Never Strangers

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Niovel
Nom de l'album Never Strangers
Type Album
Date de parution 16 Décembre 2023
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Isolation
Ecouter01:21
2.
 He Who
Ecouter04:31
3.
 The Alchemist
 05:49
4.
 Tension Rising
Ecouter04:43
5.
 Never Strangers
Ecouter04:31
6.
 Rain
Ecouter08:54
7.
 Monochrome Mind
Ecouter03:48
8.
 Forsaken
Ecouter06:10
9.
 The Factory Must Grow
Ecouter04:15
10.
 Supernova
Ecouter11:10

Durée totale : 55:12

Acheter cet album

 buy  buy  buy  buy  buy  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Niovel



Chronique @ ericb4

24 Décembre 2024

Un troisième élan aussi racé qu'empreint de délicatesse insufflé par le combo teuton...

Nous ayant laissés sur le souvenir ému d'un puissant et élégant « Long Way from Neverland », son second album full length, le duo allemand cofondé en 2021 par l'auteure et interprète Josefiene ''Fiene'' Pertosa et par son acolyte – l'auteur, compositeur, pluri-instrumentiste, vocaliste, arrangeur et producteur Simon Krajewski –, n'aura pas mis bien longtemps pour réinvestir les studios ! En effet, une année seule séparera cet opus de son cadet, « Never Strangers » ; une auto-production où 10 pistes se dispatchent sur une bande auditive généreuse de ses 55 minutes. Ce faisant, les arguments esthétiques et techniques que recèle ce troisième album studio permettront-ils à nos acolytes d'opposer une farouche résistance face à leurs homologues, toujours plus nombreux à affluer dans cette arène ? Plus encore, nos deux gladiateurs disposeraient-ils d'armes de jet suffisamment effilées pour leur permettre de rejoindre dès lors les valeurs montantes du si concurrentiel espace metal symphonique à chant féminin ?

Resté fidèle à ses premières amours, le duo nous immerge à nouveau au cœur d'un univers rock'n'metal mélodique symphonique classique aux colorations heavy, power et progressives. Se dessine alors une galette aussi émoustillante et épique que délicate et romanesque, dans la veine coalisée de Nightwish, Xandria, Delain, Amberian Dawn, Sirenia, Angelzoom, Ancient Bards et Metalwings. Pour sa mise en musique, à l'instar de son prédécesseur, ce troisième élan bénéficie d'un mix bien ajusté, relevant, là encore, de la patte experte de Simon Krajewski, et d'un mastering bien huilé, réalisé au Gate Studio par le producteur, arrangeur et claviériste Michael ''Miro'' Rodenberg (Avantasia, ex-Luca Turilli, ex-Aina, ex-Trillium, guest chez Beyond The Black, Edguy, Epica, Kamelot...), également connu pour avoir assuré la mastérisation de certains albums de Kissin' Dynamite, Rhapsody Of Fire, Seven Spires, Serenity ou encore Diabulus In Musica.

Dans ce dessein, afin d'enorgueillir le luxuriant méfait d'une touche lyrique supplémentaire, nos compères ont, là encore, sélectionné musiciens chevronnés et vocalistes aguerris. Aussi, du précédent opus y retrouve-t-on Jean-Michel Kellermann (Ashmakers) aux guitares, Benedikt Grosser à la narration et au piano, Simone Leardini à la batterie, Tomoko Sato à la harpe, sans oublier Niko Frost**** aux choeurs. S'y ajoutent : Kaj Żukowski (Macabre Demise) aux guitares et à la basse, Claudio Consoli à la guitare acoustique, Nicole Jaskot au chant additionnel et aux choeurs, Nassim Arastoopour au chant principal sur l'une des pistes, et Hey Julis ! aux choeurs. Excusez du peu ! Est-ce à dire qu'un bis repetita à l'exclusion de tout autre alternative qui, précisément, conférerait à ce propos toute son originalité, serait au bout du chemin ? Un tour minutieux du propriétaire s'impose...

Comme il nous y avait accoutumés, le combo germanique trouve sans ambages les clés pour nous assigner à résidence, à commencer par ses passages à la cadence mesurée. Ainsi, passée la brève, progressive et cinématique entame semi-instrumentale, « Isolation », mise en relief tant par le poignant récitatif égrainé par Benedikt Grosser que par les enivrants arpèges guitaristiques signés Jean-Michel Kellermann, c'est sur une mer d'huile que se poursuit la traversée. Ce qu'atteste son voisin de bobine, « He Who », ''xandrien'' mid tempo progressif aux riffs crochetés ; décochant un refrain immersif à souhait mis en exergue par les célestes inflexions de la sirène, qui ne sont pas sans rappeler celles de Claudia Uhle (Angelzoom), et surmonté d'un seyant legato à la lead guitare, le ''tubesque'' élan ne se quittera qu'à regret. Dans cette veine, le félin «  The Alchemist » ne saurait davantage être éludé eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre. On pourra encore se voir happé aussi bien par les troublants gimmicks synthétiques que par la soudaineté de l'accélération percussive générée par Simone Leardini dont se nourrit le ''sirenien'' mid tempo progressif et syncopé « Monochrome Mind ». Mais là n'est pas l'argument ultime de nos belligérants pour tenter de nous faire plier l'échine...

