dont rien ni personne ne semble pouvoir stopper la progression. Bref, deux propos opératiques soufflants de brio, mais dont l'empreinte des maîtres inspirateurs ne saurait se faire oublier.

Dans cette énergie-là, une orientation alternative nous est octroyée, réservant également son lot d'instants aptes à aspirer le tympan de l'aficionado de leurs sources d'influence. Plus ''rhapsodiens'' en l'âme, l'enivrant « Life Eternal » tout comme le rayonnant « Domini Canes (March of the Holy Inquisition) », quant à eux, déploient fièrement leur basse vrombissante parallèlement aux caresses oratoires d'une muraille de choeurs qui, inexorablement, poursuit sa route, martelant le sol d'un pas de plus en plus assuré à chacune de ses avancées. L'émotion requise sera, une fois encore, au bout du chemin de celui qui y aura plongé le pavillon.

Lorsque la cavalerie se met à s'emballer, le spectacle se fait des plus fringants. Ce qu'illustrent le pimpant up tempo « The Escape » et l'épique « And I Shall Find My Home ». Dotés de riffs crochetés, d'un tapping martelant et d'un flamboyant solo de guitare, chacun des deux brûlots emprunte cette fois une voie power symphonique dans le sillage d'Ancient Bards. Exercice de style qui sied particulièrement bien à nos acolytes. Si, au regard du premier effort, les choeurs s'avèrent omniprésents, allant jusqu'à reléguer au second plan un duo mixte en voix claires bien inspiré, délivrant pourtant de puissantes et truculentes envolées lyriques, la deuxième ogive, en revanche, inverse la tendance. Mais, dans un cas comme dans l'autre, la sauce prend...

Parfois, le propos suit des voies moins immédiatement pénétrables, sans pour autant nous débouter, loin s'en faut. Ainsi, la magie ne tarde pas à opérer à l'aune du ''therionien'' « Love Eternal », low tempo progressif à la dense et hypnotique instrumentation où abondent phases d'accélération et de ralentissement, pour un dénouement des plus heureux. Corroboré par une chorale qui peu ou prou tend à s'épaissir, un saisissant duo mixte en voix claires ouvre ses ailes, prêt à nous cueillir. Difficile alors de résister à la puissance dévastatrice de la vague de submersion qui va s'abattre sur nous. Et comment ne pas se sentir porté par les vents ascendants soufflant de l'émouvant et ''nightwishien'' low/mid tempo « The Escape » ? Pourvu d'un fin legato à le lead guitare et d'enveloppantes nappes synthétiques, l'instant privilégié jouit en prime d'une ligne mélodique des plus ensorcelantes. Peut-être bien l'une des pépites de l'opus...

Quand il nous convie à d'intimistes moments, à l'image du précédent opus, le combo trouve sans mal les clés pour nous rallier à sa cause. Aussi ne pourra-t-on que malaisément résister aux radieuses séries d'accords exhalant de « The Monastery », ballade romantique jusqu'au bout des ongles que n'auraient reniée ni Nightwish ni Rhapsody. En outre, on appréciera tant la finesse de composition et les infiltrantes nuances mélodiques inondant couplets et refrains, que le duo mixte en voix claires évoluant à l'unisson. Plus encore, l'émotion sera assurément au rendez-vous des attentes de l'aficionado du genre.


A l'issue de notre parcours, force est d'observer que le groupe nous livre une œuvre à la fois seyante, puissante et émouvante, à la logistique et à la technicité tout aussi solides que son aînée. Témoignant d'une inspiration féconde de ses auteurs, la galette se double de prestations instrumentales et vocales difficiles à prendre en défaut, d'une ingénierie du son éminemment soignée et d'arrangements orchestraux d'excellente facture.

Si le concept a évolué dans une perspective symphonico-opératique certes classique mais grisante, conformément aux aspirations actuelles des maîtres d'oeuvre, et si les sentes mélodiques se sont affinées, on regrettera toutefois de voir le combo suivre à la trace ses illustres sources d'inspiration. Ce qui traduit à la fois une prise de risque minimaliste et un relatif manque d'épaisseur artistique accolé au projet. De plus, de par leur densité, leur positionnement et leur fréquence d'apparition, les choeurs tendraient davantage à éclipser qu'à valoriser les lignes vocales des principaux et valeureux protagonistes.

Dans la lignée de son prédécesseur, ce nouvel opus marque cependant une substantielle évolution stylistique, synonyme d'un bel élan créatif, mais sans pour autant dépasser son niveau de composition. Aussi, sans être novateur, ce pléthorique et poignant méfait confirme l'énorme potentiel du collectif russe, du moins, suffisamment pour lui ouvrir de plus larges perspectives à l'international. Bref, un groupe qui a le vent en poupe...

Note : 15,5/20

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire