Si les Italiens d'
Eldritch auront, à l'évidence, avec ce nouvel opus baptisé
Tasting the Tears, décidé de poursuivre sur le chemin emprunté par un
Gaia's Legacy à l'âme résolument Progressive, alors que pourtant les derniers albums du groupe avaient plutôt tendance à défendre ce Heavy
Metal aux accents Thrash mélodique et aux velléités certes Prog mais parcimonieuses, ils auront néanmoins fait l'effort de ne pas excessivement occulter leur visage le plus accessible et direct. Ainsi donc, tout en gardant de cette substantifique moelle absconse inhérente au genre défendu par les
Dream Theater, Queensryche et autres
Vanden Plas, le sextet originaire d'Acerra aura ici habillé son propos de cette simplicité et de cette efficacité immédiate indissociable des travaux des
Judas Priest, Accept et autres
Manowar. A cela il y ajoutera, une fois encore, quelques intonations "Thrashy", notamment mis en exergue par certains riffs particulièrement âpres.
Comment aborder ce nouvel effort si ce n'est en disant que tout y est parfaitement exécuté, parfaitement produit et d'un intérêt parfaitement évident. Et, afin de compléter cette description sommaire, en ajoutant que cette bonne tenue incontestable ne parviendra pas vraiment à empêcher un sentiment diffus de naître à son écoute. Un trouble insidieux. Sournois. Une impression de "déjà entendu" qui nous étreint alors que résonnent les notes de certaines pistes de ce manifeste.
Sans entrer dans une analyse complexe et, surtout, sans grand intérêt, essayons, tout de même, de trouver quelques éclaircissements concrets pouvant expliquer ce phénomène.
Engageons-nous, en premier lieu, sur une piste de réflexion qui concernera les refrains des œuvres de ces Italiens. Sans volonté aucune de minimiser le talent de composition de ces six ultramontains, force est de constater qu'ils ne parviennent pas toujours à donner à ces passages suffisamment de personnalité à même de les différencier les uns des autres. Ainsi croit-on souvent écouter le même morceau.
Ensuite il y a Terrence Holler. Indéniablement l'artiste est incroyablement talentueux, adroit et émérite. Néanmoins sa voix, immédiatement identifiable, est une signature indissociable, du moins à ce jour, de l'âme de cette formation. Tant et si bien que, là encore, on est pris par ce trouble embarrassant déjà évoqué.
Néanmoins, au-delà de ces considérations, avouons-le, très partisanes, ne soyons pas excessivement excessif et reconnaissons, tout de même, que ce nouvel opus des Ultramontains est nettement, mais alors nettement, plus réussi et attachant que son prédécesseur. Pour preuve les très bons
Inside you,
Tasting the Tears, Something Strong particulièrement rugueux et sombre, ou encore, par exemple, Don't Listen. I
Will Remember est, quant à elle, une jolie relecture du titre composé par Queensryche (
Rage for Order (1986)).
Bien plus plaisant que
Gaia's Legacy, pas sûr néanmoins que ce
Tasting the Tears ait toutes les armes pour sortir
Eldritch de ce relatif anonymat dans lequel il évolue depuis ces temps immémoriaux. Dommage car exception faites de ce manque, parfois, de nuances dans la composition, et exception faites de certaines orientations musicales douteuses (
Reverse (2001)), ce collectif transalpin mériterait amplement un succès plus conséquent que celui qui est le sien actuellement.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire