Return to Eden

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Timo Tolkki's Avalon
Nom de l'album Return to Eden
Type Album
Date de parution 14 Juin 2019
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 Enlighten
 
2.
 Promises
 
3.
 Return to Eden
 
4.
 Hear My Call
 
5.
 Now and Forever
 
6.
 Miles Away
 
7.
 Limits
 
8.
 We Are the Ones
 
9.
 Godsend
 
10.
 Give Me Hope
 
11.
 Wasted Dreams
 
12.
 Guiding Star
 

Bonus
13.
 Disconnect (Piano Version) (Japan Bonus Track)
 

Chronique @ Eternalis

05 Juillet 2019

Il ne reste désormais plus qu’une épave ... et des souvenirs ...

A force de creuser, on se dit à chaque album qu’il ne pourra pas tomber plus bas. Et pourtant, inéluctablement, il semble parvenir à constamment dépasser son manque de recul, son absence totale d’objectivité sur son œuvre et sa capacité de remise en question. « Il », c’est bien évidemment Timo Tolkki, feu génial compositeur de Stratovarius, désormais artiste au placard de nombreux labels, aigri contre une industrie et une presse qui ne veut plus de lui, par des musiciens qui ne désirent plus jouer régulièrement avec le maladif guitariste et une scène qui ne le regarde et ne l’écoute plus que pour (et par) des chefs d’œuvres passés, trop nombreux pour être cités mais que nous connaissons tous.

Depuis qu’il a fondé Avalon, normalement pour sortir de l’ombre dans lequel était plongé (finalement assez injustement) Revolution Renaissance, Tolkki n’en fini plus de descendre.
Un concept bien trop ambitieux pour lui que de créer un concept sur plusieurs albums, avec de multiples invités et des musiciens jouant des personnages. Si "Land of New Hope" était une déception, "Angels of Apocalypse" était l’ultime coup de poignard, le disque où rien n’allait, sans contestation le pire album de sa carrière. Que ce soit la production catastrophique (quand on écoute la batterie programmée en plastique et qu’on réécoute ensuite "Visions" ou "Infinite" vingt ans plus tôt ...), les invités qui ne semblent pas savoir ce qu’ils font là (Fabio Lione, David DeFeis ...) ou les morceaux en eux-mêmes, la purge était absolument totale.
Comme attendu, pas de tournée, de concerts ou de promotion digne de ce nom (des interviews ?) n’a accompagné cet album lancé en plein mer sans rien à quoi se raccrocher, si ce n’est l’espoir que les fans se procurent l’album et en disent du bien autour d’eux. Comme attendu, ce fut un fiasco.
Comment rebondir dans ce contexte ?

Une fois n’est pas coutume (depuis "Age of Aquarius" en fait, et peut-être à l’exception du Symfonia qui eut une vraie promo), pas de promo pour "Return to Eden" qui tombe sur les plates formes de téléchargement avant qu’on ait appris l’existence de l’album. Communication minimaliste, toujours assurée par Frontiers Records, et une liste d’invités qui fait désormais beaucoup moins rêver. Le chanteur de Riot V (Todd Michael Hall), Zachary Stevens (qui n’avance plus avec Circle II Circle depuis des années) et la chanteuse d’un Tristania qui ne montre plus beaucoup de signe de vie non plus. Reste la princesse Anneke mais elle n’intervient que sur deux titres...Autant dire que le line up n’est pas très sexy et que cela ne donne pas une folle envie de se précipiter sur l’opus.
Allons y franco : l’album est déjà bien mieux produit que son prédécesseur, raté dans les grandes largeurs. C’est le guitariste de Secret Sphere, Aldo Lonobile qui l’a fait dans sa majorité et cela donne un résultat très power, propre et lisse mais au moins puissant et audible. On repassera pour une quelconque identité sonore puisque Tolkki s’évertue à jouer exactement de la même façon depuis 30 ans, à entamer ses compositions par les mêmes attaques néo-classiques et à miser sur une certaine rapidité d’exécution, désormais bien plus creuse que lors de ses vertes années. J’en prends pour preuve "Limits", l’un des titres les plus speed, pourtant cruellement ennuyeux. Eduard Hovinga, illustre inconnu, massacre à sa façon le titre par son chant assez irritant. Le reste est ce que Stratovarius aurait pu faire de bien avant mais sans la force d’évocation, la puissance ou la magie d’antan...ça va vite, les claviers fusent et la double pédale est là mais en plus de ne plus impressionner, on ressent tellement peu de passion que tout semble vain et fatigué.

