Et voilà le deuxième opus de l'un des groupes les plus bizarres du moment. Cet album est cette fois çi totalement dirigé par Chris Antoniou, Spiros ayant décidé de quitter le navire. On n'a plus affaire à une oeuvre narrative comme l'était l'album
Chaostar, mais le mélange de musique spatiale et gothique (pas au sens d'aujourd'hui) reste grosso modo le même (l'album
The Scarlet Queen mettra pour sa part totalement de côté le côté spatial).
L'album commençe avec une intro monumentale, menée aux cuivres, aux violons et aux choeurs, style qui semble être devenu la marque de fabrique de Chris Antoniou (puisqu'on en retrouvera une du même acabit sur le petit dernier de septic flesh). L'ambiance est posée avec un grand talent à travers les deux bonnes minutes de la compo. Suit Day of
Anger, qui s'ouvre à nouveau sur un choeur, mais change immédiatement de ligne de conduite, oubliant la pompe du premier morceau pour prodiguer une musique teintée de sonorités et percussions proches de l'indus. Le titre serait simple s'il n'y avait le chant. débutée par une voix mâle douce, la chanson laisse soudain la plaçe à la voix enchanteresse d'une Nathalie Rassoulis au chant atypique, très loin des vocaux d'opéra que l'intro prédisait. Puis, brusquement, le chant disparaît pour laisser plaçe à ces hurlements chuchotés si étranges déjà entendus sur l'opus précédents. mais on à à peine le temps de comprendre ce qui s'est passé que la voix de Chris est de retour, rapidement éclipsée par Nathalie, qui elle même n'a pas le temps de s'imposer rapidement avant que s'y mêle une voix électronique bidouillée vraiment étonnante. Le titre est déroutant mais très bien fait. On lui reprochera cependant sa durée: 2'52 de musique aussi travaillée, c'est franchement trop court!
Surtout qu'arrive Lamentation. Le titre est beau, certes, mais après la claque qu'ont collé les deux premiers morceaux, le tout semble un peu fade, manque du trait de folie qui faisait vivre day of anger. Le titre reste très agréable cependant, animé de chants en choeurs très réussis.
Suit Canticles, un titre lui aussi moins fou que Day Of
Anger, mais qui s'avère plus efficace que Lamentation, car moins directement clasique. Il commence doucement, sur des choeurs accompagnés de sonorités spatio-indus. puis, sans qu'on s'y attende le moins du monde, surgisent quelques lignes saccadées de violons, qui se taisent aussitôt, pour meiux ressortir quelques mesures plus tard. Et le titre commençe enfin. La deuxième partie de la chanson est un dialogue entre les voix de Nathalie et de Chris, porté par une musique minimaliste faite de quelques sons simples saupoudrés par ci par là et accompagnés de violons doux. C'est très facile à écouter, et pourtant c'est bon, très bon, puisque l'oreille de l'auditeur est happé par la mélodie simple et pourtant géniale. L'évolution du titre surprend malgré son apparente linéarité, ce qui en fait tout l'intérêt.
Suit let them free. Le titre commençe sur une sorte de petite ronde simple doublée de vocalises franchement opéra qui m'ont un peu gonflé au premier abord. Seulement, le titre évolue, ne se borne pas à faire une petite pièce amusante. Puisqu'en plein milieu de la pièce surgissent des violons dissonants complètement fous et une toute petite voix qui préfigure une partie des vocalises enfantines de sapfo Stavridou et des expérimentations de Chris sur l'opus suivant. Le titre est donc peu à peu déstructuré pour mon plus grand plaisir après deux mintues, pour devenir une pièce décalée et étonnante.
Vient ensuite
Miasma. Le morceau començe bien avec des violons stridulents et des voix planantes créant une atmosphère planante et noire. Puis il change pour reprendre une structure proche de celle développée sur la deuxième partie de canticles. Agréable mais pas trenscendant.
Mais que voilà donc? Whose
God est le titre le plus dingue du CD, et par là le plus génial de la production de
Chaostar toute entière. L'instrumentation part dans tous les sens, ça gicle de pulsations intermittentes d'instruments dissonants, de voix lointaines et chevrotantes, de choeurs entrecoupés, de chant puissant, et... C'est trop fou pour être décrit. Non content d'être expérimental comme pas deux, le titre s'offre en plus le luxe d'être admirablement structuré dans son chaos ambiant. Une perle de musique contemporaine déjantée.
Les deux titres suivants sont plus classiques, mais toujours assez fous. Très bons, ils procurent la continuité de whose
God en moins impressionant quand même.
Et enfin, l'album se clôt par mantis. Un titre de gothic metal (pas du gothique dont je parlais plus haut) qui est un choix un peu étrange. certes,
Chaostar fait dans l'inattendu, mais je trouve franchement que Mantis est une erreur de parcous, que ce titre n'a rien à faire sur la galette, ni même dans la discographie. pas qu'il soit mauvais, mais il n'a strictement rien à voir avec ce qu'a fait
Chaostar au cours de sa carrière. A éviter, donc, ou à écouter en dehors du CD.
En bref, l'album est dans la même veine que son prédécesseur (même s'il n'y a plus de chant masculin à tendance death puisque Spiros ne participe plus) mais cependant un peu moins bon, car manquant un peu de cohérence. De plus, la suprématie écrasante du titre Whose god à tendance à occulter les autres compositions, pourtant de qualité. Mais cela reste une très bonne galette digne du talent de Chris Antoniou.
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