Refuge Denied

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17/20
Nom du groupe Sanctuary (USA-1)
Nom de l'album Refuge Denied
Type Album
Date de parution 1987
Labels Epic Records
Style MusicalHeavy Thrash
Membres possèdant cet album172

Tracklist

1.
 Battle Angels
 04:51
2.
 Termination Force
 03:40
3.
 Die for My Sins
 03:43
4.
 Soldiers of Steel
 05:31
5.
 Sanctuary
 03:59
6.
 White Rabbit (Jefferson Airplane Cover)
 03:12
7.
 Ascension to Destiny
 04:58
8.
 The Third War
 03:54
9.
 Veil of Disguise
 05:54

Durée totale : 39:42

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Sanctuary (USA-1)


Chronique @ MarkoFromMars

10 Mai 2013

Vole comme un papillon, pique comme l'abeille.

Ah ! 1988 ! Quelle fantastique année. Enfin, pas pour tout le monde. Je connais au moins une personne qui préférerait l'oublier celle-là. Il s'agit de Michael ''Jinx'' Spinks.
Pour comprendre, il faut remonter le temps jusqu'à ce 27 Juin 1988 à Atlantic City dans le New-Jersey, jour de l'opposition de Spinks contre l'enfant des ghettos de Brooklyn et colombophile ''Iron Mike'' Tyson. Invaincus tous deux jusqu'alors, le combat fût violent, dur, à sens unique et surtout rapide. Quatre vingt onze secondes et huit coups plus tard, ''Jinx'' s'effondre, sonné pour le compte par les coups lourds et puissants assénés par ''Iron Mike''. Il mettra un terme à sa carrière un mois plus tard.

Désolé pour Michael, mais cet an de grâce 1988 a vraiment été un cru exceptionnel pour les amateurs de métal gorgé de décibels. La liste des albums sortis et qui se sont avérés être des ''Masterpiece'' est tout bonnement délectable et jouissive.
Jugez par vous-mêmes : Seventh Son of Seventh Son de Iron Maiden, Opération Mindcrime de Queensrÿche, And justice for All de Metallica, South of Heaven de Slayer ou autre Helloween et son Keeper 2. Je passerai sous silence les sorties de Coroner, Bon Jovi, Crimson Glory ou King Diamond pour ne citer que ceux-là, je vous l'ai dit, la liste est impressionnante.

Au milieu de ces poids lourds se dresse fièrement un nouveau challenger, j'ai nommé Sanctuary. Le combat semble inégal face à ces ténors mais il a de sérieux arguments à faire valoir à l'image de la force de frappe véloce et précise du duo David Budbill (batterie) et Jim Sheppard (basse), du tranchant et du culot avec Lenny Rutledge et Sean Blosl (guitares), du souffle et du coffre avec le chant teigneux de Warell Dane.
De plus, ils ont un atout non négligeable dans la manche ou devrais-je dire dans les gants, un coach qui n'est autre que ''MegaDave'' Mustaine.

C'est en passant à Dave une cassette, après un concert de Megadeth, backstage, que l'avenir de Sanctuary s'est dessiné. Enthousiasmé par ce qu'il venait d’entendre, Mustaine les pris sous son aile et assura la production de Refuge Denied. Ils l'accompagnèrent ensuite pour la tournée de l'album So Far So Good... en compagnie de Warlock également pour en assurer la première partie.
Dans une récente interview, c'est avec les termes les plus respectueux que Warell Dane se remémore cette période et l'attitude de Megadave qui s'était comporté en véritable grand frère.

C'est donc au Steve Lawson Studios à Seattle qu'a été enregistré Refuge Denied, écoulé en version cassette et vinyle à 7000 exemplaires avant d'être réédité en support CD avec un tracklisting légèrement différent au mois de Février 1988. A ce jour, plus de 200000 exemplaires auraient trouvé acquéreur aux States. Beau succès d'estime.
Puisqu'il faut coller une étiquette, je qualifierai ce premier opus de Power Thrash mélodique avec une pincée de progressif comprenant des titres aux multiples changements de rythme comme autant de feintes de corps pour déstabiliser l'adversaire.
Rythmiquement c'est costaud, avec un son de basse rond, très présent et une batterie bien lourde et solide. Ça frappe fort, ça vibre, ça vrombit, tantôt rapide, tantôt lourd, la paire Sheppard/Budbill se révèle terriblement efficace au corps à corps.
Question riffing, c'est tranchant, mélodique à souhaits comme autant de jabs, crochets ou uppercuts placés à bon escient. Question attitude, c'est sans démonstrations inutiles, du style, avec toujours le respect de l’adversaire à l'image des solis vifs et à la précision chirurgicale; Rutledge et Bosl sont solidement campés sur leurs appuis et le bagage technique est au dessus de la norme.
L'atout supplémentaire (et quel atout !), c'est l'énergie déployée par Dane. L'endurance d'un type qui possèdent trois poumons, une propension à monter dans les aiguës et sachant moduler à souhait ses cordes vocales avec une facilité et une technique vocale impressionnantes. Quelle coffre !

Ce challenger possède plusieurs types d'attaque dans sa panoplie.
L'attaque frontale à l'instar de Battle Angels, Die for my Sins et The Third War, puissants et mélodiques dans lesquels vitesse ne rime pas avec précipitation, au chant haut perché ne laissant d'autres choix à l'auditeur que de headbanguer. Petit détail anecdotique, à la fin de Battle Angels amusez-vous à monter le volume au max et vous entendrez le commandant de bord de Air Canada vous souhaiter un bon atterrissage sur l'aéroport de Toronto.
L’attaque subtile comme dans Termination Force, Soldier of Steel, Sanctuary qui alternent passages acoustiques, accélérations soudaines et variations de tempos. Tout est fait pour désorienter l'opposant mais le chant de Dane en fil rouge permet de rester au centre du ring.
J'accorde une mention particulière au magnifique Veil of Disguise dans lequel Warrel Dane livre une prestation ébouriffante, usant de sa voix, de ses voix devrais-je dire, parvenant à créer un climat dense aux multiples ambiances, tour à tour angélique, rageur pour un résultat provoquant la chair de poule pour mon cas personnel.

Afin de varier les approches, l'attaque en fausse patte, feinte de la main droite pour mieux asséner un crochet du gauche avec un Ascension to Destiny plutôt mid-tempo; riffs lourds, frappe sèche et ligne de chant tendue comme un arc prêt à décocher le coup décisif.
Coup décisif pouvant être porté par la botte secrète que tout bon pugiliste se doit de posséder. L’étonnante reprise gorgée d'électricité de White Rabbit popularisé par Jefferson Airplane pourrait bien être l'estocade recherchée.
On peut bien évidemment se poser quelques questions sur le bien fondé d'une telle reprise, mais en écoutant le solo incandescent en intro distillé par Mustaine en personne, le chant plus dans les médiums pour ce titre et le final toute en intensité électrique, force est de constater que le résultat est explosif et ne dénature en rien la tonalité de l'ensemble. Vingt cinq ans après, l'effet est toujours aussi percutant et électrisant.
Cette chanson aux paroles énigmatiques faisant référence au LSD a été également utilisée au cinéma dans le guerrier Platoon, dans le parano The Game, l'halluciné Las Vegas Parano, le noir La vérité Nue ou plus récemment dans le délire visuel qu'est Sucker Punch entre autres.

Au coup de gong final, les poids lourds de l'époque, trop nombreux remportèrent le combat aux points. Pas de défaite pour Sanctuary, mais difficile d'exister et de faire sa place dans cette déferlante d'albums ultimes.
Pour ceux qui le possèdent, il est toujours temps de ressortir ce Refuge Denied et de le glisser dans vos platines, plaisir garanti. Pour les autres, il est possible que certains soient déstabilisés par les vocalises d'un Warrel Dane aux poumons gonflés à l'hélium et avec un clamp fixé au scrotum, mais il serait dommage de passer à côté de l'avant Nevermore et du doux parfum de l'époque.
Sanctuary est un beau papillon sachant piquer comme l'abeille et qui se révélera être une paire d'années plus tard, un magnifique éphémère.

A suivre...

17 Commentaires

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OVERKILL77 - 12 Mai 2013: Je ne connais pas cet album, mais j'adore "Into the Mirror", alors Ouaip... pourquoi pas ?
MarkoFromMars - 27 Novembre 2013: Finalement la réponse à ma question n'était pas loin, quasiment sous mes yeux. En fait cette reprise de White Rabbit figurait déjà sur l'album de Serpent's Knight, le premier groupe de Warrel Dane.
samolice - 18 Décembre 2013:

Au fil des écoutes, j'ai parfois une préférence pour celui-ci, et parfois pour l'album suivant. Bref, je ne sais jamais lequel je préfère. Un album que j'ai d'ailleurs découvert dans une malette nommée "Highway playlist" qui trainait dans une voiture héhé.

Etonnant les intonations à la Halford de Dane quand on a suivi ensuite le bonhomme chez Nevermore. 

grogwy - 14 Janvier 2020:

Liste des groupes qui, après le succès qu'a connu Heathen en 1987 en reprenant "set me free" de Sweet, ont inclus (souvent sous la pression de leur maison de disques ou de leur label) une reprise sur leur album (ou EP) sorti en 1988 : 

Anthrax : antisocial (Trust)                                                

Assassin : pipeline (The Chantays)

Beowulf : cruisin' (Smokey Robinson)

Coroner : purple haze (Jimi Hendrix)

Death Angel : cold gin (Kiss)

Dr. Know : into the void (Black Sabbath)

Exodus : overdose (AC/DC)

Flotsam And Jetsam : saturday night's alright for fighting (Elton John)

Hallows Eve : sheer heart attack (Queen)

Helstar : he's a woman, she's a man (Scorpions)

Kreator : lambs to the slaughter (Raven)

Liege Lord : kill the king (Rainbow)

Megadeth : anarchy in the U.K. (Sex Pistols)

Nuclear Assault : good times, bad times (Led Zeppelin)

Omen : radar love (Golden Earring)

Pandemonium : radar love (Golden Earring)

Sacred Reich : war pigs (Black Sabbath)

Sanctuary : white rabbit (Jefferson Airplane)

Slayer : dissident aggressor (Judas Priest)

Testament : nobody's fault (Aerosmith)

Tankard : try again (Spermbirds)

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