I Am Silence

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15/20
Nom du groupe Evig Natt
Nom de l'album I Am Silence
Type Album
Date de parution 2007
Labels Omvina
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album19

Tracklist

1. Nemesis of Heart 06:22
2. In My Darkest Hour 05:16
3. My Demon 08:02
4. In My Death I Dream of You 05:58
5. A Final Lament 04:48
6. I Am Silence 05:21
7. Fallen 07:29
Total playing time 43:16

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Evig Natt


Chronique @ ericb4

19 Novembre 2016

Une initiale, charismatique et pénétrante offrande...

Jeune formation doom atmosphérique gothique norvégienne créée en 2003, Evig Natt s'inscrit dans la continuité stylistique de Draconian, The Gathering, My Dying Bride, et dans le sillage atmosphérique de The Flaw. Le quartet, initialisé par Kirsten Jørgensen (Reism) en qualité de frontwoman et Stein Sund (Thundra, Throne Of Katarsis, DwellingSouls, ex-Einherjer) à la guitare, à la basse, aux claviers et au chant, n'a pas attendu bien longtemps pour faire appel aux talents conjugués de Harald Magne Revheim (Thundra, ex-Enslaved) à la batterie et Thor Erik Helgesen (Throne Of Katarsis) à la guitare. Et ce, pour nous octroyer ce premier manifeste de longue durée de 43 minutes sur lesquelles s'enchaînent 7 roboratives pistes. Sorti chez Omvina Records en 2007, cet opus fait suite à une discrète démo livrée 3 ans plus tôt et dont il reprend 5 des 7 morceaux après les avoir remastérisés. Cet ensemble de compositions finement et minutieusement élaborées repose sur une production plutôt soignée eu égard à un enregistrement de bon aloi, laissant filtrer peu de notes résiduelles. Bien que les finitions et les enchaînements inter pistes soient encore à parfaire, le méfait offre un confort auditif toutefois suffisant pour autoriser une totale perception de chaque partie en présence, et donc, pour suivre sans encombres la progression des titres de la setlist.

Tout d'abord, on perçoit clairement l'estampe doom accolée au projet, avec quelques belles réussites à la clé, reposant sur ici comme ailleurs sur le schéma caricatural de la belle et la bête. Ainsi, à la manière de Draconian, des riffs amples et graveleux inondent l'asphalte visqueuse de « Nemesis of Heart ». Mid tempo progressif éthéré où les claires patines oratoires de la belle contrastent tant avec la noirceur de l'ambiance insufflée par une orchestration quasi spectrale qu'avec la présence d'un growleur démoniaque et caverneux, ce titre résolument doom se singularise à la fois par peu d'oscillations relatives à son cheminement mélodique et son climat un tantinet gorgonesque. L'offensif « I Am Silence », quant à lui, octroie d'insoupçonnés gimmicks à la lead guitare dans un univers de torpeur où déambulent de concert nos deux compères dans une même logique de distribution des rôles (voix féminine claire/voix masculine profonde). Torturé, voire quasi dépressif, cet instant doom gothique bien marqué nous fait entrer en contact avec d'inquiétantes créatures sorties de nulle part, empruntant des chemins de traverse mélodiques engloutissants.

Par ailleurs, insufflant une touche progressive à son message musical, le collectif recèle quelques jolies pièces en substance. Aussi, une très progressive entame choralisée nous plonge dans l'atmosphère brumeuse de « My Demon », fresque de l'opus déroulant lascivement ses 8 minutes dans la veine harmonique de The Gathering. Soudain, des riffs acérés se font bourdonnants, que vient seconder avec maestria le maître instrument à touches sur des gammes ondulantes et rayonnantes, alors qu'un growler nous lacère de ses serpes oratoires, avant l'arrivée des fines volutes de la sirène. Puis, l'ensemble ainsi coagulé monte sereinement en puissance tout en sachant préserver quelques ralentissements autorisant quelques soupirs bien venus dans cette tourmente. Puis, sans crier gare, le silence s'installe... Pour sa part, le low/up tempo « A Final Lament », à la façon de Draconian, laisse glisser ses riffs rocailleux, alternant avec un piano aux arpèges délicats. Ce faisant, un océan de contrastes la sirène libère un angélique filet de voix, avant de se faire rejoindre par les growls ombrageux et meutriers de son acolyte, sur une rythmique plus mordante, pour finir comme l'acte a commencé, en douceur.

Lorsqu'il nous installe dans ses moments intimistes, le combo le fait avec tact, élégance et souvent atteint sa cible, celle de nos émotions les plus profondes. D'une part, de gracieux arpèges au piano introduisent « In My Darkest Hour », ballade atmosphérique juxtaposée à un riffing étiré et un poil rocailleux. Dans la lignée de The Flaw, les harmoniques renferment leur lot de subtilités et la sente mélodique fait mouche quel que soit le compartiment où s'infiltrent les célestes et magnétiques inflexions de la déesse. De saisissants effets de contrastes vocaux s'observent alors avec son grunter de comparse sur cette plage enchanteresse, piste que l'on ne quitte qu'avec l'indicible souhait d'y revenir pour humer encore le parfum capiteux qu'elle exhale. D'autre part, délicate et sensuelle ballade, « In My Death I Dream of You » s'offre comme une invitation au voyage aux confins de la voûte céleste comme nous le proposerait classiquement The Flaw. Plus troublante que jamais, la douce et féline empreinte vocale de la maîtresse de cérémonie saura générer la petite larme au coin de l'oeil lorsque le refrain frappera à la porte de notre tympan. Parallèlement, s'embrase peu à peu une instrumentation à la fois mélancolique et luminescente et faisant montre d'une solide cohésion groupale et suivant une ligne mélodique aussi exigeante que séduisante. Enfin, des gammes soyeuses au piano entament en douceur l'atmosphérique « Fallen », low tempo servi par les patines éthérées et lascives de la belle. Tout comme chez Anathema, on évolue dans un univers de nuances mélodiques flirtant avec le monde onirique. Et ce, même si, eu égard à la répétibilité des harmoniques et en l'absence d'une quelconque montée en puissance, la piste certes agréable peine à emballer plus que de raison.

Force est de constater que le premier effort du combo norvégien impose déjà le respect, eu égard à cette faculté d'avoir su combiner une empreinte doom à un champ atmosphérique onirique et à la fine mélodicité, exercice périlleux mais couronné de succès. Outre une production d'ensemble à la logistique encore perfectible, ce méfait n'en demeure pas moins impactant, cet état de fait tenant tant à la qualité des arrangements qu'à celle des séries d'accords savamment échafaudées et distribuées. Ce faisant, on ne saurait faire l'économie des compétences et des talents vocaux du duo mixte, conférant à cette offrande son caractère, son âme, sa magie. Bref, une formation au potentiel déjà affirmé dont cette œuvre en est l'exact reflet, que les amateurs du genre pourraient bien prestement adopter. Un encourageant opus qui, selon votre humble serviteur, en laisse présager beaucoup d'autres...

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