Pachyderm Storm

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Nom du groupe The Witch (FRA)
Nom de l'album Pachyderm Storm
Type EP
Date de parution 10 Septembre 2012
Enregistré à Red Studio (FRA)
Style MusicalMetal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. Silent Death
2. The Burning Tree
3. Iron Head
4. Fear & Loathing
5. Pachyderm Storm

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The Witch (FRA)


Chronique @ MikeSlave

01 Mars 2014

Pour amateurs de Down, Blacktusk et Mastodon

Le Nord Pas de Calais. Une région qui m’évoque le RC Lens, la mullet de Tony Vairelles et les pires reportages des chaînes de la TNT. Une région sinistrée par un nombre important de destructions d’emplois, une contrée qui évoque une atmosphère de misère sociale lui collant à la peau comme le K-way mouillé de Dany Boon. Un terreau que l’on pourrait juger propice à l’émergence de formations toutes plus déprimées et déprimantes les unes que les autres.

Pour le coup, voilà que The Witch - une formation originaire de Douai et formée en 2010 - me renvoie au visage les honteux stéréotypes énoncés ci-dessus avec la sortie en 2012 d’un premier EP sobrement intitulé « Pachyderm Storm », autoproduit et enregistré au Red Studio.
Auto-produit oui, mal-produit non. Le travail réalisé sur la production est énorme et le rendu sonore est puissant, compact et clair.

Officiant dans un registre Sludge Metal mâtiné d’influences Stoner et vaguement Southern Metal, le combo propose une musique débridée et chaleureuse, puissante tout en restant mélodique, agrémentée d’un chant rocailleux mi-growlé mi-écorché qui fleure bon le Jack Daniels. Les guitares, tour à tour massives et accrocheuses, délivrent rythmiques grasses proches d’un Down survitaminé sur l’éponyme « Pachyderm Storm » et son intro sudiste en diable, et évoquent par moments un Entombed dans sa version la plus rock sur certains passage de « Silent Death ».
Néanmoins la mélodie est toujours présente par l’entremise de chorus inspirés et parfois alambiqués, démontrant l’aisance technique de la paire de guitaristes qui maîtrise manifestement tapping, sweeping et autres descentes de manche à très haute vitesse.
La section rythmique propose énormément de variations de tempi sans nuire à l’homogénéité du propos passant allègrement du mid-tempo bourré de groove au up-tempo fracassant et direct sur « The Burning Tree » et « Iron Head ». D’ailleurs il n’est pas rare que le percussionniste balance de sacrées rafales de double-pédale et s’aventure sur le terrain périlleux du blast-beat (attention ce n’est pas Deeds of Flesh).

Loin d’être un énième combo de Sludge lorgnant vers le stoner et le rock’n’roll, The Witch s’exprime à sa manière, moderne et personnelle, et propose une première production originale et prenante que je conseille aux amateurs de Down, Blacktusk, Mastodon et même d’Entombed dans sa période la plus éloignée du Death Metal. Néanmoins le meilleur reste à venir.

8 Commentaires

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adrien86fr - 01 Mars 2014: Merci Mike pour cette chronique qui me parle particulièrement, étant un petit fils d'immigrés polonais du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dont la tradition voulait que chaque visite chez mes aïeuls paternels se trouvait ponctuée d'un match à Bollaert. Que ceux qui se moquent des nordistes via les pourritures télévisuelles Tellement Vrai ou Les Ch'tis à Hollywood fassent ne serait-ce qu'une journée durant le travail que faisaient les anciens à la mine, après ils pourront parler et faire quelques liens de corrélation sociologique. Pour ce qui est du metal douaisien, à noter également le légendaire Scrotum ainsi qu' Ufych Sormeer et Syrens Call, entre autres.
Bolverkrheathenlord - 01 Mars 2014: Bonne chro' ca me donne envie de m'y intéressé effectivement j'aime bien Down sans avoir jamais approfondie une recherche (surtout des collègues qui écoutes), pareil pour Mastodon, en revanche Red Fang et Entombed c'est plus ma sauce... Du coups je prendrais mon temps pour m’intéresser de plus près à ces quelques groupes... Mais ce Witch en un premier temps car il y a pas mal d'éléments et de détails que tu site qui me plaise bien.
Merci pour cette chronique Mike.
MattMaiden - 07 Mars 2014: Merci pour la chro Mike, et je ne pensais pas un jour voir cité Tony Vairelles sur SoM ;)
Baboulinet - 10 Avril 2014: Merci pour cette superbe chronique Mike! Tu cites Entombed, ça fait bien plaisir!!! Et le mulet de Tony est mythique par ici! ;) J'ai hâte de lire ta chronique de Black Flo!! A bientôt et merci à tous pour vos comms bien sympa!!
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Chronique @ metalstormrider

15 Novembre 2017

A l’ouest rien de nouveau, mais au Nord…

Depuis le formidable coup de pub de « Bienvenus chez les Ch’tis », le Nord semble désormais plus connu pour son Maroilles et son Genièvre que pour le talent des groupes qu’il enfante… Injuste erreur que je vais tenter aujourd’hui de réparer en vous parlant de The Witch.

