Certains albums sont peu connus, ne bénéficient que d'une promotion faiblarde, et, peu distribués, ils tombent rapidement dans un oubli dont ils ne sortent jamais. Souvent, c'est pleinement justifié, parfois non.
Ici, c'est non, non, et clairement non ! Quand on entend ce que l'on entend, on a raison de penser ce que l'on pense, comme dirait l'autre.
Deserted Fear, originaire pour partie de l'ex-Allemagne de l'Est va vous arracher les oreilles avec son deathmetal agressif et putride, tel que le pratiquaient un certain
Pestilence, époque Consuming
Impulse, ou un plus récent
Hail Of Bullets.
Du terrible "
Battalion Of Insanities" et son riff lancinant, jusqu'au non moins excellent "
Bury Your Dead", le trio assène ses coups de boutoir et ses cris VanDrunenisés. La référence implicite à l'ancien groupe du hurleur hollandais sur le bien nommé "Pestilential" est, à ce titre, évocatrice de l'influence du combo cher à Patrick Mameli. Le pire, c'est que chaque titre possède sa propre identité, sa marque de fabrique, à tel point que, d'ores et déjà,
Deserted Fear subjugue par une présence sonore et un style pleinement maîtrisés.
Majoritairement assez rapide (le terrible "
My Empire" et ses blasts qui contrastent avec un soli limpide de simplicité) mais pas tout le temps, aérée des soli souvent aériens de Fabian Hildebrandt, la construction des morceaux est basée sur une idée, un riff accrocheur là, un arpège morbide ici, souvent dès leur introduction. Ceux-ci vous entraînent au fond d'un gouffre, sans pour autant avoir le côté fouillis, et quelque peu hermétique, de ses compères de label
Sulphur Aeon avec qui ils partagent le goût de l'ambiance morbide, dans un style plus épuré toutefois. La formule du trio contribue ainsi à distinguer chaque instrument, chaque roulement de toms de Simon Mengs, faisant de
My Empire un album attachant et ô combien jouissif.
Accrocheur,
Deserted Fear l'est assurément, c'est même une de ses grandes qualités. Le son, concocté par un Dan
Swanö des grands jours, délie chaque instrument, et contribue à faire assimiler facilement un deathmetal parfois grandiose (le fantastique "
The Black Incantation" et son solo majestueux ou le très bon final "
Bury Your Dead" et son implacable riff rampant en boucle).
Si l'ombre hollandaise (
Hail Of Bullets,
Asphyx, pour le plus flagrant) plane invariablement sur les compositions, on pourra aussi y trouver des éléments chers à un
Bolt Thrower ("
Nocturnal Frags" et son riff entêtant", par exemple), dans son aspect rouleau compresseur notamment. En compagnie de
Skeletal Remains, du même label, mais un cran au-dessus à mon humble avis, voilà un groupe qui mérite l'attention de tout deathster en manque de sensations fortes. Ils iront loin, ces petits, je vous dis.
Tout à fait d’accord avec ta conclusion ;)
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