Turisas 2013

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14/20
Nom du groupe Turisas
Nom de l'album Turisas 2013
Type Album
Date de parution 26 Août 2013
Labels Century Media
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album69

Tracklist

1. For Your Own Good
2. Ten More Miles
3. Piece by Piece
4. Into the Free
5. Run Bhang-Eater, Run!
6. Greek Fire
7. The Days Passed
8. No Good Story Ever Starts with Drinking Tea
9. We Ride Together

Chronique @ The_Black_Doll

12 Septembre 2013

Plus question de Battle Metal...

Nous y sommes enfin, l’arrivée du nouveau cru Turisas, nommé «Turisas2013» (glups... Ce genre de nom me provoque de l’urticaire). Grâce à un «Battle Metal» qui avait chamboulé la scène finlandaise avec, déjà, des morceaux qui s’imposèrent comme des hymnes, les Finlandais ont réussi à se créer un nom sur la scène metal. Puis venait «The Varangian Way» dans la droite lignée de son prédécesseur, plus travaillé, prenant une dimension encore plus épique, chose qui sera renforcée par «Stand Up and Fight» mais avec un peu moins de succès, la faute à des compositions oscillant entre le pas terrible et le très bon.
Concernant ce dernier, nous pouvons bien sûr parler d’album inégal, dont la dose de symphonique est un peu trop forte. Certes le groupe laissait la part belle à un orchestre digne d’un blockbuster hollywoodien, mais n’était pas parvenu à mesurer l’ensemble, donnant ainsi naissance à un album trop inégal.

Et aujourd’hui, les guerriers de Finlande reviennent, avec un line-up ayant sérieusement changé (ce qui ne pourrait pas réellement rassurer à première vue), finies donc les parties de batterie signées Tuomas Lehtonen, la présence de Netta Skog et de son accordéon, les vocaux variés et la basse de Hannes Horma. Nous découvrons désormais, respectivement, Jaakko Jakku aux fûts, Robert Engstrand aux claviers et choeurs (remplaçant l’accordéon) et Jesper Anastasiadis. Toujours accompagné de son confrère violoniste, Olli, le warlord Nygård emmène son bataillon pour une nouvelle aventure... Tumultueuse?

Nous pouvons d’ores et déjà faire un trait sur la pochette, la photo pique les yeux. Ca bave, très méchamment, ça bave comme un goret en rut. Comme un filtre Instagram bidouillé par un de ces pseudos photographes qui se croient dotés d’un talent inouï, alors qu’il ne se rend pas compte qu’il est hautement ridicule avec son Facebook «officiel», ses tarifs minables pour des photos minables, ses montages minables... Bref...
On a même droit à une vue sur la nouvelle tenue de Mathias... Turisas se met au glam cliché? Ou au glam de plâtrier qui a repeint sa bagnole en rouge?

«For Your Own Good» ouvre l’album, la première écoute qui en a été faite auparavant, puisque ce titre était l’un des deux premiers à être présentés sur la toile, n’était guère motivante. Nous découvrons un Turisas qui explore de nouvelles contrées, cherchant à puiser son énergie dans d’autres sources. Cela est-il une bonne chose...?
Soyons bien clairs, l’expérimentation est l’élément primordial dans l’avancée, c’est aussi l’occasion de se renouveler. Certains le font avec une aisance déconcertante, nous offrant de très belles pépites (notez par exemple ici Borknagar à l’univers si étendu, un Finntroll en constante évolution... etc). Certains en abusent franchement trop, pulvérisant leur personnalité (si elle n’est pas sérieusement endommagée) comme Ensiferum a cherché à bidouiller avec «Unsung Heroes» sans grand succès, Elvenking qui sombre dans la guimauve molle et crémeuse, à tel point que ça colle partout...
Avec ce titre, Turisas semble faire partie de la seconde catégorie, l’expérimentation au détriment de la personnalité. Car ici, nous faisons face à un morceau... Popisé... Sérieusement... L’entrée en matière était plutôt plaisante à entendre, avec ces percussions accompagnant un piano au ton grave. Mais lorsque l’ensemble prend forme, on trouve un riffing particulièrement insipide. Turisas n’était pas renommé à la base pour la complexité de ses parties de guitare, mais il y avait quelque chose qui faisait toute la différence. Cet élément c’était la concordance, le riffing prenant avec un reflet épique signé Turisas. Ici, ce n’est qu’une guitare qui joue un semblant de je-ne-sais-quoi sans grand relief, sur fond de basse/batterie à dormir debout (un phrasé peu évolué et précis, ça peut marcher, mais ça peut très vite devenir ronflant).
La composition couplet/refrain n’arrange pas tellement la situation. Ce n’est donc pas avec un morceau comme «For Your Own Good» que Turisas2013 va partir à fond les ballons.

Pourtant le groupe tente de nous faire croire à un faux-semblant de son «Battle Metal» avec «Ten More Miles». Recette réchauffée, à l’époque du duo «Battle Metal»/»The Varangian Way», ce morceau aurait sans doute fait mouche. Mais bien sûr ce n’est absolument pas le cas. Malgré ses choeurs plutôt épiques (mais qui manquent de punch et de profondeur), dont la production ne parvient pas à en tirer une pleine puissance, et cette espèce de volonté de vouloir booster un coup le coeur des vaillants guerriers, qui semblent perdre espoir dès un départ aussi mal amorcé. «Ten More Miles» sonne presque comme un foutage de gueule du genre: "Bon les gars, vous allez voir ça va être épique, genre «Battle Metal»!"
Ouais... Mais non Mathias, arrête donc ton élancée, tu nous réchauffes ça au micro ondes...
C’est mangeable mec! T’aimes ça pourtant!
C’était... Mais cuisiné à la poêle, pas au micro-ondes. Là c’est mou comme de la vieille carne.

