Time I

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Nom du groupe Wintersun
Nom de l'album Time I
Type Album
Date de parution 22 Octobre 2012
Labels Nuclear Blast
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album250

Tracklist

DISC 1
1. When Time Fades Away
2. Sons of Winter and Stars
a/ Rain of Stars
b/ Surrounded by Darkness
c/ Journey Inside a Dream
d/ Sons of Winter and Stars
3. Land of Snow and Sorrow
4. Darkness and Frost
5. Time
DISC 2 - LIVE AT REHEARSAL PLACE (HELSINKY)
1. When Time Fades Away
2. Sons of Winter and Stars
3. Land of Snow and Sorrow
4. Darkness and Frost
5. Time
6. Licks & Tricks of Time I (with Each Band Member)
7. Track by Track Interview

Chronique @ Sken

07 Novembre 2012

Wintersun outrepasse les étiquettes pour s'affirmer [...] dans un style qui lui est propre.

L'attente. Un sentiment d'impatience et de désir mêlé. De l'impatience, oui, de l'exaspération même chez certains. Voilà les sentiments qu'a produit pendant longtemps cet album au sein de la communauté métal, au-delà des fans du groupe eux-mêmes. Bien évidemment, ce long délai entre deux albums n'est pas une première, loin de là. De nombreux groupes se sont ainsi fait désirer pendant longtemps. Mais il faut avouer qu'à force d'annoncer, puis de repousser ce "Time", il avait fini par devenir l'arlésienne la plus fameuse du métal de ces dernières années.

Pas un album, mais finalement deux. C'est en effet "Time I", première partie de ce projet imposant de Jari Maenpaa (si imposant qu'il a fini par le dépasser lui-même) qui, enfin, arrive en cet automne 2012. Cinq titres, en attendant "Time II" l'an prochain. L'artwork, dévoilé depuis quelques temps déjà, est franchement réussi. Réalisé par Cameron Gray (à créditer notemment de celui du dernier Born Of Osiris, très similaire dans ses couleurs), il reste dans l'esprit du groupe avec ses tons froids, se démarquant tout de même par ce titre calligraphié de manière asiatique.

L'Asie, l'extrême orient, il en sera question dans cet album. Jari n'en avait pas fait mystère, ce "Time I" possède des influences japonisantes, ce que les illustrations du livret ne manquent pas de nous rappeler. Reste à savoir comment elles s'intégreront à la musique du combo finnois. C'est donc aussi curieux qu'impatient que je débute l'écoute de ce disque.

Le voyage commence par l'instrumental "When Time Fades Away" et les influences précitées se font immédiatement sentir. On est embarqués tout en douceur dans des contrées lointaines par ces mélodies subtiles et envoûtantes. Le morceau avance crescendo,parfois acoustique et porté par des orchestrations magnifiques (ces orchestrations, ainsi que les synthés ont été programmés par Jari et elles lui ont d'ailleurs donné du fil à retordre). Il s'envole ensuite, prenant des accents épiques avant d'opérer une transition parfaite avec le morceau suivant.

Ce qui frappe avant tout à l'écoute de cet album, c'est la volonté du groupe de réaliser un opus particulièrement épique et majestueux. Pour cela, les finlandais bénéficient d'abord d'une production infaillible. Le son est clair mais surtout particulièrement puissant, renforcant ce souffle épique inhérent aux compositions. "Rain Of Stars" en est le parfait exemple, la batterie est claire et tranchante, les choeurs sur le refrain ainsi que la présence d'un chant lyrique féminin, donnant la réplique à Jari, font friser le morceau avec du métal symphonique.

Ces choeurs se feront majestueux sur "Sons Of Winter And Stars", véritable hymne guerrier, mettant à contribution pas moins de huit personnes pour un résultat exceptionnel. Ce refrain aux accents épiques mémorables hantera l'auditeur pendant longtemps. Le travail sur les vocaux est vraiment digne d'étre souligné. Le disque affiche en effet une variété impressionante. Jari, comme à son habitude, alterne growl et chant clair, mais il propose également des parties narrées, le tout entremêlé de manière très efficace. Si on ajoute à cela les choeurs, le chant lyrique évoqué plus haut, mais aussi des growls additionnels, notamment ceux de Jukka, vous aurez une idée de l'impression rendue.

L'un des (nombreux) points forts du premier Wintersun était sa richesse exceptionnelle, lui offrant une durée de vie quasi-illimitée. On avait l'impression de ne jamais écouter deux fois le même album. Bien qu'au premier abord ce "Time I" semble moins fouillé musicalement, après de nombreuses écoutes, la lassitude n'est pas au rendez-vous et l'on en est agréablement surpris. On découvre sans cesse, au-delà des refrains imparables et des mélodies qui restent dans la tête, des subtilités nouvelles.

