…Of Frost and War

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16/20
Nom du groupe Hail Of Bullets
Nom de l'album …Of Frost and War
Type Album
Date de parution 19 Mai 2008
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album147

Tracklist

1.
 Before the Storm (Barbarossa)
 02:00
2.
 Ordered Eastward
 04:42
3.
 The Lake Ladoga Massacre
 04:45
4.
 General Winter
 05:52
5.
 Advancing Once More
 05:07
6.
 Red Wolves of Stalin
 05:06
7.
 Nachthexen
 04:25
8.
 The Crucial Offensive (19-11-1942, 7.30 AM)
 04:21
9.
 Stalingrad
 05:03
10.
 Insanity Commands
 04:41
11.
 Inferno at the Carpathian Mountains
 04:58
12.
 Berlin
 06:31

Durée totale : 57:31


Chronique @ Fabien

03 Juin 2008
Né fin 2006 autour de Martin Van Drunen, Stephan Gebédi & Ed Warby, officiant respectivement au sein d’Asphyx, Thanatos & Gorefest, Hail of Bullets est la réunion de principaux acteurs des débuts de la scène deathmetal hollandaise, nostalgiques de cette époque particulièrement riche en souvenirs et en créativité. Une seule démo enregistrée en 2007 suffit à attirer l’attention du label Metal Blade, débouchant sur les sessions de …Of Frost and War aux excellents studios Excess & Unisound, puis sur sa sortie en mai 2008.

Album concept articulé autour des batailles sanglantes sur le front de l’est durant la seconde guerre mondiale, …Of Frost and War renvoie une imagerie très guerrière, rappelant immédiatement les sujets si chers à Bolt Thrower. Cette comparaison s’applique également à sa musique, véritable concentré de deathmetal de la première époque, possédant la lourdeur rythmique du combo britannique, mais aussi les riffs tranchants d’Asphyx et le groove de Gorefest (grâce au jeu très fluide d’Ed Warby), à l’image du redoutable titre Ordered Eastward, distillant parallèlement des pointes mélodiques dignes d'Edge Of Sanity, tels Carpathian Mountains & Berlin, qui clôturent l’album sur une pointe mélancolique & émotionnelle fort judicieuse.

Le point fort d'Hail of Bullets réside bien sûr dans l'intégration de Martin Van Drunen, qui délivre son guttural arraché inimitable, invitant tous les vieux deathsters à lâcher une larme de nostalgie lors des premières écoutes. En outre, la puissance de la production d’Hans Pieter et la clarté du mixage de Dan Swanö ne gâchent en rien l’ancrage de …Of Frost and War dans un death old school fortement marqué, restituant fidèlement le son de l'époque et le grain si particulier de ses guitares.

Loin de tout déballage technique, Hail of Bullets valorise avant tout l’efficacité de ses rythmiques, la puissance de ses riffs et l’épaisseur de ses ambiances. Plusieurs structures ont toutefois tendance à se ressembler, se démarquant difficilement les unes des autres, faute à des riffs simples & directs souvent similaires. Ainsi, malgré ses alternances judicieuses entre passages lourds et rythmiques entrainantes, …Of Frost and War instaure parfois un sentiment de lassitude, qui se dissipe toutefois rapidement à l'écoute de pépites telles que The Lake Ladoga ou Red Wolves, ou encore dès l'approche de ses derniers morceaux, tel le superbe et mémorable Berlin, surprenant par leur intensité et la richesse de leurs atmosphères.

Sans prétention technique, …Of Frost and War délivre un death old school authentique, aux ambiances particulièrement épaisses, loin de nombreuses productions aseptisées du moment, restaurant ainsi minutieusement les codes du deathmetal des premières heures, comblant dès lors les nostalgiques de cette période atemporelle. En bénéficiant déjà d'une identité proprement marquée, Hail of Bullets synthétise en effet l'essence des ténors du death européen des années 80/90, tels Bolt Thrower, Asphyx, Grave, Gorefest & Edge Of Sanity, avec une justesse et une sobriété remarquables.

Fabien.

