The Evolution of Chaos

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Nom du groupe Heathen (USA)
Nom de l'album The Evolution of Chaos
Type Album
Date de parution 23 Décembre 2009
Style MusicalThrash Bay Area
Membres possèdant cet album167

Tracklist

1. Intro 01:21
2. Dying Season 05:41
3. Control by Chaos 07:09
4. No Stone Unturned 11:10
5. Arrows of Agony 06:40
6. Fade Away 05:45
7. A Hero's Welcome 06:52
8. Undone 06:42
9. Bloodkult 04:31
10. Red Tears of Disgrace 05:52
11. Silent Nothingness 06:51
Total playing time 1:08:34

Chronique @ da_sway

23 Fevrier 2010

Abouti à tout point de vue

Voilà depuis 1991 qu'Heathen n'avait pas réalisé un réel album, la faute à de nombreuses circonstances, dont une tragique en la mort du bassiste Randy Laire et sa copine lors d'un accident de voiture (Rest in peace...), mais aussi à un éclatement progressif du groupe via l'intérêt des membres pour des projets respectifs avec par exemple le départ de Jason Viebrooks pour rejoindre Dave Lombardo dans son ambitieux groupe Grip Inc. Tout cela relaya le groupe au second plan, qui ne dut son salut qu'aux malheurs de santé de Chuck Billy, exhortant le groupe à se reformer pour participer au Thrash Of The Titans pour récolter des fonds afin d'assurer le traitement du cancer du leader de Testament.

Le changement crucial, et pas des moindres, apparut toutefois plus tard en 2005 et constitue la source principale des modifications notables qu'on peut entendre sur "The Evolution of Chaos". En effet, Lee Altus, le guitariste né en Russie et à l'origine de la formation californienne avec le batteur Carl Sacco en 1984, vint à rejoindre un autre groupe incontournable de la scène Thrash Bay Area: Exodus.

Nul doute qu'à l'écoute des "Shovel Headed Kill Machine" ou autre "The Atrocity Exhibition...Exhibit A" sortis à partir de cette période, les riffs que ramèneraient Altus dans ses bagages pour Heathen seraient bien plus acérés. Un apport non négligeable pour un groupe qui manquait jusque-là encore d'un poil d'autorité pour fructifier son originalité en un résultat implacable.

Que les amateurs de "Victims of Deception" se rassurent, ils retrouveront en ce "The Evolution of Chaos" les structures harmoniques complexes couplées à des solos dantesques et des rythmiques alambiquées. Heathen ne se contente ici presque "que" d'y rajouter la chaînon manquant qu'était le caractère, notamment par le chant de David White bien plus trempé qu'autrefois et donc aussi par les riffs incisifs d'Altus. A certains égards seulement, on retrouve le thrash étouffant du terrible "Killing Peace" d'Onslaught, l'aspect satanique et ses différentes expressions exceptées.

Après une courte intro mélodique à l'ambiance sombre et orientale que n'aurait pas renié Karl Sanders pour ses projets solitaires, le groupe reprend dès "Dying Season", qui d'ailleurs réadapte dans un premier temps le thème final de l'intro, ses bonnes habitudes avec des titres relativement longs, permettant un jeu de construction subtile digne des folies d'un certain "Act III" de Death Angel, pour un rendu logiquement progressiste. Ajoutez à cette ambition débordante les solos gargantuesques et les passages mélodiques tout droit venus du Heavy, limite même Power comme dans le magistral finish de "Control By Chaos", et le terme "épique" prend alors toute sa légitimité.

Avec ses onze minutes, "No Stone Unturned" se pose naturellement comme le titre phare de l'album. Force est de dire que le résultat est au rendez-vous, avec son énorme jeu de basse rebondissant, la montée en puissance progressive puis dégressive jusqu'au silence, avant un final de haute volée où le batteur Darren Minter laisse exploser un tempo saccadée et véloce. L'influence de Metallica, devenue depuis presque une image de marque pour Heathen tant elle présente et dans ce titre presque insolente, est à prendre avec le sourire, comme un hommage aux Horsemen. Les interprétations des mélodies de "For Whom The Bell Tolls" en prologue ou encore de "The Unforgiven" lors de l'interlude en ballade sont simplement sublimes à la fois de simplicité et d'évidence, sans pour autant tomber dans le piège du plagiat.

