The Reins of Life

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16/20
Nom du groupe Degrees Of Truth
Nom de l'album The Reins of Life
Type Album
Date de parution 17 Octobre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Pattern
 01:00
2.
 Finite Infinite
Ecouter05:27
3.
 The Reins of Life
Ecouter11:01
4.
 Evolution
 05:42
5.
 Civilization
Ecouter04:37
6.
 Subtle Borderline
 04:07
7.
 The World Beneath My Feet
Ecouter05:59
8.
 Fine Art of Havoc
 05:58
9.
 The Grim Lesson (Evolution Demise)
 03:20
10.
 Deep Six
 06:03
11.
 Pillar of Hope
 10:32

Durée totale : 01:03:46

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Degrees Of Truth



Chronique @ ericb4

19 Mai 2020

C'est avec les honneurs que le combo italien nous ouvre les portes de son royaume...

Nouvel entrant dans le paysage metal symphonique à chant féminin, ce ixième groupe du genre aurait-il dores et déjà les armes requises pour guerroyer sereinement et ne pas finir par embrasser le funeste destin de nombre de ses pairs ? Conscient des enjeux et des risques courus à trop vouloir brûler les étapes, c'est avec prudence mais non sans détermination que se lance ce jeune quintet italien créé en 2014 à Varèse, en Lombardie, sous l'impulsion du claviériste Gianluca Parnisari. Dans cet ambitieux projet, ont été conjugués les talents de la frontwoman aux chatoyantes inflexions Claudia Nora Pezzotta, du guitariste Graziano Franchetti, du bassiste Matteo Clark et du batteur Luca Ravezzani. De cette fraîche mais étroite collaboration naît deux ans plus tard un premier et vibrant single intitulé « The World Beneath My Feet », suivi, dans la foulée, de leur introductif et présent album full length « The Reins of Life » ; une galette généreuse de ses 63 minutes, signée chez le puissant label italien Underground Symphony, car ayant foi au potentiel du groupe et séduit par le set de compositions concocté par la formation lombarde.

Le collectif transalpin nous plonge au cœur d'un environnement rock'n'metal mélodico-symphonique classique, un brin opératique, et progressif, dans la lignée de Delain, Xandria, Nightwish, Dark Sarah, Amberian Dawn, et consorts. Dans ce dessein, afin de renforcer l'assise symphonique de la rondelle, la troupe a sollicité l'apport de musiciens et vocalistes aguerris, à savoir : Omar Ruggiero (ex-Any Face) aux growls, Daniela Luzzaro aux choeurs, Carlo Colombara à la guitare acoustique et Michael Bertona à la basse. Produites par Gianluca Parnisari et mastérisées par Diego Cattaneo, les 11 pistes du méfait ont bénéficié d'une production d'ensemble de bon aloi, dont un mixage bien équilibré et une qualité d'enregistrement que pourraient leur envier leur homologues, signés Oscar Mapelli. Comme pour mettre les petits plats dans les grands, l'artwork d'inspiration futuriste de la pochette relève de la patte du guitariste/vocaliste brésilien Gustavo Sazes (Stormfall, ex-Coldblood), connu pour avoir réalisé l'une ou l'autre de celles d'Angra, Arch Enemy, Elysion, Firewind, Hydria, Kamelot, Serenity, Sirenia, Temperance, parmi tant d'autres.

Au regard de ses passages les plus incisifs, tout en témoignant d'un potentiel technique de bonne facture, le combo ne tardera pas à révéler de séduisants atours, trouvant dès lors les clés pour aspirer le pavillon sans avoir à forcer le trait. Ainsi, à la brève, cinématique et dispensable entame instrumentale « Pattern », par un délicat fondu enchaîné, lui succède le tempétueux et ''delainien'' « Finite Infinite » ; sculpturale et pimpante offrande symphonico-opératique aux riffs épais, aux arrangements ''nightwishiens'', laissant entrevoir de fins arpèges au piano, livrant un refrain catchy mis en habits de lumière par les saisissantes envolées lyriques de la sirène. Dans cette dynamique, on ne résistera que malaisément à la vague de submersion qui va s'abattre sur nous à l'aune du single « The World Beneath My Feet », tonique et rayonnant effort rock'n'metal symphonique, dans la lignée coalisée de Sirenia et Delain. Distillant un léger tapping, ne ralentissant sa course qu'en de rares instants, et glissant le long d'une enchanteresse rivière mélodique, la tubesque plage ne se quittera qu'à regrets.

