Native Tongue

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15/20
Nom du groupe Poison (USA)
Nom de l'album Native Tongue
Type Album
Date de parution 16 Fevrier 1993
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album104

Tracklist

1. Native Tongue 01:03
2. The Scream 03:51
3. Stand 05:17
4. Stay Alive 04:25
5. Until You Suffer Some (Fire and Ice) 04:16
6. Body Talk 04:03
7. Bring It Home 03:57
8. 7 Days Over You 04:15
9. Richie's Acoustic Thang 00:58
10. Ain't That the Truth 03:27
11. Theatre of the Soul 04:43
12. Strike Up the Band 04:17
13. Ride Child Ride 03:55
14. Blind Faith 03:34
15. Bastard Son of a Thousand Blues 04:57
Total playing time 56:20

Chronique @ Loloceltic

18 Avril 2013

Plus mature et plus abouti.

Après 3 albums au succès croissant, Poison tutoie les sommets du star-system. Et comme souvent dans ce cas, certains membres ne résistent pas à la pression inhérente à ce statut. C’est le cas du guitariste CC DeVille qui est devenu complètement dépendant aux drogues dures. Son état général s’en ressentant fortement, il est remplacé par le virtuose Richie Kotzen pour une période indéterminée, le temps qu’il revienne de cet enfer. Ces évènements, ainsi que la personnalité du nouveau venu accélèrent l’évolution déjà entrevue sur "Flesh & Blood", le précédent opus des glammers venimeux.

En effet, en plus d’une technique nettement supérieure à celle de son prédécesseur, le petit génie de la 6 cordes participe activement à la composition de l’album et y intègre son identité à base de blues et de funk. Et ces nouveaux ingrédients se mêlent parfaitement au style du groupe qui avait déjà avancé sur cette voie sur son précédent album. Le côté bluesy reste dominant, mais un dosage plus funky est à l’origine de quelques brûlots tels que "Bring It Home" où Richie fait également étalage de ses talents vocaux en soutien de Bret Michaels, ou "Ain’t That The Truth", titre particulièrement catchy.

L’autre principale évolution du groupe se trouve au niveau des sujets des morceaux où seul les néanmoins très réussis "Body Talk" au titre évocateur ou "Strike Up The Band", laissent encore place à l’esprit festif et insouciant typique des débuts de Poison. Le reste des thèmes abordés est beaucoup plus sérieux. Le puissant "The Scream", introduit par le titre éponyme, tribal et instrumental, ou l’hymne "Stand", renforcé par des chœurs gospels traitent de l’injustice. La magnifique ballade bluesy "Until You Suffer Some (Fire And Ice)" ou l’entraînant "7 Days Over You", renforcé par un piano sautillant et des cuivres puissants, viennent rappeler que les relations sentimentales peuvent également déboucher sur des peines de cœur. Enfin, la situation de CC DeVille sert de base à un cinglant "Stay Alive", ainsi qu’à "Theater Of The Soul", déchirante ballade à laquelle nous pourrions cependant reprocher une forte ressemblance avec le tube "Something to Believe in" du précédent album. Enfin, il serait dommage de ne pas citer le dernier titre de ce "Native Son" : "Bastard Son Of A Thousand Blues". Comme son nom l’indique, ce blues survitaminé est également le siège d’une jam déchaînée alternant les soli de piano, d’harmonica et de guitare. Un moment de pur bonheur pour les amateurs du genre.

Bien que s’éloignant de son style de prédilection, Poison nous offre donc un nouveau chef d’œuvre, plus mature et plus abouti, et surtout, bénéficiant des riffs et des solos d’un guitariste hors paire. Ce dernier donne une envergure supplémentaire à chacun des 15 titres qui ne souffrent d’aucun temps mort. Malheureusement, même s’il se vendit à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde, ce petit bijou ne trouva jamais réellement son public, tout en déboussolant une partie des fidèles de la première heure. Il n’en reste pas moins le magnifique témoignage d’une collaboration artistiquement réussie, même si elle se finit en queue de poisson. En effet, Richie Kotzen fût promptement exclu du groupe après que les autres membres aient découvert qu’il avait une liaison avec la petite amie de l’époque du batteur Rikki Rockett. Autant dire que, si cet album est d’une classe supérieure, cette conclusion n’en est pas de même.

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OVERKILL77 - 18 Avril 2013: J'adore cet album... Tantôt bluesy, tantôt funky, une pointe de gospel par-ci par-là, tout en restant Rock !

Avec Native Tongue, Poison étoffe sa musique et passe le niveau supérieur musicalement.
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Chronique @ dark_omens

03 Juillet 2013

Native Tongue est une œuvre magnifique dévolue à un Hard Rock inspiré et mature...

