Dans cette volonté salutaire indispensable d'absolue sincérité, qui caractérise si bien le cercle étriqué des chroniqueurs les plus sérieux (cercle auquel, d'ailleurs, votre humble serviteur aime naïvement à penser qu'il appartient), il nous faudra évidemment reconnaitre que le nom des américains de
Meliah Rage n'est pas nécessairement évocateurs d'impérissables souvenirs.
Absolute grave encore, il nous faudra aussi admettre que ce groupe n'est jamais véritablement parvenu à s'extraire de ce quasi anonymat dans lequel nous l'avons, nous autres âmes avides d'art du vieux continent, confiné. Force est même de constater qu'assisté de ces moyens d'investigations modernes et qu'avec un peu de temps consacré à quelques recherches sur ces musiciens, le ciel ne s'éclaircit pas davantage les concernant. La question reste donc entière concernant
Meliah Rage.
1) Enigme
Afin de percer un tant soit peu le mystère recouvrant
Meliah Rage, commençons donc par énoncer les quelques rares informations dont nous disposons à son propos.
Formé en 1987, à
Boston, sous l'impulsion du guitariste Anthony Nichols, le groupe est affilié à la scène Thrash
Metal de laquelle il puise une certaine âpreté primale au sein de morceaux aux guitares incisives et nerveuses. Conjuguant ses appétences acerbes et vives à un souci manifeste pour la mélodie, il enrichie ses compositions d'airs à la musicalité propre au Heavy
Metal traditionnel, au Speed
Metal (
Anthrax,
Overkill, Voivod...) et, donc, au
Power US (
Pantera,
Machine Head,
Soulfly...). Durant plusieurs décennies il égrènera son parcourt de nombreuses œuvres dont, à dire vrai, l'histoire ne retiendra pas grand chose, et ce même si, bien évidemment, certaines d'entres-elles firent preuve de qualités méritantes. En 1996, l'album
Death Valley Dreams scelle le sort de ces artistes, condamnés à un silence contraint. Le groupe se sépare.
Il faudra attendre 6 longues années avant qu'il ne se décide, à nouveau, à hurler sa colère au cœur d'opus auxquelles Mike Munro, son chanteur originel, ne participera pas, remplacé par Paul Souza (
Unfinished Business (2002),
Barely Human (2004) et
The Deep and Dreamless Sleep (2006)). Devant l'insistance d'Anthony, véritablement désireux de retravailler avec son vocaliste initial, Mike finit par accepter et donnera sa voix à
Masquerade (2009).
2) Un nouvel espoir
Dead to the World est donc le neuvième album de
Meliah Rage.
Démarrons donc l'examen du contenu de ce nouvel effort des américains par un premier constat déterminant. Il nous faudra, en effet, dire que ce disque marque le retour de Paul Souza au chant.
Notons ensuite, d'un point de vue plus strictement musical, que ces artistes continue d'y défendre un propos acérés sublimé par un sens de la musicalité très intéressant. Ce mélange
Power US, Heavy
Metal, Thrash
Metal donne un caractère très particulier à ses compositions. De plus, le contraste né entre ces deux tendances est remarquablement séduisant.
De telle sorte que, fort de toutes ces vertus, les titres de ce manifeste nous régalent. Citons, afin d'illustrer ce plaisir plein, des morceaux tels que les très bons Up in
Flames au préambule, aux refrains, au break et au solo mélodique superbes, tels que l'instrumental
Absolute Obedience au climat délicieusement tourmenté, tels que l'excellent
Cold Cruel Fate ou encore tels que, par exemple, l'appréciable Time
Won't let me Breathe à l'atmosphère tantôt délicieusement pesantes, tantôt délicieusement virulente.
Dead to the World est donc un album attrayant de par son propos varié et métissé. Il est surtout une œuvre qui, espérons-le, permettra à
Meliah Rage de s'extraire de ce poussiéreux territoire inconnu dans lequel il erre depuis bien trop longtemps.
C'est vraiment dommage qu'en 1990 à la sortie de l'excellent "Solitary Solitude" (considéré par beaucoup comme le meilleur album de Meliah Rage), qui fut suivi de concerts, dont certains furent donnés en Europe (en compagnie de Coroner et Watchtower), la major Epic n'ai pas soutenu plus que ça ce très bon groupe de la cote Est des Etats-Unis (de Boston plus exactement).
Surtout que celui-ci évoluait dans un registre, le Heavy/Thrash Metal, assez peu (voir pas du tout) développé à cette période.
En effet à la fin des années 80 les groupes se cantonnaient soit dans le Heavy Metal soit dans le Thrash Metal, et les formations "médiums" étaient plus mélodiques (Metal Church) ou plus rapides (Liege Lord, Savage Grace) que la formation d'Anthony Nichols (guitare).
Par conséquent Meliah Rage possédait une véritable identité, qui n'a malheureusement pas été exploitée au moment opportun...
De nouveau actif depuis le début des années 2000 (après plusieurs splits et reformations), le groupe enchaîne les albums de bonnes qualités (dont le très bon "The Deep And Dreamless Sleep" en 2006) et les changements de line-up (en particulier ceux concernant les allez et retours de ses chanteurs), mais dans l'indifférence générale.
Sur la page de présentation du groupe il est noté deux fois le nom de Paul Souza comme chanteur du groupe ???
Les plus attentifs d'entre-vous aurons évidemment rectifié par eux-même que pour les périodes 1987-1992, 1995-2003, et 2008-2010 (et non pas 2012 comme indiqué) le chant était assuré par Mike Munro (et non par Paul Souza).
Sinon pour compléter mon propos, voici la liste des albums de Meliah Rage et le nom du chanteur qui y participe :
Mike Munro :
"Kill To Survive" (1988)
"Solitary Solitude" (1990)
"Death Valley Dream" (1996)
"Infinished Business" (2002)
Paul Souza :
"Barely Human" (2004)
"The Deep And Dreamless Sleep" (2006) Mike Munro :
"Masquerade" (2009)
Paul Souza :
"Death To The World" (2011)
Marc Lopes :
"Warrior" (2014) Paul Souza : "Idol Hands" (2018)
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