A l'aube de son second opus,
Dragonheart étaient bien décidés à franchir un palier supplémentaire sur le chemin de cette longue et laborieuse ascension vers ces sommets tant convoités. Pour ce faire, il leur restait cependant quelques obstacles, et non des moindres, à surmonter.
En premier lieu, il y avait ce son dont il leur faudrait s'occuper. La production dont était affublé
Underdark était certes honorable mais manquait clairement de ces atouts capables de donner aux travaux de cette formation la capacité de rivaliser avec celles des plus illustres du genre. Elle desservait donc grandement ses desseins ambitieux. Pour résoudre le problème, Marco Caporasso et ses petits camarades allait faire appel aux techniciens du Finnvox Studios d'Helsinki, en Finlande (un studio dont la réputation n'est plus à faire dans les milieux consacrés) afin de mixer les morceaux qu'ils avaient enregistrés aux Clinica Studios de Curitiba, au Brésil. Le problème était donc réglé.
Pour ce qui est du second, à savoir ces voix claires et aigus à la limite souvent de la justesse, celles là même dont Eduardo Marques s'occupait sur
Underdark, attendu qu'il sera toujours encore présent ici et toujours encore en tant que vocaliste, rien n'aura donc véritablement changé sur ce point. Si ce n'est qu'il aura fait quelques progrès significatifs rendant, du coup, ses prestations moins crispantes (parce que moins souvent fausses) mais toujours aussi peu convaincantes (parce que toujours aussi peu singulières). Le problème était donc partiellement réglé.
Fondamentalement l'album est donc techniquement meilleur. Et la sincérité que l'on avait pu entrevoir précédemment, n'est en rien entamée ici. En revanche le
Power Metal européen agrémentés, ça et là, de quelques éléments folkloriques ethniques, de ce quatuor demeurera toujours aussi classique (
Throne of the Alliance,
Ghost of Galleon aux volutes très allemandes (
Running Wild) ou encore, par exemple, Hall of
Dead Knights aux jolis passages acoustiques).
The
Blacksmith,
Mountain of the
Rising Storm, ou
And the
Dark Valley Burns seront, quant à eux, pourvu de voix rugueuses écorchées qui ne seront pas sans nous rappeler celles de Chris Boltendahl et de
Grave Digger (dont les Brésiliens vont reprendre ici même le
Rebellion (The Clans are Marching...) en une version un peu trop poussive et pour laquelle ils auraient mieux fait de s'abstenir).
Mystical
Forest, est LA ballade celtico-folklrico-médiévale. L'exercice est devenu un impératif quasi obligatoire au niveau du
Power Metal épique depuis que
Blind Guardian a démocratisé la chose. Je vais sans doute m'attirer les foudres des partisans de ce genre de démonstration, mais personnellement, j'ai toujours trouvé ça très surfait et pas vraiment indispensable. Du coup, il va sans dire que même si la bande à Hansi Kursch n'a pas réussi à me convaincre du bienfondé de la chose,
Dragonheart n'y parviendra pas davantage.
Il nous faudra aussi parler du concept, un peu nébuleux, de ce disque qui est le premier chapitre d'une trilogie nous narrant l'épopée de deux royaumes détruits (Claymor et Fhalkior) tentant de trouver quelques forces alliées afin de les aider à se battre pour leur reconstruction respective. Quelques mots aussi sur l'artwork de cette œuvre que l'on doit à Andreas Marschall connu pour avoir travaillé, notamment pour
Blind Guardian (
Nightfall in Middle
Earth, Imaginations from the Other Side...),
Hammerfall (
Glory to the
Brave...) ou encore, par exemple, pour
Grave Digger (
Heart of
Darkness...). Un choix donc très cohérent pour
Dragonheart pour qui il fera ici une illustration à la hauteur de son talent et de sa réputation.
Sans nul doute aucun,
Dragonheart aura donc progressé sur de nombreux points rendant le produit bien meilleur. Dommage en revanche que sa musique soit toujours aussi convenue et académique.
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