Inutile de revenir longuement sur ces guerres fratricides qui opposèrent les adeptes de complaintes extrêmes (Thrash, Death, Black...) à ceux davantage attirés par une musicalité plus accessible (Glam, Hair Metal...). Disons juste que les premiers agacés par les attitudes désinvoltes avides de distractions, mais aussi, et surtout, par les accoutrements aux couleurs vives et chamarré d'artistes aux coiffures excessivement apprêté et fardé, offrant donc à nos vision leurs allures improbables quelques peu efféminé, ne purent supporter l'horrible contraste entre leurs conceptions artistiques et celles contradictoires de musiciens et d'adeptes moins concernés par leurs valeurs.

Poison, fort de trois albums (Look What the Cat Dragged in (1986), Open Up and say...Ahh! (1988)et Flesh & Blood (1990)) où il cultiva sa réputation Glam Rock, Hair Metal à grand renforts de musique certes très efficace mais trop mélodique, du moins pour les férus de radicalisme artistique, et surtout où il s'afficha travesti d'artifice propre à entretenir une ambigüité androgyne, fut l'un des groupe emblématique de cette détestation. Nul doute que beaucoup de ceux qui les détestèrent ne prirent même pas la peine de jeter une oreille un tant soit peu objective sur leurs travaux, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle. Et nul doute, donc, qu'ils ne virent aucun intérêt, même infime, dans la sortie, en cette année 1993, de Native Tongue, quatrième effort de Brett Michaels et de ses complices.

Un désintérêt déplorable car si Native Tongue n'est certes pas un manifeste digne de réconcilier les deux mondes, il n'en pas moins pétrie de nombreuses qualités.

Pour démarrer la démonstration de ces vertus commençons par dire qu'indéniablement il est le fruit d'une certaine modération et d'une réflexion, à l'évidence, plus adulte. Délaissant les facéties, tant sur le plan musical que sur celui de l'imagerie proposée, il dénote totalement de ces deux prédécesseurs. Plus sobre et plus concerné, il évolue, en effet, au cœur d'une musique Hard Rock captivante. Un propos dans lequel l'influence du guitariste Richie Kotzen, nouvelle recrue remplaçant C.C. Deville, est d'ailleurs cruciale. La liberté créative qui lui fut offerte n'est sans doute pas étrangère à la métamorphose profonde du groupe.

De plus, non content d'abandonner son Glam Rock, Hair Metal au profit d'un Hard Rock plus conventionnel, Poison va orner sa musique d'éléments Bluesy, Funky, et même tribaux. Pour ce faire, il va user d'instruments divers et variés (piano, harmonica, congas, mandoline...). Le procédé, bien évidemment, donne une couleur, et une saveur, très particulière à ce disque. Soulignant l'atmosphère très empreinte de mysticisme de ce Native Tongue, il lui offre, de surcroit, un supplément d'âme très touchant. Et s'agissant des titres remarquables composant l'opus, citons, pèle mêle, The Scream, Stay Alive, Body Talk ou encore Blind Faith.

Evoquons également le superbe 7 Days Over you qui nous propose un équilibre remarquable entre un aspect très varié agrémenté de cuivres et pianos et un autre où les riffs de guitares demeurent d'une splendide efficacité. Assurément un morceau admirable. Parlons aussi de Bastard Son Of A Thousand Blues qui, comme son nom l'indique, est une chanson aux accents délicieusement Boogie-Blues. Assurément un autre morceau admirable.

Etant souvent l'écueil dans lequel sombrent les formations défendant ce genre, l'exercice obligatoire de la ballade est ici brillamment relevé. Au nombre de trois, elles demeurent, pour la moins bonnes en tout les cas (Theatre of Souls), suffisamment plaisante pour ne pas ennuyer l'auditeur. Si Stand, quant à elle, est un très joli moment, elle ne suffit pas à atteindre l'excellence sublime d'Until You Suffer Some (Fire And Ice). Concernant plus particulièrement ces pistes là on pourrait d'ailleurs estimer qu'en proposer trois est excessifs. A dire vrai, pas nécessairement puisque l'album est quand même composé de quinze morceau. La proportion de morceau moins langoureux reste donc très importante.

Native Tongue, troisième opus des américains de Poison, est donc une œuvre magnifique dévolue à un Hard Rock inspiré et mature.

2 Commentaires

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OVERKILL77 - 03 Juillet 2013: Belle chronique pour cet album boudé, mais qui vaut réellement son pesant de cacahuètes...

Par contre Native Tongue est bien le 4eme album du groupe... Aurais-tu zappé Flesh & Blood ?
dark_omens - 03 Juillet 2013: Oui, j'avais effectivement oublié de mentionner Flesh and Blood. Je croyais avoir fait la correction mais je viens de m'apercevoir qu'elle est incomplète. Merci d'avoir relevé mon erreur...
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