Circle of Life

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15/20
Nom du groupe Liv Moon
Nom de l'album Circle of Life
Type Album
Date de parution 19 Juin 2024
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Don't Cry
 05:53
2.
 Flowing
 04:41
3.
 Seize the Days
 04:08
4.
 This World...
 05:08
5.
 Nessun Dorma
 04:40
6.
 Black Poison
 05:06
7.
 Craving
 05:27
8.
 Requiem 〜Moon Version〜
 06:26
9.
 Halloween Party
 04:02
10.
 You Live in Me
 05:49

Durée totale : 51:20

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Liv Moon


Chronique @ ericb4

02 Juillet 2024

Une œuvre à la fois sanguine, racée et un brin audacieuse...

Nous ayant laissés sur le souvenir ému d'un sixième album full length des plus rayonnants, « Our Stories », en 2022, que suivront le modeste mais seyant EP « You Leave in Me » ainsi que le single « Seize the Days », deux ans plus tard, d'aucuns pouvaient légitimement subodorer que le combo tokyoïte n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Pari gagné ! Aussi, l'inspirée formation nippone reviendra-t-elle dans les rangs quelques semaines plus tard à peine, dotée d'un septième opus de longue durée répondant au nom de « Circle of Life », sorti, tout comme son illustre aîné, chez le jeune label local Walküre Records. Ce faisant, les dix plages que compte la galette s'inscriraient-elles dans la droite lignée stylistique et atmosphérique de sa devancière ? Si tant est que les fondamentaux metal mélodico-symphonique propres au collectif soient préservés, se pourrait-il que de nouvelles sonorités s'invitent parallèlement à nos tympans, celles qui, précisément, conféreraient à ce propos sa signature même ?

Dans ce dessein, le line-up a subi une refonte partielle. Aux côtés de l'émérite mezzo-soprano Akane Liv évoluent désormais : Masaki (Daida Lada, Masaki Project, ex-Metal Clone X...) à la basse ; Kentaro (Daida Lada, ex-Gargoyle...) aux guitares ; Saori Hoshino (Bellfast, soLi) au violon ; Yuya Maeta (membre live chez Marty Friedman), en remplacement de Hideki Harasawa (Alhambra, Ultima Grace...), à la batterie. Le claviériste de longue date, Tatsuya Nishiwaki, ayant récemment quitté le navire, le sextet d'hier se voit désormais mué en un plus modeste mais non moins fringant quintet. De cette fructueuse collaboration naît un essai metal mélodico-symphonique et progressif à la fois pimpant, charismatique, enivrant, un brin japonisant, dans la veine de son prédécesseur, où les ombres de Nightwish, Xandria, Edenbridge et Ishtar planent à nouveau sur l'une ou l'autre mesure esquissée. Cela étant, ce set de compositions bénéficie, à son tour, d'une production d'ensemble rutilante, témoignant de finitions passées au peigne fin et d'une belle profondeur de champ acoustique. De quoi nous intimer d'aller explorer plus en profondeur la cale du navire...


Comme il nous y avait habitués, le groupe parvient à nous aspirer dans la tourmente sans avoir à forcer le trait. Ce dont témoignent, en premier lieu, ses passages les plus abrasifs. Ainsi, au regard de ses grisantes séries d'accords, de ses enchaînements intra piste ultra sécurisés, de son fin legato à la lead guitare et de sa basse délicieusement claquante, c'est d'un battement de cils que le pulsionnel et ''xandrien'' « Flowing » nous prendra dans ses filets. Dans cette dynamique, s'inscrit également le rageur « Seize the Days » ; n'ayant de cesse de nous asséner de virulents coups de boutoir, laissant entrevoir un virevoltant coup d'archet, tout en sauvegardant une sente mélodique, certes, déjà empruntée mais des plus immersives, sur laquelle se calent les fluides inflexions de la déesse, le ''tubesque'' méfait générera, à n'en pas douter, un headbang bien senti et quasi ininterrompu. On pourra encore retenir aussi bien le trépidant et ''jamesbondien'' « Black Poison », tant pour la soudaineté de ses accélérations et son entêtant refrain que pour la délicatesse de ses gammes pianistiques, que l'enjoué et complexe « Craving », à la lumière de ses arrangements instrumentaux aux petits oignons.