The Witch hante depuis quelques années déjà les terres du douaisis, célèbre pour les Gayants mais aussi pour sa difficile reconversion économique mais ça c’est une autre histoire. Ecoutons le premier essai de nos nordistes, accompagné, pourquoi pas, d’un sandwich au maroilles que vous tremperez à outrance dans du café à la seule condition de ne pas headbanger sous peine d'étouffement… Je rappelle également que le sandwich ne sera pas livré avec le skeud…

Je vais présenter une fois pour toute le groupe, et je n’y reviendrai pas sur les prochaines chroniques (comm’ i’sse fé tard, m’mère va m’ingueuler et comme j’ai pas d’lumière à min vélo…) Le groupe s’est formé en 2011 par quatre jeunes gens qui ont choisi de pratiquer sainement la musique plutôt que de céder à la déprime environnante. Ayant conquis un cercle de farouches fans à force de dates locales et d’une écriture de qualité, comme nous le verrons plus tard, le groupe s’est assez vite exporté en Belgique et aux Pays bas… Aujourd’hui, la sorcière à trois réalisations à son actif mais il convient tout de même de suivre son évolution et de s’intéresser à ce « Pachyderm Storm » proposant les 5 titres immortalisés sur l'Ep d’un The Witch balbutiant…

Musicalement, The Witch est le rejeton d’une sacrée fornication (ouille !!!) elle même issue d’un gang bang (aille !!!) entre Motorhead, Dismember, Cannibal Corpse, Maiden, (… à force on ne sait plus trop...et c’est tant mieux!) proposant un Sludge percutant. Ne vous fiez pas à la pochette, ni au titre de l’album, il n’y a pas vraiment de comparaison à faire avec Mastodon. Je dirai même que c’est encore pire, après analyse ADN, on retrouve pas mal de Death metal sur la troisième paire du chromosome 64 … Musicalement, la créature est complexe. Faisons un Track By Track pour l’étudier de manière plus précise :

Après une courte introduction, « Silent Death », qui ouvre l’album, nous plonge directement dans cette complexité, les musiciens de The Witch ne choisissent pas la facilité. Choses sûres, bien que technique, ce « Silent Death » reste accessible, et la seconde, nos gratteux portent un amour incommensurable pour les harmoniques sifflantes. Bien qu’il s’agisse d’une démo, ce premier titre semble être un gage de qualité, que ce soit en termes de songwritting que de compositions, beaucoup de groupes professionnels ne feraient pas mieux en ce qui concerne les placements et les variations rythmiques.

« The Burning Free » montre, quant à lui, le sens de la mélodie, présentant une superbe introduction aux mélodies finement ciselées puis ce côté très lourd et très sombre se rapprochant de la scène Black/ Death du début des années 90’s. Le tout se mélange avec ce côté punk/deathcore indéniable, mais parfaitement fondu dans la composition, c’est cette facilité d’intégration qui fait la force du Sludge de The Witch qui n’est finalement pas sans faire penser à des pointures telles que Dissection ou encore Entombed.

Alors qu’ « Iron Head » délaye ses rythmiques sans concession, arborant toujours les couleurs du Death teintées de rythmiques punks… Mélodique, agressif jusque dans le songwritting, « Fear and Loathing » montre un côté mid tempo et épique, massif toujours ponctué de mélopées inventives et parfaitement maîtrisées… et ce final montrant le souci de l’harmonisation pour ce groupe, qui je le rappelle n’en est qu’à sa première réalisation.

"Pachyderm Storm", dernier titre de cette démo, surprend par sa superbe intro bluesy. Le groupe serait-il également un grand fan d’Alter Bridge? Rassurez vous, ce titre ne se détache pas foncièrement des autres, offrant le même panache, la même technicité et la même lourdeur.

Bien sûr nos jeunes gens restent très démonstratifs maîtrisant soli, envolées rythmiques, mais c’est le style qui l’impose. De plus, cet Ep est très largement accessible malgré sa complexité. Le but d’une démo, c’est aussi de montrer de quoi on est capable… Djul, à la fois organe vocal et second guitariste de la terrible formation, possède une voix est assez surprenante, à la croisée d’un Lemmy un peu grippé et d’un Raphael Couturier officiant chez un Carcariass qui ne nous donne plus de nouvelles… Surprenante, mais pas mauvaise, son côté un peu crade s’intègre parfaitement dans cet EP.

Côté son c’est perfectible, bien sûr, mais le son est cependant plus que correct pour un premier essai et côté Artwork, ils ne se sont pas foutus de notre gueule non plus…

La relève est assurée et arrive à grand pas, The Witch, avec ce « Pachyderm Storm » surprend, possédant déjà énormément de caractère et de savoir-faire pour pouvoir pointer le bout de son nez dans la cour des grands. To Be Continued…

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