L'histoire de
Dragonheart commence en 1997 dans la ville de Curitiba, au Brésil, alors que se réunissent quelques amis musiciens. Ceux qui composent cette bande, à savoir les frères Caporasso, Marco et Marcello, Eduardo Marques et Mauricio Taborda caressent ce doux rêve que font tous ces ambitieux groupes naissants: devenir professionnels. Pour y parvenir, ils vont se mettre à écrire des chansons nourries de leurs influences et de leurs goûts prononcés pour le Heavy
Metal des années 80, la musique classique, le moyen-âge et l'art celte. Après six mois d'un labeur qu'on peut supposer intense, ils ont 5 morceaux qu'ils vont s'empresser de sortir sous la forme d'une démo,
The Gods of Ice. Un premier pas qui suscite suffisamment d'engouement pour attirer l'attention du label local Megahard Records. Quelques négociations suffiront à ce que les uns et les autres se mettent d'accord. Le contrat est signé en 1999 et, la même année, la formation entre en studio pour travailler sur son premier album,
Underdark, qui sera composé de cinq nouveaux titres et de l'intégralité de ceux de sa démo réenregistrés pour l'occasion. Ce disque sera produit par Murilo Ros et par
Dragonheart lui-même et il sortira début 2000.
Commençons donc par évoquer la production de ce disque qui, si elle n'aura aucun défaut notoire susceptible de nous échauder, aura tout de même beaucoup vieilli et ne répondra plus vraiment au canons d'un genre qui, aujourd'hui, demande davantage de précision, d'ampleur et de grandiloquence.
L'autre souci de ce disque concerne les chants d'Eduardo Marques qui, au niveau de ses aigus, seront souvent à l'extrême limite de cette justesse absolument indispensable.
Pour ce qui est de l'opus en lui-même, étonnamment
Arcadia Gates entame les hostilités sous les augures d'une âpreté à laquelle on ne s'attendait pas du tout pour peu qu'on se soit laissé abuser par l'aspect très heroic-fantasy, et donc
Power Metal Européen, de cet artwork et par le nom de ce groupe brésilien qui évoque davantage ces contes et légendes dont les formations du vieux continent sont alors si friandes (
Rhapsody,
Iron Fire,
Steel Attack...). Avec ces guitares très agressives et les chants rugueux et graves de Mauricio Taborda, venant compléter ceux d'Eduardo Marques, cette chanson nous surprend, en effet, d'emblée.
Une radicalité que, malheureusement on ne retrouvera guère plus ailleurs sur cet opus si ce n'est sur le bien-nommé
Underdark. On pourra le regretter tant cette disposition à l'extrémisme (un penchant peu courant à l'époque soit dit en passant) donne un certain charme à ces morceaux. Et ce même si, bien évidemment, ces deux titres seront alourdis par les mêmes tares et les mêmes défauts que les autres.
Le reste nous offre un
Power Metal européen assez classique, épuré tout de même de ces claviers, dans lequel on pourra entendre des choses pas vraiment innovantes ou renversantes mais plutôt agréables pour peu qu'on parvienne à s'accommoder de ce mixage et de ces vocaux (
Dynasty and
Destiny dans lequel plane l'esprit de
Blind Guardian ou
Night Corsaries hanté par celui de
Running Wild par exemple).
Quelques éléments folkloriques celtiques et médiévaux viendront aussi se greffer à certaines pistes pour, là encore, nous donner le sentiment qu'Hansi Kursch et ses acolytes ne seront pas très loin (la ballade moyenâgeuse Sir Lockdunam par exemple).
Il faudra quand même une certaine indulgence pour ne serait-ce que recommander ce disque souvent bancal. Une indulgence que l'on accordera volontiers à
Dragonheart, mais de peu, eu égard à cette sincérité qui transpire de chacune des notes de ce
Underdark. Attention toutefois car l'indulgence a ses limites...
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