Rise!

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19/20
Nom du groupe Silent Saga
Nom de l'album Rise!
Type Compilation
Date de parution 06 Mars 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 Ball of Vanities
 04:31
2.
 Three Lives
 05:21
3.
 The Path
 06:03
4.
 Suicide Note
 04:48
5.
 Prisoner of the Sea
 04:37
6.
 Sins
 04:08
7.
 Immortal
 03:58
8.
 Time
 05:17
9.
 New Horizons
 05:46
10.
 Bittersweet
 04:00

Durée totale : 48:29

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Silent Saga


Chronique @ ericb4

24 Mars 2021

Un seyant et efficace mais quelque peu frustrant flashback...

Il est des projets artistiques qui, loin de s'apparenter à un long fleuve tranquille, ont subi de profonds remaniements stylistiques, modifications ayant elles-mêmes redéfini le contenu du propos développé, dont celui de ce groupe positionné à Hambourg, en Allemagne. Si la chanteuse et flûtiste Sabrina Todt et le guitariste/bassiste/claviériste Renato Angelo, ses membres fondateurs, résident aujourd'hui en territoire teuton, ils s'y installèrent peu après avoir quitté leur espace brésilien natal. Un radical changement de lieu de vie synonyme de radical changement de nom et de style...

Ainsi, dès 2016, avec l'intronisation du guitariste Alex Mancini et de l'expérimenté batteur Daniel Sapcu, membres d'ailleurs toujours actifs au sein de la troupe, Silent Saga se substituera à Amazon, groupe de heavy mélodique brésilien où nos deux maîtres d'oeuvre y sévirent entre 2001 et 2015 ; une période faste où le combo put partager l'affiche avec des cadors du genre, dont Nightwish et Epica. Etat de fait qui n'a pas été sans conséquences sur la mutation stylistique du collectif, celui-ci évoluant dès lors dans un power mélodico-symphonique dans le sillage de Imperia, Xandria, Nightwish, Delain et consorts, soit à quelques encablures de ses premiers arpèges.

D'une indéfectible motivation mais restés légitimement prudents dans leur démarche, nos acolytes ne donneront naissance à leur introductif EP, « Ball of Vanities », qu'un an suite à la création du combo. Un modeste mais engageant méfait auquel en succédera un second, dénommé « Immortal », digne héritier de son aîné. Jamais deux sans trois, dit-on... Le jeune quartet allemand le prouve en sortant, dans la foulée, son troisième EP, « The Path », un effort un poil plus travaillé et immersif que ses laconiques mais louables devanciers. De pimpantes livraisons toutes trois coproduites par le guitariste/bassiste/vocaliste néerlandais Sander Gommans ((HDK, Trillium, ex-After Forever, ex-Mayan..), connu pour avoir assuré la production d'albums de ses propres groupes et de Phantom Elite, Mercy Isle...) et la parolière et alto américaine Amanda Somerville ((Exit Eden, Kiske/Somerville, Trillium), sollicitée par HDK, After Forever... pour les paroles de certaines de leurs chansons ; par Mercy Isle, Trillium... pour la production de leurs galettes). En émanent des finitions passées au peigne fin et une belle profondeur de champ acoustique. Mais le prolifique et exigeant collectif germanique en veut plus...

De ce premier, luxuriant et grisant matériau, le groupe prit le pari de dispatcher ces 10 pistes au sein d'un album full length à valeur de compilation, soit sans rien changer à leur structure harmonique et mélodique originelle, ni rajouter l'once d'un titre bonus dans sa tracklist. Loin de suivre un ordre chronologique qui en définirait son architecture, le tour d'horizon ainsi proposé alterne judicieusement passages offensifs et évanescents, et ce, au regard d'un positionnement jugé opportun par le combo. Une orientation certes classique conférée à son projet, dont le fan de la première heure pourra se dispenser, mais qui aura pour mérite de permettre à un tympan non encore accoutumé aux vibes enchanteresses de l'inspiré et talentueux combo d'outre-Rhin de balayer d'un coup d'un seul l'entièreté de sa discographie. Mais entrons sans plus attendre dans la danse...

Le collectif dévoile tout d'abord une stupéfiante capacité à mitonner ces séries d'accords qui vous saisiront d'emblée et dont on ne se détachera que pour mieux y revenir, à commencer par ses passages les plus éruptifs. Aussi, c'est d'un battement de cils que l'entraînant « Ball of Vanities », à la croisée des chemins entre Imperia et Nightwish, encensera le pavillon. Réservant d'insoupçonnées montées en régime du corps orchestral et mis en habits de lumière par les puissantes inflexions de la sirène, le frondeur méfait ne lâchera pas sa victime d'un iota. On ne sera guère moins happé par « Immortal », un ''nightwishien'' up tempo s'écoulant le long d'une enivrante ligne mélodique, doté d'un refrain immersif à souhait et doublé d'un flamboyant solo de guitare. Dans cette énergie, se place encore le pimpant et ''imperien'' « Bittersweet », au égard à son tempérament éminemment sanguin, son infiltrant cheminement d'harmoniques et au fin legato dispensé par l'habile lead guitariste. Mais nos compères sont encore loin d'avoir esquissé leurs dernières mesures...