Quand le convoi orchestral ralentit un tantinet sa cadence, si l'exercice demeure parfois convenu, le spectacle proposé ne s'avère guère moins immersif. Ce qu'atteste, d'une part, le ''xandrien'' mid tempo syncopé « Evolution », troublant effort au fin legato à la lead guitare, voguant sur un sillon mélodique des plus avenants et mis en exergue par les puissantes impulsions de la belle. A la confluence de Delain et Amberian Dawn (seconde mouture), l'entraînant et violoneux mid/up tempo « Civilization », pour sa part, retiendra davantage l'attention pour son grisant refrain et ses enchaînements intra piste ultra sécurisés qu'au regard de ses couplets un brin linéaires et ses ponts technicistes qui ne s'imposaient pas. Enfin, un poil plus en retenue, « The Grim Lesson (Evolution Demise) » se pose tel un frissonnant et opératique mid tempo aux faux airs d'une ''evanescente'' ballade, laissant vagabonder de délicates gammes au piano. Recelant une inattendue montée en régime du corps percussif et enjolivée par les fines modulations de la princesse, alors secondée par les claires impulsions de Daniela Luzzaro aux choeurs, la fringante et altière ritournelle aura raison des plus tenaces des résistances à son assimilation.

Lorsque nos acolytes nous octroient d'amples pièces en actes d'obédience metal symphonique progressif, c'est avec brio que l'exercice de style se voit exécuté. Ainsi, les quelque 11 minutes dont nous abreuve l'épique, romanesque et complexe « The Reins of Life » abondent en coups de théâtre, offrant une atmosphère plurielle et essaimant moult variations rythmiques sur notre parcours. Dans ce champ de turbulences, à mi-chemin entre Dark Sarah et Nightwish, se meuvent les gracieuses et limpides volutes de la déesse doublées d'ondoyants gimmicks guitaristiques, et en dépit de l'étirement de la fresque, l'attention rarement ne s'affadit. Dans une atmosphère plus feutrée, le luxuriant, précieux et seyant low/mid tempo « Pillar of Hope », lui, déroule les 10:32 minutes de son enveloppant et satiné message musical. Au cœur de cette mer limpide à la profonde agitation intérieure, évoluent les magnétiques patines de la maîtresse de cérémonie, cette dernière élargissant alors d'un octave son spectre vocal. En outre, une symbiose orchestrale s'observe entre un fin picking à la guitare acoustique, les élégantes rampes au maître instrument à touches et les soubresauts de la section rythmique, l'ensemble ainsi harmonisé nous intimant de poursuivre notre chemin jusqu'à son terme.

Dans une même visée progressive, tout en développant un propos moins opulent, nos compères ont veillé à panacher leur offre, et ce, de trois manières différentes. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Subtle Borderline », grisant instrumental d'inspiration symphonico-cinématique et folk témoignant d'une belle gradation de la section rythmique, au carrefour de Therion et Nightwish, premières périodes. Calé sur d'ondulantes nappes synthétiques, le corps orchestral ouvre peu à peu ses ailes, à commencer par une flûte gracile, suivi de ses percussions, qui peu ou prou s'épaississent et accélèrent le mouvement, et de ses cordes, la pièce finissant alors crescendo sur un soufflant solo de guitare. Par ailleurs, dans une perspective metal symphonique classique, si le ''nightwishien'' « Deep Six » s'avère être un modèle de progressivité, ses harmoniques, en revanche, tendent à l'uniformité, au risque d'affecter la concentration du chaland, in fine. Dans un climat dark gothique aux relents symphoniques, le glaçant polyrythmique « Fine Art of Havoc », quant à lui, nous livre de soudaines et sidérantes montées en puissance du dispositif instrumental. Au cœur de la tourmente se meut un duo mixte en voix de contraste bien habité, susceptible de laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires, les fluides inflexions de la belle n'ayant de cesse de faire front aux growls abyssaux et néanmoins saillants d'Omar Ruggiero. Peut-être bien l'une des pépites de l'opus.

Au terme de notre traversée, un agréable sentiment de plénitude nous gagne, la pléthorique, pimpante et complexe galette s'avérant chargée en émotions et témoignant de l'inspiration féconde de ses auteurs. A la fois frondeur, charismatique, enivrant, et explorant une large palette d'exercices de style, l'orgiaque méfait se double d'une ingénierie du son plutôt soignée et d'une heureuse fusion de talents. Certes, le propos demeure classique, dans le strict respect des critères du genre, les prises de risques sont aux abonnés absents, et l'une ou l'autre longueur et/ou linéarité mélodique imprègne parfois le message musical, le rendant par là même moins impactant qu'espéré. Mais nos valeureux gladiateurs ont bien le temps d'affiner le trait et de revenir plus conquérants encore dans la bataille. En dépit des carences relevées, le collectif réussit néanmoins à nous retenir plus que de raison, et ce, sur la majeure partie de son œuvre. Aussi, c'est avec les honneurs que le combo italien nous ouvre les portes de son royaume...

Note : 15,5/20

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