"Arrows Of Agony" renoue au départ avec les connotations exotiques du Moyen-Orient mais se positionne surtout comme l'un des titres les plus techniques, avec ses solis éminemment complexes mais surtout ses riffs entre-coupés au rythme de la batterie. Il clôt en beauté le moment fort, s'il y en a effectivement un par rapport aux autres, de l'album que constituaient les trois derniers morceaux suscités.

Le reste de l'album se déroule dans la même grandiloquence, teintée de hargne et de technicité, alternant des passages évolutifs et même lancinants comme dans "A Hero's Welcome" avec des passages très directs comme dans "Bloodkult", et cela parfois même au sein du même titre, en témoignent les "Fade Away" et "Red Tears Of Disgrace". En vérité, le réel intérêt de cette seconde partie de l'album est qu'elle peut être vue comme un tout, comme une entité à part entière qui jusqu'au titre épilogue "Silent Nothingness" est guidée par un même fil conducteur, une même logique respectée de bout en bout. Sans vraiment pouvoir mettre des mots sur cette sensation, la transition que représente "Undone" entre deux titres radicalement opposés en est pour moi l'exemple le plus probant.

Au final, "The Evolution of Chaos" est l'album de la consécration, abouti à tout point de vue, prouvant malgré les longues années et quelques critiques musicales légitimes, qu'Heathen a toujours été dans une pente ascendante, dans la bonne voie. Les californiens ont réalisé en cet album leur référence, et peut-être même l'un des meilleurs albums thrash de ce nouveau siècle. Un futur gros classique, à n'en pas douter. Heathen est aujourd'hui devenu définitivement unique en son genre, frappant leur musique d'une signature inimitable. Savourez-le, dégustez-le, faites-en une indigestion mais priez également... priez en effet pour que cette apogée ne soit pas le début de la fin, car malgré les fortes influences, n'est pas Metallica qui veut, capable de sortir quatre chefs-d'œuvre de suite maintenant le groupe au summum de la gloire.

18 Commentaires

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samolice - 09 Septembre 2012: Excellente chro. Merci.
Je repensais à Heathen ce matin en écoutant "Breaking The Silence". Tu m'as convaincu d'acheter très vite ce dernier album.
Elevator - 09 Septembre 2012: Par rapport à "Breaking the Silence" et "Victim of Deception", il y a plus de contraste entre les morceaux les plus énervés et d'autres qui le sont un peu moins, mais cela n'enlève rien au fait que c'est un album de très haut niveau !
Alexandre_Vladimirovitch - 12 Janvier 2013: Quel excellent album ! Lee Altus est un formidable guitariste, tant pour son apport, plus limité c'est vrai, dans Exodus ( chaque titre qu'il a co-écrit sur les Exhibit A et B font parti de mes préférés sur ces albums ), que pour son jeu incroyable sur ce Evolution of Chaos. Des riffs qui montrent un jeu en parfait équilibre entre finesse/précision et agressivité.

No Stone Unturned en est l'exemple type. Un morceau qui concentre les influences Metallica du combo, avec la mélodie de For Whom the Bell Tolls que tu relèves justement, et ce break qui me fait penser à un croisement entre Master, pour sa montée en puissance à la fois terrible et progressive, et To Live is to Die, avec cette partie acoustique pleine de douceur et de mélodie.

Et ces solos qui parsèment l'album, sans parler du chant de David White ! Un incontournable.

& Merci pour cette chronique qui rend fidèlement hommage à un album qui le mérite.
samolice - 17 Janvier 2017:

J'ai finalement mis 4 ans pour acheter ce skeud après avoir lu ta chro. Ca valait la peine d'attendre. Vraiment un bon disque de thrash. Juste trop long. 18 ans après leur précédent disque (si on oublie le moyen "recovered"), voilà un groupe qui n'a pas manqué son retour.Un nouveau disque est-il prévu? Merci pour la chro.

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