Quand il en vient à varier ses phases rythmiques à l'envi, le combo trouve à nouveau les clés pour nous retenir, un peu malgré nous. Ce que démontre, tout d'abord, « Don't Cry », invitant et ''nightwishien'' mid tempo progressif aux riffs crochetés, eu égard aux galvanisantes montées en régime de son corps orchestral et à sa mélodicité toute de fines nuances cousue. Mis en habits de lumière par les pénétrantes oscillations de la sirène, disséminant de saisissantes variations atmosphériques et recelant un bref mais sémillant solo de guitare, le palpitant effort ne se quittera qu'à regret. On ne saurait davantage éluder « This World... », mid tempo progressif aux riffs épais et pourvu d'un martelant tapping. Sous-tendu par un violon libertaire, doté d'un entêtant refrain recelant des growls en faction judicieusement positionnés, et livrant, à son tour, un éblouissant solo de guitare à mi-morceau, nombreuses sont les armes du brûlot pour se jouer de toute tentative de résistance à son assimilation. Un poil plus intrigant, le polyrythmique « Nessun Dorma », lui, démarre telle une ballade a-rythmique d'obédience opératique que souligne un violon larmoyant, avant de prendre l'ascendant à mi-piste pour déboucher sur un final en crescendo des plus étourdissants. Chapeau bas. Dans cette mouvance, et non sans renvoyer aux premiers émois du combo, le classieux low tempo progressif « Requiem 'Moon Version' », pour sa part, offre de savoureuses variations atmosphériques infiltrées par les angéliques impulsions de la princesse, ainsi qu'un fuligineux solo de guitare, Et la magie opère, une fois encore.

S'il n'a pas été laissé pour compte, l'aficionado de moments intimistes devra toutefois patienter jusqu'au finisher, « You Live in Me », pour trouver matière à se sustenter. Une attente récompensée par une ballade romantique jusqu'au bout des ongles, dans la plus pure tradition du combo japonais. Se parant à la fois d'un sillon mélodique des plus enveloppants, d'un violon profondément mélancolique et des ensorcelantes envolées lyriques de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié fera assurément plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Est-ce à dire que le sans-faute serait au bout du chemin ? Pas tout à fait. Ainsi, calé sur une sente mélodique en proie à de tenaces linéarités et disséminant des séquences d'accords aussi déconcertantes que répétitives, le théâtralisant et époumonant « Halloween Party » ne saurait faire jeu égal avec ses voisins de bobine. On passera donc son chemin, cette fois.


A la lecture d'un mouvement aussi torrentiel et bien habité que rutilant, force est de constater que le combo tokyoïte n'a pas plaint sa peine et qu'il nous mène en des terres un tantinet plus éruptives qu'à l'accoutumée. Tout en préservant ses fondamentaux metal symphonique, le collectif a parallèlement consenti à l'octroi de quelques sonorités inédites, contribuant, de fait, à conférer à ce septième élan une saveur à la fois épicée et acidulée. Etat de fait qui pourra interpeller aussi bien un tympan déjà sensibilisé aux travaux de la formation nippone qu'un fan d'un metal symphonique opératique et progressif. S'il se fait parfois complexe et qu'un bémol s'invite malgré tout à la danse, ce nouvel élan témoigne néanmoins d'une technicité instrumentale bien huilée, de mélodies au trait délicat et soulignées par les charismatiques volutes de la diva. Et si elle se place un poil en-deçà de son illustre devancière, il n'en demeure pas moins que l'on effeuille là une œuvre à la fois sanguine, racée et un brin audacieuse...

2 Commentaires

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despairhate - 05 Juillet 2024:

Il me parait pertinent de préciser, et je suis étonné que vous ne l'ayiez fait, que NESSUN DORMA et REQUIEM sont des variations autour de ces célèbres thèmes de la musique classique (le NESSUN DORMA de l'opera "Turandot" de Puccini, et le mouvement "dies irae" du REQUIEM de Mozart, également repris par Dark Moor sur leur album Gate Of Oblivion) :-)

ericb4 - 06 Juillet 2024:

Merci, tout d'abord, pour votre retour. Vous avez raison, j'aurais pu, et même dû, apporter ces éclairages complémentaires, permettant de préciser de quelles oeuvres ces deux titres en sont des variations. Je veillerai à y être plus attentif pour le prochain album du groupe, que la musique classique avait déjà inspiré. Cela dit, j'espère que vous avez également apprécié cet opus, que j'ai trouvé aussi grisant que surprenant!

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