Comme quoi, il est possible de resservir une recette ancienne avec un nouveau souffle, exercice que ne parvient pas à réaliser Turisas avec ce titre. C’est un patchwork mal foutu de ce qui a été fait, un peu comme l’album «Koloss» de Meshuggah.
En somme, ce n’est pas non plus dégueulasse au point d’en vomir, mais nous connaissons le plat, on l’a déjà digéré depuis longtemps, passons à autre chose maintenant.

Nous serons par contre surpris par «Greek Fire». Enfin! L’entrée en matière est déroutante mais fort sympathique. Le groupe prend un peu plus de nerfs, se lâche un peu plus. Pas de chance, le soufflé retombe brusquement avec le premier couplet. Le ton est donné, le rythme est sauvagement planté, certes pendant un petit temps, mais c’est déjà trop long. C’est un ensemble batterie/chant/claviers (ce dernier reproduisant un son d’orgue Hammond) qui passe en avant, pour nous servir quelque chose qui n’a pas franchement de consistance, de force, voire même de volonté. Même la reprise de ce riff nerveux ne réussit pas à faire remonter l’ensemble, devenant très vite répétitif, monotone...

Passons sur la tentative faussement dissimulée de ressembler à du Korpiklaani sur «No Good Story Ever Starts With Drinking Tea», avec ce passage (absolument insupportable) où on distingue clairement le refrain de «The March of the Varangian Guard», chanté par des Chipmunks, qu’on a sérieusement envie de déglinguer à grand coups de gros calibre tellement c’est énervant et raisonne comme un sacré foutage de gueule. Faux-semblant de «metal festif» qui a fini par pomper l’air à bien des folk metalleux, voire même des metalheads tout court...

Tout ce foutu temps passé, à passer par des phases pas trop mauvaises, et à monopoliser celles qui sont franchement insipides. Voici finalement «We Ride Together», qui arrive pile poil où l’auditeur est sur le point de balancer son nouvel album de Turisas, en jurant comme un charretier.
Plus rapide, plus audacieux, plus... Turisas? Oui, c’est bien le mot que nous pouvons désormais employer pour qualifier «We Ride Together», c’est bien un morceau de Turisas. Plus dans la lignée de «Stand Up and Fight», avec de légers changements qui font qu’il aurait, malgré ça, dû figurer sur cet album.
On retrouve un souffle épique, un orchestre (plus petit cela-dit) apporte ce timbre nettement plus reconnaissable, plus approprié à la musique du groupe. Le groupe reprend, en partie, l’air que nous pouvions avoir en tête de «Victoriae & Triumphi Dominus».
Voilà ce que Turisas aurait mieux fait de garder, ces guitares punchy, cette batterie précise, rapide et lourde, ce chant varié et entraînant. Ces orchestrations invitant encore plus à se lancer dans la bataille. La production honore, en plus de ça, chacun des instruments, rien ne se perd. C’est du très bon boulot réalisé par le warlord Nygård, et c’est sans doute ce qui «sauve» l’album en terme d’homogénéité.

Par contre, en terme de musique, Turisas s’efface dans un genre de metal «pop» baveux, qui tente vainement, par moments, de reprendre ses acquis. Certes, la démarche de l’expérimentation, l’envie d’aller plus loin et de passer à autre chose, est absolument louable. Ne renions donc pas l’intention d’évoluer, que nous ne pouvons que saluer. Mais cela valait-il la peine de se travestir à ce point? Les morceaux s’enchaînent, mais ne restent pas en tête (sauf «For Your Own Good», qui est bon pour passer à la radio).
De plus, on a l’impression de passer du coq à l’âne, chaque titre se suivant sans grande cohérence. C’est globalement monotone, on s’ennuie. Le groupe tourne rapidement en rond et n’a gardé qu’un seul morceau réellement plaisant, pour la fin...
Turisas dérape, et n’arrive pas à se remettre en place. La changement musical est si radical qu’il en est déplaisant...

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COF42 - 17 Septembre 2013: Eh ben moi je le défends cet album ! Non, ce n'est plus le Turisas des premiers albums. Cet album sortie sous un autre nom aurait-il autant été décrié ? Pas sûr. Moi je le trouve agréable à écouter. Effectivement, la première écoute laisse septique mais au fil des écoutes, je le trouve vraiment pas mal. Le seul regret est la guitare trop distante et donc pas assez tranchante.
cotok - 30 Septembre 2013: Ouaip ! Pas vraiment facile de se faire une idée , je viens de lire sur un autre site une critique "dithyrambique", de celle qui vous donne une grosse envie d'écouter vite le "sujet". L'écoute de cet album semble avoir mis de TRES bonne humeur le chroniqueur.
D'un coté très bon , de l'autre très mauvais (ou presque , en tous cas décevant)? Bon , si j'fais la moyenne ... il a la moyenne.
backtothe80s - 26 Octobre 2014: Cet album reste tout de même du Turisas même si le sujet diverge, l'écoute est plaisante, certe fini le "Battle Metal", mais je pense et je l'espère nous aurons une belle surprise au prochain opus du groupe.Merci à Turisas et longue vie à ce groupe et quand on comprend l'anglais comme une vache espagnol on est moins à cheval sur les paroles et le thème d'un album, pour ma part c'est un tout, si les paroles accrochent avec la musique, qu'il y a de bonne intro, de bon solo, des retournements de situation dans les compos, je suis heureux. A bonne entendeur, salut !
Skalyto - 03 Fevrier 2017: Et dans ta chro tu ne parles pas de "The Days Passed" qui est une grosse expérimentation avec ses synthés à la 80's. Pour moi je ne retiens que le refrain de bon
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