Après le disque hommage à
Burzum sorti en juillet, Sombre Présage nous revient mais à la seule différence que le nouvel objet est un vinyle... Voxum le dit, ce support est LE format musical par excellence, celui qui se rapproche le plus de l’essence même des conditions d’enregistrements et de sonorités. À condition d’être en possession d’une platine vinyle, Hé ! Cependant pas d’inquiétude, le bonhomme a eu la bonne idée de joindre à cette pièce un disque Cd-r afin que «
Rituel » ne soit pas qu’un objet de collection réservé (d’autant plus que le vinyle est limité à cinq cent copies)
Ceux qui connaissent le projet savent qu’il n’y a pas réellement de style que l’on puisse apposer à Sombre Présage. Toujours en mouvement tout en restant dans une démarche hybride et singulière à lui seul. Le nouvel enregistrement risque encore une fois de surprendre. On pourra même citer à ce titre le peintre expressionniste abstrait Willem de Kooning. « Le style n’est qu’une supercherie. » Ce qui n’empêche nullement de suivre une trajectoire somme toute personnelle tout en évitant un quelconque amalgame pseudo-intellectualisante. Ici les titres de Sombre Présage sont calculés en fonction du format. Le vinyle ne permet pas à Voxum de s’éparpiller sur des morceaux trop longs. Ainsi les titres ne durent pas plus de sept minutes, ce qui impose une rigueur dans l’élaboration des titres où la musique doit viser à l’essentiel sans esbroufe instaurant dés lors un climat de tension.
Pas de longues introductions mais un aperçu direct de l’enfer. Viscéral comme c’est pas permis tout en étant clairement lisible, les deux titres de «
Rituel » détonnent par la puissance qu’ils dégagent. Il respire comme dans ces titres un sentiment d’urgence donnant l’impression d’assister au déroulement final d’un sacrifice et dont attend le coup de grâce. Particulièrement intense et se rapprochant par là d’ «
Infernale Procession », Sombre Présage dépeint des environnements glauques et saturés qui donne l’impression d’étouffer. Cette sensation est d’autant plus palpable sur le second titre «
Oppression ». Un morceau sans concession se rapprochant même de la noise par l’amplification des basses à un niveau à faire s’effondrer le plafond. Un titre impressionnant où là, la durée plus courte impartie par le format ne s’en trouve nullement handicapante, au contraire elle concasse les sonorités afin de faire surgir un magma fangeux qu’on se prend en pleine gueule, mes chers amis. Et cette agression elle laisse des traces.
Cependant doit on préciser que les deux titres présents sont à peine composés par la guitare, un signe pourtant indissociable de Sombre Présage. Alors que l’instrument était le pilier de soutènement à la formation du groupe il a tendance ces derniers temps de devenir plus discret et laisser ainsi d’avantage de place aux samples et autres triturations sonores. Peut-être quand l’état actuel des choses, «
Rituel » est l’enregistrement le plus ambiant du groupe français.
Tout cela étant dit (pour deux titres, gnééé), le premier vinyle de Sombre Présage, bien que suivant la trace des précédents enregistrements, est un objet montrant un visage radicalement plus atmosphérique (bien que la patte noise soit présente) tout en amplifiant cette trace d’immédiateté et d'exigence malsaine.
Parfaitement réussi et recommandé !!
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