11 Commentaires

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Serval - 04 Juin 2008: mon coup de coeur Death du moment.
Ni plus, ni moins ...
Fetus - 05 Juin 2008: Et bien non Beergrinder, je ne connaissais pas Van Drunen et Pestilence!
sijj - 25 Janvier 2009: Oui, très bon album, très puissant et à l'ambiance très lourde, un char d'assaut!
Fabien - 06 Fevrier 2009: Ah oui ! Van Drunen, pour nous les anciens, c'est vraiment quelqu'un. Une légende vivante quoi. Sur Of Frost and War, il y a un titre qui se détache du lot, le genre de morceau pour lequel je sors uniquement le CD pour écouter le titre en boucle, encore et encore : c'est Berlin, mélange parfait de puissance et d'émotion. A en pleurer... Un peu comme le titre As My Soul Gazes de Deathevokation, pour lequel je vais bientôt dépasser le millier d'écoutes.

Fabien.
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Chronique @ metalpsychokiller

25 Janvier 2009
Un champ de ruines, des cadavres, un char détruit, des couleurs noirâtres et grisâtres… L’artwork cover de ce premier opus délivré par Hail of Bullets est « puant », parfaitement réussi, et annonciateur du contenu de ce …Of Frost and War.

Revisitant en 12 plages l’enfer de la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement le front germano-soviétique ; le combo néerlandais d’Amersfoort fondé en 2006 est composé de Martin Van Drunen (chant/Asphyx, ex Pestilence, ex Bolt Thrower), Theo Van Eekelen (basse/ex Houwitser), Ed Warby (batterie/Gorefest), et des deux guitaristes de Thanatos, Paul Baayens et Stephen Gebedi .Le quinton, après une signature chez Metal Blade, assène donc sa première offrande conceptuelle, dévastatrice et ravageuse. Cet album suinte la destruction, les faces malsaines et dégénératives qu’engendrent les guerres, et pour imager ce malaise, on pourrait comparer les titres le composant à certaines scènes cinématographiques de « Croix de guerre » avec James Coburn : une chape de plomb explosant férocement sous l’impact de la haine, la souffrance, la misère et la mort…
Réjouissant tout cela, n’est il pas ?

Musicalement, puisque cela vous intéresse aussi un tant soi peu, on est face à un True Death Metal saucé old school, virulent et speedant à merveille par intermittences. La batterie martèle à souhaits, la 4 cordes assène sans coup férir et assure un fond sonore énorme, et les riffs guitaristiques gras et épais sont ciselés et puissants. La perfection de la production, mixée et masterisée par le maitre Dan Swano (Katatonia, Marduk, Dissection, Dark funeral…etc. excusez du peu…) rend un ensemble monolithique, surpuissant et impossible à stopper, vous donnant le sentiment qu’un char lancé à pleine vitesse vous arrive dessus.

Quelques onces d’originalité (pas assez ?) pour casser l’homogénéité de la galette et vous préparez à la mission suivante où à l’assaut obligé : Le « Before the storm-barbarossa- »initial, introduction parfaitement réussie et semblant par exemple vous faire planer au dessus du conflit dont vous vous rapprochez inexorablement jusqu’à y être largué en son beau milieu… « General winter »et ses sirènes acerbes, son tempo corrosif, saccadé et démoniaque. Des « chiens rouges de Staline » quasi thrashy, un « Ordered eatstward »de headbangers », un « enfer dans les Carpathes » judicieusement et justement intitulé, et un grandissime « Berlin »de clôture pour les survivants…

Un War (thrash?)/Death metal ciselé de par ses tempos lents, middle ou speed, mais toujours syncopés ; ses breaks de superbes tenues ; et profitant en outre d’un « Singer » taillé pour la circonstance. Du grand art en effet que la partition du hurleur, guerrière et sur boostée, avec en plus sur certains passages une ressemblance appuyée avec le timbre de Lemmy Kilminster un lendemain de beuverie et en pleine crise de nerfs…
Conclusion, le true death metal old school n’est pas mort –n’en déplaise au ptit tank trashy des jeunots de Warbringer…- et ce « Of frost and war » en est un exemple type et marquant…

Nota : L’artwork cover est signé Evil Mickey (Gorerotted, Deathcult…)

16/20 METALPSYCHOKILLER

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Chronique @ BrutusBourrinus

01 Avril 2017

Puissant, cohérent, fanatiquement jouissif.

