L'alternance est un concept que Stuart Dowie, Anthony Nichols et
Jim Koury, trio fondateur de
Meliah Rage, maîtrise parfaitement puisque voilà plus d'une décennie qu'ils le pratiquent en changeant constamment certains des acteurs prenant part à leur projet. Le phénomène n'aurait rien d'outrageusement étonnant s'agissant d'un groupe s'il ne concernait pas aussi, et surtout, l'un de ses éléments les plus identifiants, à savoir son chanteur.
Durant ces dernières années Mike Munro et Paul Souza n'auront donc eu de cesse de se partager cette tâche. Et alors que
Dead to the World marquait le retour du second ce
Warrior marque, à nouveau, son départ. Dès lors il paraissait donc normal, coutumes obligent, de s'attendre à ce que le premier officie ici. Que nenni puisque c'est à Mark Lopes qu'échoie le poste peu enviable, puisque éminemment instable, de vocaliste de ce collectif.
Signalons tout de suite, concernant ce nouveau venu, que ses interprétations ne sont pas fondamentalement différentes de celles que nous offrit récemment Paul.
Au-delà de ce premier constat superficiel, n'y en a-t-il donc aucun autre susceptible de distinguer ce nouvel opus de celui qui sortit trois ans plus tôt? Evidemment que oui. Des différences presque imperceptibles les séparent quelques peu. Et aussi infimes fussent-elles, elles sont pourtant bien réelles. Et musicales qui plus est. Là où
Dead to the World apparaissait comme le mélange savoureux de diverses tendances (Heavy Thrashy, Thrash
Metal,
Power US)
Warrior affirme une volonté légèrement plus radicale. Ce nouvel opus est effectivement un peu plus âpre que ne le fut son prédécesseur direct.
Bien évidemment, ce durcissement et ce nouveau dessein d'un propos se rapprochant de plus en plus d'un Thrash
Metal rugueux, tout en gardant bien sûr ces accointances Heavy
Metal, en une démarche qui n'est pas sans nous rappeler celle d'
Helstar, n'est pas une tare en soit pour qui, comme votre modeste serviteur, apprécie ce genre de métissage si prisé par les Américains.
L'excellent
Warrior au break acoustique anxiogène, These Scars dont les chants prennent parfois quelques accents nous rappelant ceux du grand Dave Mustaine, le somptueux
Stranger to Your
Sympathy, le délicieusement agressif A
Dying Day pourvu d'un break, une fois encore, sublime et dont l'entame, ainsi que certains passages, ressemble à s'y méprendre à certains des travaux anciens de Lars Ulrich et de ses comparses ou encore, par exemple, le vif et sauvage In
Hate sont d'ailleurs autant de titres suffisamment plaisants pour nous en convaincre.
Poursuivant son chemin,
Meliah Rage nous offre donc avec ce
Warrior un opus de Heavy Thrash rugueux qui, a priori, ne lui permettra pas de toucher un public plus large que celui qui est le sien actuellement. Mais qui, à fortiori, contentera son peuple pour peu que celui-ci ne soit pas allergique à sa facette la plus brutale, noire et belliqueuse.
Sur "Idols Hands" (2018) c'est Paul Souza qui, de retour au sein du groupe, est à nouveau au chant !!!
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