Quietus

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Nom du groupe Evoken
Nom de l'album Quietus
Type Album
Date de parution 04 Fevrier 2001
Labels Dwell Records
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album67

Tracklist

Re-Issue in 2011 by Peaceville Records
1.
 In Pestilence, Burning
 08:42
2.
 Withering Indignation
 08:55
3.
 Tending the Dire Hatred
 07:11
4.
 Where Ghosts Fall Silent
 10:42
5.
 Quietus
 10:48
6.
 Embrace the Emptiness
 12:55
7.
 Atrementous Journey
 04:15

Durée totale : 01:03:28


Chronique @ Svartolycka

02 Juillet 2005
Un piano hésitant, un léger grésillement... C’est en ces termes que commence « Quietus », une traversée romantique où chaos rime avec désuétude morale et décrépitude musicale. En effet, la puissance d’Evoken n’est pas de nous plonger dans une bourrasque de violence, mais, au contraire de nous immerger dans un océan d’atmosphères lugubres, chaque note de catalepsie contienne une violence larvée qui se mue en un soufflet d’ambiance mélancolique telle une chute d’ange à moins qu’ils se soient changés en statues... ?

Après ce préambule, arrosé au beaujolais nouveau, il faut tout de même reconnaître que le groupe américain met la main directement à la patte pour injecter une aura de ruine dans cet album tragique. À la première écoute, on peut penser qu’Evoken touche énormément au style du groupe anglais My Dying Bride. On retrouve peut-être ce même tempo à la fois lourd et pesant, typique du doom tout en étant moins appuyé et plus évasif, la trace même de ma mariée mourante. Cependant, Le contenu du disque ne s’arrête pas là, bien que l’on sente que la période « As the Flowers Whiters » est largement perçue dans la globalité de ce disque : les voix rauques ponctuées à certains moments de chuchotements ténébreux, les notes accentuées, non, il y manque la touche anglaise et en cela, Evoken tire son épingle du jeu.

Il faut prendre « Quietus » comme une version glauque de My Dying Bride. Si l’on retrouve à peu près le style (certaines incursions de violons), le groupe américain pousse ces bases à leurs paroxysmes, la sonorité et plus sourde et semble figée d’où le rapprochement à la pochette de cette femme statufiée. Les guitares semblent se perdre, soit dans des saturations soit dans des arpèges monolithiques et les claviers légèrement mis de côté renforcent l’ambiance macabre du disque. Imaginez que sur un rythme pesant et sombre s’adjoignent des chœurs fantomatiques terriblement obscurs et là, vous touchez un son qui remue les tripes et vous saurez alors que les chœurs les plus éthérés, les orchestrations classiques peuvent donner la profondeur la plus viscérale qui soit.

Sans en avoir l’air « Quietus » a la marque des plus grands, une ambiance à retardement qui se sert du temps pour mieux le cristalliser et donner ainsi des titres atemporels qui à force des nombreuses écoutes nous enfoncent inéluctablement dans la dépression. Une dépression à forte odeur de renoncement et de vigne vierge entourant, agrippant étouffant ces formes humaines dans des méandres d’angoisses telle une prison.
Emprisonnement atmosphérique, Evoken signe là l’un des meilleurs albums de doom dans un état entre le dramatique et l’angoisse d’outre-tombe.

Y passer à côté serait un véritable sacrilège !

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Atmosfear - 10 Mai 2010: Bonjour, belle chronique ! je ne me lasse pas de cet album dont le "In Pestilence,burning" est difficilement oubliable....Addictif cet album me semble, après avoir acquis "Antithesis...", me semble lui être un cran supérieur, en termes de production, de son (il semble plus désincarné que "Quietus"), de composition et d'ambiance..attention , je ne veux pas dire qu'"Anthitesis of Light" n'est pas bon, mais après avoir survolé également les autres albums, je trouve que vraiment "Quietus" se détache du lot, en un mot, magistral !!!! 19/20 dirais-je, en somme...ce qui rejoint quelque part ta conclusion....
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Chronique @ BrutusBourrinus

13 Avril 2017

L'album ultime de Doom Death de l'époque.

Un craquement, un son lointain de claviers funéraires, puis la guitare qui fait son entrée accompagnée d'une batterie se traînant comme un animal à l'agonie, et Evoken accomplit le chef d'oeuvre.

A savoir, pour moi, l'album ultime de Doom Death du moment. Depuis leur démo, les cinq musiciens du New Jersey ont progressé de manière exponentielle. Ils disposent enfin du son parfait pour leur style, très profond, très large, très clair, gavé de delay et d'écho. Un son parfait pour lire le Chateau des Carpathes de Verne.

Leur formule est elle aussi parfaitement au point, et on se plait à penser à l'écoute de Quietus que jamais album de Doom Death n'a sonné... si Doom Death. Tout au plus perçoit-on une certaine originalité dans l'utilisation des claviers, très présents sur cet album, détachés du reste de la musique et fonctionnant comme une sorte d'orgue funéraire qui laisserait tomber les notes unes à unes, créant une sorte de boucle de sons descendants, une spirale qui entraîne vers le fond pendant que le reste du groupe joue à qui traînera le plus, sans pourtant rappeller l'omniprésence des orgues de Stormcrowfleet de Skepticism.

Les breaks toujours magistralement placés, la batterie abyssale et le chant de John Paradiso font le reste et une magie malsaine se dégage de la musique qu'Evoken nous propose ici. Pour tout dire, si l'ambiance est sans le moindre doute possible macabre et étouffante, le tout n'est pas dénué d'un lyrisme sombre qui touche presque au romantisme sur certains passages (fin d'In Pestilence Burning,). A d'autres moments, la musique se fait grandiloquente, presque symphonique, et il suffit de fermer les yeux pour véritablement vibrer à l'unisson (intro de Withering Indignation).

Pris entre de lourdes (et lentes) cavalcades de guitare (Tending the Dire Hatred) et de longs passages parsemés de notes diffuses ou d'arpèges à la guitare accoustique (Where Ghost Fall Silent), l'auditeur ne peut qu'être saisi d'un effroi, d'un frisson qui lui parcourt l'échine, chose tout à fait délicieuse pour tout amoureux de Doom. Cette alchimie entre les passages lourds et ceux plus atmosphériques, déjà présente sur la démo, montre qu'Evoken a réussi à assimiler et à s'approprier le code génétique inventé par Disembowelment, en le développant jusqu'à son summum. Tout sauf un mince exploit tant l'exercice est difficile, et Evoken s'en tire avec un brio jamais vu jusqu'alors.

Ma référence au Chateau des Carpathes n'était pas gratuite, car outre le lien musical entre les deux oeuvres (puisque l'oeuvre de Verne tourne autour d'une chanteuse d'opéra et de la malédiction qui la condamne à toujours répéter le même spectacle), il y a une similitude d'ambiance qui peut visuellement se matérialiser sous la forme de murailles humides, de caveaux obscurs, de couloirs infinis, par la folie omniprésente et le désespoir sans fond.

A vrai dire, et malgré des années d'écoute assidue et énamourée de ce chef d'oeuvre, la seule chose qui m'empêche de mettre la note maximale à Quietus, c'est la suite. Car sur les deux albums à venir, Evoken va réussir l'exploit, impossible à imaginer à l'époque de Quietus, de se dépasser...

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