Angels of the Apocalypse

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Nom du groupe Timo Tolkki's Avalon
Nom de l'album Angels of the Apocalypse
Type Album
Date de parution 16 Mai 2014
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album26

Tracklist

1. Song for Eden 00:46
2. Jerusalem Is Falling 05:19
3. Design the Century 04:25
4. Rise of the 4th Reich 04:43
5. Stargate Atlantis 03:51
6. The Paradise Lost 05:44
7. You'll Bleed Forever 04:16
8. Neons Sirens 04:42
9. High Above of Me 05:20
10. Angels of the Apocalypse 09:07
11. Garden of Eden 02:10
Total playing time 50:23

Chronique @ edenswordrummer

01 Juin 2014

On peut s'entourer des meilleurs lascars, une stratégie prévisible sera toujours vouée à l'échec.

Timo Tolkki est un artiste en perpétuel mouvement. Constamment à la recherche de sa gloire passée, il tente de percer la glace qui lui obstrue le devant de la scène en s'essayant à divers projets qui ne font malheureusement pas mouche. Partisan sincère d'un metal mélodique dont il fut l'un des solides piliers fondateurs, il se retrouve aujourd'hui enseveli sous la masse à mesure que se multiplient les outils de ses ambitions. Revolution Renaissance, premier projet après Stratovarius, proposait des riffs simples, mais une expression sincère, une volonté de briller à nouveau qui rendait ses albums relativement accrocheurs, bien que victimes d'une facilité beaucoup trop marquée due à des mélodies convenues et des riffs cycliques, simplicité qu'il compensait avec un entourage des plus remarquables. Symfonia répondait malheureusement au même prognostique, son superbe line-up ne compensant pas sa mécanique mélodique archi-déjà vue...et que dire de son projet parallèle qui impliquait le très dispensable Saana Warrior of Light...

Outre ces essais, parfois crédibles, d'autres fois fastidieux, Timo Tolkki poursuit son énième projet : Timo Tolkki's Avalon. La remarque a déjà été faite, le rapprochement avec Tobias Sammet's Avantasia est des plus évidents. Mais le premier album de cette nouvelle expérimentation laissait indiscutablement l'avantage au deuxième cité...bien que le principe soit très sensiblement le même, Timo Tolkki's Avalon ne put que rester en retrait face à la formation culte de l'opéra metal qui, aujourd'hui encore, tourne à plein régime. En effet, brandissant plus ou moins fièrement ce Land Of New Hope, Timo reproduisit encore et toujours ses pires bourdes, car ce premier effort ne trouvait preneur que sur le papier...son line-up impeccable se contentant d'enfiler les mélodies convenues et les riffs prévisibles à outrance...sans parler du gâchis considérable de tout ce petit monde par une répartition des rôles au chant que l'on pourrait presque qualifier de hasardeuse.

En cette année 2014, un an après cet effort infructueux, Timo revient avec ce Angel of the Apocalypse, marchant fièrement aux côtés de son nouveau line-up que l'on pourrait modestement qualifier d'orgasmique : Simone Simons (Epica), Floor Jansen (Nightwish), quelques membres passés de Stratovarius et Fabio Lione (Rhapsody of fire) pour ne citer que les principaux. Encore une fois, tout est là pour contribuer à une oeuvre destructrice, ambitieuse, inspirée, imaginative...mais qu'en est-il du résultat ?

En vue du line-up, il est malheureusement nécessaire de se montrer sévère envers cette nouvelle sortie, et autant dire qu'avec ou sans exigence, le tout n'est pas à la hauteur des espoirs que semblaient porter la talentueuse assemblée. Pire encore, en possession d'un tel concentré de légendes du metal, il est légitime de se demander par quel miracle le résultat peut-être si bas. Au fil des écoutes, on en revient à penser qu'il est plus ardu de gâcher pareille compagnie que de composer un album honorable...de tristes pensées qui ne reflètent que notre frustration d'entendre nos stars dans un tel cocktail de mollesse et de simplicité...pour arriver à cette douloureuse conclusion, il ne sera pas nécessaire d'attendre la fin de l'album car Design the Century s'en porte garant...s'ouvrant sur un de ces riffs congelé et réchauffé, il effraye par sa linéarité que l'on tente vainement de couvrir par des choeurs que la production met beaucoup trop en valeur, nous martelant au passage les tympans de ces mélodies aussi atypiques que peu épiques....ne parlons pas de ce refrain qui ne cesse de tourner au rond, et autant dire que le cercle n'est pas bien grand, tant l'air est simple et sans accroche...

La déception engendrée par ce titre est d'autant plus grande lorsqu'elle succède à l'espoir suscité par Jerusalem Is Falling, titre conventionnel mais accrocheur (aujourd'hui, “conventionnel” est devenu l'une des principales caractéristiques de la musique de Tolkki...). Certes la production ne permet pas une manifestation de la chanson dans la splendeur qu'elle mérite, tant celle-ci manque de relief, mais cette montée en puissance à coups de caisse claire, ce riff ultra-accrocheur, ces orchestrations dosées avec une surprenante maturité et la voix de Fabio Lione permettent une écoute qui aura tôt fait d'engendrer quelques frissons. Et ce, malgré un refrain simpliste et grossièrement semblable à celui de Avalanche Anthem.

Ce sursaut d'espoirs fera son apparition dans d'autres titres comme Rise of The 4th Reich, qui soulage par son riff et surprend par ses singulières lignes vocales, dommage que celles-ci soient répétées excessivement, transformant ces manifestations en des couinements presque comiques. Mais reconnaissons que le titre, plutôt imaginatif, se pare d'un refrain assez percutant, chose normale lorsque l'on y ajoute une armée de choeurs. Néanmoins, nous regretterons encore la production qui place ces lassantes jérémiades en premier plan, obstruant toute l'instrumentation (déjà que l'on a l'impression que le batteur martèle ses fûts avec un saucisson à l'ail...).

Bien sûr, les réjouissances sont de courte durée, et l'album livre toujours sa dose généreuse de titres désespérément vides...il suffit d'écouter The Paradise Lost qui, voulant transmettre une tristesse par sa mélancolie, fait encore plus fort en offrant une déprimante vision du vide musical...bien sûr, on saluera la prestation de la vocaliste qui atteint une certaine sensibilité dans son chant, ce qui, au final, donne une beauté significative à l'ensemble, mais le reste se montre bien accessoire. Entre ces claviers mécaniques, ces choeurs qui soutiennent la mélodie par ces insupportables “ho” (mais si mais si, vous savez, les fameux “ho”!) et cette guitare qui passe d'invisible à extravertie, l'aspect musical de l'oeuvre se montre bien fade. Dans cette sensibilité vocale accompagnée d'une instrumentation que l'on pourrait qualifier d'optionnelle, You'll Bleed Forever est tout indiqué. Encore une fois, la chanteuse fait preuve d'une sensibilité remarquable que l'on tente d'emmener au panthéon de l'émotion par ces choeurs niais au possible et cette timide guitare, mais qui, au final, ne font que porter atteinte à sa crédibilité. High Above of Me souffre du même problème, si on ajoute le fait que ses parties de piano sont sensiblement semblables à celles de Tide Of Time d'Epica...

Triste sujet que celui du plagia, et pourtant Stargate Atlantis est là pour relancer le débat...s'armant d'un riff dont la ressemblance avec ceux d'Avantasia crève les oreilles, Fabio ne parvient plus à sauver le titre au refrain sans surprise, que l'on serait même capable de chanter en même temps que sa découverte, et dont la dernière manifestation s'accompagne d'affreux gémissements bouffant tout l'espace sonore.

Pour continuer sur une note plus joyeuse, Neon Sirens, malgré (répétons pour les petits galopins qui n'ont pas suivi) son refrain convenu, s'impose grâce à un riff tranchant et des lignes vocales malsaines, de même que son solo qui se montre accrocheur et assez technique. Angels of the Apocalypse montre également quelques qualités symphoniques non-négligeables, à savoir, sa richesse sonore, son intro solennelle et sa structure ambitieuse. Il présente ses quelques instants de longueurs, mais déballe sa palette sonore avec une étonnante expertise. Quelques instants techniques et percutants relèvent notre tête et dessinent un sourire sur notre visage fatigué de toute cette mollesse, s'ensuit une mélodie imparable et cette fois, totalement inédite qui fait grand plaisir à entendre, bien qu'utilisée à outrance (il serait injuste de reprocher à Timo de vouloir nous faire partager avec excès une vraie trouvaille).

La conclusion est malheureusement inévitable, le seigneur n'a toujours pas retrouvé sa couronne, on ne sait pas trop ce qu'il se met sur la tête, mais ça ne fait pas de lui un roi. Pourtant entouré d'une communauté vaillante ayant déjà fait ses preuves maintes et maintes fois, le souverain déchu vient d'ajouter une défaite de plus à son actif. L'album manque cruellement de créativité, enchaînant les mélodies convenues, les refrains lassants, les parties instrumentales niaises et plates, il marque surtout par son vide que même un line-up aussi conséquent que celui-ci ne peut combler. Voilà une leçon de guerre que Tolkki devrait assimiler : on peut s'entourer des meilleurs lascars ou engager une véritable armée de gros bras, une stratégie prévisible sera vouée à l'échec. L'ex-génie du power mélodique devrait travailler son sens du théâtre, mais surtout, arrêter de dissimuler derrière son entourage (toujours méticuleusement choisi) ses faiblesses croissantes de composition, car mettre du caca dans une crêpe n'en fait pas du nutella, vous me pardonnerez l'emploi du fameux proverbe de mère-grand qui me paraissait ici tout indiqué.

23 Commentaires

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Furia - 03 Juin 2014: La vraie question c'est comment il a réussi à ET embaucher un batteur ET à avoir une batterie programmée pour le single. Mystère, mystère...
edenswordrummer - 03 Juin 2014: Dans ce cas la question peut aussi s'appliquer pour le reste du légendaire line-up ;)
princeofmetal - 04 Juin 2014: Eh bien Eh bien, je me suis du même avis qu'Eternalis au sujet de la note pour cet album. Encore le premier pouvait passer mais le second n'a pas fait mieux et j'avoue que Stargate Atlantis m'a vraiment déçu...
Aquila - 08 Juin 2014: De la confiture pour cochon... Faudrait que Fabio arrête de participer comme guest. Ca lui réussi pas trop.
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