Night Songs

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17/20
Nom du groupe Cinderella (USA)
Nom de l'album Night Songs
Type Album
Date de parution Juin 1986
Enregistré à Bearsville Studios
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album294

Tracklist

1.
 Night Songs
 04:04
2.
 Shake Me
 03:44
3.
 Nobody's Fool
 04:49
4.
 Nothin' for Nothin'
 03:34
5.
 Once Around the Ride
 03:23
6.
 Hell on Wheels
 02:49
7.
 Somebody Save Me
 03:16
8.
 In from the Outside
 04:07
9.
 Push, Push
 02:52
10.
 Back Home Again
 03:30

Durée totale : 36:08


Chronique @ adrien86fr

20 Octobre 2010
1985, Empire Rock Club de Philadelphie. Jon Bon Jovi passe une soirée au sein de ce club qui prête régulièrement sa scène aux groupes amateurs locaux. L’un d’eux nommé Cinderella envoûte ce soir là l’assistance de son glam metal bluesy tant hérité de Judas Priest que de Led Zeppelin… Grâce à ce clin d’œil du destin, l’histoire de Cinderella avec le music business débute comme un conte de fée, le combo signant quelques semaines plus tard un contrat discographique avec Mercury/Polygram Records.

L’album « Night Songs » sort le 2 août 1986 pour le plus grand plaisir des amateurs et surtout amatrices de hair metal, courant musical le plus en vogue au pays de la bannière étoilée en cette année ayant vu naître l’auteur de cette chronique. Le bal commence avec « Night Songs » et son mid tempo dévastateur. L’ambiance est bien plus rock que metal, un rock racé qui transpire le blues, sur lequel le vocaliste Tom Keifer gratifie l’auditeur de sa voix aiguë plus que de norme. « Shake Me » accélère le rythme pour offrir à l’auditeur un titre énergique et efficace doué d’un refrain catchy. Sans aucun doute, nous aurons droit ici à un album efficace dans la lignée de beaucoup d’autres productions d’une époque si fertile en termes de hard rock et de heavy metal. Seule ballade du disque, « Nobody’s Fool » s’avère être le soulier de vair de l’album, magnifiant ce dernier d’un classe rare. Plaintive, l’émotion qui se dégage de ce titre n’a d’égal que la sensibilité audible de Keifer sur cette diatribe d’un amour à sens unique. Néanmoins avec ce disque, Cinderella ne perd pas de vue l’efficacité essentielle du style hair metal, qui rappelons le, est un style commercial qui se doit de séduire la masse dans un but lucratif semi avoué.

Ainsi la présence sur ce « Night Songs » de morceaux formaté FM, à l’image d’un « Nothin’ for Nothin’ » sur lequel Jon Bon Jovi joue son rôle de grand frère jusqu’au bout en prêtant sa voix aux chœurs du morceau, ou encore du très NWOBHM « Hell on Wheels » rapide et efficace, que n’aurait pas renié un Judas Priest ou un Saxon. Sur le riff principal de « Somebody Save Me », les influences NWOBHM s’avèrent être encore plus criantes. Hard Rock, Heavy Metal et vice versa : la versatilité musicale de cet album semble ne faire qu’une avec son identité. Alors qu’il pourrait s’agir d’un défaut majeur traduisant un manque d’inspiration et une immaturité certaine, il n’en est rien ; l’album étant empreint d’une identité bien à lui et d’un charisme sans faille, notamment grâce à l’efficacité des titres et à la détermination des musiciens.

Effectivement, on ne peut que louer la bande à Keifer d’exécuter les compositions de ce « Night Songs » avec autant de classe et de maîtrise. A défaut d’être des musiciens hors normes techniquement, le guitariste Jeff Labar, le batteur Fred Coury, sans oublier le bassiste Eric Brittingham semblent être nés avec le rythme et le mélodisme sous l’épiderme ; bénédiction divine conférant à ce premier opus une authenticité que l’on ne peut nier. Minuit a sonné. Cendrillon n’a pas envie de rentrer et veut rester à jamais dans ce monde glam qui voit les âmes se perdre dans des paradis d’artifices.

Avec cet album, Cinderella n’a rien inventé, mais s’est pertinemment approprié un style et a marqué indéniablement la scène hair metal de par son charisme et sa personnalité colorée. Alors que les groupes de Los Angeles commencent à l’époque à tourner en rond et à donner dans la surenchère (Ratt et Poison en tête) au risque de lasser ; les groupes de la côte est émergent (Cinderella et White Lion en tête) et apportent ainsi un vent de fraîcheur viable à la scène.

Un bon album, un beau visuel ; pour tous les amateurs de hair metal .

12 Commentaires

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OVERKILL77 - 04 Octobre 2012: 3 bruns et 1 blond, maquillés outrageusement...

Ça ne vous rappelle personne ?

On jurerait voir Vince, Nikki, Mick et Tommy sur cette pochette !

Merci pour cette Kro, même si l'écoute trop prolongée de cet album a fini par m'en lasser.
samolice - 09 Janvier 2013: Remis encore hier et je ne m'en lasse pas ... moi (n'est-ce pas onsieur Overkill qui fait son difficile).

