Our Stories

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17/20
Nom du groupe Liv Moon
Nom de l'album Our Stories
Type Album
Date de parution 21 Décembre 2022
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Daybreak
 05:24
2.
 Never...
 04:59
3.
 Addiction
 04:01
4.
 Anemone
 05:40
5.
 Symphonia
 05:03
6.
 El Dorado
 05:41
7.
 Hourglass
 05:04
8.
 Fighter
 06:25
9.
 The Lament (soLi Cover)
 04:51

Durée totale : 47:08

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Liv Moon


Chronique @ ericb4

06 Janvier 2023

Un retour sur des chapeaux de roue pour le combo tokyoïte...

Six ans déjà depuis son EP « R.E.D » que le prolifique combo japonais n'avait plus fait parler de lui. Une éternité pour sa fanbase ! Se plaisant à déjouer tout pronostic, le voici donc de retour avec un sixième album full length sous le bras, répondant au nom de « Our Stories », que dix longues années séparent d'un poignant « Symphonic Moon » et d'un dantesque « The End of the Beginning ». Le temps pour le sextet tokyoïte d'affûter encore ses gammes, de procéder à un remaniement de fond de son équipage, mais aussi de changer de label, ce dernier ayant alors troqué le puissant label nippon Victor Entertainement pour Walküre Records, bien plus jeune et modeste maison de disques locale. Aussi, à l'aune des neuf pistes de ce nouvel arrivage diffusé quelque 14 ans après sa sortie de terre, la troupe nippone nous livrerait-elle dès lors un message musical novateur, ou du moins susceptible de bousculer les plus tenaces de nos certitudes ? Ne resterait-elle pas conforme à un metal symphonique classique, celui-là même qui a participé de son heure de gloire ? En viendrait-elle à conjuguer ses fondamentaux stylistiques avec quelques sonorités empreintes de modernité ?

Mené tambour battant par l'émérite mezzo-soprano Akane Liv et le fin claviériste Tatsuya Nishiwaki, le groupe a ici sollicité l'expérience et les talents de : Masaki (Daida Lada, Masaki Project, ex-Metal Clone X...) à la basse ; Kentaro (Daida Lada, ex-Gargoyle...) aux guitares ; Saori Hoshino (Bellfast, soLi) au violon et aux choeurs ; Hideki Harasawa (Alhambra, Ultima Grace...) à la batterie. Avec le concours, pour l'occasion, de Yuya Maeta (Marty Friedman) derrière les fûts et d' Isao (soLi) aux guitares. Si, de cette étroite collaboration émane un propos rock'n'metal mélodico-symphonique à la fois racé, enjoué, solaire et d'une redoutable efficacité mélodique, les sonorités japonisantes qu'il contient confèrent au méfait authenticité et originalité. Ce faisant, l'ombre de Nightwish, Xandria ou d' Edenbridge, mais aussi celle d' Ishtar plane sur l'une ou l'autre portée dispensée. Jouissant, par ailleurs, d'une production d'ensemble de fort bonne facture, à commencer par une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut et des finitions passées au crible, cette fraîche offrande assure un confort auditif incitatif à l'écoute d'un seul tenant des 47 minutes de la rayonnante galette. Mais entrons sans plus attendre dans la danse...


Comme il nous y avait accoutumés, le collectif nippon révèle sa capacité à concocter ces séries d'accords qui, longtemps encore après leur première écoute, resteront gravées en mémoire. A commencer par ses passages les plus enfiévrés. Ainsi, un headbang bien senti ne saurait être esquivé sous le joug des inaliénables coups de boutoir que nous assène « Daybreak », up tempo à la confluence d' Ishtar et Nightwish. Délivrant un refrain immersif à souhait mis en exergue par les enivrantes inflexions de la sirène, agrémenté de deux fuligineux soli de guitare et infiltré d'un délicat coup d'archet, l'entraînant effort ne se quittera qu'à regret. Par ailleurs, nous faisant renouer avec les premières amours du groupe, l'offensif « Addiction » comme le trépidant « El Dorado » essaiment tous deux une sidérante force de frappe assortie d'arpèges d'accords qu'on entonnerait à tue-tête ainsi qu'un fin legato à la lead guitare. Mais le magicien aurait encore quelques tours dans sa manche et des meilleurs...

