Netherheaven

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16/20
Nom du groupe Revocation
Nom de l'album Netherheaven
Type Album
Date de parution 09 Septembre 2022
Style MusicalThrash Death
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1.
 Diabolical Majesty
 04:56
2.
 Lessons in Occult Theft
 05:39
3.
 Nihilistic Violence
 05:04
4.
 Strange and Eternal
 05:52
5.
 Galleries of Morbid Artistry
 05:25
6.
 The 9th Chasm
 03:37
7.
 Godforsaken
 04:45
8.
 The Intervening Abyss of Untold Aeons
 05:43
9.
 Re-Crucified
 03:44

Durée totale : 44:45


Chronique @ JeanEdernDesecrator

18 Septembre 2022

Qui va à la chasse gagne sa place

Il y a plusieurs façons de faire du tech death : à l'ancienne comme le faisait Death après "Human", façon Jazz pour Cynic, comme un cyborg priapique pour Rings Of Saturn. Où bien à la manière de The Faceless en faisant du deathcore proggy décadent. On pourrait rajouter un nouveau larron avec Revocation, qui ne correspond à rien de tout cela et est un peu tout à la fois.
Contrairement à beaucoup de groupes du XXIeme siècle qui arrivent de nulle part avec un niveau ahurissant dès leur premier album, le quartet mené par le guitariste chanteur David Davidson a pris le temps d'évoluer, et s'impose maintenant comme un prétendant dont on peut dire que le nom revient souvent dans les diners mondains.
Le David au carré (oui, David, Davidson, voila) est un guitariste reconnu -en outre il est professeur de guitare, avec une versatilité remarquable , en jazz, notamment - on peut d'ailleurs en juger dans son autre projet prog/expérimental, Gargoyl. Et comme dirait un Jacques Séguéla du metal, tant que tu n'as pas ta guitare signature, tu as raté ta vie. Et ben il a deux guitares signatures chez Jackson, David.

Pour en revenir à Revocation, le groupe a commencé avec un thrash slayerien recouvert de vocaux death, et a par la suite élevé les curseurs véloces et techniques au fil des albums, avec quelques mélodies côté chant et chœurs. Depuis plusieurs années, et notamment sur l'avant dernier LP aux volutes lovecraftiennes "The Outer Ones", le côté expérimental a pris le dessus, comme un Coroner 2.0, tout en gardant une haute vitesse d'exécution et pas mal de parties blastées. Seule ombre au tableau au printemps 2020, à part un petit virus farceur, leur guitariste Dan Gargiulo a quitté le groupe, les autres ayant décidé de rester à trois en attendant de tourner à nouveau.

Le travail sur le nouveau matériel a démarré peu après la sortie de "The Outer Ones" et s'est étendu sur une longue période pendant les confinements, ce qui leur a permis de remanier et de bonifier les chansons.
David s'est occupé de la majeure partie de l'enregistrement et de la production, excepté la batterie, le mixage et le mastering ayant été faits par l'inévitable Jens Bogren. Le groupe a aussi son propre studio, le Heatwave Studios, dans la maison de leur bassiste Brett Bamberger. En fait, l'album était terminé depuis un an, sa sortie ayant été retardée à cause de contretemps dus à la pandémie et aux embouteillages dans les usines de production de vinyles.

A noter en guest la participation de George Fischer de Cannibal Corpse, ainsi que Trevor Strnad (The Black Dahlia Murder), qui est décédé récemment. C'était aussi un ami proche de David, et cet album lui a été dédié.
"Netherheaven" est sorti le 9 septembre 2022 sur Metal Blade Records, leur label depuis 2014. La pochette a été confiée au très prolifique peintre italien Paolo Girardi, surnommé The Madman (Hierophant, Diocletian, Manilla Road, Inquisition…).


