Sands of Time

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16/20
Nom du groupe Scardust
Nom de l'album Sands of Time
Type Album
Date de parution 13 Juillet 2017
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album14

Tracklist

1.
 Sands of Time: Overture
Ecouter04:37
2.
 Sands of Time: Eyes of Agony
Ecouter03:26
3.
 Sands of Time: Dials
Ecouter08:08
4.
 Sands of Time: Hourglass
Ecouter05:43
5.
 Sands of Time: Sands of Time
Ecouter05:41
6.
 Arrowhead
Ecouter05:07
7.
 Out of Strong Came Sweetness
Ecouter05:32
8.
 Queen of Insanity
Ecouter04:39
9.
 Blades
Ecouter04:24
10.
 Gift Divine
Ecouter06:27

Durée totale : 53:44

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Scardust



Chronique @ ericb4

30 Août 2017

Encore un effort d'accessibilité avant de transformer l'essai...

Déjà repéré par son vibrant EP « Shadow » sorti en 2015, le quintet israëlien cofondé par le prolifique guitariste/claviériste Orr Didi et la frontwoman Noa Gruman (Soul Enema) revient sur le devant de la scène, deux ans plus tard, mais plus dans la même catégorie. Ainsi, nos acolytes se sont laissés le temps d'affiner la production d'ensemble, livrant un substantiel et rayonnant album full length jouissant d'une ingénierie du son plus soignée que naguère, d'une belle profondeur de champ acoustique et d'arrangements orchestraux de bon aloi signés Orr Didi. A la lumière d'une logistique affûtée, d'une imposante chorale, d'un quartet de violons, auxquels s'ajoutent trois invités (Kobi Farhi (Orphaned Land), Jake E (Amaranthe) et Yotam ‘Defiler’ Avni au chant), on comprend que le combo compte dès lors s'affranchir des frontières d'une trop restrictive scène locale pour tenter de bousculer ses homologues à l'échelle internationale et nous rallier plus largement à sa cause. Un tel défi va-t-il être relevé dans un registre metal déjà surinvesti et qui ne l'attendait pas forcément ?

Toujours influencé par les œuvres de Nightwish (première période), Delain, Threshold, Ancient Bards et consorts, le combo officie dans un metal symphonique progressif aux accents power où subtile technicité rime souvent avec homogène articulation de styles. Ce que laissent entrevoir les 54 minutes de l'auto-production, que l'on doit à Noa Gruman, Yadin Moyal (guitare), Yanai Avnet (basse), Yoav Weinberg (batterie) et Alex Nicola (claviers), en remplacement de Lior Goldberg dès 2016. Si Orr ne fait plus partie du line up actuel, il a néanmoins participé aux compositions et à l'écriture des 10 titres de l'opus, au même titre que Noa, Yadin et Yanai. Aussi, c'est à un spectacle opératique, éclectique et vitaminé auquel nous convient nos gladiateurs. Assurément, la barre a été placée bien plus haute qu'antérieurement. Mais entrons plutôt dans le vaisseau amiral en quête de quelques trésors enfouis...

Lorsqu'il touche aux moments intimistes, le groupe parvient à encenser le tympan. Ainsi, d'influence nightwishienne, avec un soupçon de Delain, la ligne mélodique de la ballade « Sands of Time : Sands of Time » capte prestement l'attention, et ce, sur la totalité de l'instant privilégié. De plus, l'amplitude du spectre vocal de la belle lui autorise à tutoyer les notes les plus haut perchées comme les plus basses, et les ondulations de ses patines font mouche. L'adjonction de choeurs, combinant adultes et enfants, enrichit le corps oratoire pour une évolution à l'unisson. Assurément un coup de maître du combo israëlien.

Dans le domaine des fresques progressives, le collectif semble à son aise, dévoilant alors moult variations, de belles gradations, une redoutable technique instrumentale, que ce soit sur les soli de guitare ou de claviers. Mais, il peut aussi se révéler répétitif, voire inutilement techniciste. Ainsi, « Sands of Time : Dials » se pose comme une pléthorique et opératique offrande d'où s'échappe une massive chorale, par effet de contraste avec les claires, mais néanmoins puissantes, inflexions de la sirène. On aurait cependant souhaité davantage de fluidité quant à la mélodie d'ensemble, et ce, même si le refrain demeure plutôt avenant, si les arrangements ont été passés au crible, et si s'observe une belle unité instrumentale. Concernant « Gift Divine », on reste un peu plus circonspect. Si les prestations instrumentales sont sauvegardées, les chemins verglacés empruntés par l'interprète et les répétitions de séquences rythmiques inviteront le chaland à la plus grande prudence.

Quand elle combine sympho et prog, la troupe témoigne d'une belle inspiration dans ses harmoniques, mais dévoile aussi quelques failles dans ses propositions mélodiques et/ou vocales. D'une part, dans le sillage symphonique de Nightwish, avec quelques touches prog de Threshold, des riffs roulants nous assaillent parallèlement à un fin picking à la lead guitare et à de virevoltants violons sur la complexe entame instrumentale « Sands of Time : Overture ». Aussitôt rejoint par une chorale d'enfants, relayée par des choeurs d'adultes, le corps orchestral prend l'ascendant, au risque parfois de se perdre en conjectures technicistes et de nous débouter de sa ligne mélodique un poil linéaire. Dans cette mouvance, les entraînants « Sands of Time : Eyes of Agony » et « Blades », à mi-chemin entre Delain et Threshold, se dotent de subtiles variations et d'agréables lignes mélodiques, mises en habits de lumière par les touchantes impulsions de la belle, rejointe par un ombrageux growler qui ne s'imposait pas sur le premier effort ; par un comparse en voix clair et plus infiltrant sur le second.