"Promises" ouvrait pourtant l’album avec un peu plus d’espoir, surtout par cette mélodie typiquement finnoise qui aurait pu être sur un "Infinite" ou un "Episode" (oui, c’est pompé mais cela faisait longtemps que ce n’était pas si bien fait) et Todd Michael Hall s’en sort honorablement aux vocaux. Mélodique et pris dans son interprétation, il rehausse le niveau des deux précédents albums, on distingue quelques petits arrangements électroniques sympathiques et surtout un regain évident de puissance et de fluidité dans l’enchainement des parties. Un bon point, que "Return to Eden" ne convertira pas vraiment, puisque les trois chanteurs principaux vont se retrouver dans ce faux air celtique que Timo semble vraiment apprécier depuis un moment (depuis "Into the Future" de Revolution Renaissance) mais toujours sans comprendre qu’il serait bien de faire autre chose qu’une cornemuse samplé. Et surtout, Zachary Stevens...que c’est plat ! Certains diront qu’il a chanté dans Savatage mais aujourd’hui, tout ce qu’il touche semble déjà vieux et fatigué (je pense aux récents Circle II Circle justement). La jolie voix de Mariangela et surtout la puissance de Hall remonte un peu le niveau mais la bonne impression du premier titre est déjà noyée. "Miles Away" et "Wasted Dreams" seront du même tonneau. Zach s’arrache la voix pour pas grand-chose, les riffs sont déjà entendus des milliers de fois, les arrangements vocaux sont prévisibles...bref, pas grand-chose à voir ou entendre. "Hear my Call" pourrait être sauver car Anneke est comme souvent intouchable mais elle ne bénéficie que d’un titre popisant mettant peu en avant son talent, repompé des précédents singles au refrain facile et à la ligne de guitare passéiste. "We are the Ones" en revanche, et son côté plus symphonique, renvoyant vers Nightwish, redonne un peu le moral même si cela reste si peu en comparaison de ce que fut le grand Timo Tolkki. Des compositions banales où la voix est seule sur les couplets, les guitares apparaissant sur un pré-refrain pour ensuite ne faire qu’un générique riffing sur une batterie rythmique on ne peut plus basique. Non pas que la technique ou la flamboyance soient des fins en soi mais que diable, personne ne semble croire en ce qu’il fait. Même la production n’a pas ce mordant, ce grain de vie qui peut parfois faire la différence. "Now and Forever" est un brin plus lourd sur l’intro et Todd parvient à créer quelque chose, un ton épique et un refrain qui donne envie de chantonner la mélodie. Tout l’inverse d’un "Give me Hope" qui ne donne que peu d’espoir (ndlr : c’était trop facile) tellement la sensation est celle d’écouter un titre ralenti à environ 75%. Hovinga, encore lui, est toujours aussi peu convaincant (comme un type comme Tolkki peut prendre quelqu’un comme ça ?) et le refrain est une espèce de bouillie pas forcément intelligible, molle et sans consistance.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte comme il est dur d’écrire de tels mots quand on parle d’un musicien pareil. Mais c’est impossible de faire autrement à l’écoute de ce troisième album de Avalon, moins catastrophique que le précédent qui touchait complètement le fond, mais tellement faible et inconstant pour un tel artiste. "Return to Eden" est une preuve supplémentaire que Timo Tolkki n’y arrive plus. Ses démons intérieurs ont pris le pas sur sa créativité et son talent. Son rejet de l’autre, son manque total de remise en question après le split de Stratovarius et sa conviction qu’il peut tout gérer seul n’ont faire qu’enfoncer un artiste qui aurait pu être à jamais l’un des plus respectés guitariste et compositeur du metal mélodique. Il ne reste désormais plus qu’une épave...et des souvenirs. Beaucoup de souvenirs et des albums à réécouter encore et encore, faisant partie intégrante du patrimoine du speed mélodique. Inutile de mettre une note pour écorner encore plus son image..."Return to Eden" n’en mérite même pas. Allez y pour assouvir votre curiosité mais vous n’y reviendrez pas ...

5 Commentaires

5 J'aime

Partager

pielafo - 06 Juillet 2019:

Et pourtant il avait fait un grande pause depuis 2014 ou il se faisait extremement discret. Je pensais que ca lui aurait fait du bien et prendre du recul. Mais malheuresement il n'en sera rien. Il fait vraiment pitié Timo aujourd'hui. Mais je vais redire ce que beaucoup de gens lui disent depuis des années, il faut qu'il aille se faire soigner en hopital psy ce mec. Entre sa bipolarité et tous ces problemes d'alcool, laisser un tel génie comme ca c'est tellement triste. Peut etre que Tobias Sammet lui donnera sa chance comme il a fait redescendre sur terre un Geoff Tate a la ramasse mais qui s'en sort beaucoup mieux depuis qu'ils ont colaborés ensemble. On verra, mais c'est plutot triste de lire ces lignes. 

HeadCrush - 07 Juillet 2019:

Merci pour cette chronique, pour ce que tu y a mis de toi même vraiment, merci.

 
Op467 - 09 Juillet 2019:

Give me hope, hear my call....

chmetal - 19 Juillet 2019:

Merci Eternalis pour cette chronique... quelque peu dépressive et extrêmement dure.
Bon, sur le bonhomme, on est tous d'accord, c'est un énorme gachis car il a un énorme potentiel. Et grand fan de Strato que je suis depuis le début, les 2 ensembles étaient magiques et désormais les 2 séparés ne sont pas terribles. J'espère toujours une reformation un jour, mais c'est quand même très mal barré, tant que Tolkki sera dans cet état.

Néanmoins, je te trouve extrêmement dur avec cet album. ok, le dernier était nul, mal produit, etc... oui mais celui-là mérite vraiment une écoute. Certes, il m'a fallu au moins 5 ou 6 écoutes mais "Hear My Call", je la trouve superbe, tout comme We Are the Ones (dans les 2 cas, merci Anneke), "Promises" est très "Stratovariuesque"et plutôt réussi, etc...
Après, globalement, ce ne sera pas l'album de l'année, certes, mais je regrette pas mon achat.

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Timo Tolkki's Avalon