Antimatter est le projet de Duncan Patterson, ancien bassiste de
Anathema. Celui-ci quitte la sphère du rock mélancolique de ses anciens compagnons pour rentrer de plein-pied dans celui de la trip-hop tout aussi mélancolique.
«
Saviour » a beau être un coup d’essai, c’est aussi un coup de maître. En effet, le chef d’orchestre de ce projet aussi beau que triste a su garder toute l’ambiance de son ancien frère
Anathema pour la ressortir selon sa vision personnelle.
D’un style très proche de Portishead avec une once de rock, la musique d’
Antimatter est éthérée et sans surcharge pour ne laisser que la plus simple fibre émotionnelle. Au moyen de chants clairs angéliques féminins ou masculins, de brefs accords de guitares, et une batterie, on ne peut plus trip-hop lançant des rythmes lents celui-ci parvient à imposer une ambiance d’une rare beauté ou surnage une émotion magnifique.
L’atmosphère est tout de même angoissante (le titre «
God Is Coming ») mais non répulsive le long de ces dix titres, l’émotion que l’on peut ressentir sur «
Saviour » est suffisamment fantomatique et en même temps palpable pour que l’aspect torturé n’apparaisse pas pleinement dans l’esprit de l’auditeur. Seule la sensation et la tristesse des chants ainsi que certains rythmes entêtants restent dans l’esprit, mais je crois sincèrement que l’on a rarement aussi bien touché la fibre émotionnelle qui sommeille en chacun de nous (ne le niez pas toute personne normalement constituée en a une). C’est simple, efficace, d’une justesse incroyable ainsi que d’une structure quasi-parfaite (les titres s’enchaînent avec accalmie). Bref c’est d’une grande classe et d’une finesse qui manque (trop) souvent dans le milieu musical ambiant.
D’une grande sincérité, c’est presque de la gentillesse de nous donner un album d'une telle émotion à nos esgourdes rendues à moitié sourdes pour cause de brutalités diverses. En tout cas, ce premier album d’
Antimatter est une bouffée d’air frais faisant le plus grand bien pour s’aérer la tête.
(Par ailleurs, cela peut aussi se transformer en une arme de drague, messieurs, mesdames, efficace.)
Blague mis à part, c’est…. BEAU ! Et c’est tout ce que l’on demande.
Donc, oui. Je ne nie pas qu'instrumentalement parlant, cet album est bien fait, dans une justesse vraiment maîtrisée. Seulement, la voix féminine me dérange totalement. Je trouve qu'elle ne colle pas du tout à l'instru, et que celle de Mick Moss se greffe largement plus à ce genre de musique. Elle est trop présente, à mon sens. Il aurait fallu qu'elle soit plus dispatchée. Quant à la fibre émotionnelle que tu évoques, je la trouve amplement plus forte et profonde sur les albums suivants ... Lights Out, Planetary Confinement et Leaving Eden ...
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