Parmi les plages un tantinet moins véloces, nombreuses sont celles s'avérant aptes à nous retenir plus que de raison. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Never... », tubesque mid tempo syncopé où le vigoureux violon comme le toucher d'Isao à la guitare font mouche où qu'ils se meuvent. Mis en relief par les troublantes impulsions de la déesse, couplets finement ciselés et refrains entêtants glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. Dans cette dynamique, on retiendra également « Hourglass » tant pour les assauts répétés de sa basse vrombissante et les larmes versées par un violon mélancolique que pour ses rampes synthétiques un brin surannées et la chaleur prodiguée par son atmosphère jazzy. Tout aussi complexe mais guère moins empreint de délicatesse, « Symphonia », quant à lui, se pose tel un intrigant mid/up tempo metal symphonique classique doublé de troublantes sonorités japonisantes ; recelant un solo de guitare que n'aurait nullement renié Lanvall (Edenbridge) et mené par une frontwoman bien habitée, l'énigmatique mouvement ne saurait davantage laisser le chaland de marbre.

Lorsqu'il en vient à flirter avec le progressif, le combo nous aspire, là encore, et sans mal, dans la tourmente. Ce que prouve, d'une part, l'''ishtarien'' low tempo progressif « Anemone » ; pourvu de furieux coups de boutoir signés Yuya Maeta et d'un flamboyant solo de guitare estampé Isao, auxquels s'adjoint un violon libertaire, et là encore magnifié par les ensorcelantes patines de la princesse, ce titre joue dans la catégorie des hits en puissance que l'on se plaît à se passer et repasser, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. Mais l'une des pièces maîtresses serait à chercher du côté de « Fighter » ; s'offrant telle une fresque symphonico-progressive bénéficiant d'arrangements de bon aloi, l'orgiaque offrande déverse parallèlement de sémillantes séries de notes ainsi qu'un pont techniciste à l'opportun positionnement, révélant par là même le brio des instrumentistes investis ; à la belle, eu égard à ses magnétiques volutes d'achever de nous convaincre de ne pas quitter prématurément le navire.

Quand l'ambiance se fait plus feutrée, nos acolytes se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre « The Lament », somptueuse ballade atmosphérique reprise de soLi. Glissant le long d'une radieuse rivière mélodique, relevée de légers roulements de tambour, surmontée d'un poignant coup d'archet, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques, et agrémentée d'un habile legato octroyé par le guitariste de soLi, qui n'est autre qu' Isao, la tendre aubade n'aura pas tari d'armes pour nous faire plier l'échine. A la maîtresse de cérémonie, au regard de ses hypnotiques envolées lyriques, de contribuer à rendre cet instant privilégié magique. Chapeau bas.


S'il demeure le plus souvent conforme aux codes d'un metal symphonique classique, pas l'once d'une fausse note n'est à déplorer sur ce sixième mouvement. Une longue attente soldée par un album à la fois palpitant, rutilant, pénétrant et doté d'un petit supplément d'âme ; variant ses ambiances comme ses phases rythmiques à l'envi, diversifiant ses exercices de style tout en témoignant d'un brin d'originalité, magnifié, comme à l'accoutumée, par la diva, cet opus comblera tant le fan de la première heure que celui de ce registre metal. D'aucuns auraient sans doute souhaité l'une ou l'autre joute oratoire et/ou d'autres digressions encore pour se sustenter. De relatives carences toutefois compensées par une technicité instrumentale difficile à prendre en défaut et des lignes mélodiques finement sculptées et, le plus souvent, immersives. Aussi, quatorze ans après sa création, assistons-nous à un retour sur des chapeaux de roue du combo tokyoïte...

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