Dans ce maelstrom compact qu'est "Netherheaven", difficile de dégager un titre plutôt qu'un autre, les riffs s'enchaînent, avec énormément de choses à digérer, si ce n'est le titre d'ouverture, "Diabolical Majesty", qui emporte les esgourdes dès la première écoute. Les riffs moteurs vont généralement à toute blinde sur les couplets, où on peut apprécier la précision chirurgicale et la propreté du jeu des trois musiciens. La batterie de Ash Pearson change souvent de braquet sans crier gare, parfois au milieu d'un riff, avec des micro-blasts, bombardements de double grosse caisse ("Strange and Eternal"). La basse, malgré le passage au trio, prend moins de place dans les compositions que sur "The Outer Ones". C'est dommage car en tendant l'oreille, on sent que Brett Bamberger n'en démérite pas.
Côté vocaux, David se recentre plus que jamais sur le growl, simple et efficace. Le chant et les screams modulés ont été enfermés au placard et à double tour ! En conséquence, il manque un peu des véritables refrains fédérateurs, et sur le plus mémorable, "The Intervening Abyss of Untold Aeons"... c'est la guitare qui fait tout le boulot.

La recette est cependant efficace, un quatre quarts métallique en quelque sorte, avec des riffs thrash, du chant Death, une virtuosité prog et du tremolo picking black, relevés par quelques pincées de blasts et d'accords biscornus. Depuis plusieurs années, Revocation est passé à la sept cordes pour s'alourdir bien sûr, mais aussi pour s'offrir de nouvelles possibilités.
Le groupe sait heureusement jouer simple et efficace, surtout sur certains ralentissements lourds et groovy à souhait. Les soli sont nombreux et la quantité est doublée de qualité, vu le savoir-faire de Maître David. Le tempo général est très rapide, mais quand il choisit d'opter pour le coté heavy ("Nihilistic Violence", "Godforsaken"), le groupe montre alors son coté le plus sombre et vicié, un peu comme le faisait Slayer. Quand il montre des accents black dans ses accords, comme sur "Galeries of Morbid Artisty" ou "The 9th Chasm", je trouve que Revocation se rapproche de Ihsahn et surtout The Faceless. Ces derniers ayant malheureusement bêtement périclité, on pourrait dire que qui va à la chasse gagne sa place pour la bande à David…

Le coté mélodique est particulièrement en valeur dans les arpèges qui ne sont pas sans rappeler Mastodon ou Barishi ("Galleries of Morbid Artistry", "Strange and Eternal"), ainsi que dans les soli. Il y a aussi quelques surprises, telles un cœur coulant dans un moelleux au chocolat, comme ces chœurs à la Devin Townsend dans "Strange and Eternal", l'intermède jazzy contemplatif au milieu de "Galleries of Morbid Artistry", ou ces harmonies de guitares angéliques qui apparaissent comme une trouée de lumière dans le maléfique "God Forsaken".

C'est un album qui peut d'apprécier différemment selon les conditions d'écoute : sur des enceintes, il vous rentre dedans inlassablement avec une énergie et une vélocité terrassantes ; au casque, les accords complexes et multiples détails donnent l'impression d'un cauchemar musical diabolique. C'est d'ailleurs un peu le fil rouge du disque, dont les paroles parlent du mal qui anime les hommes, dans des périodes sombres durant le moyen âge, jusqu'à nos jours.
Les morceaux demandent plusieurs écoutes pour être digérés, vu la masse de notes qui défilent, et encore, les bostoniens ont rendu leur metal plus lisible et efficace. Aussi, contrairement à des combos plutôt proggy, ils gardent des durées de morceaux supportables, entre trois et six minutes.
Le rythme s'emballe sur le dernier titre "Re-Crucified", avec des blasts de mitrailleuse lourde, et les growls de George Fisher et Trevor Strnad, et l'album se termine comme tranché par un couperet.

Chacun des neuf titres est excellent et cela donne un disque d'une densité impressionnante. Ce huitième album est l'un des plus ténébreux, violents et directs des américains ; il faut croire qu'avec son incartade avant-garde grunge avec Gorgoyl, Revocation s'est retrouvé poussé vers son côté sombre. Du coup, il perd un peu en originalité ce qu'il a gagné en puissance de frappe. Certains comme moi regretteront un peu l'audace de l'album précédent, d'autres apprécieront le régime fort en protéines sanglantes infligé par le trio.

Reste à savoir si Revocation va se retrouver un guitariste pour déléguer un peu de la charge de travail titanesque qui repose sur son leader, et comment vont donner ces morceaux en live. David Davidson, lui, est déjà tourné vers le prochain album...


1 Commentaire

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mechant - 21 Septembre 2022:

Belle chronique pour 1 album de revocation qui est à la limite "bourratif", la 1ere écoute n à pas été folichonne ....

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