La révolution italienne venait d'offrir, en ces temps-là, un formidable renouveau à la scène Heavy/
Power/Speed
Metal. Chaque découverte issue de ces terres devenait alors le présage d'une providence possiblement charmeuse. Consumé par cette nouvelle affection dévorante, l'auditoire insatiable cherchait avidement, en chaque musicien né sur ces sols berceaux de la
Renaissance et de l'
Empire romain, la confirmation de la légitimité de ce nouveau sentiment d'adoration. Jouissant de ces augures profitables certains labels n'hésitèrent pas, la main sur le cœur, à alimenter avec une générosité indigeste, cette soudaine appétence transalpine. Pour ce faire ils offrirent tant et tant de nouveaux Dieux à vénérer, tant et tant d'idoles aux reflets artistiques ternes, tant et tant d'artistes, nouvellement né à cet intérêt inopiné pour un
Power grandiloquente médiévale, ombre si fidèle aux virtuoses complices de Fabio Lionne, tant et tant d'icônes à l'inspiration créative insipide et, en réalité, tant et tant de déceptions qu'il fut bien tôt, au cœur du tumulte de cette invasion incessante, utopique de ne pas se laisser emporter par cette fièvre enivrante.
Mais tout comme chaque médaille a son revers, ce déferlement continu de nouveaux fétiches, dont certains indignes, eut même raison de l'exaltation la plus acharnée d'adeptes fanatiques. Les statues finirent donc empilés les unes sur les autres dans nos temples sacrés. Pourtant sous les décombres de ces gravats, certaines auraient, sans doute, mérité les louanges d'une dévotion moins aveuglement célébré courbé aux pieds de divinités présumées, et plus consacré sur des vraies valeurs dignes. Redonnons gloire à ces héros méconnus. Redressons leurs idoles sur leurs assises. Contemplons
White Skull.
White Skull n'est rien moins que l'incarnation transalpine né des mêmes aspirations musicales que celles, toutes proportions gardées, de
Grave Digger. Dans une démarche toutefois plus âpre que celles de nombres de ces compatriotes italiens, le groupe chevauche, effectivement, fièrement, sur les champs de batailles, sous l'étendard d'un Heavy/Speed clairement plus rugueux. Moins directement mélodique, moins directement, et moins vainement, grandiloquent ; il se farde sous les traits subtils d'une créativité ''épique'' dont il use avec un discernement délicieux. Et si, assurément le groupe s'inscrit, tout de même et dans une certaine mesure, dans une démarche narrative proche de celles qui sont inhérentes aux nouvelles références
Power, en nous contant les épopées héroïques de quelques valeureux, ou encore les événements historiques tragiques et romancés, il le fait cependant dans une expression musicale plus proche d'un Heavy-Speed plus traditionnel et plus véhément. Cette virulence, notamment mise en exergue par une harmonie mélodique moins prégnante, l'est d'autant plus par la présence de ces excellentes voix écorchées. Ces chants, en parenté directe avec ceux de Chris Boltendahl et résultant du travail de Federica de Boni, donnent une résonance très particulière à cet album. Ainsi des titres comme le remarquable
Tales from the North ou Chris vient faire le duettiste, comme le très bon
Asgard ou encore, par exemple, comme les véloces Gods Of The Sea, Killing Queen, ou encore Horant illustre admirablement la volonté créative de ce groupe. De la puissance, certes, mais aussi de la nuance dispersés dans des breaks moins directement agressifs et subrepticement, moins vifs. Le final de
Fire and Festing est, par exemple, remarquable.
Ces teintes diverses, certes, parcimonieuses sont pourtant de natures suffisantes à ne pas installer l'auditeur dans une certaine monotonie ennuyeuse. Cependant, il faut tout de même admettre que cette œuvre, selon moi, excellente ne trouvera qu'un écho mitigé auprès de ceux qui exècrent un conservatisme exacerbé.
Vétéran de la scène underground de son fief natale,
White Skull va avec cette œuvre poser la première pierre importante d'un édifice qui promet d'être séduisant. Suivant les enseignements classiques d'une tradition Heavy Speed, alors, désuète ; le groupe se démarque d'emblée de la tendance de l'époque qui, elle, privilégiait, essentiellement et, parfois, outrancièrement l'aspect mélodique. Ce
Tales from the North, et son successeur
Public Glory, Secret Agony constitue la vision la plus remarquablement délectable de cette démarche, quelques peu, contradictoire.
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