Evidemment, Jari n'a rien perdu de son talent et la beauté des mélodies est toujours au rendez-vous. Il n'y a qu'a écouter "Land Of Snow And Sorrow" (qui pourrait en remontrer à la superbe "Death And The Healing") pour s'en convaincre ou bien le refrain mémorable de "Time", si puissant et mélancolique à la fois qu'il nous arracherait presque une larme.

Alors oui, sur ce disque, Wintersun change sa recette. La balance growl/chant clair penche assez nettement en faveur du second et certains fans en seront déroutés. Ils pourront même reprocher à Jari d'avoir poussé trop loin l'aspect "orchestral", au détriment des ambiances intimistes du premier opus. On ne retrouvera en effet que rarement des morceaux tels "Winter Madness", l'ambiance du premier album ne se reflétant que sur "Surrounded By Darkness" et encore, par intermittence.
Je dirai quant à moi que les finlandais n'ont pas commis l'erreur de vouloir faire un "Wintersun II" (que les fans auraient surement voulu ). Ils se sont renouvelés avec brio, tout en conservant cette identité reconnaissable à la première note.

Voilà donc ce que je pouvais dire de ce "Time I". Wintersun et son maître à penser Jari Maenpaa viennent de nous livrer la première partie d'un probable futur chef d'oeuvre.
Mélodique, épique, voire symphonique, ce "Time I" est surtout grandiose. Wintersun outrepasse les étiquettes pour s'affirmer plus que jamais dans un style qui lui est propre. Je placerai néanmoins ce disque un cran en-dessous de son prédécesseur, ne serait-ce que pour sa durée limitée. Mais n'oublions pas que pour juger pleinement de sa valeur, il nous faudra attendre l'autre moitié de ce projet ambitieux, célébrant la beauté de la musique avant toute chose.

"We are the sons of winter and stars
We've come from a far beyond time
Forever the fire burns in our hearts
Our world shall never die"

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Khyria - 27 Novembre 2012: Pour répondre à certains sur les "groupes commerciaux", des groupes comme Monnsorrow, Ensiferum, Korpiklaani sont là aujourd'hui pour se faire plaisir ET gagner de l'argent, vu leur notoriété. D'autres groupes comme Nydvind, Myrkgrav, Sorgsvart existent surtout grâce à leur passion pour la musique. Mais ces deux catégories sont liées, bien évidemment, puisqu'il suffit de beaucoup vendre pour voir se profiler l'aspect "rémunération" et "vivre de sa musique". Wintersun fait évidemment partie de la première catégorie.

Ceci n'enlève rien à la qualité de cet album, que j'ai personnellement adoré (bien que très très court, notamment quand on contient des musiques de plus de 10 minutes).
Purgatorium - 08 Mai 2014: tu juge pas un album pour le nombre de temps que tu la attendu, meme si tu la attendu 25 ans il ne devra pas etre 10x meilleur, et moi jaime la musique pour ce quelle est, pas pour ce que les membres du band sont ou font! (ha blablabla mais il a dit ça et ça, il a menti et il a fait ça) lol écouter le l'album et fermer votre gueule, les musicien ne sont pas dieu.
David_Bordg - 17 Décembre 2014: les deux wintersun sont des chef d œuvres, c est une certitude! ainsi que le premier ensiferum
TheCursed - 26 Décembre 2014: Album TRÈS ordinaire vue tout l'engouement qu'il a généré et le temps d'attente ET les nombreux 'set backs'.. Je m'attendais à beaucoup plus de jari.. Bref attendons Time 2 qui devrait parraitre d'ici 2045 lol
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Chronique @ Eternalis

27 Novembre 2012

"Time I" est un grand melting pot de tout ce qui se fait aujourd’hui [...]

La fameuse arlésienne. Cette quête indéfinie ne semblant jamais prendre fin. Cette création qui ne parait jamais vouloir prendre vie, maintes fois repoussée et dont on en vient à douter de la possibilité d’exister.
Ce fut l’histoire du temps, de "Time I", qui mit près de huit ans à voir la lumière du jour. Huit ans durant lesquels énormément de choses se sont passées, huit ans où le metal a évolué, où la musique a muté et où les prouesses techniques et musicales se sont multipliées. Huit ans où, pour Wintersun, le temps s’est arrêté.

La déferlante qui accompagna le premier opus éponyme du groupe de Jari Mäenpää, transfuge d’Ensiferum, fut telle que les esprits clairvoyants apercevaient déjà en Wintersun le prochain grand groupe d’avenir, celui qui ferait les modes et dont les groupes s’inspireraient. Malheureusement, il n’en fut rien et ce premier album resta orphelin de longues années, le fameux "Time" étant à chaque fois repoussé, tant et si bien que certains en furent même à penser si l’album existait bien quelque part. Soucis techniques, construction d’un studio plus performant, ambition démesurée que Jari lui-même n’arrivait pas à canaliser, pertes de données…toutes les excuses furent bonnes pour, années après années, frustrer les fans en annonçant une éternelle date ultérieure.
Alors que plus personnes n’y croyait vraiment, "Time I" est finalement sorti, avec un artwork différent de celui que l’on connaissait (et moins réussi, car plus proche de ce que l’on peut voir partout ailleurs, alors que la féérie de cet arbre de vie symbolique était très forte) et divisé en deux albums car Jari s’annonçait trop exténué pour continuer l’enregistrement de l’album. L’homme aurait-il vu plus gros que le ventre ? Pourquoi ne pas engager d’individus extérieurs dans ce cas ? C’est à ce moment que l’on aurait pu douter de l’objectivité du musicien sur son propre travail, lui qui déclarait que la scission avec le passé était très forte et qu’il n’écoutait désormais presque plus de metal, préférant se laisser aller à la contemplation de bandes originales de films.

Autant dire que "When Time Fades Away" met particulièrement dans cette ambiance, avec un long instrumental de quatre minutes, très inspiré par la culture nippone et proche de ce que Hans Zimmer a pu offrir sur la BO de "The Last Samurai" dans les atmosphères. Inutile de penser à un projet comme Kadenzza, le rendu sonore est complètement différent, tant cette introduction se veut onirique et magnifique, notamment sur l’explosion finale, où le metal apparait comme définitivement loin. "Beyond the Dark Sun" est à des années-lumières... les influences d’Ensiferum, Children of Bodom ou Finntroll également. Lorsque Sons of Winter and Stars arrive, c’est pour lancer un énorme pavé de treize minutes, multipliant les influences et les atmosphères, tant la composition pourrait même donner l’impression de se perdre elle-même dans sa complexité, l’ensemble s’enchainant sans soucis de cohérence (on peut discerner au moins trois titres distincts dans cet ensemble). Néanmoins, il faut avouer que techniquement, et artistiquement, la composition est un morceau de bravoure. Les riffs, véloces et tranchants, se cachent derrière un amas d’orchestrations et de chœurs qui explosent littéralement à la figure de l’auditeur. On comprend mieux pourquoi Jari tenait tellement à prendre son temps tant il y a de pistes différentes sur ce titre, sans oublier les nombreux soli et les parties de blast beat qui ne font que renforcer le caractère mouvant et vivant de la musique. Jari s’essaie à un chant beaucoup plus clair et audible, reléguant le caractère black de son timbre à une articulation plus prononcée, et de nombreux passages clairs qui ne sont pas sans rappelés la dualité et la complexité d’un certain Devin Townsend. Difficile de faire le tour, avec des mots, de "Sons of Winter and Stars" tellement elle est changeante, passant de passages progressifs à des ouvertures clairement folkloriques et guerrières ou encore des instants plus poétiques mis en exergue par les chœurs et les mélodies acoustiques (le travail réalisé à ce niveau est très dense).

Néanmoins, si l’on devait également pointer du doigt un élément de cet ensemble, ce serait bien la qualité de la production. Savoir que Jari a travaillé huit ans pour un tel résultat, qu’il a construit un studio et embauché plusieurs dizaines de personnes pour les chœurs...
"Time" aurait été proposé deux ans après "Wintersun", il aurait probablement été accueilli comme le messie, un album plein de promesses et repoussant les limites. Mais en 2012, alors que Nightwish, Septic Flesh, Fleshgod Apocalypse ou Dimmu Borgir ont été tellement loin dans l’utilisation d’un orchestre symphonique et dans son intégration dans une musique metal, ce "Time I" parait aujourd’hui bien fade et creux. Le son manque incroyablement de densité, les orchestrations ne parviennent pas à masquer leur caractère uniforme et synthétique (c’est assez flagrant sur les passages intenses, avec beaucoup de cuivres ou de percussions) et ne sonnent à aucun moment « gros » comme peuvent l’être les claques monumentales perpétués par un "The Great Mass", "Imaginaerum" ou "Abrahadabra" (dans leur genre respectif). La forme ne parvient pas à suppléer le fond, la musique en devenait presque désuète car si le temps s’est arrêté pour Wintersun, les auditeurs, eux, ont bien écouté l’évolution incroyable qui s’est opérée en huit ans sur le metal symphonique.

On pourrait également reprocher à cet album de vouloir puiser de la force un peu partout ailleurs, sans se créer de réelle personnalité. "Time I" est un grand melting pot de tout ce qui se fait aujourd’hui mais, encore une fois, Wintersun ne propose pas un album qui lui confère un son unique, une mélodie ou un riff où on se dirait instantanément « Ça, c’est Wintersun ». "Land of Snow and Sorrow", avec son émotion débordante et sa vision bien plus mélancolique, se veut toutefois plus réussi car poignant mais on regrettera ce manque d’authenticité dans la production, empêchant d’être complètement embarqué dans l’aventure. Les chœurs sont très réussis, mais le clavier est tellement too much qu’un malaise se créé inéluctablement, comme celui d’avoir été trahi sur la marchandise. Ce sentiment atteint son summum sur "Time", étrangement moins bien mixé que les autres (on croirait qu’il a été à peine masterisé, c’est étonnant sur le premier hurlement de Jari, tant le son de caisse claire de Kai Hahto est creux). Le clavier est plus synthétique que jamais, les guitares sont complètement en retrait et on remarque véritablement à ce moment-là que l’effort a tellement été mis sur les orchestrations, que Jari et Teemu ne livrent pas de grande partie de guitares, restant très linéaires pendant quarante minutes, presque étouffés par le reste de la musique.

Certes, il est indéniable qu’un grand travail a été effectué, que cela a été épuisant pour Jari et Wintersun mais on ne peut ressortir que frustré d’un telle écoute, à la production plus que passable vis-à-vis des sorties du genre, et à la personnalité bancale empilant plutôt les influences que les créant. Trop ambitieux, ou pas encore assez mûr, "Time I" est comme un grand coup d’épée dans l’eau. Il est évident qu’il possède de grandes qualités, mais également trop de lacunes pour qu’on puisse le porter à ce point au pinacle et le nommer comme l’un des albums de l’année (sacre qui lui était pourtant prédestiné). Espérons que le groupe corrigera le tir sur la seconde partie, dont on ne connait toujours pas la date prévisionnelle de sortie. Wintersun est capable de bien mieux, de beaucoup plus grand. Qu’ils en prennent conscience et, peut-être, arrivent à avoir un peu de recul sur leur œuvre pour en tirer la quintessence sans se perdre dans ses propres méandres. Réponse bientôt.

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BadaOfBodom - 29 Novembre 2012: Sacré Yann... ^^
Selfdestruction - 03 Décembre 2012: Salut. Mon avis est aussi à mi-chemin entre les deux chroniques. Si je ne m'abuse, Time a été pensé comme un seul album et c'est plus Nuclear Blast qui a décidé de le scinder en deux non? Enfin je peux me tromper.

Toujours est-il que c'est vrai que l'album manque de riffs incisifs, une production gentillette sur les guitares (qui sont d'ailleurs pas assez présentes) et tout cela pour un fan de Metal ça peut être plutôt dérangeant.

Par contre, les orchestrations et les longues plages progressives..tout cela est très réussi. Je pense qu'un fan de rock progressif risque d'être aux anges mais beaucoup moins un fan de Wintersun.

Reste que c'est un sacré bon album et je suis impatient d'écouter la deuxième partie.
Molick - 04 Mars 2014: N'étant pas un grand fan du premier Wintersun, j'ai beaucoup apprécié celui-là.

Concernant le son et la prod, j'en suis satisfait. Comme expliqué plus haut, le son massif avec méga orchestre, guitares incisives commence à me lourder sérieusement. C'était bien au début parce que ça apportait du nouveau, mais maintenant les groupes utilisent ça pour cacher une pauvresse musicale en en mettant plein la gueule (syndrôme Avatar).

Ici la production est claire, et plus "prog" que "heavy" (je parle de la prod hein). De plus, même avec le son synthétique je trouve les arrangements très bien exécutés.

Niveau ambiance on est clairement dans la BO de film atmosphérique, et pas du tout épique.
Comparer la prod de cet album à celle de Dimmu (stéréotypée au possible) à Fleshgod (que je trouve bordélique et compressée à l'extrême caricaturale) ou Septic Flesh (là rien à dire ^^), n'a aucun sens. C'est comme comparer la prod de Beyond Creation ou Obscura à celle d'Incantation ou Entombed. C'est du death, mais dont le ressenti et l'intention ne sont pas du tout les mêmes. Idem ici, tu compares des groupes de métal sympho qui n'ont pas du tout la même intention.

Après l'album n'est pas parfait loin de là. Certains passages sont vite redondants, les guitares saturées sont des fois de trop car trop fades... Mais il reste malgré tout de très bonne qualité, le travail effectué dessus est impressionnant (et assumé pour la prod), la qualité d'interprétation est là, la musique est très variée.
Darknesser - 30 Avril 2014: Non.
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