Un petit mot puisque ce n'est pas évoqué dans la chro sur la talent de Keifer comme soliste. Vraiment doué le gars.

Sinon, je viens d'apprendre que Keifer va sortrr son premier album solo "THE WAY LIFE GOES" en avril. Presque 20 ans que rien de nouveau n'était sorti de sa caboche (1994). Rien que des live, des live et encore des live avec encore et encore les mêmes titres.
Vu qu'il a commencé à enregistrer les premiers morceaux en 2003, on peut dire qu'il aura mis le temps. Espérons un bon disque même s'il n'aura rien de hard rock.
largod - 09 Janvier 2013: Un super disque, mélodique et carré.
Cela me rappelle un pote d'armée qui en 1987 s'exerçait sur "Somebody save me" le soir dans sa chambre. Pas évident à envoyer...
Joli papier qui m'avait échappé dans tes si nombreuses chroniques.
Chab - 28 Octobre 2016: Mieux vaut tard que jamais : je découvre cet album (et du coup le groupe avec) en ce moment même et franchement, c'est magnifique. Ta chronique m'a aisément convaincu de m'y mettre et je ne regrette pas ;) Thanks !
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Chronique @ samolice

02 Avril 2014

Cendrillon est maquée

Au plus grand regret de ma femme, j’ai gardé mon âme d’enfant - le doigt péteur vous connaissez ? -. Si vous êtes comme moi, éloignez vous immédiatement de l’écran d’ordinateur, ce que je m’apprête à révéler fait froid dans le dos...
La belle Cendrillon, celle qui a nourri mes fantasmes d’enfant, et dont je me voyais bien un jour demander la main, a trouvé chaussure (de vair) à son pied. Elle est maquée à un certain Tom Keifer. Salop. Ordure !

Qu’importe, il va payer. Ma vengeance, c’est évident, je la tiens entre les mains. Elle a la forme d’une pochette de vinyle, celle de ce « Night Songs ». Matez moi donc ces belles têtes de vainqueurs ! La cover du « Rock Your Life » de nos compatriotes de Presence a presque trouvé son maitre.
Une pochette dont la photo a été prise par Mark Weiss, un bon ami de Keifer. Comme quoi, il vaut mieux se méfier aussi de ses amis. « Je ne ferais jamais plus une pochette comme Night Songs. Ce n’était pas la volonté du groupe » confiait le chanteur/guitariste dans le Hard Force d’octobre 1987. Tu m’étonnes. Pour autant, Tom a honnêtement confessé que l’imagerie hair/glam métal était un plus évident et quasi obligatoire pour s’assurer de nombreux passages sur MTV. Bah, on vous en veut pas les gars, ça fait marrer tout le monde aujourd’hui et presque tous les groupes, même parmi ceux plus heavy, y sont passés à l’époque (au rayon brushing et bigoudis, les permanentes de Rob Halford ou d’Ozzy valaient le détour).

Bref, je reviens à mes moutons - avec des coupes pareilles, on en est pas loin -. Avec un tel look et un nom aussi kitsch, j’assimile directos le groupe à la vague hair métal qui submerge alors les states (Ratt, Poison, et bientôt Warrant). En plus, quand au dos de la pochette de son premier skeud, on remercie sa maquilleuse/coiffeuse, on tend le bâton pour se faire battre la joue. Bien fait pour leurs gueules, c’est le cas de le dire. C’est évident, je vais pouvoir les atomiser, les dézinguer, les ruiner, les fracasser, bref me faire trop plaisir…
Et là, patatras, le disque est excellent. Et dire que Keifer a tout composé seul. Salop. Ordure !

En effet, malgré leur look (de marde), c’est bien davantage du côté du hard/heavy rock qu’il faut chercher les influences du groupe, notamment chez le combo australien le plus célèbre du monde. Tom et Eric Brittingham, le bassiste, firent d’ailleurs parti d’un groupe de reprises qui empruntait souvent à Ac/Dc. A la sortie du disque, la voix de Keifer fût souvent comparée à celle de Brian Johnson. En commun, une réelle énergie, catégorie « chanteur-fortement-membré-mais-qui-monte-quand-même-bien-haut », et une capacité à créer de l’émotion. Une performance à saluer pour un mec qui tenait le micro dans un groupe pour la première fois de sa carrière.

Au niveau du contenu musical, je ne développerai pas trop, mon camarade Adrien ayant déjà évoqué ce disque dans sa chronique postée… juste au dessus de la présente, si les chros sont classées par date de parution, ou juste en dessous… si les chros sont classées par ordre qualitatif, héhé.
Passé l’effet de surprise lié à l’opener "Night Songs", un mid-tempo à l’ambiance pesante et aux vocaux hargneux, quasi écorchés, les tempi varient entre hard rock ("Nothin’ for nothin", "Somebody Save Me", ma préférée du lot, "Push,push", et son riff qui tourne en boucle, "Once Around the Ride", un ton en dessous), et titres un tantinet plus heavy ("Hell on wheels", "In from the outside", excellent, ou "Back home again", seconde légère faiblesse du disque à mon goût). Une magnifique ballade, "Nobody's Fool", aux paroles-larme-à-l’œil-goutte-au-nez (“count the falling tears/ They fall before my eyes/ Seems like a thousand years/ Since we broke the ties/ I call you on the phone/ But never get a rise/ So sit there all alone/ It's time you realize/ I'm not your fool/ Nobody's Fool”), complète le tableau.

Paradoxalement, le groupe parvient à affirmer une indéniable personnalité en dépit d’une musique somme toute peu originale. La patte de son frontman Keifer ? Of course, même si ça me fait mal de l’avouer. Amoureux des 70’s et de groupes tels que les Stones, Free ou Led Zep’, celui-ci se découvre une passion pour le blues vers 17 ans, lorsque le batteur de son groupe de l’époque lui offre un Live de B.B. King. Des influences bluesy encore timides ici, mais qui éclateront sur l’album suivant, le superbe « Long Cold Winter ».

Aux côtés de Tom, outre son acolyte de presque toujours Brittingham déjà cité, Jeff LaBar est le second guitariste officiel du combo. Pour autant, le rôle exact de ce dernier sur ce disque reste un peu une énigme, sachant que Kiefer a, a priori, enregistré tous les soli à l’exception de trois d’entre eux ("Push push", "Nothin’ for nothin" et "Back home again"), lesquels sont assurés par Barry Bennedetta (encore un qui a trouvé Jesus Christ dans le fond d’un verre de whisky). Ce dernier est « connu » pour avoir tourné avec Waysted aux US en 84 en support-band de Motley Crue et d’Ozzy Osbourne. Keifer lui proposa de rejoindre Cinderella au début de l’année 1986. Barry déclina l’offre mais accepta de taper le solo sur ces quelques titres.
Il paraitrait qu’Andy Johns, le producteur, mécontent des soli de l’album, conseilla vivement à Tom de trouver quelqu’un à même de rehausser le niveau. Johns voulait Pat Thrall. Ritchie Sambora, présent en studio au cours de l’enregistrement aux côtés de Jon Bon Jovi, était partant pour assurer le taff’, mais Tom voulait son pote Barry. Vous aurez compris qui a eu le dernier mot Jean Pierre.
Son « ami » Kiefer qui refusera par ailleurs à Barry de lui accorder un pourcentage sur les ventes du disque et qui le rétribuera à hauteur de 1000 dollars seulement. Quand je vous disais de vous méfier aussi de vos amis.

Au niveau du batteur, c’est encore davantage le bordel. Si Fred Coury apparaît sur la pochette en tant que membre officiel du groupe, c’est bien un certain Jody Cortez qui est crédité pour tout l’album. Il paraitrait même que les premières copies de l’album présentent une photo de Cortez au verso de la pochette. Ca sent le collector ! Quand on sait que ce même Coury a reconnu ne pas jouer sur tous les titres de l’album suivant - Andy Johns ne l'estimant pas suffisamment compétent, difficile le gars ou quoi ? -, voilà un drôle de début de carrière avec le groupe.

A sa sortie, le disque fera un carton (amplement mérité) aux US avec des pics de vente à 50000 exemplaires par semaine. Quelques mois plus tard, plus de 3 millions de copies auront trouvé leur place dans un foyer ricain. Les royalties de l’unique compositeur Keifer ? Je vous fait pas un dessin, énormes. Et Barry Bennedetta de s’exclamer en chœurs avec moi : « Salop. Ordure ! ».

Dernier point, les remerciements au dos de la pochette : « Thanks to all the beautiful women everywhere ». Le mec se tape MA Cendrillon, ça lui suffit pas, il les lui faut toutes.
Sinon, heu, est-ce que quelqu’un parmi vous sait si Blanche Neige est libre ?

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MikeSlave - 06 Avril 2014: Bah pOutain Sam! quelle chronique! humour décapant et infos pertinentes. Le mix idéal, justement dosé, pour un cocktail qui dépote. Une fois le nettoyage buccal de ton auguste popotin effectué je dois confesser que je ne connais quasiment rien de Cinderella. Erreur à réparer. Thanx pour ce papier frais et poilant!
MattMaiden - 17 Janvier 2015: Je ne sais pas si Blanche-Neige est libre, mais je sais que tu a encore fait très fort avec cette chro ! Merci ! Sinon quel poilade ces pochettes glam/hair metal !!!
MikeSlave - 31 Janvier 2016: bon je confesse que, depuis sa réception, ce disque squatte la platine cd du salon. En un mot : ULTIME!
Comment ai-je pu vivre sans ce disque?
Vieux_Skeud - 07 Juin 2020:

Fan de true heavy metal, de true death, de true black, le glam ne passera jamais par moi ! Ahhhh c'est quoi ça ! Ces mélodies percutantes, ces solos venus du ciel, ces riffs ciselés, cette ambiance de fête nocturne sous stéroides ! Non mais oui c'est parmi mes disques préférés.  Heu ... c'est du true glam ?...  Super chronique !

 

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