Des groupes comme Hail of Bullets, il y en a tant et plus depuis quelques années. La vague de "super-groupes" est loin d'être tarie, et les vétérans s'en donnent à coeur joie. C'est ainsi qu'après les Anglais (Lock-Up), les Finlandais (Chaosbreed) et les Suédois (God Among Insects) c'est au tour des Hollandais de montrer leur savoir-faire. Disons-le tout net : Hail of Bullets, c'est l'oeuvre de Martin Van Drunen et Ed Warby, le premier s'étant chargé du concept et des paroles, le second de la musique. Et ça se sent fortement à l'écoute, puisque cette formation navigue entre Gorefest, Bolt Thrower et un peu d'Asphyx.

C'est donc un Death Old School que ces vieux routiers nous proposent, et non des moindres. Tout l'album baigne dans une ambiance du début des années 90. Entre les variations de rythmes, cavalcades effrénées alternées avec des mid tempo écrasants, et le chant râpeux d'un Van Drunen dans une forme olympique, on est agréablement surpris par la maîtrise de la chose. Et merde ! Hail of Bullets a sorti un des tout meilleurs albums de Death de ces dernières années, et probablement le meilleur de la vague actuelle. C'est dit.

Parlons d'abord musique. L'album démarre, après une intro de bon aloi toutes sirènes hurlantes, sur une tuerie thrashisante, Ordered Westward, suivie de deux titres plus lents mais comptant des accélérations frénétiques. Tout au long de la galette alternent ainsi les ambiances, suivant en cela le déroulement du conflit à l'Est qui constitue la substantifique moelle de l'oeuvre. Car tout l'album est fondé sur la trame écrite par Van Drunen, et les enchaînements de titres se font l'écho des phases de cet affrontement dantesque. Advancing Once More reprend sur un rythme plus soutenu, celui de l'offensive allemande du printemps 1942, appuyé par un riff principal propice au headbang et un solo mélodique du plus bel effet. Red Wolves of Stalin accélère encore, et voici venir le premier tribut à Bolt Thrower sous la forme de Nachthexen, où le riff principal est un décalque exact des meilleures intentions des fantassins anglais, et à nouveau un solo mélodique déchirant de mélancolie en conclusion. Après l'accélération de The Crucial Offensive arrive enfin le summum de l'album à mon goût, l'encore très Bolt Thrower Stalingrad, dont la construction fait fortement penser au titre Those Once Loyal. La suite pourrait s'avérer lassante, encore qu'Inferno at the Carpathian Mountains envoie sec (et ce solo !), mais c'est surtout Berlin qui conclue à la fois la guerre et l'album, s'avère être une excellente surprise, un titre quasiment atmosphérique, noir, désespéré, à l'instar des derniers défenseurs de la capitale du Reich.

Ed Warby a donc méchamment assuré sur sa part du boulot. On a tout ce qui fait un grand album, avec comme ingrédients des passages rapides furieux d'où le blast est proscrit, des passages mid tempo écrasants, des soli mélodiques de toute beauté, des breaks assassins et surtout, surtout, ce qui fait définitivement tout le charme de cette oeuvre... le chant de Van Drunen ! Car le Hollandais lunatique est de retour en très grande forme et nous fait profiter d'une prestation incroyable. Son chant rauque, râpeux, poussif convient parfaitement au genre et donne par moments des frissons, comme sur ces longs cris qui accompagnent parfois les reprises de break. Il prouve ici qu'il fait partie de la légende du Death Metal, dont il est sans le moindre doute possible un des meilleurs vocalistes. Et à ceci ne s'arrête pas son mérite, puisque c'est sur son concept et ses paroles, redoutablement documentés, qu'est bâtie toute la structure de la musique. Il est difficilement concevable de composer un album qui colle à ce point à l'histoire racontée. Tout au long des titres, on ressent la dimension épique et sombre du choc entre deux titans et l'horreur d'un conflit où l'homme, le soldat, n'a plus sa place.

Pour finir, la production est remarquable, extrêmement puissante mais absolument pas synthétique ou stérile. Les guitares grésillantes et le chant sont particulièrement mis en avant, mais la batterie et la basse ne sont pas en reste, même si les fréquences basses ne sont pas celles qui ont été le plus avantagées au mix. Du reste le son est quasiment parfait, agressif, sale, mais audible et idéal pour une écoute avec le volume à fond.

On ne peut qu'espérer, face à une telle maîtrise, que le groupe ne va pas s'arrêter là, et que Hail of Bullets continuera à nous gratifier d'albums d'un tel niveau, tant il est devenu rare d'avoir à se mettre sous la dent et dans les oreilles quelque chose d'aussi puissant, d'aussi cohérent et d'aussi fanatiquement jouissif.

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