Dans une orientation power symphonique, autre aspiration du groupe, le spectacle s'avère parfois moins prégnant qu'espéré. Ainsi, dans la lignée d'Ancient Bards, « Arrowhead » décoche ses riffs corrosifs sur une rythmique sanguine. Ne jouissant que de peu de modularités mélodiques, en dépit de prestations vocales difficiles à prendre en défaut, d'un saisissant solo de guitare et d'un délectable pont mélodique au piano, la sauce a du mal à prendre. Pour sa part, le torturé et démoniaque « Queen of Insanity » dissémine sa rage au fil d'une section rythmique enfiévrée. Dans cette tourmente évolue avec brio le growler Yotam ‘Defiler’ Avni, secondant une maîtresse de cérémonie parfois à bout de souffle, et ce, sur un parcours mélodique peu propice à une écoute inconditionnelle.

Mais le spectacle n'est pas terminé... Dans une visée plus atmosphérique, avec quelques touches jazz-rock, l'énigmatique et progressif « Sands of Time : Hourglass » offre de troublants arpèges au piano et de sémillantes modulations à la basse, d'insoupçonnés changements de tonalité et de délicates volutes oratoires dispensées par la déesse. Doté d'harmoniques complexes, abondant en effets surprise, d'un bref mais vibrant solo de batterie, le manifeste nécessitera plusieurs passages avant d'être dompté.

Au final, on a affaire à une œuvre logistiquement et techniquement aboutie, sachant harmoniser les tendances et les styles, témoignant d'une stupéfiante diversification rythmique et vocale, révélant un réel potentiel chez cette formation israëlienne. Plutôt bien inspirée, celle-ci concède toutefois une alternance entre passages enjoués, particulièrement immersifs, et d'autres plus ternes, tirant parfois en longueur et pas toujours du meilleur effet. Parmi les pistes les moins propices à un inconditionnel headbang on retiendra l'opératique et mystérieux mid tempo « Out of Strong Came Sweetness », conjuguant chant masculin clair et growls, claires impulsions féminines et choeurs d'enfants dans un étrange ballet. Empruntant nombre de chemins de traverse, le méfait nous désarçonne bien souvent et finit par nous perdre en cours de route.

C'est dire que nos compères devront rendre plus accessibles les séquences instrumentales et affiner leurs lignes mélodiques pour les rendre plus immédiatement impactantes, notamment auprès d'un public déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs. A l'aune de cette livraison, si nos gladiateurs affichent leur détermination à en découdre, avec quelques armes bien affûtées à la clé, le vaisseau amiral n'est pas encore insubmersible. Il leur faudra donc comprendre que qualité de production, richesse de composition et simplicité des harmoniques peuvent faire bon ménage...


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ericb4 - 31 Août 2017: Comme je l'ai précisé au début du texte, le groupe officie bien dans le metal symphonique progressif. Il n'y a pas d'ambigüité là-dessus pour ma part, sachant ce que l'exercice implique en complexité d'accords et de séquences techniques.

Je ne suis pas contre cette orientation-là, que j'apprécie également, ayant écouté beaucoup de metal et rock progressif par le passé. D'ailleurs, il fait cohabiter les styles avec une certaine aisance, ce qui semble lui réussir. Argument qui apparaît, lui aussi, dans l'analyse.

D'ailleurs, la qualité de la production d'ensemble m'a conforté dans l'idée que le potentiel du groupe est réel et qu'il a une belle carte à jouer à la lumière de la plupart des compositions de cet album.

Simplement, en fluidifiant encore les lignes mélodiques, sans pour autant tirer un trait sur leurs fondamentaux, loin de là, ils pourront élargir encore le champ de leur auditorat, même si tel n'est pas forcément le souhait d'un groupe de prog. Ce qu'on peut leur souhaiter, au vu des efforts consentis relatifs à leur album. Rien ne doit empêcher de faire évoluer son projet, et celle proposée dans l'analyse en est une parmi d'autres, que j'assume totalement. Maintenant, si tu souhaites rédiger une chronique à ton tour pour nous exposer ton point de vue sur cet album, pas de souci, je me ferai un plaisir de te lire.

On peut proposer une musique complexe et mélodieuse, l'un n'empêche pas l'autre. On peut même dire que l'oeuvre aura plus à y gagner qu'à y perdre, à condition que la mélodie soit suffisamment travaillée pour ne pas tomber dans les poncifs ou la niaiserie. Certains groupes de prog (rock et metal) l'ont bien compris, assument ce choix, et pour rien au monde ils ne reviendraient en arrière. Il est d'ailleurs bien difficile d'harmoniser ces tendances, mais lorsqu'on y parvient, la magie opère assurément. J'ai des exemples à la clé, si tu le souhaites...

Au niveau de la note, j'ai hésité entre 13 et 14. Cela dit, un 13 reste une note convenable, à ne pas mésestimer, et qui pourrait déjà inciter l'auditeur à aller jeter une oreille attentive. Après, chacun a sa grille d'évaluation pour juger de la qualité d'un album. Et le note elle-même peut évoluer encore par rapport à l'ensemble de l'oeuvre de la formation et en fonction de ses apports dans le style choisi.

Concernant le style de l'auteur, cela reste une affaire délicate, sachant qu'il lui est propre. Certaines de mes tournures peuvent être sujettes à interprétation, j'en suis conscient. Mais j'essaie de faire en sorte qu'elles puissent donner une idée de ce que l'on va écouter. Avec des références appropriées à l'appui, ça devrait aussi guider le lecteur. Cela dit, je tiens compte de ta remarque pour penser à alléger encore certaines tournures et rendre le propos plus accessible, moi aussi!
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