Vaketimen

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16/20
Nom du groupe Evig Natt
Nom de l'album Vaketimen
Type Album
Date de parution 20 Fevrier 2026
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Shimmer
Ecouter01:15
2.
 Last of the Light
Ecouter06:03
3.
 Death
Ecouter06:10
4.
 Når Lyset Svikte
Ecouter06:25
5.
 Gråtaslaget
Ecouter01:29
6.
 Sorrow My World
Ecouter06:18
7.
 In the Darkness
Ecouter02:42
8.
 Eahparas
Ecouter08:06
9.
 Tallemaja
Ecouter05:10
10.
 At the End of the Night
Ecouter05:34

Durée totale : 49:12

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Evig Natt



Chronique @ ericb4

23 Fevrier 2026

Un retour en grâce de la formation norvégienne...

Tel un phoenix renaissant de ses cendres, l'expérimenté quintet norvégien originaire de Karmøy, dans le comté de Rogaland – emmené de concert par la chanteuse et parolière Kirsten Jørgensen (Reism) et le compositeur, vocaliste et pluri-instrumentiste Stein Sund (Dwellingsouls, feu-Thundra, ex-Throne O Katarsis, ex-Einherjer) – revient dans les rangs quelque dix années suite à un rayonnant album éponyme. Une éternité pour la fanbase du talentueux combo scandinave !

Un retour sur le devant de la scène, pour le moins inattendu, qui ne s'est pas opéré sans un remaniement partiel de son line-up. Si, aux côtés de nos deux maîtres d'oeuvre, les guitaristes Arne Marton Tangjerd (Pictures Of Pain) et Ruben Osnes (ex-Thundra) poursuivent l'aventure, Harald M. Revheim (ex-Enslaved, ex-Thundra...), pour sa part, se verra remplacé par Tom Enge (Einherjer) derrière les fûts. De cette étroite collaboration naîtront trois singles (« Når Lyset Svikte » et « Sorrow My World », en 2024, suivis de «  At the End of the Night », en 2025), soit trois des dix pistes de leur quatrième et présent album full length, « Vaketimen », sorti, lui, chez le puissant label italien WormHoleDeath Records. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos cinq belligérants !

Conformément à ses aspirations d'hier, le collectif nord-européen nous livre un set de compositions d'obédience metal atmosphérique gothique aux effluves prog, dark/death, symphonique et folk, où des sources d'inspiration aussi éparses que Draconian, Tristania, The Gathering, Trail Of Tears, The Flaw, My Dying Bride et Within Temptation (première période) continuent de cohabiter. Se dessine alors un propos à la fois bouillonnant, énigmatique, un brin ''gorgonesque'' et romanesque, jouissant à son tour d'une production d'ensemble de bonne facture – à commencer par un mix parfaitement ajusté entre lignes de chant et instrumentation et des finitions passées au crible – et d'arrangements orchestraux aux petits oignons. Cela étant, les 49 minutes du ruban auditif de la rondelle permettront-elles au groupe, vingt-quatre ans suite à sa sortie de terre, de se muer en valeur de référence du foisonnant espace metal atmosphérique gothique à chant mixte en voix de contraste ?


A l'instar de son devancier, c'est sur une mer d'huile que démarre la traversée de ce quatrième mouvement ; ainsi, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques et instillée de clapotis pianistiques tout en délicatesse, la brève et a-rythmique entame instrumentale « Shimmer » se fait des plus apaisantes. Mais il ne s'agit-là que d'une frugale mise en bouche, à laquelle le reste du propos ne saurait s'y réduire exclusivement...

Quand il se plaît à faire rougeoyer les fûts, c'est d'un battement de cils que le combo parvient à nous rallier à sa cause. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Death », mid/up tempo aux riffs acérés, au carrefour entre Tristania, The Flaw et Draconian ; au regard de ses enchainements intra piste des plus sécurisés et de son break opportun instillé de choeurs aux abois, qu'une bondissante reprise sur la crête d'un entêtant refrain viendra prestement balayer, le puissant manifeste ne se quittera qu'à regret. Dans une même veine mais un poil plus incisif, le mid/up tempo « Sorrow My World » offre, lui, un bel effet de contraste atmosphérique et vocal, ses couplets empreints de noirceur, alors nourris de growls caverneux, alternant avec de plus lumineux refrains, que magnifient les célestes ondulations de la sirène. Et la sauce prend, là encore. Mais nos acolytes sont encore loin d'être à bout d'arguments pour tenter de nous prendre dans leurs filets...

Un tantinet moins enfiévrés, d'autres passages pourront à leur tour se jouer de toute tentative de résistance à leur assimilation. Ce que révèle, d'une part, l'intrigant mid tempo progressif « Last of the Light » ; un ''draconien'' méfait aux riffs crayeux recelant une mélodicité toute de fines nuances cousue, où se greffe un saisissant effet d'écho oratoire, les cristallines inflexions de la belle n'ayant de cesse de faire front aux growls ombrageux d'une bête revêche. Investi en prime d'un solo à la cornemuse samplée lui conférant alors une petite touche folk que l'on n'attendait pas, et décochant une fulgurante montée en régime de son corps orchestral peu avant la survenue de la chute finale, le frissonnant élan n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres. Dans une même logique s'inscrit « Tallemaja », mid tempo progressif à mi-chemin entre The Gathering, Tristania et Trail Of Tears, qui, eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre et à ses galvanisantes accélérations, ne saurait davantage être éludé.

Lorsqu'ils nous mènent en des espaces à l'ambiance plus intimiste, nos compères en profitent pour nous adresser leurs mots bleus les plus sensibles. Ce qu'illustre, en premier lieu, « Når Lyset Svikte », ballade gothico-progressive pétrie d'élégance, que n'auraient sans doute reniée ni The Gathering ni Within Temptation ; inoculée d'un léger tapping, l'aérienne aubade se nourrit parallèlement de couplets finement ciselés, relayés chacun d'un refrain immersif à souhait mis en habits de soie par les angéliques impulsions de la maîtresse de cérémonie. Un instant privilégié, fort en émotion, que le féru du genre ne saurait esquiver. On pourra encore se voir happé par un piano/voix féminine d'une confondante délicatesse jaillissant des entrailles de la ballade a-rythmique « In the Darkness », dont on regrettera simplement la brièveté du message musical délivré. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses insufflées par la somptueuse ballade progressive « At the End of the Night » ? Recelant une graduelle densification de son dispositif instrumental doublée d'une fusion vocale au firmament, le romantique élan fera plier l'échine à plus d'une âme rétive. Assurément la pépite émotionnelle de la rondelle.

Et comme elle nous y a déjà accoutumés, la troupe n'ira pas sans nous réserver une pièce en actes metal symphonico-gothico-progressif. Bien lui en a pris, une fois encore. Ainsi, au fil de ses quelque huit minutes d'un parcours à la fois épique et cinématique, la fresque « Eahparas » dissémine de sémillants harmoniques tout en multipliant ses coups de théâtre percussifs, avec pour effet de maintenir l'attention du chaland constante, et ce jusqu'à la survenue de son ultime mesure. Ce faisant, cette sculpturale fresque au confluent de Draconian et de Within Temptation se fait tour à tour altière, énigmatique, abrasive et romanesque, équilibrant à parités égales instants rugissants, passages ténébreux et moments d'apaisement. Et ce ne sont ni ses joutes oratoires – où s'opposent les growls glaçants du puissant vocaliste et les cristallines volutes de la princesse – ni son enveloppante sente mélodique qui nous débouteront davantage de ce masterpiece, loin s'en faut.


A l'aune du précédent effort, le temps aura joué en la faveur du collectif scandinave, ce dernier nous livrant un quatrième élan ne manquant ni d'allant ni de panache, doté en prime de ce petit supplément d'âme le rendant particulièrement liant. Jouant savamment sur les effets de contrastes rythmiques, atmosphériques et vocaux, dévoilant une palette étoffée en matière d'exercices de style et une signature oratoire aisément identifiable et des plus poignantes, c'est dire que le combo nord-européen a élevé d'un cran le seuil de ses prérogatives. De louables qualités auxquelles s'adjoignent des lignes mélodiques finement sculptées et plutôt avenantes, mais nullement sirupeuses, une technicité instrumentale bien huilée et tout aussi judicieusement exploitée, ainsi qu'une ingénierie du son difficile à prendre en défaut. Aussi ce prégnant mouvement serait-il le sésame tant attendu, permettant à l'expérimenté quintet de rejoindre dès lors le cercle très fermé des valeurs de référence de l'univers metal atmosphérique gothique. Bref, un retour en grâce de la formation norvégienne...

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