Un poil plus incisifs, d'autres espaces d'expression pourront à leur tour nous prendre dans leurs filets sans avoir à forcer le trait. Ce à quoi nous sensibilise, en premier lieu, le ''delainien'' mid/up tempo « Tension Rising », et ce, tant au regard de ses grisants gimmicks guitaristiques et de ses sémillants arpèges d'accords que de son fringant solo de guitare. Dans cette dynamique, et non sans rappeler un Amberian Dawn des premiers émois, l'entraînant « Forsaken », pour sa part, génère une énergie aisément communicative. N'ayant de cesse de nous asséner de virulents coups de boutoir, l'éruptif mouvement se drape parallèlement d'arpèges pianistiques d'une confondante sensibilité et d'une mélodicité toute de fines nuances cousue. Et ce ne sont pas les angéliques oscillations de la princesse, alors escortée par la chatoyante empreinte oratoire du choriste Niko Frost****, qui démentiront l'agréable sentiment de se trouver aux prises avec l'une des pépites de l'opus, tant s'en faut. Enfin, comment ne pas se sentir porté par le refrain catchy dont s'abreuve le ''nightwishien'' up tempo « The Factory Must Grow » ? Mais nos magiciens auraient d'autres tours encore dans leurs manches, et des meilleurs...

Lorsqu'ils en viennent à tamiser leurs ambiances, nos compères se muent à nouveau en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre « Never Strangers », ballade a-rythmique d'une sensibilité à fleur de peau, que n'auraient sans doute reniée ni Nightwish ni Metalwings. Unissant le pénétrant vibrato de la maîtresse de cérémonie et les angéliques impulsions de la chanteuse canadienne Nicole Jaskot dans un duo en parfaite osmose, souligné par de délicates gammes pianistiques, signées Benedikt Grosser, et se chargeant en émotion au fil de sa progression, l'instant privilégié comblera assurément le féru de moments intimistes.

Mais, une fois encore, c'est à la lueur d'amples pièces metal symphonico-progressives que la formation teutonne dévoilerait ses cartes maîtresses. Ce que révèle, d'une part, « Rain », plage metal atmosphérico-symphonique à la lisière de Sirenia et Angelzoom ; s'écoulant le long d'une radieuse rivière mélodique qu'empruntent les frissonnantes modulations de la déesse, magnifiée par trois brefs mais poignants soli de guitare signés Kaj Żukowski, cette aérienne fresque déploie ses 8:54 minutes d'un tableau délicatement irisé, ne manquant ni de caractère ni de panache. Et la magie opère à nouveau. Et que dire du dantesque et organique « Supernova » qui, au fil de ses quelque 11:10 minutes d'un parcours à la fois épique et romanesque, dissémine moult coups de théâtre. Entamé par un fin picking à la guitare acoustique estampé Claudio Consoli, le plantureux méfait se plait à varier ses phases percussives à l'envi tout en maintenant intacte la grisante vague mélodique sur laquelle surfent de concert les ensorcelantes patines de la belle et de sa comparse étasunienne, Nassim Arastoopour. Alors rejointes par les abyssales serpes oratoires de Simon Krajewski, le trio ainsi constitué offre un saisissant effet de contraste, tendant d'ailleurs à se densifier au fil de sa progression, et ce, au cœur de la pièce d'orfèvre de la rondelle.

On ressort de l'écoute de la galette gagné par un agréable sentiment de plénitude. Après un enivrant « The Emerald Divide », suivi d'un fringant « Long Way from Neverland », c'est au tour d'un troisième élan aussi racé qu'empreint de délicatesse de prendre le relai. Varié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, le manifeste octroie parallèlement une palette étoffée en matière d'exercices de style, au demeurant savamment échafaudés et restitués tout en se parant d'un petit supplément d'âme le rendant particulièrement liant.

Toutefois, à l'instar de son devancier, peu de prises de risques ont été consenties quant les sources d'inspiration, elles, tardent à se faire plus discrètes. Carences néanmoins compensées à la fois par des mélodies finement esquissées et des plus émouvantes et par une technicité instrumentale et vocale plus affûtée aujourd'hui qu'hier. Aussi, tant ses qualités esthétiques et techniques que la qualité de sa production d'ensemble font de ce « Never Strangers » un bâton de maréchal que le duo pourra brandir fièrement pour se hisser parmi les valeurs montantes de cet environnement metal. L'aventure se poursuit donc sereinement pour l'inspiré duo teuton...

Note : 16,5/20

0 Commentaire

1 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire