Après le premier Ep «
Sécheresse » donnant un bref aperçu des talents de Sombre Présage, voici que débarque son premier album (Full-Length), toujours en cette année 2005. «
Murmures Funèbres Perdus dans la Brume » nous fait encore découvrir par bribes l’univers de Sombre Présage. Cependant, ce que l’on peut reconnaître à cette longue discographie c’est la grande variété dans l’ensemble du travail de Voxum qui donne un cachet particulier à chaque disque.
Cet album-ci est sans doute la production la plus crue de Voxum. Les larsens de guitares sont proprement déchirants et suffocants, pour ne pas dire nauséeux, agressant sans relâche l’auditeur alors que s’immiscent ces sons ambiants qui donnent un cachet crépusculaire au disque couplée aux pulsations d’un cœur humain au tempo variable s’emballant, se ralentissant, se mourant…
Le titre « Meurtre » est d’une longueur conséquente (quarante-six minutes), un titre viscéral qui agresse autant par sa forme que par son ambiance agressive et veule. Si ce titre nous fait ressentir une tension assez cruelle, égale à une lente mise à mort, à tel point qu’on en arrive à manquer de souffle, il est cependant assez indigeste et je pense que les néophytes, ou encore ceux qui ne sont habitués au drone/ambiant, décrocheront avant la fin du titre qui va tout de même assez loin dans la torture auditive.
Le dernier titre, «
Murmures Funèbres Perdus dans la Brume », agira comme une sorte de cataplasme face aux débordements bruitistes de « Meurtre ». Cela étant dit, Il ne faut pas voir la fermeture de cet album comme une relaxation (et puis quoi encore). Bien au contraire. Les éléments drone sont bien présents mais en comparaison au premier titre ils passent généralement mieux, ce qui ne change en rien l’atmosphère sépulcrale et malsaine du disque qui agit telle une main se serrant avidement autour du cou.
Plus accablant, plus exténuant et qui écrase d’avantage son auditeur dans les relents putrides d’indus/drone frisant l’intolérable, «
Murmures Funèbres Perdus dans la Brume » serait plus la représentation des cris étouffés de l’auditeur, de sa respiration coupée durant l’écoute. Car oui, cet album est loin d’être le plus facile à pénétrer mais il nous fait vivre des sensations incroyablement glauques, ce qui est tout à l’honneur de Sombre Présage.
Alors, certes cet album est de loin le plus difficile d’accès, le plus indigeste mais comparé à «
Sécheresse » il nous donne une charge noire et ténébreuse d’avantage chargée et agressive (là, pas de doute, on se sent littéralement assailli par les quarante-six minutes de « Meurtre ») qui frappe les oreilles de l’auditeur non expérimentées.
L’album le plus viscéral de Sombre Présage ne risque pas de faire l’unanimité ce qui en fait par opposition toute sa force et son intransigeance.
(Je précise encore que des extraits des titres sont écoutables sur le site du groupe)
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