Sur un même modus operandi mais sans que leurs arpèges d'accords ne se répètent à l'identique, d'autres plages pourront, elles aussi, laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires. D'une part, tout en inscrivant de fines variations atmosphériques et un bref mais fringant solo de guitare dans sa trame, le tonique et ''xandrien'' « Three Lives » délivre d'ensorcelantes impulsions d'une déesse bien habitée, alors apparentées à Helena Iren Michaelsen (Imperia). Et la sauce prend sans tarder. L'échevelant « Prisoners of the Sea », quant à lui, retiendra à la fois pour son caractère enjoué, l'impulsivité de sa rythmique et son refrain catchy mis en exergue par les chatoyantes patines de la princesse. Et comment résister à l'appel d'un headbang bien senti sur le ''xandrien'' mid/up tempo « Time », un sensuel effort éblouissant de par la qualité de ses enchaînements et son indéfectible vivacité ? Certes, moins directement orienté vers les charts, à mi-chemin entre Delain et Imperia, l'offensif « Sins », pour sa part, ne distribue pas moins d'insatiables et saillants coups de boutoir corrélativement à de subtiles nuances mélodiques. Et là encore, la magie opère.

Dans une visée plus volontiers rock'n'metal symphonique gothique, nos acolytes disposeraient d'une autre corde à leur arc, et non des moindres. Ce qu'illustre, en premier lieu, le ''delainien'' mid tempo syncopé « New Horizons », un vigoureux, pimpant et complexe méfait aux riffs crochetés, voguant sur d'ondulants nappes synthétiques et pourvu d'enchaînements intra piste des plus sécurisants. Relayant chacun de ses couplets finement ciselés d'un entêtant refrain et encensé par les sensuelles volutes de l'interprète, inscrivant parallèlement dans sa trame de délicates gammes au piano, l'engageant effort déploie des trésors d'ingéniosité qui, précisément, nous inciteront à nous rallier à sa cause. Dans cette dynamique, et non sans renvoyer un Imperia de la première heure, l'entraînant mid tempo syncopé « Suicide Note » dissémine ses saillants coups d'olives d'une régularité métronomique tout en décochant un refrain d'une efficacité redoutable. Et ce ne sont ni les félines volutes de la sirène ni les sémillantes séries d'accords placées çà et là sur notre route qui nous feront lâcher prise, loin s'en faut. Chapeau bas.

Quand il desserrent un tantinet la pression, nos gladiateurs parviennent à nouveau à nous assigner à résidence. Ce qu'atteste « The Path », un ''xandrien'' mid/up tempo metal mélodico-symphonique progressif aux riffs aussi magnétiques qu'acérés, et encensé par les fluides et pénétrantes modulations de la belle. Délivrant un seyant refrain, recelant de vives accélérations de son dispositif instrumental et réservant de soudains mais opportuns changements de tonalité, le frétillant manifeste serait à classer parmi les hits en puissance que l'on ne quittera qu'à regret. Un de plus...

En définitive, le combo nous livre une œuvre aussi lumineuse que fringante et des plus efficaces, jouissant d'une ingénierie du son de fort bonne facture, témoignant d'une technicité instrumentale d'une confondante maîtrise et transpirant la féconde inspiration mélodique de ses auteurs. Tout serait allé pour le mieux si nos acolytes avaient daigné inscrire l'une ou l'autre nouveauté dans le cahier des charges, ou même envisagé une quelconque variation atmosphérique et/ou rythmique dans sa trame, histoire de ne pas donner l'amer sentiment d'une reproduction à l'identique des gammes de leur passé, fussent-elles des plus magnétiques. De plus, comme déjà appréhendé sur leurs trois EP, nos compères se feront fort de diversifier leur message musical en matière d'exercices de style (instrumentaux, ballades, fresques, et autres duos manquent toujours à l'appel) et consentir à quelques prises de risque pour espérer impacter plus largement un auditorat déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs, voire retenir ses fans de la première heure. Bref, une belle branche à effeuiller, guère des plus innovantes mais susceptible d'éveiller d'authentiques plaisirs...

3 Commentaires

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MetalSonic99 - 24 Mars 2021:

Très belle chronique!

J'ai adhéré complètement! A ce groupe, il y a bien sûr encore des choses à améliorer mais dans l'ensemble y a rien a dire! Qu'ils continuent comme ça!

ericb4 - 24 Mars 2021:

Merci pour cet élogieux retour! Je pense que ce groupe a un potentiel énorme qu'il n'exploite pas encore totalement. Il aurait même de quoi tenir la dragée haute à des formations bien plus aguerries. Cela dit, s'il se ferait fort de nous surprendre un peu plus qu'il ne l'a fait jusqu'alors, les progrès techniques et esthétiques affichés par le combo sont réels et la motivation demeure intacte. En témoignent son 4ème et poignant EP, 'Fire', sorti deux ans plus tard, suivi d'un 5ème, 'Water', à paraître prochainement. Affaire à suivre, donc...

MetalSonic99 - 25 Mars 2021:

Mais de rien tu le mérites! 
en tout cas je suis optimiste pour ce groupe! Si ils continuent à nous sortir des titres de la même trempe que "Ball Of Vanities" pour ne citer que celle là mais il y en a d'autres... je n'avais plus eu de ressenti positif comme cela depuis longtemps pour un groupe de Metal Symphonique! 
Les dernières parutions dans ce style pour les grands groupes que sont Nightwish, Xandria (même si ça fait un bail les concernant) ne prennent pas aux tripes comme avant!
Ici par contre, je suis agréablement surpris! Je suis impatient d'entendre la suite

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